‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 15 sur 180 · ni · texte numérisé non relu

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de la lumière

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DIFFÉRENTES rilOFRIÉTÉS DES ZONES, suivant les rapports quelles ont avec les positions générales de la sphère,

1.° Les peuples qui habitent sous Féquateur, et qui ont par conséquent leur Zénith sous Fcquateur, ont la sphère droite. Ils ont toujours les jours égaux aux nuits. Ils voient, dans l'espace de 24 heures, tous les astres monter et descendre au-dessus et audessous de Fiioriion. Ils ont deux étés et deux hivers fort pluvieux au teius des solstices, lorsque le soleil parcourt les tropiques, par ce qu'il est alors le plus éloigné qu'il soit possible.

L'air que respirent les hahitans de l'équateur. est plus tempéré et moins brûlant que celui des peuples qui liabitent vers les trcpiques; 1." par ce que les jours sous l'équateur sont moins longs que sous les tropiques, et que le soleil y élève, pendant le jour, une "rande quantité d'exhalaisons et de vapeurs, qui causent des pluies abondantes, et produisent les vents qui rafraîchissent Fair; 2." par ce que le soleil n'est vertical au Zénith de Féquateur que pendant 24 heures de suite, au lieu que FEcl^-ptique étant comme couché sur les tropiques, le soleil y est vertical environ quarante jours.

a.'^ Les peuples placés entre Féquateur et les tropiques, ont la sphère oblique, et par conséquent un de leurs pôlïs plus élevé. Four eux commence l'inégalité des jours et des nuits. Ils ont aussi deux fois l'année le soleil vertical à leur Zénith , ou perpendiculairement au-dessus de leur tête, et ces tems-là sont précisément leurs étés, et leurs hivers' commencent lorsque le soleil est à Féquateur ou aux tropiques.

3." Les peuples enfin qui habitent sous les tropiques, ont le pôle élevé de 2 3°{. Ils ont leurs plus longs jours de i3 heures i, et leurs plus courts de 10 i; ib n'ont qu'une fois l'année le soleil vertical à leur Zénith, mais assez, longtems. Ils n'ont que deux saisons, un été extrêmement chaud, lorsque le soleil est à leur Zénith, et un hiver, lorsque le soleil est vers l'équateur ou vers l'autre tropique.

Quoique la proximité ou l'éloignement du soleil soit la principale cause du plus ou du moins de chaleur, soit en augmentant, soit en diminuant, à mesure qu'il envoie ses rayons plus ou moins obliquement sur la terre, on peut cependant dire qu'il y a d'autres^causes qui concourent à cela; telles que la qualité et l'exposition des terres, les plaines ou les montagnes, les lieux couverts et découverts, les terres sèches ou humides, la longueur ou la brièveté des jours, les vents, les pluies et les rosées etc. C'est une chose constante qu'à toutes les latitudes, et même sous Féquateur, la chaleur diminue et le froid augmente, à mesure qu'on s'éloigne de la surface de la terre; de là vient qu'au Férou. dans le centre même de la zone torride, les sommets de certaines montagnes sont couverts de neiges et de glaces, que Fardeur du soleil ne fond jamais. Cela vient probablement de la rareté de Fair, toujours plus grande dans les couches plus élevées de notre atmosphère, par ce qu'un air plus rare et plus subtil, étant plus diaphane, doit recevoir moins de chaleur par Faction immédiate du soleil.

Les anciens conjecturaient seulement que la zdne tempérée méridionale était habitée. Ils ne croyaient pas même qu'il fut possible d'avoir aucun commerce avec les habitans de cette zone, par ce qu'ils étaient persuadés que l'Océan s'étendaut sur Féquateur,

partageait en deux le globe, et divisait ces deux zones, el qu'il ëtaîl impossible d'y pénétrer, à cause de l'incendie qui les séparait; de là vient que les Grecs nommaient ces peuples ANTicTONES, c'est-à-dire, liabitans d'un lieu, entre lequel et celui qu'ils habitaient, il ne pouvait y avoir de communication.

Les habitans des zones tempérées sont placés, ou du côté des tropiques, ou au milieu, ou vers les cercles polaires.

Ceux qui sont voisins des tropiques, ont presque toutes choses égales avec ceux qui demeurent sous les tropiques, et ont le pôle d'autant plus élevé qu'ils s'éloignent davantage de l'équateur.

Ceux qui habitent vers le milieu, ont la sphère oblique plus ou moins, selon qu'ils s'approchent des pôles. L'inégalité des jours et des nuils auipnente à proportion qu'ils sont plus ou moins éloignés de l'équateur.

Enfin les peuples les plus reculés vers les pôles, ont presque toutes les clioses égales avec ceux qui sont sous les cercles polaires. Ils ont des jours de 22, de 2j et presque de 24 heures.

Les habitans des zones tempérées n'ont jamais le soleil vertical à leur Zénith. Ils ont quatre saisons, deux solstices et deux équinoxes; les jours et les nuits plus longs, le froid et le chaud plus ou moins grand, à proportion qu'ils sont près de l'équateur ou des pôles. Leur pôle est toujours plus élevé que de 25 degrés 3o minutes, moins que de 66 degrés 3o minutes.

Les peuples qui habitent sous les cercles polaires, ont leur plus long jour tt leur plus longue nuit de 24 heures; leur pôle est élevé de 66" 3o', de sorte que depuis le 7 Avril jusqu'au g de Septembre, ils ont à peu près les mêmes choses que ceux qui sont dans les zones tempérées.

Ceux qui habitent entre les polaires et les pôles, ont leur plus long jour et leur plus longue miit au-dessus de 24 heures, mais moindre que de six mois. Ils ont le soleil très-éloigné de leur Zénith, et ne voier.t que le solstice d'été; celui d'hiver est toujours caché sous leur horizon. Ceux enfin qiii demeurent sous les pôles, n'ont en foute l'année qu'un jour de six mois et une nuit de six mois. Ils n'ont aucun Orient ni aucuu Occident, et le soleil y fait toutes ses révolutions parallèles à l'horizon.

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