‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 147 sur 180 · ETHNOGRAPHIE DE LA CHINE ( PI. LXIV · texte numérisé non relu

ETHNOGRAPHIE DE LA CHINE ( PI. LXIV

Les Chinois sont d'une taille ordinaire; on en voit de bien faits et de très -vigoureux. Leur figure est large, carrée; le front est découvert; les yeux sont alongés, placés à fleur de tète, et asctz saillans pour être aperçus tous les deux à la fois quand on regarde le profil. Le nez est petit et aplati entre les yeux, la bouche est médiocre, les oreilles sont larges. Le teint des Chinois est d'un brun clair. Les mandarins laissent croître leurs ongles, surtout celui du petit doigt, coutume qui existait en France sous Louis XIV. L'habillement des Chinois est simple et uniforme; il consiste en une longue robe à longues et larges manches; leurs haut- de- chausses sont de satin ou de toile. Sur leur tête est une touffe de cheveux tressés, surin intés d'un petit chapeau ou d'un bonnet dont la forme varie suivant le rang. A leurs pieds sont des bottes de soie, de calicot ou de cuir de cheval. Ils ne portent point leur sabre sur le côté, mais de travers sur le devant, la garde à droite. Les Chinoises sont en général petites mais jolies. La retraite observée par les femmes Chinoises est priiportionnée au rang qu'elles occupent dans la société. Les femm.es d'un ordre inférieur jouissent de la

Même liberté qu'en Europe; mais celles de la classe moyenne ne sortent que rarement de chez elles, et les dames de première qualité jamais. Leur maulère de se vèlir n'est pas assujettie aux caprices de la mode: les saisons, et quelque variété dans la disposition de leurs ornemens, y produisent seules de faibles différences. Une légère étoffe de soie, qui remplace chez elles le lin, est recouverte par un babit de dessous et des caleçons de taffetas; et lorsque la douceur de la saison le permet, elles se contentent de jeter sur le tout, et pour vêtement extérieur, une longue robe de soie ou de satin richement brodée. Elle prennent un soin tout particulier pour orner leur tête. Après avoir lissé leurs cheveux avec de l'huile et les avoir fortement tressés, elles les rassemblent sur le sommet de la tête, où elles les assujettissent avec des épingles d'or ou d'argent. Sur le front, ceiut d'une bandelette d'or, s'avance une pointe de velours portant un diamant ou une perle, et des fleurs artificielles sont jetées de chaque côté de la tête, selon leur goût. Les boucles d'oreilles et des cordons de grains parfumés suspendus à leurs épaules font également partie de leur parure. L'usage des cosmétiques est parfaitement connu des dames Cliiiioises ; et l'emploi du blanc et du rouge pour animer leur teint est très -commun parmi elles. Elles tracent une petite raie d'ua rouge très vif sur la lèvre inférieure , et elles ont un art tout particulier pour imprimer à leurs sourcils la forme d'un arc extrêmement délié et du plus beau noir. Leur chaussure mignonne est d'un travail exquis, et les contours de leurs chevilles sont cachés sous une espèce de cothurne fort lâche. On connaît leur coutume de se serrer les pieds jusqu'à ce qu'ils deviennent très petits. Cette coutume n'existe pas chez les femmes Tartares. Les enfans jusqu'à l';\ge de 7 ans, portent souvent deux queues qu'on laisse croître de chaque côté de la tête. Les douiesliqnes, selon l'usage propre à la classe inférieure du peuple, portent au poignet un anneau de cuivre ou de ce mauvais étain, nommé tiitanag.

Sur le premier plan à gauche de Ja planche est représentée la figure d'un des lam.as (ou BOuzEs) qui desservent le temple nommé pod-ta-la, et qni est situé près de la résidence impériale à je-hol en Tartarie. Tous ces prêtres sont habillés de jaunec'est la couleur impériale. Leurs chapeaux ont de très -larges bords pour garantir également et du soleil et de la pluie, et sont fort bien travaillés en paille et en fraemens de bambous. Les prêtres de Tartarie, et ceux de la Chine, depuis que les Tartares en ont fait la conquête, difl'érent très -peu tant dans leurs manières que dans leur habillement. C'est la seule classe, chez ces deux nations, qui ait la têle entièrement rasée. La couleur de la robe dépend de la secte particulière qu'ils suivent ou du monastère auquel ils sont attachés.

A côté du Lama se trouve un jia.ndarin de l'ordre militaire ou (gentil-homme) de la Chine. 11 est représenté ici dans son costume ordinaire, qui consiste dans une courte et large robe de belle toile de coton , et dans une veste de dessus en soie brodée. A sa ceinture pendent son mouchoir, son couteau et ses bâtonnets dans un étui

ft (ît^5 bourses remplies de tabac. Ces pouces sont arni(-s de deux Jarges anneaux d'agat'ie. dont i! se sert pour bander son arc. Le fer des flèches, qui remplissent son carquois, est de formes dilTérentes. barbelé, en losange, etc.: ses bottes sont de satin avec des semelles épaisses de papier, chaussure ordinaire des Mandarins et des Cliinois de distinction. — Daiis le second plan à gauche, on remarque une voilure, que les Chinois se contentent quelquefois de hisser, par un vent favorable et sur un chemin uni , pour faciliter les efforts du tireur.

Le fond de la planclie représente la maison d'un Mandarin , laquelle est généralement distinguée par deux mâts élevés, placés au-devant de la porte. Durant le jour des pavillons flottans à leurs sommets, annoncent la dignité dij maître, et durant la nuit, des lanternes peintes y brillent suspendues. Les Cliinois de la première classe aiment à vivre retirés dans l'intérieur de leur famille; C'est pourqoi leurs habitations sont le plus souvent entourées d'une muraille. Lrurs maisons ont rarement plus d'un étage. La plupart des chambres sont sans lambris: en sorte que les merrains qui supportent le tjit , restent à découvert- L'ameublement consiste communément en châssis couverts en soie de différentes couleurs, ornés de sentences de morale écrites en caractères d'or et suspendus de manière à former d'agréable compartimens. On voit disposés sur des tables des arbres nains très-curieux, des branches de corail, ou de petits poissons dans de charmans vases de porcelaine. Le long du mur se trouvent quelques soldats en grand uniforme. L'habillement des troupes est grossier , incommode , et absolument contraire aux exercices militaires; cependant à quelque distance, un bataillon équipé de cette sorte a une apparence splendide et vraiment gueri'ière ; mais vues de près ces cottes de maille impénétrables ne sont plus qu'un léger iianquin piqué . enrichi de quelques plaques <le métal fort mince et entourées de clous brillaiis, ce qui donne à tout l'ensemble l'apparence d'une arm.ure formidable. Du sommet du casque . qui est la seule pièce en fer, s'élève une pointe de pique entourée d'une touffe de crins de cheval colorés: les caractères tracés sur la plaque qui recouvre la poitrine indiquent le corps auquel appartient le soldat, et la boite qu'il porte par devant sert à contenir des pointes des flèches, des cordes d'arc, etc., la partie inférieure de l'aïC: repose dans une gaine ou espèce de boite.

ILES DE l'Asie

rxr>^-v/^ff *^x%^ '*^^>^'\

Il est difficile d'en évaluer la surface et la population. En a<!opîant le S3stème (fe quelques géographes sur les limites de l'Asie ( lequel est fondé sur la nature même des choiCs ) , les îles de la sonde, boilneo, les philippines, et gcnérallement toutes les terres

au S. E. de l'Asie, se trouvent rejetées dans une 5°. jiarlie du monde dont on peut voir le systèuiC et l'eiiseuible sur lu mappemonde (PI. XV ), et mieux encore sur la carie du monde maritime, (PI. LWll).

Les LAQLEDiVEs et les Maldives. — Elles occupent 200 lieues de long sur /^o de large. On les dit 12.000 en nombre. A la vérité plusieurs ne sont que des rochers ou des bancs de sable; C"est sur leurs rivages que l'on pèche une énorme ([uanlité de petites coquilles qu'on nomme caurisj qui servent de monnoies dans diverses contrées et particuliére- Hient sur la côte de Guinée.

CEYLAN, la TAPROBANE des anciciis. Dans le moyen âge elle a été fréquentée par les Arabes. Les Portugais y abordèrent en i5o6 et s'y établirent. Cent ans après les Hollandais les en chassèrent et l'ont cédée depuis aux Anglais à la paix d'Amiens, en 1802.

Les Hindous ont placé le paradis dans cette ile où la nature semble avoir voulu réunir tous les prodiges de sa magnificence, où la variété des animaux n'est pas moins grande que celle des végétaux et des minéraux. Parmi les pricipales villes de cette île, on doit d'abord nommer kandi, la capitale de l'intérieur, dont les environs ont étonné récemment les regards des Euroiicens, par leur agrément et leur fertilité; colomeo, sur la côte S. O. ; trinquemale, sur la côte orientale, qui ofi're un des plus beaux ports du monde, et d'autant plus utile qu'il sert pour la côte de Coroniandel , qui en est dépourvue. Indépendamment de sa canelle, de ses épices, de son bois de Colombo et de ses perles, ceylan exporte encore une grande variété de pierres précieuses.

Les lies d'ANOAMAN. dont la population présente les Sauvages les plus éloignés que l'on connaisse de toute espèce de civilisation.

Les ILES de nicopar , qui fournissent les Européens de rafraichissemens.

HAiNAX, quia 70 lieues de long, sur 60 de large et fournit tous les fruits de la Chine.

FOR.MOSE, ainsi nommée par les Européens ravis de la beauté de sa partie orientale. Le vrai nom de cette île e^t -iai-ovang, cap; avec un port et une citadelle appelée par les Hollandais le fort de zélande. Cette île forme la limiti; méridionale de la mer de Wang -haï. et est la dernière terre de l'ancien monde de ce coté.

Les II ES dl' japon. — Ce pays dont la grande existence insalaire semble aux extrémités orientales de l'Asie en opjiosition et en pendant avec les îles Britaniques, situées aux extrémités occidentales de l'Europe, est après la Chine, le premier empire de l'Asie par sa grande population, sa force et le haut degré de civilisation. Les Japonais, que par analogie avec la Ciiiiie,. on porte jusqu'à 3o, 000,000, connaissent les arts et les sciences, cultivent la littérature et la poésie, portent en un mot tous les caractères d'un peuple fort ancien comme nation. Ils font remonter l'histoire authentique et noa interrompue de leurs Sou\eraiiis héréditaires jusqu'à un siècle avant l'ère chrétienne. Par ses habitans et par son gouvernement le Japon ressemble à la Chine. La langue Ghinoise y est même la langue savante. On représente cependant les Japonais comme très supérieurs aux Chinois par leur civilisation. Un empereur ecclésiastique, sous le nom de dai'ri ou daïro-soma. les a gouvernés jusqu'en 1 585, qu'il a été dépossédé par un empereur séculier appelé kubo ou koijba, lequel ne lui a laissé qu'une existence religieuse

et Jionorifique. Le Daïri est un personnage sacré qui partage les Iionneurs que l'on rend aux dieux. La religion du Japon est di^•isée en deux sectes principales, celle de siNTO et celle de Boldsdo ou BoLnnou. Le culte de Boudhou, quoiqu'iiitroduit postérieurement à celui de Sinto , qui parait être venu du Tliibet ou de l'Inde, compte le plus grand nombre de prosélytes. Les temples du Japon sont très nombreux. Kcnipfer en porte le nombre k 27,700, desservis chacun par une multitude de prêtres. Le plus célèbre des temples du Japon est celui d'Jsie, consacré à tensio-daï -sin , leplusgrand, le plus ancien des dieux de l'empire, et le père du Daïri et même des Japonais. Chaque Japonais doit le visiter au moins une fois dans sa vie, et l'Empereur lui-même ne peut s'en dispenser qu'en y envoyant un représentant chaque année. La plupart des idoles des Japonais sont d'une figure révoltante et d'une grandeur colossale C'est ainsi que dans un temple de Méaco on remarque la statue de Daibouts dont la grandeur est telle que six hommes peuvent s'asseoir sur 1« paume de sa main; dans un autre temple la statue de Quanwon est environnée de 3, 333 divinités inférieures pour indiquer le nombre de ses attribus. A l'arrivée des Portugais, les Jésuites prêchèrent le Christianisme au Japon, avec beaucoup de succès; mais ajant voulu mêler les intrigues du gojivernement au zèle de la religion, ils amenèrent deux massacres des convertis et la proscription perpétuelle de leur croyance,

VILLES PRINCIPALES. — jEDDO OU EDO, daus Tilc de Niphou (1,000,000 d'habifans), capitale de l'empire est la résidence du Kouba et la première place de commerce de l'empire. Le palais de l'Empereur y a dit -on 5 lieues de circuit.

MEACO (1,000,000 d'habitaus), dans la même ile, est la résidence du Daïri -Soma.

Les revenus de cette grande ville et de ses dépendances sont assignés pour l'entretien de la Cour de cette espèce de pape.

Naxgasaki port de mer de l'iIe de Ximo ou kilsiu, le seul endroit où il soit permis de faire le commerce aux Hollandais, qui ont leurs magazins dans la petite ile de désima , qui est jointe à la ville par un pont.

TOKA est la capitale de Sikokof, la plus petite des 4 située entre >.iplion et Kiusiu.

L'ile de Jesso au N. de Niphon n'est séparée que par le détroit de Mats-maï. C'est dans la baie de ce nom, qui renferme ce détroit, que les Japonais ont formé leur établissement le plus considérable. Les naturels de la longue île de Saghalien ou Tchoka sont la même race que les aïnos de Jesso. Les Japonais appellent cette île Karafuto. La chaîne des grandes Kouriles . doni les Japonais et les Russes se partagent la possession, est eu partie peuplée par la race des Aïnos, ou par les indigènes de Jesso et de Saghalien.

Page 1