TARTARIE INDÉPENDANTE
Etendue — 60,000 lieues carrées — Pohlation — 0,000,000 d'habitans.
ÉTAT PRÉSENT. — Ce pays qui a la mer Caspienne à Touest, les monts eelur ou mons- TAG (rancieii Jmaiis) à l'est , lesquels séparent la Tartarie de la Kalmoukie; THindoukho et les monts Gaour au sud, se trouve tout-à-fait entouré des possessions chinoises, russes ou persannes. Les parties septentrionales et celles de l'ouest ne montrent guère que des steps parsemés , des lacs salés et de déserts de sable. Plus bas les parties méridionales sous le nom de grande Buukharie, jouissent d'une agréable température et d'une abondante fertilité. Deux hordes d'une origine commune occupent cette vaste contrée, les kirguises nu nord, et les usbecks au midi, qui au 18.° siècle chassèrent les Mongols de la Boukharie. Ces races Tartares, riches en troupeaux errent dans les canijiagncs et campent près des villes. 11 est, dit-on, des Kirguises qui possèdent 10,000 clievaux , 20,000 brebis, des centaines de chameaux et des milliers de bétes à cornes. Pour les Usbecks, leurs inclinations pastorales se trouvent insensiblement subjuguées par le voisinage des grandes villes qui les invitent à d'autres espèces de commerce. C'est SAMAiic\NnE, la célèbre et brillante capitale de Tamerlan, ville principale de la Boukharie; thaschkend, dans le kokan , qui depuis 1799 s'est fort agrandi et qui outre cette ville comprend le Turkestan, une partie du pays des Kirguises et de la Boukharie, et est soumis dès 1808 au iihah de bokhara; cette dernière ville fut souvent la rivale de Samarcande; balk, Pentrepiit des produits de PHindoustan. La plupart des états de la Tartarie indépendante sont aujourd'hui sujets ou tributaires de la Chine, qui les a soumis par la force des armes dans les années 178g, 1790 et 1791.
ÉTAT ANCIEN. — Ce pays a été le théâtre des plus grands événcmens. On le reoarde, sous le nom de bactriane, comme le berceau de la première monarchie Perse et celui de Zoroastre son premier législateur. C'est sur les rives du Sirt que s'arrêta la course d'Alexandre vers le nord; c'est dans ce voisinage, aux premiers siècles de Père chrétienne, que les Turcs descendus de la chaîne - Altaique, établirent le centre de leur demeure, donnèrent au pays le nom de tirkestan, et n'en sortirent que pour aller à la conquête de l'Asie et de PEurope. C'est là que Gengis-khan rencontra son rival Mohammed , sultan de Kharisme, qui osa le combattre à otrah et balança ses destins. Plus lard TAMERLAN y établit le siège de sa monarchie, et plus tard encore il fut le théâtre des exploits de shah nadir, autrement appelé th amas-koili- kan , qui se vantait d'en être sorti.
//. REVEFxS MÉRIDIONAUX DU GRAND - PLATEAU.
INDE EN-DEÇA DU Gx\NGE.
Etendue 120,000 lieues carrées — Population — 60,000,000 d'habitans.
ÉTAT PRÉSENT. — Sous le nom classique de I'inde les anciens et la plupart des modernes ont compris trois grandes régions de TAsie méridionale. La première embrasse les contrées arrosées par l'indus et le Gange, aujourd'hui désignées communément sous le nom d'HiNDOusTAN dans le sens le plus étroit (*). Au sud de la rivière de Nerbuddah commence cette espèce de péninsule que les Européens nomment quelquefois la fresqd'ile EN-DEÇA DU GANGE, ct quc Ics Indiens appellent le décan, c'est-à-dire, pays du midi. L'ile de Ceylau et les Maldives, quoique séparées du Décan par des bras de mer, en forment un appendice naturel.
Les limites naturelles de ce vaste pays sont, au N. les montagnes d'Himmolaya , qui séparent le Bengale, les pays de l'Onde, de Delhi, Lahor, Moultan, Kachemire et Kaboul, de la Boukharie et du Thibet: à l'E. , le Bourampouter; au S.. la mer; enfin à l'O. , le Sind et les provinces de Kaboul et de Moultan.
Le CLIMAT de l'Inde est très chaud, mais fort salubre ; son sol est d'une fertilité prodigieuse; ses productions abondantes, variées et prérieuses, entre autres lesdiamans, les rubis, les saphirs, l'ivoire, la myrrhe, les encens et les épices.
La population de l'Hindoustan se compose, i.*^ des hi>dous qui sont les indigènes, divisés, comme dans l'antiquité en 4 castes ou dchadi, dont chacune a des privilèges, des fonctions et des lois particulières; a) la caste des brahmans, c. à. d. des prêtres, savans, jurisconsultes et fonctionnaires; b) celle des chatri , tschateri, kchteri ou koytri, e. à. d. des enfans des rois, parce qu'ils se regardent comme les descendans des anciens rois Indiens; ils sont destinés à l'état militaire; il sont soldats nés. Dans le centre de l'Hindoustan on leur donne le nom de radchapodtes ; c. à. d. de fils de princes; et on y donne en général le titre de radcha ou rajah à tous les chefs ou seigneurs, dans le Décan , les chefs des naïres sont des chevaliers de cette caste ; c ) celle des VAICHIES, BEiSES ou vassiers. Ses fonctions sont l'agriculture, le jardinage, l'éducation du bétail et le commerce des productions de la terre et des objets manufacturés. Les marattes sont généralement de cette caste. Ce peuple guerrier encore inconnu aux Européens il y a cent ans, possède actuellement, après avoir renversé l'empire du Grand -Mogol, le plus vaste état libre de l'Inde. Les Marattes se divisent en orientaux, cap: NAGPOUR, et en occidentaux, cap: pounah.
*) Les IsDEs, les criiîdes IsDrs ou les Ikdes occidentales comprennent dans le sens le plus étendu l'Asie méridionale entre la Perse et la Chine les deur presqu'îles en -deçà et au-delà du Gange, et toutes les îles de l'Océan Indien depuis les Laquedires jusqu'aux Marianes , et quelquefois .lussi la Chine et le Japon.
Lorsque les Vaichies se livrent au commerce, surtout dans les pays étrangers, ils portent le nom de banians; d) celle des sodders, choltres ou tchoutries; c. à. d. les artisans et les ouvriers. — Dans les divisions ignobles sont compris les barum -scnker, les PARRiAHs, que les Hindous ont rejelés de leur société, et qui par conséquent sont obligés de vivre dans les lieux solitaires, de fuir à Faspect d'un Hindou, de marquer leurs fontaines par un entourage d'os d'animaux et de se livrer aux occupations les plus dégoûtantes. En revanche ils peuvent manger de tout et entrer <1u scr\ice des Européens. Les races provenues du mélange des Hindous avec les nations venues de létranger, sont les ASCHAMiENS et les chincalais (anciens habitans de l'île de Cej'lan); les seiks se sont également séparés des Hindous. Ce peuple guerrier et entreprenant, qui domine principalement dans l'Hindoustan-Sindétique a pour religion un Bruhuiisiiie réformé qui jie date que du i5.* siècle.
2.° Les AFGHANS OU PATANE3, dont Ics R0HILIA3 ( C. à. d. Iiabitaus des montagnes) sont une branche.
5." Les MONGOLS, descendans des anciens conquérans; ils sont mahométans, de la secte d'Omar.
/)." Les PARsis ou GCÈBRES, qui sont des Persans fidèles à l'ancien culte et réfugiés dans les Indes, où ils ont conservé la religion de Zoroastrc, les mœurs et les costumes de leurs ancêtres, malgré le cours des siècles et les révolutions de leur patrie.
On y trouve en outre des perses, des arabes, des arméniens, des chinois, des juifs, des Européens, surtout des anglais des portugais, des français, des espagnols, des Danois, etc. La religion propre des Hindous et qui s'est répandue fort au loin dans l'Asie, est le brahmisjie. brahma en est le dieu, les vedas en sont les livres sacrés et le SANSCRIT la langue servante. ( voy. page 8i, première partie.)
L'Hindoustan contient Go millions d'habitans, dont 40 millions sont dominés par les Anglais, qui possèdent en toute souveraineté les trois cinquièmes des états de cette vaste contrée; et les potentats qui figurent encore sur des troues dans les deux autres cinquièmes ne peuvent y être considérés que comme les vasseaux et ont des garnisons anglaises dans leurs capitales.
Les principales villes de l'Hindoustan sont; belby, autrefois la capitale de l'empire du Mogol. Cette ville que quelques uns croient avoir été le siège du Royaume de Porus vaincu par Alexandre, dans le tems de sa splendeur, s'étendait jusqu'à une distance de 3o milles anglais. Elle fut saccagée en lySO, par Schah -Nadir, et dépouillée de ses trésorts, qu'on évalue à plus d'un milliard, et parmi lesquels on cite des collections de diamans, un trône en or massif chargé de pierreries et des statues d'éléphans en or ciselé. Les Afghans et les Marattes achevèrent de ruiner cette ville. Cependant elle possède encore, selon M Legoux de l'iaix, plus de 1700,000 habitans et un grand nombre de monumens. Le plus beau est le palais Impérial, dont les salles brillent d'or, dazur et de toutes sortes d'ornemens. Dans l'un des palais qui ornent les vastes faubourgs de Delhy, on voit encore, selon M. Legoux, le fameux TRÔNE DU PAON que selon d'autres Nadir -Schah fit enlever. Ce trône, de forme ovale,
dit le même auteur, est posé sous un palmier qui l'ombrage de ses feuilles; un paon, perché sur Tune des dernières palmes, étend ses ailes, comme s'il voulait en couvrir celui qui est assis. Le palmier et le paon sont d'or, les ailes et les branches ou palmes sont d"une telle légèreté, que l'on s'imagine les voir obéir au souffle des zéphyrs et se balancer au gré de leur douce haleine. La queue et les ailes du paon, qui sont étendues, étalent les plus superbes émeraudes. Les fruits du palmier, recourbés sur les pétioles des grappes, sont d'une si grande vérité, qu'on tendrait volontiers la main pour les cueillir; ces grappes sont figurées par les plus beaux diamans de Golconde.
Agra dans la soubabie d'Agra, ville très grande. 11 ne reste plus à cette capitale qu'un petit nombre de tous ses monumens, dans lequel on distingue le palais d'Akbar, un des plus beaux édifices de l'Asie.
Patxa, capitale du Bahar, ville très grande et bien peuplée, sur la rive méridionale du Gange.
Bénarés, \illc peuplée de j8o,ooo âmes, capitale de la province de ce nom, dont le sol classique des muses Indieniies, jouit d'un ciel toujours serein, qui n'est jamais obscurci par le moindre nuage, et où la rosée de la nuit sullit à la fertilité; ensorte que l'on y récolte 5 moissons par an et que les arbres se chargent autant de fois des fruits les plus délicieux. On admire encoi-e à Bénarès l'observatoire astronomique, fondé par le Rajah Djessing. L'affluence des pèlerins entretient toujours le commerce de cette ville dans un état florissant; et les études y attirent un grand nombi-e déjeunes Hindous. On évalue les affaires qui s'y font à 2 milliards de francs.
CALCLTrA, capitale du Bengale (""'') et de toutes les possessions anglaises dans l'Inde. C'est le siège du gouvernement général et de la première présidence. Elle compte actuellement 700,000 habitans.
îsepoul, dont la population est estimée à un demi -million.
PouNAH, capitale des états Marattes, résidence du peichwa , et dépôt des richesses de ce peuple belliqueux.
Hydraead, ville très étendue, résidence du Nizam ou Soubah du Décan , qui était anciennement gouverneur d'une partie de l'empire Mogol; mais qui ayant refusé l'obéissance à l'Empereur, s'érigea en souverain des états confiés à son administration. Dans la suite sa puissance et son territoire furent considérablement diminués par les Marattes et les Mysoriens , et surtout par les Anglais. Golconde, capitale de l'ancien royaume de ce nom: aujourd'hui elle est presque déserte.
Jagrenat ou Jagrenaut, dans la province de Kattak, fameuse par les pèlerinages qu'y attirent 5 grandes pagodes, dont les tours se voient de loin dans la mer. La pyramide qui couitjnne l'entrée de la principale pagode a 3^4 pieds de hauteur; elle est toute chargée de sculptures. La j)Ius belle pagode est bâtie sur un grand rocher de pierres granitiques, dont plusieurs ont 10 à 12 mille pieds cubes. Lidole, sculptée en bois, a des j-eux de diamans. Au milieu du temple, à la hauteur de 70 pieds de la terre, on voit sortir du mur un énorme bœuf en pierre. Les 5 grandes pagodes sont
*) Celte province a été omise dans la topographie sommaire des états de l'Asie; elle vient après le , Bérar tlaus l'accolade des provinces qui composent l'Uiadoustau central, p.ige i5.
entourées de murs construits en grosses pierres noires sans inortler. Les pèlerinages ont accumulé dans cette ville des richesses énormes. Au commencement du dernier siècle, les impôts levés sur les pèlerins, par le Rajah du pays, et les dons faits aux Brahmans, rapportaient .annuellement environ 1,800,000 francs.
Madras, siège d'une présidence et d'un gouvernement, une des plus belles villes Européennes de l'Inde, avec plusieurs beaux établissemens, peuplée de 5oo,ooo habitans , capitale du Jaghire de Madras, ou du Circar.
Seringapatam ou SERINGAPATNAM, daus le Mvsorc , ville forte, résidence du Prince vassal des Anglais, peuplée de 32,000 âmes, de i5o,ooo qu'elle en avait; elle renfermait des trésors immenses, une grande bibliothèque et d'aiilres objets 1res curieux, dont une partie a été transportée en Angleterre (en 1799 et 1800 ) , après que le Sultan tupo-saïb. fils d'HVDER ALv , sc f u t cnsèvcli sous les ruines de sa capitale, dont la trahison avait ouvert les portes aux Anglais.
Surate, une des plus grandes places de commerce de l'Inde. Elle a 5 lieues de tour et renferme de beaux édifices. La piétié indienne y a élevé plusieurs hôpitaux pour les animaux, y compris les punaises et d'autres vermines. Sa population est de 600,000 habitans. La classe des bayadères ou danseuses y est très nombreuse.
Bombay, dans une ile de ce nom, siège de la 3^ présidence anglaise, ville très grande, peuplée de 200.000 âmes, avec un port qui passe pour un des meilleurs de l'Inde. C'est l'entrepôt général des marchandises arabiques, persiques et indiennes. Près de Bombay se trouvent les iles de salseite ou canapin et elephanta anciennement appelée kaiabouri ; cette ile n'est qu'un assemblage de montagnes; son nom actuel lui vient de la figure d'au éléphant qu'on voit taillée en pierre noire dans un coin de l'île, au pied d'une montagne. Cette île est fameuse par les nombreuses pagodes et autres monumens Indiens qu'elle renferme. La plus remarquable en est la caverne auprès de laquelle est l'éléphant dont nous venons de parler. Cette caverne est taillée dans 1* roc; la voûte en est soutenue par une colonnade également dans le rocher. Sur les murs sont sculptés des figures gigantesques; on y remarque, entre autres, un homme d'environ 17 pieds de haut, et muni de 4 bras; à sa gauche il y a une femme de la hauteur d'environ i5 pieds; à côté de chaque groupe, il y a une petite chambre noire. Les Portugais ont détruit une partie de ce monument curieux.
GoA , ville belle et très-commerçante, résidence d'un vice-roi Portugais, et ornée de palais et de beaux édifices.
Calicut, port Indien oii aborda Vasco de Gama.
CocHiN, qui a un roi particulier, mais soumis aux Anglais, sur la côte de Malabar; ce fut dans cette ville que mourut Vasco de Gama. '
PoNDicuKRv, sur la côte de Carnate, aux Français.
Candv, capitale de l'ile de Ceylan , ville prise par les Anglais en 181 5; c'était la résidence du Roi.
Trinquemale, port principal de l'ile qui est habitée par les Chingulais ou Cyngalais, race originaire de l'Inde. Au sud de Candy s'élève la célèbre niontague appelée pic
(Va DAM , de forme couique, visible à 3o et quelques lieues, au soiniiiet tluqut-l ou montre une pierre où se voit l'empreinte d'un pied gigantesque. C'est, selon les uns, celui d'Adam; selon les autres, celui de St. -Thomas; mais les indigènes veulent que ce soit un vestige de Boudillia, qui, après qci9 aiétamorphoses , s'élança de ce lieu vers les demeures célestes. Les peuples de Ccylan , de Fégu, de Siam, de Malaka , accou- T^nl eu pèlerinage auprès de ce monument sacré.