ANTIPODES
1." Les pÉmcEciENS, c'est-à-dire, habitans autour, sont les peuples qui demeurent sous le même parallèle, mais sous deux méridieus opposés; tels sont les peuples de Mexico et de Surate; d'où il s'ensuit qu'ils ont même latitude dans le mtme Jiéniisphèrc, même pôle, même climat, même zone, et par conséquent mêmes saisons de l'année. Mais ils
différent en longitude de 180°, et ont. à cause de cela, les heures opposées; les uns ont midi, quand les autres ont minuit.
2." Les ANTtECiEXi, cest-à-dire, liabitans de deux entés opposés, sont ceux qui ont •une même longitude, mais sous deux parallèles opposés, également distants de l'équateur; tels sont les peuples du cap de Bonne-Espérance et ceux du cap Matapan, Ils ont même zone, même élévation du pôle, mais dans differens hémisphères; ils ont aussi en même tems midi et minuit, mais leurs saisons sont contraires; quand les uns ont Tété, les autres ont l'hiver et vice i'ersa, et quand les uns ont leurs plus longs jours, les autres ont leurs plus longues nuits.
5.° On appelle .\nti)odes les peuples qui sont distants de tout le diamètre de la terre, comme qui dirait presque pied contre pied, et le Zénith des uns sert de Nadir aux autres. Ils ont même climat, même zfine, latitude égale et non la même, c'est-à-dire, dans differens hémisphères: mais ils diftèrent en longitude de 180". Ils ont tout opposé, heures, jours et saisons.
On voit par ce que nous venons de dire, que les Périœciens ont les mêmes saisons et les heures coptraires: que les Antœciens ont les mêmes heures et les saisons contraires, et que les Antipodes ont les heures et les saisons contraires. Les anciens ne pouvaient se persuader qu'il y eut des Antipodes. Celte idée, qui semble renverser à notre égard les habitans de l'autie hémisphère, a embarrassée longtems les anciens philosophes, qui ne pouvaient comprendre que cela fut ainsi. Pline en parle comme d'une cliose douteuse. Cette difficulté n'était pas encore levée dans le huitième siècle. Virgile, prêtre associé à St. Boniface pour prêcher en Bavière vers l'an 745, plus savant dans les mathématiques que ne tétaient les chrétiens de son tems, ayant dit quïl y avait des Antipodes, fut accusé devant le pape Zacharie, comme s'il eut soutenu qu'il V avait un autre monde, une autre lune etc. Jusqucs-là on ne pouvait encore agir que par conjecture daus la question du fait, mais heureusement nous ne sommes plus dans ces tems d'ignorance. L'expérience a fait connaître aux hommes, depuis plus de deux cents ans, que la terre étant ronde, est habitée daus ses parties diamétralement opposées, et les découvertes plus récentes, qui ont enrichi la géographie d'un troisième monde, ont placé les Antipodes de Paris et de Londres au Sud-Est de la lS"ou\elle- Zélande dans le grand Océan,