‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 160 sur 180 · PLANCHE LXXV · texte numérisé non relu

PLANCHE LXXV

Afin de donner une idée des précieus restes de l'arcbilectuie ancienne des Egyptiens, on a réuni dans un même cadre quelques uns des nionumens dispersés sur divers points de la Haute Egypte. A la gauclie de la chaîne Libjque on aperçoit au loin ces fameuses pyramides de Saccara , à la vue desquelles se donna la bataille des Pyramides (en 1798) qui ajoute à leur célébrité par les souvenirs de la valeur française , dont les trophées sont plus durables que ces monumens gigantesques de la démence tyrannique qui s'est plue à rivaliser avec la nature: A la droite on remar.iue les deux statues qu'on est convenu d'appeler statuïs de MiîMNoK. Elles ont 55 pieds d'élévation ; elles sont d'un seul bloc; posées sur un sul élevé à quelque distance du lUEMKOKltm qui était un temple ou un palais; elles s'aperçoivent de 5 lieues. Sur les jambes de l'une de ces statues sont inscrits en grec et en latin les noms de ceui qui sont venus entendre les sons qu'elle rendait lors(|u'elle était frappée des premiers rayons de l'aurore. Dans le second plan à gauche se trouve l'un des deus OBÉLISQUES qui sont à l'entrée du village de Lt'joR. Les deui de granit rose, ont encore 70 pieds hors du sol, et 3o pieds de recouverts, à en juger par l'enfouissement des figures; ce qui donnerait 100 pieds à ces monumens, couverts de hiéroglyphes d'une touche franche et d'un fini précieui, et où 1 on peut remarquer que l'usage de percer les oreilles était connu des Egyptiens. Le reste du second plan est occupé par le temple d'APOLLiKoroLis MACS* à ETFH. Dans le développement de ce grand monument ou peut remarquer à gauche la porte d'entrée de chaque côté dcui moles, sur

lesquels trois ordres d'hiéroglyphes devenant tonjours plus gigantesques et finissant par avoir 25 pieds de proportion; la cour intérieure décorée d'une galerie de colonnes portant deux terrasses qui aboutissent à deux portes, par lesquelles on arrive aux escaliers qui montent aux plates-formes des moles ; dans la cour les édifices modernes qui font partie du village d'Etfu; ce qui vient après le portique du dessous, contient sans doute différens appartemens et le sanctuaire du temple enfoui, et maintenant encombré d'ordures, à l'exception de quelques vides, qui servent de magasins aux maisons bâties sur la plate- forme du temple; à l'arrasemcnt un mur de circonvallation, décoré endedans comme en -dehors, d'innombrables hiéroglyphes, exécutés avec un soin recherché. Ce temple bâti sur une éminence au milieu de la vallée, a l'air d'une forteresse placée ainsi pour commander au pays. La première figure à gauche, dans le premier plan, représente un mame- LotcK en habit de guerre; à côté est celle d'un MASciiASo ; un turban de laine rouge ou bt.-nc, un gilet de drap, une culotte lâche et courte de toile blanche, un surtout de toile bleue, une cein. turc de toile des Indes , rayée de bleu et blanc, qui sert à envelopper tout ce qu'il veut transporter. A la gauche de ce dernier est une dame allant à pied dans les rues; plus l'ampleur et le nombre de ses habits lui font perdre ses formes et rendent sa marche gauche et embarrassée, plus elle se croit dans le cas de penser qu'on doit la re garder comme une grande dame; la dernière en. veloppe est d'ordinaire de taffetas noir qui tombe jusqu'à terre et laisse à peine voir le bout des pieds. De toute la personne on n'aperçoit que les yeux, encore le plus souvent y suspendent - elles un anneau devant, qui a la vertu de repousser les enchantemens et les mauvais sorts ; plus à droite est une jei^e filli dans le costume qui lui est ordinaire jusqu'au moment de la puberté; à côté sont deux femmes dont l'une vient au fleuve puiser de l'eau, cachant son visage, parce qu'il n'y a que cela qu'il leur soit ordonné de cacher; l'autre porte un enfant à la manière du pays, enfin la dernière figure à droite est celle d'un sAivTox, espèce d'imbécille, dont on a pitié pendant qu'il vit, et que l'on révère après sa mort, usage assez général et aussi ancien que le monde-

(30 La TîUEiz (ancienne Ethiopie), siluée entre l'Egypte et l'Abyssiaie, a une étendue de 12 à 1 5,000 lieues carrées. Le sol n'est fertile que dans le voisinage du Nil qui traverse la Nubie et forme de grandes cataractes. Elle produit des grains, des cannes à sucre, du bois de Santal, du tabac, de la poudre d'or, de l'ivoire, du musc, etc. On y trouve des éléphans , des chameau^, des civettes, beaucoup d'animaux féroces, des aulruciies, diverijes espèce*; de sauterelles qu'on înange II parait que la religion chrétienne a été autrefois établie dans la Nubie, Aujourd'hui les Nubiens sont niahométans et de la plus grossière superstition. Ils s'occupent d'agriculture et du commerce, et trafiquent avec les Egyptiens. Leurs babitations ne sont que des huttes fdites de boue et couvertes de roseaus, L,es principaux articles de commerce sont des esclaves, de la poudre dur et des plumes d'autruches.

(22^* Ville commerçante et maritime avec un port. Il est le point de réunion des pèlerins de la Mecque qui viennent de l'intérieur de l'Afrique, et elle dépend du Schérif de la Mecque.

(23) Située sur le Nil, grande, riche, commerçante ( 10,000 familles. ) Le roi y réside.

(24) Le SEisTfAAR , d'abord conquis par les Arabes sur les Nubiens, peuple indigène, est depuis le 16*. siècle, au pouvoirdes nègres Fungis, nation extrêmement féroce sortie de l'intérieur de l'Afrique.

(25) Capitale du royaume de ce nom et de toute la Nubie, et la résidence du roi. Elle envoie des caravanes en Egyptes , en Nigritie et en Arabie. ( 100,000 habitans}.

(26) Le royaume de darfour ou four , à l'Ouest du Sennaar , est sous le gouvernement despotique d'un Sultan mahométan, auquel est aussi soumis le pays de Kordofan. Il eierce une autorité despotique. Les fourains dont le nombre ne passe pas 200,000, sont mahométans; leur peau est d'un noir de jais. Ils se livrent au commerce et à 1 agriculture. Cbaque année le Sultan, pour honorer ce premier des arts, sème lui-même un champ.

(27) Capitale commerçante (6,000 hsbiians ), (28)Ville considérable et résidence ordinaire du Sultan,

(29) L'Abyssihie (12 à i5,ooo lieues carrées), appelée par les Arabes habescs , qui signifie peuple mèlasgÉj faisait autrefois partie de 1 ancienne BTHiQi-iE, EUe fut autrefois riche et puissante j

niais cette ancienne splendeur a disparu. Le souverain y exerce une autorité despotique. Les Abys* sins qui s'appellent eux-mêmes acaziass, seni* bleut tirer leur origine de lArahie, En général, ils sont grands, robu&tes , bienfaits, sobres rt bus» pitalitrs Leur teint est bronzé. Ils professent la religion chrétienne du rit grec; mais elle est aujourd hui deshonorée par une quantité de superstitions. Jls eut xxn évèque nommé abltîa qui dépend du patriarche d'Alexandrie. La plupart habitent dans les villes et villages situés sur des rochers, pour éviter les torreus qui, pendant la saison pluvieuse( depuis Avril jusqu'en Septembre), inondent les plaines» Quelques-uns sont troglodytes, ou sont logés dans des cavernes , tels sont les Argows, une des nations les plus nombreuses de l'Abyssinie, Quand ilssont menacés del'ennemi, ils se réfugient dans ces cavernes dont quelques unes peuvent contenir 5oo bœufs. Ils tn^ plusieurs femmes, trouvent la chair crue délicieuse, et font usage dhydromel et de bierre pour boisson. Leur lang.ie , dérivée de l'arabe, a plusieurs dialectes. Ils ne connaissent point l'usage de la monnoie, quoique le pays produise de l'ur.

Le SOL de l'Abyssinie est très montagneux, mais fertile dans les vallées et partout où il peut être cultivé; cependant il y a aussi quelques plaines arides.

Le CLIMAT est chaud, mais les nuits fraiches de l'été, les rivières, les pluies et l'élévation du sol, rendent la tempéiature beauconp moins chaude que celle de l'Egypte et de la Nubie. Parmi les nombreux q^ adrupèdes , on remarque une quantité de vaches de différente taille, un nombre prodigieux de gazelles , des brebis dont la queue pèse 3o à 40 livres. On y voit aussi des lions ^ des panthères, des chameaux, des cléphans, des rhinocéros et surtout des hyènes. Les lacs et les rivières sont peuplés d'hippopotames et de crocodiles. L'abyssiuie produit du bled, de l'orge, du tef ou tafo, graine plus mince que I2 moutarde, dont on fait une farine aussi blaa* che et aussi belle que celle de bled, etc. Le climat y favorise la culture du riz. On y re» cueille un nombre considérable de fruits, comme limons, citrons, oranges et figues. Les cannes à sucre y croissent avec facilité j mais les habitans igurrent l'art d'en extraire le suc. On y recueille beaucoup de cotou et de très-beaa lia, e( uuç

si gramle quantité de ruiel et de cire, qu'en ne se sert point de cliandclles de ^iiif- La popuUtiun de l'Ab}ssinic est de i ,8oo,('oo anies, savoir d'Abyssins , descendaiis des Arabes, d'Agows , autour des sources du Ps'il i de Gallas , Schangallas et autres iieu]>les sauvages, de ïurc-i , Arabes et Juifs nommés falasja ou exilô.

(3o) Capitale de rAbys*iinie dans la province de Dembéa, près du lac de ce nom. (80,000 liabit:).

Les maisons consiruiles en pierres rouges, n ont qu'ua toit de chaume. Le palais du monarque ressemble à une forteresse gothique.

(3o AxuM , dans ta province de Tygré, ancienne résidence des monarques Abyssins, et qui s'y rendent encore pour s'y faire couronner. On y trouve des ruines magnilîques , des restes de temples et de palais , des obélisques sans hiérogîyphes , parmi lesquels un de 64 pieds de haut, d'uu seul bloc de granit.

(32) La BARBARIE comprenait jadis la Mauritanie, la Numidie , la Gétulie et l'Afrique propre ou L^bie* Le nom de barbarie ou de BERotRiE lui vient de ses anciens habitans les berbères. Cette longue cote bornée au N, par la Méiliterranéc , à rO, par l'océan allantiqne; au S. par le Sahara et à l'E, par l'Egypte, occupe ime étendue de 3o,ooo lieues carrées, avec une population de 8 millions d'habilans Berbères ou Kabyles, race indigène, Maures, desccndans des Arabes vivant la plupart dans les villes, Arabes nomades. Turcs, Nègres , et esclaves de la Guinée, Juifs et Européens, Le CLIMAT est tempéré sur les côtes et très chaud dans l'intérieur. A l'exception des régions sablonneuse';, le sol est fertile en bled, riz, maïs, dattes, figues, olives, raisins, safran, caaues a sucre, fruits du sud et piaules potagères. Parmi les animaux, on disti:»gue le chameau , le cheval de race arabe, la brebis à large queue, le mulet , lautilope et l'autruche. Les baies et les mers abondent en poissons de toute espèce. Les minéraux, les plus aboudaus sont le cuivre, le fer, le plomb, le sel et le salpêtre

(33} L'ancienne cyrewaique, gouverné par deux Beys sous la souveraineté de celui de Tripoli. La côte seule est susceptible de culture ; Tint Prieur renferme dei déserts de sable, coupés par des oasis

(3^) Capitale avec un port sur la méditerrauée, et résidence d'ua Bey.

(35) Port et résidence de l'autre Bey. ,

(36; L'ancienne C^tèiie, avec des ruines de son ancienne splendeur.

(3;) Capitale avec un port, et un château-fort où réside le De)'; (40,000 habitansJ.

(38) Port de mer, pairie de l'empereur Sévère.

(3g) Pays abond:int en dattes et qui sert d'entrepôt pour le commerce de la Barbarie avec l'intérieur de l'Afrique.

(40) Ville commerçante de 20,000 habitans, résidence du Sultan tributaire du Bey de Tripoli.

(^i) Lawmo^ des anciens d'après Hornecoannqui a parcouru cette partie de l'Afrique.

C42I Oasis qui fuurnïssent des dattes.

Les TiEDos, nation Berbère, occupent les régions» à peu près désertes an S, E. du Fezzan et s'étendent de là vers Test jusqu'au désert qui ferme TEgypte du côté de l'ouest

(^3. C'était autrefois une partie de l'Afrique propre et le &'\è^o principal de la puissance Carthaginuise. Cet état a 3,400 lieues carrées avec une population d'un million et demi d'habilans. Les habitans se distinguent par leur industrie cl leur commerce ; ils sont moins adonnés à la pirateri'i que les autres barbaresques.

(4.4.) TtKis capitale, près de laquelle se voient quelques débris dos ruines de Carthage ; (iSo^oco habitans). Eu 1270 St. -Louis y mourut de la peste.

(4^1) L'ancienne tTiQcc, où Caton le jeune se donna la mort, n'en était pas éloignée.

(^6j Après Tunîs, la ville la plus peuplée et la plus commerçante -, elle a une grande mosquée soutenue par plus de 5oo colonnes de granit.

(.,7) Siliié au pied du mont Atlas, entre la Barbarie et le Sahara, ce pays est pour la plupart un désert sablonneux, et aride avec des oasis qui produisent des dattes en abondance, d'où lui vient son nom- Il comprend plusieurs pays , qui en partie dépendent des états barbaresques, ou forment des états iiiuépcnd;nis.

(48) Ville et principal marché de dattes,

(49) Ville dans le pays du même nom.

C5o) L'état le plus puissant parmi les 3 républiques , entre Tunis cl l'empire de Maroc. (9. 000 lieues carrées et 2,000,000 d'habitans ), Le climat

en est tempéré et agréable ; le sol en est fertile en bleJ et en fruits; mais on y trouve aussi des contrées incultes et des déserts de sable. Le sel y abonde.

(5i) Alger, capitale fortifiée, bâtie en amphithéâtre sur une pente de montagne. Elle a une ciladeile, un port sur la méditerranëe ,, beaucoup de mosquées, une grande srnagogue , des bains publics, des académies mahoméianeî , des bagnes, maisons où les esclaves chrétiens sont enfermés pendant la nuit, des fabriques de soie, de lapis et d'armes. I-es toits des environs sont en plateforme. Les collines des environs sont couvertes de maisons de campagnes avec des jardins cultivés par des ciclaves. Elle est fameuse par ses pirateries et a 90,000 habitans , parmi lesquels 10,000 Juifs.

(Sa) Ville très forte avec un port.

(53) Forteresse avec un porl , appartenant aux Espagnols.

(54) Port où les Français pèchent du corail, 4,000 habilans.

(55) Cette ville, autrefois cirtre est, après Alger la ville la plus considérable ; elle a un château de résidence du Bey qui relève du Dey d'Alger; elle renferme de beanx restes d'architecture romaine.

(56) Le pays de zab, au-delà de l'Atlas, fait partie de l'état d'Alger: il est infesté de scorpions; son sol est stérile et manque d'eau.

(67) Le pays de tecorariît fait également partie de l'état d'Alger: il offre un grand nombre de villages bien peuplés; ses plaines sont les points de réanion des caravanes qui doivent traverser le désert de Sahara.

(58) L'empire de Maroc, situé dan^ la partie occidentale ie la Barbarie, est borné au N. par la méditerranëe et le détroit de Gibraltar; à l'O. par l'Océan atlantique ; au S. par le Sahara et à l'E. par l'état d'Alger et le BiléJuIgérid, C 8,000 lieues carrées. 5, 000,000 d'habilans , et selon le colonel Anglais jACKsoï, i4,3oo,oooames J^o cloiat est agréable et le sol fertile , partout où les eauî viennent au secours de sa fécondité et de la chaleur du climat ; quuique la culture soit presque entièrement négligée^ il y vient des fruits et du bled en abondance, non seulement pour la consom-

mation mais encore pour l'exporlalion. Les autres productions <!ont le chanvre, le lin, le coton, le tabac, les raisins, la gomme et le sel. On y élève des chameaux, des moutons et les plus beaur chevaux de Barbarie. Mais les contrées déseries fourmillent d'autruches, de lions et de tigres. L'exploitation des mines est négligée ; cependant on trouve beaucoup de cuivre. Les européens vont y chercher surtout des denrées, de la cire, des peaux et de la laine. On connait assez le beau cuir de maroquin qui nous vient de ce pays. L'état de Maroc est gouverné despoliquement par un Suîtan mahométan, qui a le titre d'empereur. (5^) Capitale de l'empire, a de nombreuses mosquées, entre autres celle d'ABooLMUMEjî , de« manufactures de soie, de papier, de maroquin rouge, un vaste p.nlais avec la fosse nux lions destinée aux victimes du despotisme, et de grands magasins de bled. On lui donne 200^000 âmes.

(60) Grande place de commerce, régulièrement bâtie, avec une forteresse et un port sur l'Océan atlantique,

(61) Autrefois indépendant, fait aujourd'hui partie de I empire de Maroc,

C62) Capitale du rovanme de ce nom, ville riche et très commerçante, la première de l'état de Maroc pour les arts et la civilisation. Sa population approche, dit -on, de 400,000 âmes.

(63) Où l'empereur de Maroc fait maintenant sa résidence, et qui a 100,000 âmes,

(64) Salé ou sala. Jadis espèce de république de pirates, aujourd'hui ville de commerce.

(65) Sur le détroit de Gibraltar , avec un château - fort; siège de la plupart des consuls européens. C'est l'ancienne ti :ïcis, qui donnait le nom à une partie de la Mauritanie, appelée xis-

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