‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 140 sur 180 · LE LENA · texte numérisé non relu

LE LENA

;■ ^ l'.Vldan .

La Jaiiiia . . . .

L'Jndigirka . , . .

La Kov.iina

io3

^£Z''^'tÂt{ ^^^oû S^hali;„oJla-e„Vcon:

orient.4ks <!e la ) P'-^'»'»''* la Szilka

Sibérie et du pla-S | j.e Henkon.

feau de la Mon-# / Silioipdi.

golie. (. I Tschikiri Oula.

Bassin de la merf de Chine, faisantX LE HOANG-HO (fleuve jaune) . .

partie du T^^^^''°) le Y\T:<G-7SÉ-K\AÎ^G (ûeuvebleu). du gd. océan; — \ -

pente orient., oui Le Hon -Kian

plateau du Thibct. \^

Bassin de la merj LE MÉ - KOM ou Camboja . .

de Chine tt du\ , ,, , «,

,r 1 c- I Le Me - Nan

golfe de Siain. I

Le fleuve du PEGU ou l'Jrabaddv

D"A\^A ou le Ken-Diien.

Le TSAMPO ou BURAMPUTER . .

Bassin de la mer/ jg Gan^ë " . .

des Indes. \ Le Godavcri

Le Kislana

Le Nerbudda

L'INDUS ou Sinde

Bassin du lac 5 Le Sjr ou Daria

Aral. i 1/Amu-Daria ou Gihon (Oxus) . .

Dans la petite ( , -, i j m u u

/ Le Jerkend ou Mehescha . . . , Bucharie. i

Bassin du lac \ , „ ,,.

< Le Selinga

Baikal. (

\'ers la mer S ^'^ ^"'" ''" *^^'""*

Caspienne. ( Laraxe

^■e^s le golfe ^ I.'EGPHRATE (jusqu'au golfe) . . Persique. ( Le TIGRE

^"ers le golfe C , • • . , ,

" J Aucune nviere et peu de ruisseaux.

Arabique. >

\'ers la Médit. ^ L'Oronte

et TArcliipel. ^ Le Méandre . . .

Îl.e Sangarlus (Sakaria) . . . . .

Le Halys ( Kisil- Jrniak) Le rhasis ou Kione

3oo aSo

yo

Si

Peates n^éridio-

nales du plateau

du Thibet.

J Pente occld.^ Pentes > du g. Pateau /et bas- J Central. V,sins de

f \'ers le ^ sert de K

, ( Pinte'.

''•«■-V de ^°^' jPAsie.

Pentes de l'Asie

occid. ou du Cau-

caje, de lArarat

du Taurus . etc.

Température — Climat — déterminés par les 5 divisions géographiques indiquées plus haut.

La stérilité du sol, l'intensité du froid qui y régne même en toutes saisons, même dans les plaines et les vallées, caractérisent le plateau central de i'Asie.

Les deux grandes régions qui s'appuient au plateau central du côté du nord et du midi, ont reçu chacune de la nature un caractère physique que l'industrie humaine ne réussira jamais à changer, ou seulement à modifier d'une manière sensible. Semblable à un magnifique parterre de fleurs, sur lequel l'art du jardinier a concentré les rayons du soleil, l'Asie méridionale ou l'Inde garantie des vent^ glacés du nord par les montagnes du Thibet s'incline fortement vers les tropiques et l'équateur. Arrosé par des nombreux et larges fleuves, son riche sol reçoit toujours les feux du ciel, et s'imprègne des exhalaisons d'une mer que l'hiver jamais n'enchaîne. Quel contraste entre les contrées fertiles et les tristes solitudes de l'Asie septentrionale, de cette vaste Sibérie, qui toute entière penche vers le pôle et vers la mer glaciale, n'aspire jamais la douce haleine des vents du tropique, et dont ratmosphère ne reçoit des mers voisines que des particules cliargées du froid polaire! l'Asie orientale, qui se confond insensiblement avec le plateau central, présente trois parties distinctes. Une large chaîne de montagnes couvertes en partie de neiges éternelles, s'étend du plateau de Mongolie jusqu'en Corée. Au nord de ces montagnes, TAmur se tourne d'abord vers le sud -est. Cette dernière exposition est la plus froide possible dans la zone tempérée boréale. D'ailleurs, le sol parait être très-élevé. Ces contrées, désignées communément sous le nom de tartabie chinoise, ressemblent à l'Asie septentrionale, quoiqu'elles soient situées sous les latitudes de la France. La masse du froid qui, pour ainsi dire, couve sur la Tartarie, et d'un autre côté la température constante du Grand -Océan, jointe à une exposition directement orientale, donnent à la Chine propre un climat moins chaud que celui de l'Asie méridionale; ce vaste pays, quoiqu'il dépasse un peu le tropique, et ne s'élève guère au-delà du 40."^ degré de latitude boréale, renferme fous les climats Européens.

La troisième partie de la région orientale de l'Asie est formée par cette prodigieuse chaîne d'îles et de presqu'îles volcaniques qui s'élèvent à peu de distance du continent, et présentent comme une immense haie, contre laquelle la fureur de l'océan vient se briser. Voisine d'un côté des régions du tropique, de l'autre du froid plateau de l'Asie centrale, et environnée d'un éléuieiit tumultueux et inconstant, elle présente nécessairement d'innombrables variations de température.

La cinquième grande région de l'Asie se détache plus qu'aucune des autres de la masse du continent. La mer Caspienne, le Pont-Euxin, la Méditerranée et les golfes Persique et Arabique donnent, à l'Asie occidentale, quelques ressemblances avec une grande péninsule. On pourrait, avec quelque degré de vérité, dire que cette région est aussi opposée à la région orientale, que celle du midi l'est à celle du nord: l'Asie orientale est en général humide; l'occidentale est sèche et même en quelques endroits aride; l'une a le ciel orageux et souvent nébuleux; l'autre jouit de vents constaus et d'une grande sérénité d'atmosphère; l'une a des chaînes de montagnes escarpées,

que 4cparC!it des plaines marécageuses; raulre est ' composée de plateaux en grande partie sablonneux et peu inférieurs en élévation aux chaînes de montagnes qu'ils portent sur leur dos. Dans l'Asie orientale on voit les fleuves de long cours se suivre de très près, tandis que dans l'Asie occidentale, il n'y en a que deux ou trois d'un volume considérable, mais en revanche, beaucoup de lacs sans écoulement. Enfin la proximité de l'immense foyer de chaleur que renferme l'Afrique, donne à une grande partie de l'Asie occidentale une température bien plus chaude que celle dont jouit même l'Asie méridionale.

Productions. — L'immense étendue de l'Asie, la diversité de ses climats et de la couformation de son sol, doivent nécessairement causer une grande variété dans Jcs degrés de sa fécondité naturelle. La partie méridionale surtout a été singulièrement favorisée de la nature qui semble y avoir répandu sa corne d'abondance et réuni tous les prodiges de la magnificence, tous les dons qu'elle a disséminés sur de vastes continents. La fécondité s'y déploie dans les arbrisseaux, les plantes herbacées, les fleurs et les fruits qui présentent des figures plus singulières, plus variées, des couleurs plusvives, des saveurs plus fortes, des odeurs plus douces.

RÈGXE vÉGBTAL. — On y trouve presque foutes les espèces de grains; le riz et le MAIS sont principalement cultivés dans les contrées du sud et du S. E. ; la canne à SUCRE, le THÉ (*) de la Chine et du Japon; le sacou , le coton, Findigo, les épices les plus fines, telles que la caxelle , le poivre, les clous de girofle, les noix de muscade, les CARDAMOMES, le MACis (improprement fleur de muscade), le gingembre; les pistaches, etc. etc.; I'aloès de Perse et d'Arabie; divers baumes, celui de la mecque, que l'on retire de I'amyris opobalsamum, supérieur à celui de toute autre gomme résine; la myrrhe, I'encens qu'on recueille dans I'hadramant en Arabie. I'opium , le mastic, le (QUINQUINA, la NOIX DE GALLE, la MANNE abondante sur les chênes de la Mésopotamie et employée par les Arabes en guise de sucre dans leur pâtisserie et autres mets; le chanvre, le LIN, la GARANCE, le tabac etc. etc. Toutes les espèces d'arbres fruitiers qui ont été apportés et acclimentès en Europe (voyt page 95) ainsi qu'un grand nombres d'autres, tels que le cocotier, I'indigotier, le palmier à dattes, le bananier ou figuier d'iNDE, Ic CAFIER , dont le fruit le meilleur et le plus estimé est connu sous nom de café moca, qui se cultive particulièrement à l'ouest des montagnes de j'Hyémen ; le muscadier, le giroflier, le mûrier, la vigne, qui en Perse étale toutes ses richesses, est cultivée par les seuls Guèbrcs , ou adorateurs du feu, et

) En Chinois tscri , dont les Chinois comptent 4 espèces particullires, le song i.o le bout, le pou- Y-AT. et le LO-MGAIT. Les Européens estiment surtout la première espèce qu'ils no'llment thé veut. Le thé impérial nommé MiO tscha est composé lie feuilles cueillies sur l'arbuste EU-Y-Tscai { le TKé bon). Il ne circule pas dans le coinnerce; l'empereur en fait présent à ses courtisans; c'est par l'intermédiaire de ces derniers que le thé eiquis passe en d'autres mains et quelquefois peut-être dans celles des Européens: comme les endroits secs et élevés conviennent à la culture du thé beaucoup mieuî que les endroits humides et bas , la récolle de cette production est très - pénible. Aussi là où les lieus sont très escarpé» et périlleus pour les hommes, on a appris aux singes à y grimper et à effeuiller les arbustes. Le fruit du thé étant très amer, et n'ayant par conséquent rien d'attrayant pour ces animaux, il n est pas fort facile de dresser ces animaux. On y parvient néanmoins on faisant Muveat celle besogne eu leur présence, et eu leur dislribuaul quelque fnaudisequaud ils s'en sont acquUiés.

produit les excellens vins de Schîraz, d'Yend, d'Hispahan; le camphrier, dont on emploie les branches pour fabriquer la drogue connue sous le nom de camphre; le mûrier à papier de la Chine, dont récorce sert à faire des étoffes et du papier; l'ARBttE à SUIF dont on compose dans le même pays une cire verdàtre qu'on façonne en bougies, l'arbre à huile qui diffère un peu de nos noyers; l'arbre à rose, qui exhale le parfum de la violette; l'arbre jaune, dont l'odeur et la beauté sont d'un grand prix; l'arbre à vernis de. la Chine et du Japon; le peuplier bananier de Sibérie, qui laisse transpirer une résine odorante, le sicosiore, le cèdre du Liban; celui de Sibérie qui s'élève quelquefois h 120 pieds de haut; le bambou dont la matière fibreuse sert à faire du papier en Chine. L'aloès qui renferme sous son écorce trois sortes de bois, le premier noir, compacte et pesant, appelé bois d'aigle; il et est rare; le second nommé CALAMEOuc léger comme le bois pourri; le troisième vers le cœur, appelé bois calamba, aussi cher dans l'Inde que l'or même etc. etc.

RàGNE animal. — L'ÉLÉPHANT, drcssë dans l'Hindoustan comme un animal domestique; le dromadaire, employé à la monture des pèlerins; le chameau, appelle le navire VIVANT, le navire du désert, sans lequel l'Arabe ne saurait traverser les mers de sable dont sa patrie est couverte (*); le renne, ce grand bienfait de la nature envers le malheureux Nomade du pôle arctique; le buffle; le bœuf, avec une bosse sur le dos, en Arabie et en Syrie, sauvage en Sibérie; l'yak, ou vache grognante, dont la belle queue est estimée dans l'orient et employée à divers usages, surtout à la parure des chevaux et des éléphans; le cheval, robuste et léger dans la Tartarie d'Asie, excellent en Arabie, dont il fait la gloire, le plus beau et le mieux fait de l'orient en Perse; petit, mais plus de feu, vif et robuste dans le Thibet; les cochons dont la race est belle surtout en Chine; le mouton, qui, en Arabie et en Perse, traine, dit-on, sa queue sur une charette ; la chèvre, en grand nombre dans l'Asie -mineure, ou elle se distingue, surtout celle d'Angora , par la longueur et la finesse de son poil dont on fait d'excellens camelots, renommée au Thibet par son poi! précieux, lequel se trouve sous un autre poil plus grossier, et qui transporté par les Thibétains dans le Cachmyr sert à la fabrication de ces schals si renommés chez les orientaux et dont le luxe a fait irruption jusqu'en Europe; la gazelle de Syrie , le schakal , le loup, I'hyène, I'ours, I'antéi.ope ou cheval sauvage; le dchighetaï de la Sybérie, espèce de cheval sauvage, intermédiaire entre le cheval et l'ane; I'ammal porte -mlsc; les zibelines, dont les meilleures se trouvent aujourd'hui près de Yakutsk et de Penschinsk et dont la peau bien conservée vaut quelquefois 240 francs dans le lieu; le renard noir, dont la peau se vend jusqu'à 100 roubles; Tours blanc, le plus redoutable parmi les bêtes féroces de Sibérie, la panthère, le lion, le tigre, les singes, les serpens, les crocodiles, la tortue de mer et de terre ; le scorpion, le i'erro(juet , I'autruche, I'oiseau du paradis, I'hirondelle, dont une espèce fournit des nids bons à manger, que l'on exporte

*) Le poiJs de sa charge ordinairement est de 760 livres; avec une l.vre dalimcnt et autant deau par jour, on le fait voyager des semaines entières. Pour pa.scr les fleuves les Arabes leur attaclieut uu« peau de bouc remplie d'air ; le cbaoïeau est mauvais nageur.

d"Anrm dans l'Hindoustan , le VER-à-soiE; les apeilles ; une espèce de Sauterelles regardée en Arabie comme un met délicat C") gibier, et volailie de toute espèce et en abondance; des paons (originaires de l'Inde); la cochenille, une prodigieuse variété de POISSONS exquis, une multitude de loltres, de cktacfcfs, de phoques, d'oisEVix d'EAU etc. RÈGNE MINÉRAL. — On trouvc en Asie toutes les espèces de métaux et demi -métaux: l'or, abondant en Sibérie, le Pérou des Russes: au Japon, oîi il se trouve partout: l'argent, natif en Sibérie et souvent mêlé d"or, très-abondant au Japon et en Chine, mais peu exploité dans ce dernier pays; le cl ivre, mêlé de beaucoup d'or au Japon, où il est un précieux oijet d'exploitation , singulier en Cliine, où il est de couleur blanche, appelle pétung; I'étain, le plomb, le fer, plus rare que tout autre métal au Japon, natif en Sibérie, dont on a trouvé une masse pesant 1680 livres; I'aimant; les mines de cinabre riches en mercure au Thibet; le sel gemme, commun en Arabie et au Thibet; le salpêtre, le tinkal ou borax brut, production particulière au Thibet; lecharbon de terre, I'asbeste, I'ambre, le granit, le marbre, le porphyre, le jaspe, le CRISTAL de; roche, le soLFRE, abondant au Japon, le naphte; les pierres précieuses, surtout de beaux diamans, des rubis, des saphirs, des topases, des émeraudes, que Toa croyait particulières au Pérou; etc. etc. des terres à porcelaine très-estimées , des eaux MINÉRALES, etc. etc.

En jetant un coup d'œuil sur la diversité des alimens, des animaux et des habitations, nous trouverons que le riz et le mais servent d'aliment aux nations méridionales; le millet et l'orge à celles de la Zone froide; sur la limite on trouve des pays à froment. La nature offre aux régions méridionales des fruits délicieux et en partie des arouiates piquants; les contrées septentrionales sont privées même des productions des vergers de l'Europe boréale. La région où habitent les Rennes marque dans le nord et le nordest, le vaste espace qui est et qui sera toujours inaccessible à toute culture. Les Tartares, les Mogols et en partie les Persans doivent au grand nombre de chevaux qu'ils possèdent, leur goût pour les courses, le brigandage et la guerre. Dans tous l'occident le chameau sert à multiplier les communications commerciales et les relations naturelles des peuples. L'éléphant, utile à l'agriculture et jadis si redoutable à la guerre, a influé sur l'antique civilisation de l'Inde. La Chine, privée en grande partie du secours de ces divers animaux, y a suppléé par ces milliers de barques dont ses rives sont peuplées. Le défaut de bois de construction a obligé l'habitant du plateau central du nord de l'Asie à se loger dans des tentes couvertes de peaux ou d'étoffes, les unes et les autres provenant de ses troupeaux. Une nécessité semblable a produit le même résultat en Arabie. Au contraire dans l'Inde et d'autres contrées riches en bois, mais surtout en bois de palmiers, l'usage des maisonnettes légères a été trouvé aussi conforme à la paresse des indigènes qu'à la douceur du climat. L'un et l'autre genre d'habitations n'offrent rien de stable, rien de solide; les villes d'Asie disparaissent comme les empires dont elles sont les centres momentanés. Ce caractère général des habitations asiatiques ex-

*) Les Turcs n'en veulent pas; à MosuL au Caire, à Bagdad, elles font les délices des ponks , des cochons et surtout des singes.

dut hécessairciner.t le goût des meubles précieux, des tableaux, des statues; aussi les beaux -arts n'y feront jamais de progrcs. D'un autre coté l'unilorme influence d'un climat qui détcruiint; impérieusement les genres de culture et d'aliinens propres à chaque région, l'influence non moins irrésistible des religions superstitieuses, des lois des» potiques et des mœurs serviles, bannissent de l'ame de l'Asiate les vives et libres émotions qui, en Europe, exaltent un cœur ami des lettres et des sciences. Ainsi les diverses régions de l'Asie offrent partout d'antiques ébauches d'une civilisation à laquelle les avantages et les désavantages physiques impriment un caractère ineffaçable ; mais aussi partout cette civilisation atteint les peuples de l'Europe moderne.

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