‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 151 sur 180 · CINQUIÈME PARTIE DU MONDE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE DU MONDE

OCEANIE OU BIONDE MARITIME.

Entre le 55'. de latitude ÎN'. , et le 5o'. de lutitude S., le q3°. de longitude E, ^ et le ioz'\ de longitude O.

Si l'on joint les deux licmisphèi-es de manière a reproduire Tarrondisseinent duglobe, 011 A erra le nouveau monde à droite et l'uiicien a gauche, un inuueuse océan égal en surface au reste du globe. Vers le milieu et des deux côtés de la ligne surnagent d'innonbrables îles, dont renscmble a mérité des géographes modernes le titre de CINQUIÈME PARTiE DU MONDE. Les uns veulent que ce soient les débris d'un monde englouti; d'autres, au contraire, un monde naissant qui s'élève du sein des eaux. L'esprit s'égare sur la mystérieuse existence de ces îles comme sur le vaste océan qui les environne. 11 faut donc laisser les systèmes qui ne sont trop souvent que les chimères de la science, et ne s'arrèler qu'aux faits qui seuls en sont la réalité.

L'océan pacifique, dont le nom exprime si bien la douce tranquillité, baigne les bords de ces îles fortunées; un léger zépliir y tempère sans cesse les ardeurs brûlantes du soleil des tropiques. La végétation la pins riche les couvre de Ucurs, de feuilles et de fruits. A chaque pas, une verdure éternelle, des sources jaillissantes, des ombrages délicieux y multiplient les sites enchanteurs. Là sont des nuances cuivrées; une belle population déploie gaiement des formis et des traits qui ne le cèdent en rien à ceux de notre continent. Au milieu d'elles croissent partout et sans culture, l'igname, le coco, la banane, l'arbre à pain et mille autres fruits nourrissans. La nature en fait tous les frais, et l'heureux habitant nourri sans travail, n'est pas réduit à chercher à la sueur de son front le soutien d'une pénible existence. Que lui manque-t-il pour être encore dans l'âge d'or. Hélas! il a ses fureurs, ses guerres, ses maladies. Car, où pénètre l'homme qu'il n'y soit suivi de ses passions et de ses maux! Ea effet sur presque toutes les iles du grand océan, la population se trouve divisée en plusieurs tribus commandées par des chefs envieux presque toujours armés paur leurs querelles particulières.

L'Angleterre en profite pour asseoir sa domination sur ces nombreux archipels qui, des cotes de la Nouvelle Galles du sud, s'avancent dans le grand océan jusqu'aux rivages occidentaux de l'Amérique, et qui, d'après le fameux acte de possession , doivent être successivement occupés à mesure que les circonstances pourront l'exiger ou le permettre. Ce que vancover a fait pour l'archiiiel des îles Saudvich, dont une (owhybée) a été cédée à la Grin.le-Br.'t igne, se renouvelle chaque j.)iir au milieu de ces vastes régions; et Ion pourr.'.it assurer que la moitié des iles du grand océan, est déjà, ou sera bientôt plus ou moins directement, sous la douiiuatioa de l'Angleterre.

A mesure qr.e de groupe en groupe on approche de l'Asie, il bemble que le v lisin;ige de Faiitien monde détruise et gâte un si beau tableau. Les îles qui les bordent sont couvertes de voUiiiis sans cesse en fureur; des ouragans affreux rè^'nent aux Phil!i)piiies, le poison le plus terrible à Célèbes, uu air inl'eLté désole Java. La misère la plus affreuse assiège les Zéelandais, et des écueils sans nombre embarrassent les parages de la N luvelle-.i >lla:i>le. Dans ce dernier pays la nature semble avoir pris plaisir à rassembler les animaux les plus bizarres. C'est la Ixangourou aux pattes inégales, le chien au bec de canard, le poisson aux- nageoires élastiques, sautant sur la terre, etc. (voy. la note 23, page 63 ). Avec celte île immense, les Hébrides et la Guinée, finit la belle race Malaie et commence la race rièjre. On se demande par quelle bizarrerie celle de JMalakka n'est pas parvenue dans les lieux voisins; par quel phénomène s'y trouve celle d'Afrique en dépit de réluiTiiement et des vents toujours contraires. C'est aux nouvelles observations des voyageurs à nous en a[ipre!i(lre d'avantage.

Pour étudier les détails tle ce vaste tableau qui, sur une ligne de 3ooo lieues, dé velojipe un labyrinthe d'îles, un immense archipel, au milieu duquel nous distinguons une vingtaine de grandes terres, dont la ])rincipale semble égaler même PEurope entière eu étendue, il faut le décomposer en plusieura groupes ou divisions. Le tableau synoptique ci -dessous est destiné à cet usage.

La POPULATION de POcéanie est difFicile à évaluer; quelques géographes la supposent de i6 millions; elle se compose de (rois races, de .-malais, a demi - civilisés, de colons civilisés, originaires d'Europe, ou ù'i^digenes de l'intérieur, presque partout entièreuieut sauvages, (voyez page yS et suivantes ). Quelques îles n'ont d'autre religion qu'un grossier fétichisme; d'autres ont reçu du continent, par les Malais, ou d'autres étrangers, les dogmes du Mahométisme ( voyez page 8o et suivantes).

Les mers intérieuiies sont celles de java, entre les lies de la Sonde et celle de Bornéo; de cÉLEBES, entre Pile de ce nom, Bornéo et les Philippines; de windanao, entre les Philippines et Bornéo.

Les golfes et rails sont le golfe de carpentarie, entre la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle -Guinée, le golfe Spencer (ou Bonaparte), sur la cole sud -ouest; la baie des chiens jiarins, à Pouest de la terre d'Eudracht et de la terre d'Edels; la baie du géographe à Pouest de la terre de Leuwin; celles de haluax et de hervey sur la côte orientale; — dans la Nouvelle -Zéelaude, la baie de plentv, au nord -ouest de Pile Eaheiuomawe; celle de geelwink au nord de la Nouvelle -Guinée, etc.

Les détroits sont, dans la Notasie, ceux de la sonde, entre Sumatra et Java; de MACASSAR, entre Bornéo et Célèbes; — dans l'Australie, ceux de damuer, entre la Nouvelle- Guinée et la Nouvelle- Bretagne; de torkes entre la Nouvelle -Guinée et la Nouvelle- Hollande; de bass et de hanks entre la Nouvtlle-HoUande et la terre ou Pile de Dieuicn , séparés entre eux par les îles Fourneaux et autres; de laclpepe, entre la côte sud -ouest et Pile des Kangourous que les Français ont seuls reconnue en entier. Elles parait inhabitée; les Kangourous en sont les véritables possesseurs; ils y forment de nombreux troupeaux, et c'est là 'qu'on a trouvé les plus grandes espèces de ce singulier

"enre de quadrupèdes, du genre des didelphes ou sauleurs. Il y en a qui pèsent i4g livres ; la chair en est tendre et très bonne à manger. Quand la femelle est blessée , elle témoigne un courage admirable, et une sollicitude vr^ment touchante pour sauver ses enfants, qu'elle porte dans une poche située entre ses cuisses. On a remarqué que ses derniers efforts étaient donnés à la conservation de ses petits. — Le détroit de cook , entre les deux îles que forme la Nouvelle -Zéelande, etc.

Lus CAPS sont, dans la Nouvelle-Hollande, ceux de YORK, au N. delà terrede Carpenfarie ; detÉOBEN, au N. O. de la terre d'Arnheim ; de william , à l'O. dela^terred'Endracht; la i-ointe ESCARPÉE, à rentrée de la baie des chiens marins; le cap du naturaliste ( Gosselin ), à l'entrée de la baie du Géographe; la pente d'ENTRECASTEux, au S. de la précédente; le cap DESAix, au S. en face de l'île King; le cap s\ij>, au midi de l'île deDiemen;le cap HOWE, au S. E. de la Nouvelle-Galles du sud; le cap des sables, au-dessous du Capricorne; — dans la Nouvelle -Zéelande, le cap sud, dans l'île Tavai-Poenammoo ; dans l'ile Eaheinomawe, le cap nord , etc.

TABLEAU SOMMAIRE DE L'OCÉANIE on MONDE MARITIME.

L'archipel de

NoTASlE,

qui embrasse . •

I Iles Pbilippikes. (O Cet archipe est un

■ Mojennes ou groupe triangulaire, -y archipel des qui s'allonge vers le N. , entre Bornéo c Formose,

'' \ archipel d ^ I Bissayes.

V Petites,

Iles SuMATRisîiaEs ou îles de la Sonde. (5) Cet archipel décrit de l'O.

à l'E. une ligne courbe entre la côte occidentale de Malakka et la grande terre des Papous,

Iles Borhéehkes. Cet archipel s'étend paralUiuentà celui des îles

Luçon. (2)

Mindanao. (3)

Palavan.

Mindoro. Négros. L ejte.

Mactan. (4) Zébu.

Panay. Samaw.

Marindique. Mastate,

Tablas. Ticao.

Burias. Bohol,

Sumatra. (7) Java. (8) Madura, (8') Bally. (9) Lunibock.

Sumbava, (10) Suniba,

Ende ou Flores.

Sandel -bosch.

Timor, (il) Timor -Laut, Arrou.

Bornéo . (12) Mangola, Célèbes. Ci3) Obj.

Cicolo. Cl 4) Mvsol.

Mortay. Bouro.

Xulla. Céram, (i5)

LE MONDE MARI- TIME ou

rocÉA-

KIE, fui comprend , .

Sdmatiiiibkîs, entre Sumatra et la terre des Papous.

L'austri- LIE, qui

Ternate. (17) Tidor.

Mo tir,

Makian. (i3) BatscKian. (19) Amboine. (20) Banda. (2i) "VVaigiou. (22)

Moli'ques proprement dites, ou îles auxépices(i6).

La Nouvelle-Hollande ouNotasie.CaS) L'île des Kangourous. King. (24) L'île de Diemen ou laTasnianie. (25) embrasse. . * • • • • .^LaN'".»Guinée ou terre des Papous. (26) La Louisiade. (27) La iXouveUc-Zéclande. (28) I L'île Chatam etc. (29) / Les îles Pelewç ou Palaos c3o) • . . .

"Les Mariannes (îles des Larrons) (3 0*^ La femme de Loth, (3i') [.es îles d'orales îles d'argent, les jardins, Seplentrio iLes Mulgravos, formant 10 groupes. {32)J et les Muskillos, au N.

' » / Owjhée, cédéeà l'Angl*'., en 1794

dessus de ,■ ^^ j,^ j^ c~„j.;„l /^^^ „„, ■ par le roi Tamahama eiitic les

mains de Vancouver.

Movi. (34) S TMarotoï.

1 ToaUou. (35)

Les Carolines ou Nouvelle • Philip* } ,- > i*/-»

'^ [ lap a 1 O, ' pines 06) . . ...... J Hogolcn.

Les îles de l'Amirauté (37) , .

EabeinomaTre. Tavai -PoenarauiQ.

Pelews. Boubeltonap.

Cuan.

Tinian, Seypan etc.

Kingsmill au S. des Piscadores.

l'Equateur,

Les îles de Sand^vicK (33) au nombre de 14

La roLYNÉ tfsiE , qui se S subdivise I

'Méridiona-

Moa dans t'iiitcrvaïle.

L'amirauté.

Les îles des Hermites.

Les îles Basses de Bougaiiivillc-

La Nouvelle - Hanovre.

Les lies de la N". - Jrlaade (3g)

Tanna. Mallicola.

La terre du S. -Esprit.

L'archip, de la N°.- Bretagne (38) . . \

les lies de Salomon ( terre des Arsacides de Bougainville. C40)

Les Nouvelles- Hébrides. (42) \

L'archipel de Santa- Cruz L'ile S', - Croix ou d'Egmont (43)

La Nouvelle-Calédonie. (44)

Les îles des Amis. (46) f Tongatabon.

L Les ;ics Fidji (tributaires)

le, au S. d.^L'ile Vasquez. (46) , Oteevvl.j ou Pola.

l'Equateur. vLes îles des Navigateurs (ou mieux ^ Oatouah ou Oyolava.

archipel de la Pérouse). (47) ( Maouna. (.,8)

lies de la Société (49) F Olahlli. (5o) Huaheine (52;

L Ulietea. (ji) Borabora. (53)

Longuechaîne d'îles auS.O elauS.E./ Palnicrston. "Watleo. Mangia. de 'archipel de la Société, qui s 'étend i Toobouai. Ohiteroa. Higb depuis l'île de Palinerstou jusqu'à \ celle de Pâques.

L'île de Pâques. (64)

IL'arcbipeldeRogge-iTjn. (55) . , , L'archipel Dangereux. (56) L'archipel de la mer Mauvaise.

Les Slarquises de Mcndoce. (aj) .

Gloceiter, Conversion -de-S. Paul.

I Micbael , etc.

V Oparo. Pitcairn. Ducie.

CBauman. Ticnhoven.

Croniugue.

( Noulaiwa.

'} Chanal.

^ La Dominique.

I\'OT£S KKLATI rES AV TABLKAV.

(i) Les PHiLiiTiSES ont ctë découvertes par Mntellan en 1621 , et uortunées d'aboxd îles de S.-Lazarre. On leur donna ensuite le nom de peiLippiscs, en l lionueui- de Philippe H., t^i d*Espagne, elles appartiennent aux E^spagnolj. On en compte 10 grandes, 10 moyennes et beaucoup de petites. Plusieurs ont des volcans et sont exposées à des ouragans furieus et périodiques; cependant elles sont extrêmement fertile»!. Leurs principales productions sont !e riz, des fruits, du coton , de l'indigo, du tabac, délaçasse, du café et des cannes à sucre, lesquelles viennent sans culture. On y fait jus. qu'à dix récoltes de soie par an. Il y a beaucoup de gibier et de volaille, Cin» butUcs , des singes. Les eaux sont poissonneuses; les montflgnes renferment des mines d'or et d'argent- Vingt de ces, îles sont habitées et leurs habi tans Malais d'origine, se montent à près de 3 millions. Ils cultivent la terre et exercent les arts mécaniques avec beaucoup d'adresse et d'intelligence. Leurs maisons sont construites de bambous; ils vivent de riz et de poissons. Les Malais aiment le pillage et s'exposent aux plus grands hazards pour satisfaire ce penchant. Les naturels sont en géuéral mahométans ou idolâtres. Dans les établissemens espagnols, la religion catholique est dominante.

(2; Aux Espagnols; la capitale est Manille, de 40,000 habilans ; c'est une des \illcs les mieux bâties de toutes celles que l'on trouve dans l'archipel de ISotasie-

(3) Lîle de Mi>DA>iO a 3o lieues de long sur ;o de large; elle a un volcan qui ne cesse de jeter des flammes, et qui par co mOyen fait les fonctions de fanal. Cap: mi>datao , a\ec nn port fortifié.

(4) Où fut tué en i52i magellaîi qui a laisse après sa mort une réputation gue rien ne peut effacer, pour avoir découvert le détroit qui porte son nom, et avoir, en quelque manière, fait.

le premier de tous les hommes, le tour du

monde.

;j' Le dt-'lioit de la som>e ou suwda , ains'i quç celui de si:ïdaha, que porte le Cap Oriental de Java, rappellent la dénomination de SiNDAiE J.\sULAiE, donnée dans Plolémée, à ! iles situées au midi de la CRERSonésc d'oa, ou de MALAKKA, et ce rapprochement semble confirmer l'opinion énoncée par quelques géographes modernes que dans le milieu du deuxième siècle de l'ère chrétienne, on avait ac4|uis par le commerce, des notions contuscs sur les îles les plu:; occidentales du monde maritime.

C7) Sumatra est la plus grande et la plus importante des iles de la. Sonde Elle a un climat beaucoup plus tempéré que celui du Bengale et dans lintérieur les habitans sont obligés d'allumer du feu le matin pour se chaufTer. Le mont OPHIR est le sommet le plus éleiéf2o27 toises au-dessus du niveau de 1 Océan ) de la chaîne de montagnes qui traverse celte île du S. au N. et qui présente plusieurs volcans eu activité. Les plus grands animaux de l'Asie ( l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, le tigre royal etc.), se trouvent dans celte île. le poivre est le principal article de culture. Les lieux les plus remarquables de l'île sont ACHiN, à l'extrémité N., qui a un excellent port, et est la capitale d'un royaume Malaî; ensuite padaiî et BE^coLE.f , deux établissemens européens, le premier formé par les Hollandais, le second par les Anglais. L'arereapais commence à se montrer à Sumatra, et de là s'étendant au sud, à l'est et à l'ouest, cet utile végétal répand ses bienfaits dans le i»rand Océan et dans l'océan Indien. Cet arbre nourricier des peuples Océaniens sélève à la hauteur de 40 pieds. Son tronc atteint la grosseur d'un homme. Son fruit devient gros comme la tcte d'un enfant; récolté avant d'clre mur, et cuit sous la cendre, il donne wn aliment très sain, dont le goût ressemble à celui du pain de froment. Pendant 8 mois de suite, cet arbre prodigue ses fruits avec une telle largesse, que trois sufllscnt pour nourrir un homme pendant nn an. Ce n'est pas son seul mérite ; son écorce intérieure sert à fabriqxier une étoffe. Son bais

est eïCfllcnt pour la construction de cabanes et des pirogues. Ou emploie ses feuilles eu guise de nappes; la sève glutincuse et laiteuse fournit de bon ciment et de la glu. Cet arbre répandu jusqu'à la Nouvelle - Zûelande, a suivi évidemment la civilisaiion et les émigrations de la race Malaie, (8) Java a 200 lieues de long sur 5o de large. On évalue sa population à deux millions d'Ii^ibïtans. Les HoUandaii ont bàli bvtavia. sur lii cote N. O. de celte île, et avaient lait de celte TÎUe, une des plus insalubres du morule entitT, la capitale de leurs possessions dans lOrient.

Aussi Java est - elle une des îles les mieux connues du grand archipel de Nntasic.

Samaraïïc, chef-lieu de la côte Orientale, en comptait 3o mille. sonRABATA était ensuite rétablissement européen le plus importaut. Dans la saison des pluies, et surtout en février, les torrens se précipitent de la chaîne de montagnes qui traverse Java dans toute sa longueur; ils inondent les grandes plaines qui sont à leui-s pieds , et alors ou ne peut plus les traverser qu'en bateau. Ces inondations rendent le sol de cette île très-propre à la culture du riz, qui y croît en si grande abondance, qu'on sur* nomme Java, le grenier de Torien'. j niaîs ce ^enre de culture corrompt la pureté de l'air; -cependant sur les liauteurs le climat est teni. péré et salubre; on prétend même qu'à l'exception àc la ville de Batavia, et de quelques lieux situés sur la côte du N- l'île de Java est aussi salubre qu'aucun autre pays situé entre les tropiques. Le volcan de Java parait avoir fait sa première éruption en 25&6.

iQ') Mapura est la plus grande des petites îles qui entourent Java. Elle est séparée de Java par un détroit, qui dans sa moindre largeur, un qu'un mille. Il forme le port important de Sourabnya- madura semble Ji'èlre qu'une prolongation de Java; comme elle a toujours été soumise au même gouvernement , on rajusqu'iti considéré comme une dépendance de cette île. <(>' Ses li'abirairs passent pour le* gncrrieis les plus braves de l'archipel Austral. Ils "CfuU nègres et idolâtres. L'île abonde en n"! et en Lou-esortes de frtiits; elle produit aussi du oton , du gingembre, des noix de cocos, etc.

(10) En i8i5, elle a été botileyerscc par une viw- Icnte éruption du volcan de la montagne Tomboro, dont les eflets lurent ro;sentis à la distance de looo milles, (iii Timor a fij lieues de long sur ij de large*. Les Hollandais y ont un fort et les Portugais quelques ctablissemens. La capitale est timok , résidence du Souverain. Les productions sont la canne à sucre, les épites, le bois de Sandal, et la paillettes d'or.

(12) BoRNfO est une des plus grandes îles du globe ; elle a 2.3o lieues de long, sur 180 de larges; on en connaiî peu l'intérieur; les côtes surtout au nord , sont marécageuses et couvertes de forêts; elle sont divisées en royaumes qui présententuuepopulationdeS à 6 millions d'ames. Celui de BORWLo, qui donne son nom à l'île est sur la côte ]\. O. Celui de lava est au centre , ou se trouvent de hautes montagnes volcaniques. Les tremblemens de lerre y sont très fréquens» Les iudîgèues de l'intérieur paraissent Malais d'origine-, ils sont grands, d'un naturel féroce et sanguinaires, et ont le teint plus clair que les Malais. Les tedo^gs , sur la côte N, O. sont " utie race diOcrcnte, (^ui semble originaire des îles Philippines. Les Anglais possèdent plusieurs points sur les côtes, et surtout poulo-caya, vers l'extrémité nord, cjui a un excellent port. Outre l'or, les dianians , les perles et le camphre, qui sont les principaux produits de cette île si grande et i'i riche, on espurte encore du poivre, du girolle, de la muscade, du l)enjoin , du sang de dragon , du bois de calambac , du bois d'aigle, des bambous, du icr . du cuivre, de l'étain etc* Les singes et les grandes espèces d'orangs-outangs, y sont communs. Le climat de Boruéoabeaucnnp d'analogie avec celui de Ceylan, Ci3) CtLtBiis a I ôo lieues de long sur ro de large et est divisée eu 6 districts ou royaumes. Oa donne le nom de Cclèbe à la partie Orientale de l'île et celui de Macas'^ar à la partie Occidentale. Le CLIMAT est tempéré, les monta* gnes, les collines el les vallées qui partrgenl son soi, les fortes pluies qui y tombent, les t^uli'es nombreux et profonds qui la pénètrent datis tous K'S sens, garantissent coite île contre \cs thaïe u) s eic':ssivc'-. Ses pROi/LCiiorts

sout à peuprès les \uêmes que celles de Bornéo, et l'on en exporte de l'ur, des perles, du riz, d'une qualité supérieure, du Lois de Sandal, du colon, du campKre, du gingembre, du poivre long, de la cire, etc. C'est à célèbes que croît cet arbre fameux , le redoutable cpas , dont le suc vénéneux sert aux macassaks et aux Borccis pour empoisonner leurs flèches. Les cÊLÉBÉziENs, sont supérîeurs aux Malais par leur courage; la plupart d'entre eux sont féroces; il est douteux qu'ils soient anthropophages. La Tille de macassar, où les Hollandais avaient formé un établissement, est au sud-ouest, eosi a été conquis par les Anglais en 1814. Les diverses îles qui euloureat célèees sont bien pcuj'l ées.

(14; Au X. E. de Célèbcs, produit du riz, du sagou , du girofle et de la muscade, et nourrit des bullles, des cochons, des chèvres, des daims, quelques brebis et des tortues énormes. Les Hollandais y ont des forts. Le territoire est partagé entre les rois de Ternate et de Tidor- TATA^AY est une des principales villes de ceire île,

(i5) Céram, au S. E. de ciLOto, est, après celte dernière, la plus grande des Moluques. Elle est traversée de l'ouest à l'est par plusieurs chaînes de montagnes parallèles et fort élevées. Dans les forêts de ses côtes méridionales, on trouve le Casoard , qui est, parmi les oiseaux du :aoKrE maritime, ce que l'autruche est à I'ascien mosdi:.

j6J Les SJOLCQES furent originairement découvertes par les Portugais; les E-pagnols les leur disputèrent, mais sans succès. Au commcnce- Qient du 17*, siècle, les Hollandais s'en emparèrent; la plupart de ces îles leur sont encore vtouaiises aujourd'hui, les rois qui les gouver- ■nent étant dans leur dépendance. On prétend même qu'ils ont forcé ceux de Tidor et de Ternate d'arracher les mu<:cadiers et les girofliers de leur île, pour s'approprier exclusivement dans celle d'Amboine, le commerce du girofle, et à Banda celui du muscadier. Ces îles sont à peuprès au nombre de 5o , et paraissent être sorties du sein de la mer par la lioleute exploissioa de quelques volcaos ; plu-

sieurs Jettent encore des flammes. Les aérolites ou pierres tombées du ciel sont très . fréquentes dans l'archipel volcanique des woluqves '• ce qui donnerait à penser que les volcans contribuent à la formation de ces corps.

(17) Terkate est la plus importante des petites Jloluques. Elle est gouvernée par un roi ou Sultan qui est très puissant, mais que de fortes garnisons Hollandaises tiennent en respect. Des pics s'y perdent dans les nues. Elle a aussi un volcan. Les charmaus oiseaux de paradis, quittant la terre natale des Papous, portés par leurs ailes légères, semblent nager dans l'air aromatique de toutes les îles aux épices , et viennent se reposer dans leurs forêts enchantées, où on les prend en grand nombre.

(18) MAKIA^ s'élève sous la forme d'une haute montagne conique: en 1646 celle monlaguese fendit à la suite d'ua violent tremblement de terre; des feux sortirent de celle fente, et consumèrent plusieurs négreries. Cette île

était avant amboike, le chef- lieu des établissemeus Hollandais dans ces contrées,

(13} BATcniAK la plus giande des petites Moluques^ est regardée comme le lieu le plus éloigné vers l'Orient où se professe la religion mahomélaue,

C20; L'aspect d*AMBGiTïE présente un beau paysage, mêlé de montagnes boisées , de vallées verdoyantes, bien cultivées, et couvertes de nombreux hameaux; une très -grande baie divise cette île en deux presqu'îles, et lui donne presque la forme d*uu croissant. Les Hollandais y ont uue garnison et sept forts; ils en avaient été dépossédés par les Anglais en 1796; mais elle leur a été rendue à la paix. Indepcudanimeut du giroflier, qui fait sa richesse , Ambùine récolte du café, du sucre et des fiuit^^ surtout le délicieux mangoustan.

(21; Groupe d'une dixaine de petites îles au S, de Ciram , la principale qui se nomme lai^took , apparlieiit aux Hollandais.

La principale culture est celle du muscadier.

C22) Cette île est près de l'exlrémité occidentale de la terre des Papous; elle compte plus de 100^ 000 habitaus-

(23) La kobtelle- EOLianDi, est la plus grnnJe des lies connues, ou si l'otj veut le plus petit des conlinens. Sa lokcueur du l'E. à l'O , est d'environ goo lieues , et sa plus granJe LARGEUR de 700 ; sa soperficie est évaluée à 33-(. 375 lieues cariées, c'est-à-dire un cinquième de moins que l'Europe- Il parait certain qu'elle a été vue, par les Portugais, lors de leur arrivée dans l'Inde, perdue depuis, retrouvée par les Hollandais, vers 1620, et enfin yisitéc et en quelque façon découverte de nouveau par Cook , en 1774. On n'a aucune connaissance de l'iutéi-ieur. Jusqu'ici, on n'a découvert que des rivières peu considérables. Ils est probable néanmoins qu'il eiiste quelque grand fleuve qui prend ses sources principales dans les flancs occidentaux de la grande chaîne de montagnes qui sélend à peu de dislance des côtes orientales. L5 caractère de monotonie et de stérilité empreint sur toutes les eûtes de la Nouvelle-Hollande , présente un triste contraste avec le luse de verdure et la fécondité extraordinaire des côtes de l'arcbipel de Notasie et des îles Australiennes qui l'eutourent, saus excepter la terre ou l'île de Dîemen.

Par une conséquence de sa position au muli de l'équateur, la Nouvelle - Hollande a des saisons qui répondent à celles de la partie méridionale de l'Afrique et de l'Amérique; elles sont l'inverse de celles de l'Europe. L'été correspond à notre hiver et le printems k notre automne. Le climat est très-salubre et très- favorable i la multiplication de l'espèce humaine.

Les grains, les légumes et les arbres fruitiers de l'Europe ont obtenu un grand succès sur cette terre australe. Les pêchers, les citronniers, les orangers, les pamplemoussiers , les manguiers, et d'autres arbres de l'Inde, j- donnent de grandes espérances, de sorte que l'on verra bientôt réunis sur ce sol, comme au cap de Bonne-Espérance tous les fruits de l'Europe et de l'.isie. Le coton , le café, la canne à sucre paraissent devoir y réussir, ainsi que la vigne. Le chanvre et le lin se cultivent avec succès au port Jackson. Les mines de charbon de terre découvertes aux environs d'Hawkesbury, fournissent déjà à l'Angleterre un important objet d'exportation pour le Bengale et le cap do Bonne- Espérance. On a trouvé de la «erre à porcelaine, d'une très bonne qualité ans

environs de Sydney, du sel gemme, des indices de plomb, de fer et de cuivre, de la chaux, des topases. La mauvaise qualité du bois ne permet de l'employer qu'à la constructton des petits batimens pour la pèche des phoques et des baleines. Le chien est le seul animal domestique qui soit indigène. Cet animal n'aboie presque jamais. Le Kangourou est un quadrupède quelquefois de cinq pieds de long et qui tue un chien de chasse d'un coup de sa queue. Le wombat, espèce de dipelphe, qui a quelque chose de l'ours, la souris bourse ( phascotom^s) , l'écureuil volant. Parmi les oiseaux qui sont très abondaus ea espèces et en individus, on remarque les aigles, les faucons, les perroquets, les corbeaux, les martins-pècheurs, le casoar le plus grand oiseau qui a, dit on ; pieds de long, propre à la Nouvelle Galles du sud. Il donne des œufs de la grosseur de ceux de l'autruche, mais de beaucoup meilleur goût. La moemo* RI supERBA, qui se rapproche du faisan et du paon ; il porte une queue eii forme de lyre, toute brillante de teinte d'orange et d'argent; le héros, le pÉLicir» gigantesque, le cygne noir, etc. — Les tortues vertes, le crabe bleu, d'une rare beauté» des lézards, des serpents, des papillons qui brillent des plus belles couleurs, le poisson sautant comme la grenouille à l'aide de ses fortes nageoires, les phoques, les baleines, dont la pèche est d'un grand rapport à la colonie Anglaise vend les fourrures aux Chinois, et transporte en Europe les liuiUs excellentes que ces animaux fournissent. Toutes les eaux qui avoisinent la terre des états, la terre de Kerguelen , la Nouvelle - Zéclande, les îles Falkland, la terre de Sandwich sont pleines de ces cétassés. Sur quelques points de la cûte de la Nouvelle - Hollande, on en trouve aussi , en certaines saisons, d'innombrables troupeaux. La baie des chiens marins, la terre d'Eudracht, par exemple, en fourjuillaient lorsque les Français y mouillèrent pour la première fois. A peine, pour ainsi dire, osait-on en mettre les embarcations à la mer

tant le nombre de ces animaux était grand.

Le gros et le petit bétail qu'on a transporté d'Europe dans la Nouvelle- Hollande, y réussit parfaitement. La laine de race australe surpasse eu longueur et en finesse celle de race espagnole. A l'égard des cochons, ils sont partout très multipliés. Ces .-inimaux, pour la plupart, sont de

l'e.çpèce rjiie Ion trou-.'C c!ans Icb iles du grand Océan équalorial , lesquels ont une chair bien supérieure à celle dos cochons de nos climats.

Les côtes de la Nolosic qui ont élé visitées pâlies vojageurs Hollandais, Anglais et Français; offrent quatre expositions principales, à lest, à l'ouest . au nord et au sud.

La cote du nord comprend la terre de carpex- TARiE et celle d arkheim, la cûie de lest, la terre de wiTx, d'ESDRACHT, d'iDEi^ et de LEDWis; la côte du sud , celle de jvdyt et la cote du sud -ouest. Toute la côte de l'est a élé comprise sous ia dénomination de KOLVELtE- galles du sud. La partie la luieui connue de cette côte, qui a 676 lieues, est celle où se trouve la colonie Anglaise entre 32 et 36". de latitude, {ijinlée en 1778, dahord dans un endroit que le célèbre Cook avait nommée EOTAM-EiT ( la Baie botanique ) et ensuite au POnX JACKSON, dont le, local parut plus convenable. Cette colonie déjà très florissante, compte plusieurs villps ; celle de sidney, avec l'excellent port de Jacksos ; celle ville, a 25o maisuns, ea partie construites en pierres, et divers élablissemens j paramata autre ville naissante où l'un arrive à travers des champs de maïs et des plantations de melons encloses de haies odorantes de géranium; RAWKESsnaY , TOWNCABRE, ct le village de BI-ICKFIELD où sont des manufactures de porcelaine. En i3i5 les Anglais out couimeucé un établissement des plus iniportaus à TO. des montagnes Bleues. Après des peines inouies ils sont en Su parvenus à franchir cette barrière qui paraissait inacessible. Le sol au -delà, dit le gouverneur UACQCAiRC dans sa relation . est d'une rare fertilité, bien arrosé, riche en gibier de toute sorte et en eicellens et gros poissons C'est là que sur un point élevé, doit être bàtie la ville de bat- HURST, par 33**. 24'. 3o". de latitude S. ct 147**. 17'. 3o" de longitude à l'est de Paris. La population du territoire occupé par la colonie unglaise qui porte le nom de Comté de cuMBERLArfo se montait en 1802 à 1 ?, 000 âmes. Depuis ce tems - là elle sest beaucoup augmentée surtout par les déportations de près de 6000 JrlanJais , taut hommes que femmes , transportés en i8i3 , pour causes politiques au port Jackson . qui est devenu un lieu de déportation ou plutôt d e\il pour les fautes d'une nature différente de celle qui seules \

pouvaient y conduire piuniliveracnt , (la flétrissure pour les crimes les plus odieux ),

(23'; l'île de >orfolk a 5 lieues de tour: la colouie déjà niaibreuse et florissante que les Anglais V ont placée, y a porté les blés, les fruits et les animaux, domestiques de l'Europe,

HowE est située entre Norfolk et la Nouvelle- IloUaiidc, préscule de belles colonnes basaltiques.

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