AFRIQUE
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Jj'AFRIQUE est de tons les continens le seul qui s'étende d'un tropique à l'autre; elle est coupée par l'équateur et dépasse de chaque côlé la large ijandc comprise entre les tropiques et connue sous le nom de zônc torride. L'Afrique actuelle ne présente aucun peuple digue d'attention; point d'arts, point de sciences; la civilisation y est presque étrangère; nous n'y connaissons ni grands événeinens, ni grands hommes; bien plus, nous connaissons à peine son immense territoire; nous sommes encore à rechercher comment pénétrer dans son vaste intérieur, défendu par le quadruple concours du ciel, de la terre, des bêtes féroces et des hommes; c'est-à-dire, les chaleurs brûlantes d'un soleil perpendiculaire, les sables entlammés de déserts immenses, le repaire abondant des bêtes les plus féroces et les plus venimeuses de la terre, enfin les peuplades dont la couleur, les formes et les mœurs nons sont les plus opposées que l'on connaisse; tels sont les terribles et nombreux obstacles qui ont jusqu'ici résisté constamment à tous nos efforts; aussi l'Afrique, malgré son extrême voisinage, denienrepour nous la partie du globe la moins connue. Les anciens connaissent bien mieux que nous les parties septentrionales. L'Egypte avait été le berceau de leurs lumières; Carthage avait rempli le monde de son nom. et les Romains au tcnis de leur grand luxe, mettaient du prix à posséder des maisons de campagne aux lieux nituies que nous appelons aujourd'hui les cotes de Barbarie. Des relations continuelles kur rendaient donc ces provinces aussi familières que celles d'Italie. Mais il n'en était pas ainsi de la bande horizontale qui vient immédiatement au-dessous. L'immense désert dont elle est composée, les sables brùlans, les obstacles de toute espèce, traçaient la barrière insurmontable de leurs connaissances précises; tout ce qui était au-delà n'était plus que fables ou conjectures. Quant à la partie inférieure de ce continent, les anciens n'en avaient pas la plus faible connaissance. Ainsi l'Afrique était diminuée de moitié. Quant aux modernes, par une bizarrerie singulière, ce qu'ils connaissent de ce continent en quelque façon le moins, c'est précisément ce qui était le plus familier aux anciens,
tandis que ce dont ceux-ci ne se doutaient même pas est ce que nous connaissons peut-être le mieux aujoud'hui. C'est ainsi que la Guinée, le Congo, le Cap de Boune- Espérance, malgré leur éloignement, nous sont moins étrangers que la côte septentrionale, qui est à nos portes. Au demeurant, nos connaissances sur la totalité de ce continent sont des plus imparfaites; nons en avons à peine visité les côtes, et presque tout l'intérieur, qui est immense, nous reste encore à connaître. A la vérité, des hommes courageux, avides de découvertes, tels que les Thunberg, les iMasson , les Sparmann, les l'atterson, les Levaillant, les Gordon, les Barrow, les Bruce, les Mango Park, etc. en ont exploré déjà, chacun de leur côté, de petites portions; d'autres marchent même encore sur ces traces glorieuses; une société célèbre a Londres, qui s'est foruiée en i7»8; les provoque et les encourage.
Description physique et matériflle. — L'Afrique est un immense triangle coupé par la ligne équinoxiale à peu près dans la moitié de sa hauteur; sa base baignée par la méditerranée, fait face à l'Europe, et son sommet est tourné droit au sud, suivant la loi commune à tous les grands massifs du globe, qui dans 1 hémisphère méridional, se terminent en pointe dirigée vers le pôle.
L'Afrique comprend environ 6a" de longitude, étant située entre le 20" de longitude O. et le 49° de longitude E. ; et elle a plus de 71° de latitude, parce qu'elle s'étend depuis le ôy" de latitude N. jusqu'au delà du ôi" de latitude sud.
La surface de ce continent est d'environ 945,134 lieues carrées; ce qui ferait un peu plus de loG habitans par lieue carrée. Sa population est d'environ 100 millions. Quant ;i leurs races, leur couleur, leurs religions, leur langage et l'état de leur civilisation, voyez la première partie de ce Porte-Feuille, page 68 et suivantes.
L'ÉTENDUE de l'Afrique estimée en lieues est de 1700 1. dans sa plus grande longueur, prise du N. au S., depuis le cap bon jusqu'à celui de bonne- tspr;RA^CE. Quant a sa largeur, on évalue la plus grande, prise de l'O. à l'E. , depuis le cap vert jusqu'au GAP GUARUAFUi, à environ .65o lieues.
Limites. — Elle est bornée au N. par la Méditerranée, qui la sépare de l'Europe; au S., par I'océan méridional; à l'E., par la mer des indes et la mer rouge, qui la séparent de l'Asie, à laquelle elle tient par l'isthme de suez; et à PO, par Pocean atlantique, qui la sépare de l'Amérique.
Montagnes. — Nous n'avons sur la direction des principales montagnes d'Afr'que et sur le cours de ses plus grands fleuves, que des notions très- incomplètes. Une vaste ceinture de montagnes dessine irrégulièrement le contour de cette partie du monde^ à une certaine distance des côtes, et vient ensuite se renouer eu plusieurs sens vers le milieu, où elle lixe par-la une force capable de consolider fonte la charpente de ce continent. C'est ainsi que la chaîne du mont atlas borde le continent presque tout entier du côté septentrional: c'est une série de cinq ou six petites chaînes qui s'élèvent Pune derrière Pautre, et qui renlcrn.cnt un grand nombre de plateaux. Cette chaîne continue sons d'autres dénominations jusqu'à PEg^pte. Changeant alors de .lirection
elle dessine sous un double rang, ks lives de la nier rcnge et la cote orientale d'Afrique depuis le cap Guardafui jusqu'au cap de Bonne -Espérance , sous le nom de mont LiPATA ou d'EPiNE PU MONDE; delà elle remonte, en suivant la courbure de la c6te occidentale, et vient se terminer sons le méridien de son départ qui a lieu au rap nun vis-à-vis des îles Canaries. les montagnes d'tTHioriE, d'iBYSsiNiE , de la i.r:<E, ou GEEEL-EL- KAMAK , que les géogfaphes unissent Evec quelque vraisemblance avec celles d'Abyssinie; les montagnes de kombi . celles de kong qui sont une suite des prérédentes, et d'autres, sont les transversales qui assujettissent et maintiennent les parties éloignées de ce vaste s)"stèine.
Pics. On remarque deux pics, dor.t l'un, celui de t£nérife, dans l'ile de ce ntm
est le plus élevé de toute l'Afrique. Il a plus de 3710 mètres (environ 1 904 toises) de hauteur. C'est un volcan; l'autre, qui a presque la même élévation, est dans .une petite ile des Açores , nommée à cause de lui le pic.
DtSERis. — lis ne peuvent qu'tfre nombreux dans ces climats ardeiis, mais principalement dans les contrées privées de rivières, où la chaleur absorbant toute lliumidité du Sol, convertit la terre tn un sable aride et brûlant. Parmi ceux qui nous sont counus, les deux plus renommés sont le sahara ou grand-désert de bakbaiue, auquel les Arabes ont donné le nom de mer de sable, qui a près de 1000 lieues de longueur et est habité dans quelques parties qu'on nomme Oasis (*) : — celui de barca, nommé par les anciens, désert de lvbie, situé à l'E. du royaume de Tripoli, et où était le temple de Jupiter Ammon , célèbre dans l'histoire.
Oasis celle de syouah et d'AcnjELAH, dans le désert de Barca et sur le chemin de rE"vpte au Fezzan. Les caravanes ou akkabah , qui se rendent dans l'intérieur de l'Afrique, au Fezzan, à Tafilet et au Caire, signalent encore les oasis d'ASBEN , de TOi'AT. de riBBO, de tarassa, de TANDE>y , de glatata, d'EZAWAN , qui conduisent dans le Soudan ou pays de Nigritie.
Caps. — Le cap ra.meda au N. E. du Barca; le cap razat à l'O. du premier, vis-àvis de la Morée et de la Sicile; le cap mesurât à l'O. de la Grande Syrte; le cap bon, vis-à-vis de la Sicile, à la pointe occidentale de la petite Syrtc ; le cap ferro, au N. E. de Fétat d'Alger; le cap tancer dans le détroit de Gibraltar; le cap cantin, sur la côte du royaume de Fez; le cap nun, sur la côte du roj-aume du Sus; le cap eajador vis-à-vis des Canaries; le cap eio co ouro, au S. du précédent; le cap blanc, sur la côte méridionale de la Sénéganibie supérieure; le cap veud , vis-à-vis des îles de ce nom; le cap rolge, sur la côte méridionale de la Sénégambie ; le cap tagbin. sur la côte de Sierra- Leone; le cap des palmes, au S. de la côte des Dents ; le cap des 5 POINTES, au S. de la côte d'Or; le cap kormose, au S. du royaume de Bénin , pointe de partage du golfe de Bénin et du golfe de Biafra; le cap de loifz consalves, formant l'extrémité sud de la mer de Guinée, terminée au iS. par le cap des Palmes; le cap nicgre,
(*) Voyez le tableau sommaire de^ états de l'Afritjue.
sur la côte cîe Ciiiihébasie; le cap de f.onwe-esféra.nce, au S. O. du gouvernement du cap; le cap des aiguilles, au S. E. du précédent; Ja pointe PAnno.N , sur la cAte des Gonaquoii; le cap natal, au ^^ du précédent; la pointe de terre dos - fcmos, à l'entrée méridionale du golfe du St.- Esprit ou Dclagoa; le cap des coorants; le cap St. -sÉBASTLEN, au N. du précédent; le cap dei gado sur la côte de Zanguebar; le cap des basses, sur la cote d'Ajan ; le cap d"oRFLi , sur la c6te d'Adcl; le cap GUAaDAtDi, à la pointe N. E. de l'Afrique.
Mers extérieores. — Des Canaries; du cap \-EnD; de guinée; de conco; de cafrerie; de zanguebar et d'AJAN. — 11 n'y a point de mers intérieures connues.
Golfes. — Le golfe de sirra ou la grande syrte; le golfe de cabes ou la i-etite syrte; le golfe d'AKGUiN , au S. du cap Blanc, la Baie de Sicrra-Leone; le golfe de cuinée ; le golfe de biafra; le golfe de delagoa ou dit S. -Esprit, sur la côte du royaume d'Inhambane ; le golfe de sofala, vis-à-vis de l'île de Madagascar.
Détroits. — Le canal de Mozambique, entre la côte de ce nom et l'île de Madagascar.
Lacs. — Le lac i.oudeah ou ellddieh (l'ancien Palus Tritonis), dans le royaume de Tunis ; il est peu profond , et est traversé par les caravanes dans l'espace de 5 lieues, lia 4 milles géogr: de loiig sur i i de large: le menzaleh eu Egypte (2? lieues de long); le BiREET- EL, KARAUN OU .MAGRA (l'ancicn lac MOERis); il 3 46,677 toiscs dc largeuT; le lac DAMBEA dans l'Abyssinie, par où passe le principal bras du Nil; Icrajorou kaer au N. du Sénégal; le panifoul, au S. du Sénégal; le neri, au S. du pays de Galam dans la Sénégambie, le saper, dans le roy: de Tenda, en Sénégambie; les lacs de fittre, desENF.GOiN'DA et de wan'caha, dans la Nigritie; le lac du soudax , au S. de Houssa; deoiBBiE, dans le royaume de Bambara; le grand lac ou la mer de Nigritie, dont l'existence est encore problématique; les lacs aquilonoa, dans la Basse-Guinée; le lac maravi , au N. du Monomotapa; il a 200 lieues de long sur 25 dans sa plus grande largeur.
CANAUX. — Le plus célèbre des nombreux canaux de l'Egypte, d'où dépend la fertilité de ce pays, est celui de joseph, ou le calideh- menhi , qui a 40 lieues de long sur une de largeur de 5q à 5oo pieds. Lin autre canal, mais destiné à la navigation, est celui de Suez, que les Arabes avaient recreusé, et que les empereurs Ottomans s'étaient proposé de rebâtir.
Isthmes. — Celui de suez, qui a environ 26 lieues.
Fleuves. — LE NIL, formé de 3 branches principales, savoir: 1". du bahr-el- azrec (fleuve bleu), nommé aussi abawi ( père des fleuves), qui circule sur le plateau d'Abyssinie, et descend ensuite les plaines de Sennaar ou de Fungi. Les sources en ont été visitées j)iir i^ruce.
2". Le tacazzf. (l'astaboras des anciens), grossi du marer, qui descend des flancs septentrionaux du plateau de l'Abyssinie.
5°. Le bahr-el- AEIAD (fleuve blanc), qui est le véritable Nil, et qui doit avoir sa source dans les montagnes de dyre et de tegi.a, qui font probablement partie des
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monfngnes al-ka5iar ou de la luxe. — Le dap. -roulla semble établir la communication du Nil avec le Niger.
Le débordement périodique du Nil qui passait pour un prodige di;iis Tantiipiité, provient des iiluics régulières des tropiques; et celles-ci sont produites ])ar la combinaison de rcxtrêaie ardeur du soleil avec le grand froid des montagnes. Le soleil Irûiant vaporise les ondes et les entraine avec hii dans leur état d'extrême dilatation: mais sitôt qu'elles viennent à remonlrcr la cime refroidie des mcr.tagnes, elles s'arrélent , se condensent, s'accumulent, se brisent, st fondent en torrens. Ofte loi est générale pour toute la zAïic torride; et si ces résultats ne sont pas partout les mcuies, quelques variations dans leurs localités particulières peinent seules en être la cause. Ou a compté Luit catap.actes dans le cours du Nil depuis sa source dans les montagnes de la Lune jusqu'à la dernière chute, un peu au-dessus d'Essouan , où la rivière a un demimille de largeur. Norden estime cette chute de 4 pieds seulement, ce qui est bien au-dessous des descriptions que les anciens nous en ont laissées. On ne peut nier toutefois que la vue de cette barrière, pl.Tcée par la nature entre la Nubie et l'Egypte, ne soit de la plus grande uiagnificer.ee.
L'hawash . qui sort des fleuves orientaux de r.Abvssinic, à l'extrémité sud. coule à l'est, et disparait dans les .sables à peu de distaure du détroit de ]3abel-Mandel.
J-E MAGADOXO , i[ui sc décliargc au S. de la côte d'Ajan dans la nier des Indes.
Le QDiLiMANci, qui se décharge dans la mer des Indes sur la côte de Zangucbar , près de JMélindc.
Le KUAMA ou ZAMEÈZE, au N. du Monomolapa , se décharge dans le canal de Mozambique. C'est la seule rivière de la côte orientale de l'Afrique méridionale . dont on puisse dire avec certitude que c'est un fleuve principal.
Le MACQT.11M ou rivière du S. -ESPRIT et le maiumo, qui se jettent dansla baie de Delagoa; la rivière d'oRANCE qui se jette dans l'océan atlantique à l'O. de la côte méridionale.
La bami;eroii(.)L'e, qui se décharge au S. du cap Négro.
La colaxza; au S. du Congo.
Le ZAÏRE (ou Burbela), qui vient de l'intérieur de l'Afrique méridionale, et se jette sur la frontière N. du Congo, dans la mer atlantique.
La rivière de p.enin , par où l'on suppose que se fait l'écoulement du Niger. La îiESUF.ADA , sur la côte des graines.
La GAMBIE ou CAMBRA, qui prend sa source dans le ^ oisinage de celle du Sénégal. Son cours est uioins tortueux et parcouséquent plus court. Après avoir reçu plusieurs fleuves secondaires, il coule de TE. à l'O., ferme plusieurs lies, est large et profond, d'une navigation plus facile que le Sénégal, et son embouchure large de 5 milles, offre une entrée commode. — Cachao ou san - oomingo , plus au S.; Rio -grande, qui se jette dans la mer près de l'île bilam, etc.
Le SENEGAL, qu'on prenait autrefois pour le nicek des anciens. 11 prend sa source dans les monts de Kong, reçoit le lleuve secondaire considérable de tALE.ME , forme
alors lie grandes sinuosités et continue de couler dans une direction N. O. , et par sa division en deux brus, forme les deux iles bileas et morfil, pour se diriger ensuite vers l'O. , se partager en divers bras, lesquels réunis sous le 1 5" 53' lat. N. , se jettent dans l'océan. Son embouchure est d'un mille; il est navigable, jusqu'aux catarictes de Goyiiia et de Felu.
Parmi les iles qu'il forme encore, celle du Sé-n'égat. on S. - loi is près de l'embouchure, est la plus remarquable.
Le MEDSCHERDA, Ic plus grand des fleuves de la côte de Barbarie; il prend sa source dans l'état- d'Alger, et se décharge dans la mer près de Tunis, après avoir reçu plusieurs rivières secondaires. ^
Le NIGER, connu déjà des anciens sous ce nom, nommé joliba par les nègres, xn.- EL-ABiD par les Arabes (fleuve des esclaves). On croyoit autrefois qu'il communiquait avec le Sénégal ou qu'il en faisait partie. Mais on sait à présent avec certitude qu'il sort des montagnes de kong, non loin des sources du Sénégal sans avoir de liaison avec ce dernier fleuve, et qu'il dirige son cours vers l'est. Mais on ne sait pas piisitiveaient où il se jette ou se perd. On croyait autrefois qu'il se jetait dans le Nil; d'autres, et c'est le plus grand nombre, admettaient qu'il se perdait dans le lac de Wangara. L'opinion la plus moderne et la plus vraisemblable est celle qui, en le faisant passer par le lac, le fait diriger vers le S. E. et verser ses eaux dans la mer atlantique sur les côtes de la haute Guinée par différens bras sous le nom de bénin, Fontioso et kalabak.
Le CLIMAT général de l'Afrique est celui de la zone torride. Plus des trois quarts de ce continent étaut situés entre les deux tropiques, la chaleur y est excessivement grande. L'ardeur (lu Soleil est beaucoup augmentée par les déserts brûlans de sable où régnent souvent les deux vents funestes nommés hahmatan et samuji. Elle n'est tempérée que sur les côtes par les pluies annuelles et les vents de mer.
Pii.GNE animal. — L'Alrique possède tons les animaux domestiques ou sauvages connus en Eurojie; elle a des singes de toutes les formes et de toutes les classes, des lions, des panthères, des tigres, lies rhinocéros, des hyènes, une multitude d'éléphans , des hippopotames, des girafes, des zèbres, orgueil de la race des àues, des antélopes, des autruclies, des |)ei'roquets de mille espèces, des civettes, des dromadaires, des chameaux, des serpens monstrueux de toute sorte et eu énorme quantité, des crocodiles, des ichneumoris, des ibis, des scorpions, des reptiles et des insectes venimeux de toute espèce, dont plusieurs sont inconnus dans nos climats, etc. etc.
Règne MiNiinAL. — Des mines d'or, d'argent, de cuivre, beaucoup de sel dans le désert, de l'ambre gris, etc.
RÈGNE vÉGFT^L. — PrPsqiic tous nos fruits et nos végétaux en abondance et exrelleus. Tontes les pro. ludions des Indes s'y trouvent déjà, ou peuveiit )■ cire l'aeilcuitut acclimatées. Une grande variété de cotons, d'indigo et de cannes a sucre, le cale, les épiées, l'arhre a beurre (shéa) qui porte de petites noix, renfermant des noyaux, lesquels séchés au soleil et bouillis dans l'eau donnent le beurre; l'énorme boabab ^*) , le lothus, le papyrus, C^''*') le baume, l'aloes , la myrrhe, l'encens, la casse, le séué, la Gomme, etc. etc.
Les principales occupations des Africains sont l'agriculture et l'éducation des bestiaux. Nos métiers ne sont pas étrangers aux Maures et aux Arubës. Le commerce de l'intérieur ne se fait que par Akkabahs ou caravanes, qui traversent le Sahara en allant tantôt à l'ouest et tantôt a l'est, selon la position des Oasis. Ces terres brillantes de végétation, semées dans ce vaste désert comme des iles dans l'Océan, servent de lieux de repos et de rafraîchissement aux hommes et aux animaux. Pour faire le trajet de Fez à Tombouctou . les akkabahs Marocaines mettent environ i5o jours, dont 64 de marche et 76 de repos. Les Arabes, qui counaisseut assez la position des étoiles pour se diriger au moyen de l'étoile polaire , préfèrent de marcher pendant les nuits hrillantes de ces climats , plutôt que d'affronter dans le jour l'ardeur d'un soleil dévorant.
(*) Le BOABAB CAdansoiiia' peut être regardé coiniuo le plus t^rand arl)rn du globe, luoin-î par sa hauteur, que par la largeur extraordinaire desa couronne *|ui forme une espèce de petite forêt, en éteudant -iev l)rauchcv de 60 à 70 pieds d'élévation, sur 120 à lîîo de largeur. I^e tronc de l'arbre n'a que 10 à 12 pieds de hauteur, mais sa circonférence est de 60 à 65 pieils. Les branches inférieures longues de 5o à 60 pieds, s'inclinent insensibb-nient vers la terre et cachent le tronc de l'arbre. Les racines s'étendent encore d'aant;tge. Quel bienfait de la nature qu'un tel arbre pour un climat aussi brûlant que celui de 1 Afri<(ue , sans parler de son fruit semblable au melon, de ses feuilles qui, séciiées et réduites en poUttre , fournisseut un remède aux nègres, qui emploient aussi ses racines eu guise dépices dans tous leurs mets.
(**) Espèce de grand soucKet, dont les tiges battues et collées formaient les feuilles que les anciens employaient pour écrire; le parchemin, et ensuite le papier de cliilloiis en ont fait par degré abandonner l'usage; mais le dernier en a coiiser\é le nom. Sou abondance dans le IVil et dans se- canaux, facilita au\ Ptolomées la création de la bibliothèque d'Alexandrie. On trouve encore à présent des rouleaux de PAPYRL's daui les cercueils des momies.