‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 161 sur 180 · G1TA>*E · texte numérisé non relu

G1TA>*E

C6t>) Forteresse et port sur la méditerranëe, après Fez, la ville la plus importante, et aujourd'hui la principale place de commerce. ( ro.ooo habitans.

(G7) Place forte et port sur le détroit vis-à-vis de Gibrailar, aux Espagnols.

(63) Melilla et pesiîoîï -de -vêlez, forteresse sur la méditerranëe, aux Espagnols.

(69) Pays montagneux et sablonneux , qui fournit beaucoup de chevaux, de dromadaires et de cliameaux , dont les habitans mangent la chair.

(70) Rendez- vous des caravanes qui, de Maroc, vont dans l'intérieur de l'Afrique.

(71) Ce pajs produit du bled, des cannes à sucre, des dattes, et nourrit beaucoup de bestiaux. Les habitans sont les meilleurs soldats de l'Afrique.

(72) 'Ville grande, forte et riche par son commerce.

C73) Le pays de sEDjEr.MESE est aujourd'hui une république arabe sous la protection de t'cnipercur de Maroc,

(74) Le mot siHAHA ou z&âha en fie

désert; et cette contrée mérite en effet ce ncni par excellence. C'est le désert le plus grand qui soit sur le globe; il sépare, en quelque sorte, les contrées de l'Afrique septentrionale, d'avec celles de l'Afrique occidentale. Il a plus de 45 degrés de longueur sur une largeur d'environ 12 degrés. Le sol de ce vaste désert ne forme, pour ainsi dire, qu'une mer de sable, au-dessus de laquelle s'élèvent quelques Oasis ou lieux cultivés, comme des îles au milieu de l'Océan. Le peu de rivières qui descendent du mont Atlas, seperdent bientôt dans le sable, et la pluie qui tombe depuis Juillet jusqu'en Octobre, n'étend pas à tous les cantons ses bienfaits incertains et momentanés. Aussi la sécheresse du sol y est si grande, qu'on fait quelquefois des trajets de cent et même de 200 lieues sans trouver une goutte d'eau. Des caravanes néanmoins le traversent pour se rendre à Tombouctou. Le sa-vivm soulève et roule les sables mouvans comme les flots de la mer, et donne au désert une telle ressemblance avec l'Océan agité par les vagues, que les Arabes le nomment UHE MER SiKS EAU. Tout désolé qu'cst Ce pays, il n'est pas sans habitans; des Arabes, des Maures, des Bédouins et des Berbères y possèdent des gommiers, et y errent avec leurs troupeaux: ils sont voleurs et pillent les caravanes, lors qu'ils sont les plus forts. Ces déserts sont infestés de lions, de tigres, de léopards, de panthère;; les serpens souvent d'une dimension énorme, ajoutent à l'horreur de ces solitudes. On y trouve aussi des autruches, dont les plunic-; sont, avec le sel fossile et la gomme, les seuls objets de

commerce, qui a lieu principalement avec le Sénégal et la JVigritie. Le Cap bajador et le Cap BLASC sur les côtes du Sahara , sont célèbres dans l'histoire des découvertes géographiques. Le dernier fut reconnu par les Portugais dans le i5.* siècle,

(yS) Ce pays tire son nom des fleuves du Sénégal et de la Gambie, entre lesquels il est situé. Ses bornes sont au N. le Sahara; i 1 E. la Nigritie; au S. la Guinée, et à l'O. l'Océan atlantique. Le CLIMAT y est excessivement chaud, et l'air très - m.il - sain , surtout pendant la saison des pluies, que l'on regarde comme Iliiver , quoique le tiiermoniètre n'y descende pas au-dessous de 20 degrés; pendant l'été, la fraicheur des nuits y tempère la chaleur.

Son ÉTEivDtiE est évaluée à 16,000, et selon d autres à 3o,ooo lieues carrées.

Le CLIMAT est très chaud , la chaleur y est encore augmentée par les vents d'est, qui n'arrivent, qu'après avoir traversé le sol brûlant de l'Afrique dans toute sa largeur ; elle n'est tempérée que par les nuits fraîches et les pluies. On n'y connaît, comme dans tous le pays de la zone torride, que deux saisons, l'une extrêmement sèche et l'autre pluvieuse Les tobkados ou tourbillons, accompagnés de violentes tempêtes y sont fréqucns. Ces vents impétueux ne durent qu'un quart d'heure; mais dans ce court intervalle, ils déracinent des arbres énormes, renversent des cases et détruisent des villages entiers,

La Sénégambie produit du riz, du mais, du millet, du manioc, des ignames, des patates, des melons, des ananas, des tamarins, des cannes i sucre, du poivre, du coton, du tabac, de l'indigo, des fruits du sud. Les vastes forcis renferment des palmiers, des bananiers, des mangliers et le cairb.issier ou l'énorme boabab. On y trouve des chevaux, des chameaux, des éléphans, des bulTles, des moutons, des chèvres, des gazelles, des girafes, des singes, des animaux féroces, des serpens énormes, des autruches, dont les plumes font un objet de commerce, des aigrettes, des perroquets et d'autres oiseaux. Les côtes sont

infestées par des crocodiles, des cachelots et des requins. Le règne niiuéral e^t riche en or , cuivre, fer, et sel- Les HiBiTiKS sont des tribus de nègres cl de maures qui professent le mahométisnie ou le fétichisme. Les prêtres niahométaus sont appelés iuarabous. Les principales tribus des nègres indiquées sur le tableau, se livrent à l'agrirulture , à la pèche, à éducation des bestiaux, à la fabrication ile grosses étoffes, de poterie et d'ustensiles en fer. Lo honteux trafic des esclaves vient d'être prohibé par une décision unanime de toutes les puissances de Hurpe. qui fera honneur à notre siècle. PLANCHE LXXYL L'indolente légèreté, l'insouciance puérile seinl'.cnl être innées au nègres, et la nature perjétnc ces penchans. En effet vingt jours de travail par an, lui suffit dans la plupart des contrées, pour assurer la récolte de riz, de mais, de millet, d'ignames et de manioc nécessaire à son frugal repas. La chair de l'éléphant ne repousse pas l'appétit du uèçre. 11 aime les œufs du crocodile ou du caïman, et même sa chair musquée. Les singes servent généralement de nourriture. Un rôti de chien figure même aux grands festius, comme un mets exquis. Mais le nègre refuse la salade, pour ne pas ressembler, dit il , aux animaux heibivores.

M.ilgrë tous les dangers qu'il y a d'approcher du crocodile, de ?e terrible amphibie qui atteint jusqu'à trente pieds de longueur, dans la Sénégambie, les nègres n'en ont pas peur; ils fout souvent lutter leur adresse contre la force de cet antropophage: pour cela il tâchent de surprendre cet animal dans un endroit où il ne peut se soutenir sans nager, et ils vont à lui hardiment avec un cuir de bœuf enloriillé au bras gauche, et une bajonnette ou un poignard dans la main droite ; ils lui mettent le bras ainsi garni de cuir dans la gueule et la lui tiennent ouverte; et comm< il n'a qu'une très -petite langue, il s'emplit d'eau et se noie: pour le faire mourir plutôt, ils lui donnent des coups de poignard dans la gorge, et lui crèvent les yeux. — Un art facile donne aux nègres le vin de palmier ou de bananier et la bierre de millet , qui forment leur boisson ordinaire Ils font aussi avec le miel une liqueur en vrante qui ressemble beaucoup à n.itre hidromeL Afin de se procurer la première de ces boissons

le nègre est ob.'igé d'atteindre i une hauteur de 60 à 90 pieds. Pour cela, il fait un cerceau de branches de palmier choisies et préparées au feu. Ce cerceau se ferme par le mo}en d'un nœud et embrasse dans sa circonférence le nègre et l'aibre, en laissant un intervalle d'environ deux pieds. Le nègre appuyé des reins sur le ceiceau, porte successivement ses pieds sur les aspérités del'écorce, en faisant avancer en même tems le ceiceau dans la même direction avec ses mains, et parvient ainsi au sommet de l'arbre. — Assis alors sur son cerceau, il fait avec un instrument tranchant une entaille près de l'endroit où est attaché le coco, introduit quelque feuilles dans l'iucision , pour servir de conduit au suc vineux et le faire tomber goutte à goutte dans une calebasse qu'il attache aux branches les plus voisines. Celte opération tei mince, il retire les autres vases qu'il avait placés la veille et qui ont eu le Icms de s'emplir. Vn bon palmier donne ordinairement 10 à 12 pintes d'un vin, qui offre une boisson douce, blanche, on peu sucrée et légèrement acidulé, rafraichi.s.sante et agréable au palais des européens, mais qui n'est plus qu'un mauvais vinaigre au bout de 3 ou 4 jours. Le soin de s'habiller ne tourmente pas plus le nègre que celui de se nourrir; le coton ^lent lans culture à ses pieds; les fcniiiies en tirent la quantité de toiles nécessaires peur la famille, cl les teignent du suc de l'indigo, production égabnient indigène. La chaleur du climat dispense d'avoir un vilement qui couvre entièrement le corps. La principale partie de ce vét< nient consiste en nu pagne ou toile grossière, qui entoure le reins et retombe jusqu'au milieu dea cuisses, La coif.'ure des femmes varie un peu. Sur les bords de la Gambie elles ont une bande étroite de colon qui, en paitaiit du Iront, leur fait plusieurs fois le tour de la tête. Ailleurs elles portent sur le front des graines de verre blanc avec «ne petite plaque d'or; ou c'est avec de petits coquillages blancs qu'elles ornent leur tète. L'usage des incisions dans la peau règne avec des nuances chez toute les nations nègres qui ont conservé leur caractère primillf. Il y a des tribus vers Sierra- Leone qui savent produire dans la peau des enflures qui imitent les bas-rtliefs. — La calane du nègre ne lui coûte guère plus de soins que son vêlement et

*iA nourriture: quelques troncs J'aibies à peine dégrossis, quelques bianch*'<ï dépouillées de leur écorce, uu peu dt: paille et quelques feuilles de palmiers , voilà sa njalérîaux ; les réunir en tupme de quille, voilà son in't. Le ciiuial, la vio« ience des pluies annuelles, lui prescrivent cette simple architecture. Ce n'est que sur la côte d'or ou sur les bord'î du Niger, que l'exemple des Européens et des MauresaJéraoatré aux nègres qu'un toit aplati, mais solide, peut réMstor à la pluie. Les villes ne sont que de grandes réunions de cases semblables, et le grand nombre de ces cases est ce qui distingue les palais des princes. La manière dont les nègres de Tiotérieur construisent leurs ponts est une preuve de leur industrie, qui se montre d'ailleurs dans la fabrication générale des étoffes , des couvertures , des voiles pour les bateaux, des poterie^, des pipes à fumer et des ustensiles en bois, fabrication générale parmi ces peuples. La planche représente uu de ces ponts jetés sur des rivières même assez larges. Plusieurs arbres assez longs pour atteindre d'un bord a l'autre, recouverts de barobous secs , attacliés avec des lianes, dont on se sert au lieu de corde, forment ces espèces de ponts flottans , que les inondations de la saison des pluies, viennent détruire et qu'on rétablit après récouletnent des eaux.

De tous les arts agréables, les nègres du Sénégal ne connaissent que la musique, surtout celle qui fait danger, sauter; mais il n'appartient pas à tout le monde de s*ea mêler, c'est l'alFalre des GUiRiOTS. Ces guiriots un peu moins ignorans forment une classe à part; ils sont riches et estimés. Ils ont quelques uns de nos insirumens. Leurs flûtes sont des roseaux, comme celles des prciuiers pasteurs. L'instrument principal est le tambour; c'est un arbre creusé et recouvert par les deux bouts d'une peau de mouton^ il y en 3 de toutes les grandeurs, pour en tirer difïérens tons et composer une harmoaie complète. Le plus remarquable est le toku-tohg; c'est un tambour de i5 à 20 pieds, composé de tambours réunis autour d'un cerceau; il est l'instrument d'alarme, et celui de guerre.

Les nègres de l'intérieur se servent d'un petit coquillage appelé kaukis, eu guise de munnoie. Deux cent cinquante Kanris équivalent à 24 sous de France, yuand ils commencèrent à traitex"

avec les Européens, le fer était l'objet dont ils faisaient le plus de cas, et la barre de fer devint la mesure dn la valeur de toutes les marchandites; delà j le terme mercantile sur ces côtes , rift BARRE DE MARGHAKDisE. Un nègre y valait ordinairement 70 barres ou 35o livres de france , la barre évaluée à 5 livres.

C76) La HAUTE-GUiriÈEOU la GUIT^ÉE PROPREMENT DIT?,

s'étend en forme de croi-ssant, depuis la côte de Sierra- Leone jusqu'au Cap Lopez, entre la Sénégaiabie, la IVigiitic et le golfe de Guinée. On évalue la longueur de la cote à 400 lieues, et la largeur de 80 à i3o liciies. Il n'y a que les côtes qui soient conuuei Le climat est chaud; on,

nv connaît également que deux saisons. Le sol est dans la plupart des contrées d'une graude fertilité et PRODUIT du bled, du nz, principale nourriture des habitans, du mais, du millet, du manioc, du pisang, des yams , des ananas, des fruits du sud. du coton, des cannes à sucre, du poivre , du gingembre, du tabac , de l'indigo, des palmiers, des calcbassiers, des arbres à suif, etc, on y trouve des bufles, des brebis , des porcs, des chèvres, des éléphans, des chameaux, des girafes, des singes, des serpens monstreux etc. de l'or, de l'argent, du fer, de l'aimant, du sel et de l ambre. Les habitahs sont des nègres, qui se distinguent des autres par une odeur insupj portable. Ils s.nt divisés en plusieurs tribus, dont les mœurs, les usages , la civilisation et la langue diffèrent considéraldement. Le commerce qu'ils font avec ceux des Européens qui ont des établissemens le long des côtes, consiste principalement en or , et en ivoire. On compte plus de 5 millions d'esclaves qui ont été transportés en. Amérique; l'exportation annuelle se montait a i5o,ooo, et tiepuis l'origine de ce trafic honteux, plus de 55 millions de nègres ont été enlevés à leur patrie.

(77I LA cÔte des graihes cst ainsi nommée de la grande quantité de poivre de Guinée qu'elle fournit, appelé malaguette dans ta langue du pays. Aujourd'hui les Anglais y font seuls le commerce. Le territoire produit en quantité du riz, des pois et des fèves.

(78J Ou cote d'ivoiRE, ainsi nommée de son conmierce de dents d'éléphausj elle fournil eu graude quantité de l'indigo, du coton, des fruiU,

des bestiaux, du poisson et du giLier. On la divine en deux cûies ; celle des mauvaises gen"; , habitée p:\r une nation bcllifjueuse el peu sociiljle^ du moins a t'égarJ des Européens , et celle des

BOXKES GEXS

C79) Cette cote a été nommée ainsi de la poudre d'or qu on en retire: elle produit aussi du musc et des cannes à sucre. Elle est habitée par les nègres Us plus civilisés , et offre le plus grand nombre d'établiisement européens.

(80) Le royaume de bekin est Tétat le plus' puis«;ant de la Guinée; il est gouverné par un roi qui peut armer 100,000 hommes. Le pavs est cûu\ert de bois et coupé de rivières; ses cotes sont poissonneuses; on y pèche le corail. Il fornit du poivre, de l'ivoire, de l'huile de palmier, articles qu'on échange pour des étoffes, des armes, des ustensiles^ de la verrerie, etc. les haliitaus sont adonnés au fétichisme; ils estiment beaucoup la chair de chien , et mangent aussi des rats et des lézards.

(81) Capitale sur la rivière du même nom, entourée de fossés profonds; résidence du féroce et despote roi nègre. C'est la ville la plus connue de la Guinée.

(82) Port de mer sur le golfe de Bénin; les Portugais y ont un comptoir.

C83) LA BASSE- GDiKÉE s'étcnd depuis le cap Lopez jusqu'au cap Négro , dans une longueur de 210 1. Le SOL est sablonneux et aride en bien des endroits, mais en d'autres il est gras, fertile et offre une belle végétation. La chaleur est excessive , quand elle n'est pas tempérée par les vents et les pluies. Les productions sont les mêmes que celles de la Haute -Guinée Les rabitans sont des nègres, qui se distinguent de ceux de la Haute -Cuiuée par leur couleur olivâtre , leurs cheveux crépus et leur taille plus petite La racine du manioc forme leur principale nourritnre. La plupart d'entre eux sont païens et adorent des fétiches; les autres professent la religion catholique, introduite par les Portugais qui y sont en grand nombre. On exporte de l'ivoire, des singes, des perroquets, du miel , de la cire et des bois propres à la teinture.

(84) Le CLIM\T du tOAiîGO est pernicieux aux étrangers Le pays est riche en mines. On en exporte du cuivre, de l'étain, du plomb j du fer et de TÏToire.

(85; LoAsco ou ECALi, capitale et résidence du roi, à une lieue de la mer, i5,ooo habitaus.

(86) Les contrées J'azico , de «icoco et de DOM80 dans l'intérieur, ne nous sont connues que de nom , et par ce qu'on nous raconte de l'extrême férocité de leurs habitans,

(87) Au N. du Zaïre, n'a que peu d'étendue,

(88) Au sud du Zaïre, le royaume le plus puissant sur cette côle. Le sol y est d'une grande fertilité. Les rives du Zaïre sont fréquentées par un grand nombre de crocodiles et d'hippopotames.

(89) Capitale et résidence du roi qui y a un grand palais : elle est en partie habitée par les Portugais, qui y ont bâti des églises et établi uD

évèché. (40,000 habitans,)

(90" Le royaume est sous la domination des Portugais, et jouit du plus heureux climat,

C91) Capitale, grande ville, bien peuplée et résidence des Gouverneurs portugais, avec un port et un évéché. Le roi réside à mac pokco.

(92) Pays peu connu à lest d'Angola.

(93' N'a que peu d'étendue; l'air y est mal sain ; c'est un lieu d'exil pour les'ci iminels de Portugal. On en lire du sel,

(94) Le pays , connu sou5 le nom général de CAFBEB.IE, est cctlc , immcnsc région de l'Afrique qui se termine par le cap de Bonne -Espérance, Elle est bornée au Nord par 1 Abyssinie el la ISigritic ; à l'Ouest, par une partie de la Guinée, le Congo et la mer; au Sud, par le capdeBonnu- Esférance, et à l'Est, par la mer. le nom général de CAFREBiE lui a été imposé par les Arabes mahométans, dans la langue desquels le mot kafir, K.AFER OU CAFRE signifie ihfjdèle; ainsi ce nom, inconnu dans le pays, est une expression de mépris OU plutôt de fanatisme. Le vaste p.nys s'étend environ 780 milles du JV. au S; c'est-à-dire, depuis le cap Négro (sous le i5° 3o' latitude Sud.) jusqu'au cap de Bonne -Espérance. De ce dernier point il s'étend au N. E. jusqu'à l'embouchure de la rivière Del Spiritu Santo , (sous le 25'^ de latitude Sud) l'espace d'environ 660 milles, et de là dans l'intérieur des terres jusqu'à la ligne équinoxiale, c'est-à-dire l'espace d'environ 1740 milles. Il ne nous est guère connu que sur les côtes. En général il est assez fertile, malgré la quantité de uionlagnes et de marais que l'on y rencontre.

IjCS déserts qui se trouvetU entre les villages et les peuplades, sont habiiés par une multitude de bêles sauvages, parmi les'iuplles on distingue l'élépliant, le lion, le tigre, I'h>ène cl le jackal. Pris géneraieinent, le Cafrcs snnt gr.inj'ç, rcbiisles et courageux; leur fig-iro est assez binii , et /jitoique Nègres par la couleur, ils ii'inil ni le nrz épalé, ni les lèvres grotises. Leur iiinnièrc de s luihillrr approche beaucoup de colle des lînttenîots. Us portent un pelit tablier et un Kross nu manteau, qui s*attache sur les épaules, et qui est fait d'une peau de niouloa. Guerriers et braves, ils attaquent leurs ennemis avec une snrte de fureur, et aiment mieuï perdre la vie que de fuir. Ce caractère guerrier n'ôie rien à leur<: qualités sociales; ils vivent bien entre eui et sont hospitaliers envers les étrangers. Us voient avec peine un Européen; mais des qu'ils l'ont admis chez eu^t , ils pourvoient de leur mieux à ses divers besoins. Ils se rassemblent par Kraal ou village, qu'ils établissent auprès des rivières. Leurs huttes ont la forme d'un demi-glube parfaitement arrondi. La carcasse en est faite avec une espèce de treillage , soHJc et bien uni ; on l'enduit tant en dehors qu'en dedans d'une espèce de torchis, de bouze et de glaise, battues cnsenilde et bien également réparties, La seule ouverture qui «ïe trouve à ces demeures, est tellement étroite et basse, qu'il faut se metlre à plat ventre pour y pénétrer. La ver, mine y pullule quelquefois au point de ne pouvoir y résister; alors ils abandonnent leurs cabanes pour en construire des nouvelles, qui sont ordinairement disposées en rond. Ils font entrer la nutt leurs troupeaux au milieu du hameau , pour les préserver des bêtes féroces. Us rest<?nl dans le nicir.e endroit tant qu'il y a des pàturaÊ^cs , et s'en vont aussitôt qu'ils en manquent ou que qutiqu'un de la borde vient de mourir P;itcison a vu un de leurs chefs , qui , pour les besoins de sa maison , avait un troupeau de cent vacïics. Les Cafrrs font leurs zagaies ou javalots avec lie.iucoup d'art. Les femmes y font des paniers qui peuvent aisément contenir de l'eau ; ils ne sont cependant que d'iierbe, mais tressés avec beaucoup d'adresse Les occupations sont iKirtagées j les hommes vont à la chasse et élèvent de grands troupeaux de bœufs (t des moulons à grosse queue. La ciillurc des terres est coniiée aux soins des femmes. Ou v callivc le

millet, le mais, le riz et des légumes. La relieioB des Cafres paraît être un déisme pur; ils croient à l'immortalité de l'ame. lis obé.iseot à des chei's nommés Mairya. La polygamie et le divorce y sont permis.

(çïS") Oltc région s'clend depuis la pointe méri. dn..nnle de l'Afrique jusqu'au So*^ degré Je latitude sud , et est bornée au Nord par le pays des Cafres. Le sol très-varié est en pai tie fertile, en partie sablonneux et aride. Le climat est tempéré, sain cl agréable. Les productions sont du blé, surtout du froment , du vin du fameux vignuble qui porte le nom de Constance, l'un des plus précieux du globe; des finîts, des légumes et d'autres végétaux ; des bêles à cornes, des moutons à large queue, des chevaux, des buflles sauvages, des éîéphans, des rhinocéros, des zèbres, deî bêles fauves et féroces, des autruches, des abeilles sauvages, du fer. du cuivre, du sel, du charbon de terre-

La colonie du cap de Bonne Espérance apjiartenait aux Uolland^iis , qui la fundèrent en j 65o et y formèrent des | lanlalions de tous les genres j. oujouri] iiui c'.le est sous la domination anglaise, E!lo a 1 ,0ûo lieues carrées et 70^000 babïtans, parmi lesquels 3o,doo Blancs , descendans des Français qui s'y léfugiérent lors de la rcvocatum de l'édit de Nantes, des Allemands, et particulièrement des Hollandais; le reste se compose d'esclaves et de Hotlentots.

C96) Ville bien bâtie , la seule de toute la colonie, «iluée dans le district du cap, au pied des nionlngne«t de la Table, du Lion et du Diable, et sur la baie de la Table, U y a un château fort, de.= magasins pour la marine , un hôpital pour 6,000 niniadcs , un j.nrdin botanique planté de légumes (t de quelques légétaux exotiques. Les mouillages principaux sont I-'alse-Ber au Sud et Tal'lc-Bay ou baie de la Table, au Nord, Ce port est un lieu de rafraîchissement pour les vaisseaux qui vont aux Indes ou qui en reviennent. La population est de jG,t>oo habitans , parmi lesquels il y a 12,000 Noirs.

(97) Le pa^s des Uottentots se divise en plus

de vingt contrées ou peuplades différentes, les unes

indépendantes, les autres soumises à la colonie du cap,

PLANCiiE LXWU.

Les Hotteiilots d'une couleur jaune-brun formeut

une race particulière^ facile à diftingucr par la

grosseur de la tète, les pommettes des joaes trèsproéminentes, les yeuï grands, le nez plat, les lèvres épaisses, les dents très-blanches, les ninins et les pieds petits en comparaison du rc^le du corp^î , les clieveus noirs, courts et laineux, et la lïarbe rare. Ils sont vêtus des peaux d'animaux garnies de leur poil i ils s'enduisent le corps de beurre mêlé de suie, ce qui leur donne une odeur insupportable. Ils sont Irès-rohuste^ , adroits et d'une légèreté prodigieuse ; ils pas<;ent leur vie dans l'oisiveté, préf'Tent à l'agriculture la garde de leurs Iroupcau-s, avec lesquels ils parcnurent la contrée; le lait qu'ils en tirent, f-iil leur principale nourriture- Us ne se livrent guère à l'exercice de la cha-ise , quoiqu'ils la fassent toujours avec succès pour écarter les animaux dangereux. Oublieux du pa';'ié, insoucians sur l'avenir, ils Jouissent du moment présent, au sein d'une oisiveté qui leur p!ait et dont le besoin seul les fait sortir. W; Picurcuscmeut ils ont conçu pour les liqueurs fortes que leur mit apportées les Européens, une passion qui a altéré leur caractère paisible; l'ivresse les met en fureur, et alors ils se portent aux plus grands excès. Dans leur état naturel ils sont bienfjisans, hospitaliers, amis fidèles et zélés. Les liuttes sont faites comme celles des Cafres, dont ils partagent la religion, Ceax qui n'habitent pas sur le territoire de la colonie du cap, forment un peuple libre et indépendant, et vivent sous des chefs particuliers dans des KraaU ou villages. Les femmes, qui aiment beaucoup à se parer, se cliargent de bracelets , de ceintures et de colliers de verroteries. Leur bonnet , fait de peau , est aussi surchargé de ces sortes d'orueinens.

Les Boschimans, mot que veut dire homme des bois, ou Bosjnan hottentots, ont le caractère bien difierent des autres Hottentots. Le colonel Gordon , qui a vécu assez longtems dans leur pays , dit qu'ils sont farouches , perfides et cruels ; ils empoisonnent leurs flèches, ainsi que les jVoma quois, de sorte que la gangrène se met bien vite à la plaie, et il est presfjue impossible d'en revenir. La planche LXXVII représente un de ces HottentotsBoschimans ou Hauzouanas- Les recherches des célèbres voyageurs Barrow et Perron ont prouvé que le tablier qui accompagne et fait généralement partie des organes sexuels chez les femmes des Boschimans , ije se rencontre point

chez les Hottentoles. Le yaiîlant , dans son second voynge , a observé chez les femmes des Boschimans une particularité singulière dans leur conrormalion, qui cor.siile dans une saillie bizarre et dé:;ouiante de leurs fesses. Celte RaîHie n*est qu'une masse de graisse, quelquefois de 6 pouces, et qui a assez de consistance pour que les mères, au récit des vovageurs^ puissent y placer et porter leurs enfans. La AénKS hottentote qu*on a vue à Paris et qui y est morte en 1816, était de la race des Boschimans. Son corps a été disséqué et ana- Ivsé par le célèbre Cuvier, qui lut dans le tems à l académie des sciences un mémoire à ce sujet.

Parmi les principales peuplades indiquées sur le tableau, les Boushouanas ou Betjouanas au IV. de tous les autres , se font distinguer par leur industrie et leirr civilisation. Us exploitent des mines do fer et dp cuivre, qui sont en gr.iriJ nombre dans leur territoire, et savent fabriquer des armes cl toutes sortes d'ustensiles,

C98) Litakon, capitale, est une ville plus grande que celle du cap, et dont la population est évaluée à 1 5,000 âmes. Des vovageurs anglais l'ont récemment visitée-

(99} Le pays des ^rrolous plus au N. n'est encore connu que par les récits des Africains.

Ci 00) La terre de IS'atal fait partie de la vaste région que l'on dé':igne sous le nom de Cafrcrie; elle est à peu de distance du cap, sur la cote orientale. C'est nn des plus beaux pays de l'Afrique; il est arrosé d'une multitude de ruisseaux, et ombragé par de vastes et profondes forêt*. D'immenses plaines se couvriraient de richesses si rii'imme de ces contrées ne préférait pas la paresse à l'abondance Les forêts sont pUines d'animaux; les éléplians, 1rs rhinocéros, les zèbres y sont trèscommuns. On y trouve les chiens dans l'état priniilif. Quoique voisins des Htiltcnlots^ les habitans des rives du Natal ne leur ressemblent eu rien ; ils sont beaucoup plus noirs et beaucoup moins sales. Us se livrent un peu a l'agriculture; leurs habitations sont construites en plâtre. Le gouvernement est fort simple; on choisit pour chef d'un vi lage un des habilans les plus âgés. Ces peuples sont fort gais et très-hospitaliers. Sans temples, sans idoles, un village se réunit sous la voûte du ciel pour adorer un dieu inconnu, mais créateur et maître de tout.

(loO Ces p.TTS peu connus cïr'* Européens, s'élendcnt tlepuis le dclroit de Bahel-Mr.iJel) jusqu a la rivière du St- Esprit- Les côtes sont bisses et exposées aux inondationç. Ils fournissent du h\é , du riz, des fruits du Sud , des cannes à sucre, du colon , différentes c^j êces de bms précieus , des chevaus, des chameaux, des élcpliiîns, des bêtes à cornes et à laine, des aniii:aux féroces, de l'or, de l'argent, dn cuivre et du sel inaiiii. Les Kaliitans sont Arabes, Maures, ?s>gres et Portugais, Ces derniers, lors de la découverte du passage aux Indes par !e sud de rAfrique, s'élnlilirent sur les côtes orientales et en sont d»'iueurés depuis en jHissc^sion. Toutes les contrées de rAfricjue se ressemblent; c'est la môme température, le jnôme sol, les niâmes productions, le môme commerce, les mômes peuples. Disons seulement f^u'ict les Arabes , lors de leur splendeur, sont dcsccndu-î au-delà de la ligne jusque vers le tropique méridional, et qu'avec leur domination ils ont propagé leur sang, leurs mœurs et leur religion, dont ou npeiçoit facilement les tracts dégénérées.

(102) Résidence du roi.

fioS) Port autrefois très-fréquenié sur le détroit de Babel-Mandeb.

(104) La république de Brava est un élit aristocratique, tributaire des Portugais; c'était jadis un rojaunie. Elle est gouvernée par uu conseil de douze personnes. Sa capitale fut ravagée par Albuquerque, ce grand amiral qui porta à son comble la gloire des Portugais dans l'inde. Elle fait un graiitl commerce d'or, d'argent et d ambre gris, et reçoit en écli.Tnge des élofl'es, etc.

Ciof») Le royaume de itféîinde e-ît gouverné par nn roi nialiométan , qui exerce une autorité absolue, mais qui est tributaire des Portugais.

Cl 06) C.ipitale sur le Quilimanei, avec un port sur l'océau indien. Les Portugais y ont une factorerie et plusieurs églises.

Cl 07) Dans une presqu'île, a un bon port et fait un commerce considérable en ivoire, miel et cire.

(io3) Avec un port et un fort aux Portugais Jans l'île de môme nom.

(109; Capitale du royaume de ce nom.

(110) Ville forte avec un port et une citadelle, éloignée d'un quart à-i lieue de la côte, et située dans liic et sur U canal de ce nom. Elle appar-

tient aux Portugais; elle est le iiège du gouverncnieut et le centre du commerce de cette nation sur la côte orientale de l'Afrique. (3,800 habilansO

Cl 11) Situé des deux côtés de la chaîne du Lu. pata et sur le Zambèze , jouit d'un cbmat trèssain, quoique chaud; le sol est très fertile en riz, millet, cannes à sucre et fruits. On y trouve presque tous les animaux sauvages et domestiques de l'Afrique, excepté le chameau. Les habitans noirs et idolâtres sont bienfaits et très -braves. Les Portugais y sont en petit nombre.

(i 12J Ville grande, peuplée, et résidence du roi.

Cii3) Fort aux Portugais.

Cl 14) Situé sur le golfe de Sofala, produit beau, coup d'or et d'ivoire,

ii5J Capitale peu considérable. L'on a cru que c'était 1 Ojihir de Salomon, mais IMr. Coiselin en a démontré l'impossibilité.

Cl 16) Capitale sur le canal de Mozambique.

(117) C.'>pitale de ce royaume. A l'arriiée des Portugais dans ce pays, le roi qui gouvernât alors, se fit baptiser avec toute sa cour. Ils y possèdent la ville du cap Corrienles, bâtie dans une petite presqu'île , à l'embouchure de la rivière dïnhamliane,

(n8) Ce pays appelé Soudan par les Arabes, est encore peu connu ; il est situé dans l'intérieur de l'Afrique, entre le Sahara, la Sénégambie, la Guinée, la Cafrerie, le pays de la côte orientale, l'Abyssinic et la Nubie. Son étendue est d'environ 80,000 lieues carrées. Le sol, sablonneux au N, montagneux au S., n'est pas beaucoup plus fertile que celui de Sahara , à l'exception des contrées arrosées par des rivières- Le climat est trèschaud , le pays étant situé entre les tropiques; mais la chaleur est un peu tempérée par l'équinoxe continuel, par des pluies et par des vents périodiques,

(119; Le royaume de Bournou est à l'ouest de la Nubie; son sol produit du riz et des dattes; on y exploite des mines de fer. Les parties méridionales paraissent fort marécageuses, et doivent se terminer par un grand lac ou mer intérieure, que l'on croit exister au centre de l'Afrique et que quelques-uns nomment mer de JS'igritie,

Cl 20) Capitale et résidence près de la rivière de la Gazelle, Elle a beaucoup de mosquées , des écoles luahométanes et des fabriques; 10^000 habitaos*

(121) Capiiale, siluéc sur le lac FiUrc

(122) Pays irès-lertile et riclie en pondre tl'cr.

(123) Le rojaume <îe Tomlouktou est arrosé pcr le Ni^er, et fournit beaucoup d'or; le roi et lc5 grantîs sont jVIahoniétans. Il y a des Juifs. To- t récemment le roi de Eambara s'est empare de ce pays.

(124) Cjpitaîe et résidence du Sultan. Elle a des fabriques d'étoîTé.s de colon et de soie mùlér , et f.iit un grand C(-'mTi;ercc par caravanes avec l'EcTpte et les élnls barba re.squcs. Elie renferme, dit-on, 200.000 bftbitans, selon d'aulrcs de 25,000 seulement. Ou vanic bcoucoup la p<iUcc de celte ville,

(i25) Tic'itdcnce ordinaire du roi n(>5re de Gambara (Wulo?, qui, en 1600, a fait la conquête de [

Tombouttou.

(126) On itiJitiuo le rojaume de Houssa à la place de eclui deTakrour, et celui de Kaschna à la place de Gana; mois l'un et l'autre sont au nombre des parties les plus mal-connues de la IVigriiie.

(127) Houssa est, dit-on, une ville immense, et selon d'autres, un paj's extrêmement peuplé.

(128) C'est à Jaour que Mungo-Park trouva la raort en descendant le ZViger, en iOo3, au moment qu'il allait pénétrer dans le pays de Houssa , qui parait former un des états les plus puissans de TAfiique centrale.

(129) Le royaume de Banibara , arrosé par le Kiger, a d'excellens pâturages,

(i3o) Capitale, située sur les deux rives du Niger; '3o,ooo amcs).

(i3i) A l'E. du royaume de Houssa, son territoire est fertile cl bien arrosé; il renferme d'eicellens pâturages peuplés d'un grand nombre de bestiaux , fournit de la manne et du séné. Les habitans fout le commerce de sel qu'ils transportent sur des chameaux dans d'autres contrées.

(!32) Ville très-peuplée et une des places les plus commerçantes de l'Afrique, étant située sur le passage des carayanes.

i\3'i) La plus grande île de toutes celles du golfe arabique; elle a plus de 20 lieues marines de tour,

(i34) Socotora, Vdincxenrit Dioscoride, est placée, par quelques géographes, au nombre des îles de l'Asie, parce quelle est liée, par plusieurs rapports, au continent de l'Asie; par d'autres au nombre des

îles de l'Afrique, parce qu'elle est plus rapprochée de ce continent. Elle a 10 lieues de long sur 9 de large. Ses prorluctions consiitent principalement en dalles, alo**s, ti ès-renommés qu'on appelle Succotrin, du nom de l'ile, et sang de dragon. Le corail jest très-commun. Tamarida en est le chef lieu. Les habitans sont Arabes et Mahométans; ils obéissent à un rci.

(i35j La plus grande de l'Afrique, que l'or; dit ctre la Manuihias des Anciens, Elle a 125 lieues de long sur 60 de large, et io,5oo lieues carrées. L":ïe dnuble chaîne Je montagnes hautes de 7,000 à lOjOoo pieds parcourt cette île du Nord au Sud, Le clijiiiit est tempéré, le sol fertile et la végétalion superbe. Cette île, découverte par le Portu. gais Laurent Almeida, en i5o6, fournit du r z, des patates, des bananes, i[\x sucre, du sagou, de l'indigo . de la canclle, du poivre, du bétel, du gingembre , des fruits du Sud , des gommes de diiÏ£renles espèces, du tabac, du coton, de la soie, du miel, des bois estimés, comme le sandal et l'ébènc. Les cscellens pâturage» nourrissent bï-aucoup de zèbres ou bœufs à bosse de graisse , et des moutons è grosse queue. Les sauterelles cbsurcissent quelquefois l'air, et servent de friandises anx naturels. On y trouve des singes, mais on n'y voit ni tigres, ni lions, ni éléphans, ni chameaux. Les montagnes renferment des mines d'argent, d'étain et de cuivre. On y trouve d^s pierres précieuses et de très-beau cristal de roche, extrêmement utile en optique. T.es habitans, appelés lî/adécasses , sont un mélange d'Africains et d'Arabes. La population l'élève à un million et demi, et selon d'autres à quatre millions. Les Français y avaient bâti le fort Dauphin à la pointe méridionale En 1673 les Insulaires égorgèrent la garnison et détruisirent leurs habitations.

(i36) Le Keu le plus grand de l'ile.

C137) Capitale du royaume des Séclaves, le plu» pni<isant de l'île; 3o,ooo habitans. C'est à l'Est, à Foui-Point et à Tamatave, qu'abordent ordinairement les vaisseaux européens.

Ci30t Les îles Comores forment un petit archipel composé de quatre îles , à l'entrée septentrionale du canal de Mozambique. La plus grande de ces îles, nommée Comort , et par les habitans yingaziza , a donné son nom à larchipel. C«à

'Ad sont fertiles en riz, en oranges, limons^ sucre, cocos et gingembre.

Ci39> Les Sejchelles sont situées entre Hn^ngascar et la ligne. Celui (1rs ^/mirantes, compose de beaucoup de petites îles et îIom , doot le sol est bas et marécageux , et celui des îles 3Iahc'e , ou Sejchelles proprement dilcs, au N. E. de^ précédentes, dont la principale donne son non nu groupe. Ces dernières fournissent des cnros et des tortues, et appartiennent aux Anglais.

(140) Les Mascarei^nes, appelés ainsi de Pierre Mascarcnba'î , qui les découvrit en iC^oS, sont situées à l'E. de Madagascar. LÎIes fournissent du rafé , du sucre, du cacao, de i'indigo , des fruits du Sud, du froment, des epices, et ont un climat doux. La population se compose de Blancs, de Créoles, de Mulâtres/ et de iVègres,

C141) L'île de Bourbon, rcntarquaLle par son volcan, dont les éruptions sont presque continuelles, produit du sucre el des clous de girofle. Elle appartient à 'la France, et renferme environ Oo,coo anies; '112 lieues carrt'ci;.

(142) L'île de France, cédée à l'Angleterre en ;Gi5, est moins fertile et moins étendue que celle de Bourli'jn ; mais elle doit à ses ports et à ses rades une plus grande importance commerciale et militaire- Ei!e a un sol marécageux ; (55 lieues carrées).

(143) L't!e hodrigue est presque inhabiicc, et fournit aux habitans de l ile de France des tortues, du riz et des fruits. Ce fut une des stations choisies par l'académie des sciences pour l'observation du dernier passage de Vénus.

(144) La terre de Kerguelen ou de la déjolalion est située dans le grand océan austral, sous le 5o^ degré de latitude S. , au S. E. du cap de Bonne- Espérance > et presque à moitié chemiu de la Nouvelle-Hollande. Elle est composée de plusieurs lies stériJes , d'un aspect sauvage et presque tou» jours environnées de glaces. Le nom de ces îles est celui d'un navigateur français , qui le premier les a reconnues.

(146) Les îles de Tristan d'j4cunha ou de la relâche, au S O. dn cap de Bonne-Espérance, vers le J;"" degré de latitude S. La plus occidentale a 5 lieues de tour; elle est très -montagneuse. Les Anglais y ont formé depuis peu un éublissemta ,

(140) L'île de Ste. Ucii'ne fut découverte ou iT'nj pnr les Portugais, le jour de la Stc. Hélène, Elle est située à urïe dî-itance de 200 lieuei du conti< nent d'Afrique et de plus de 3on lieues de rAmérique ; elle a f> lieues de circuit et ^. 400 habilans. Son élévation sur un rcc'îcr de 2 700 pieds audessus du nive.Tu de la nuT la fait apercevoir de foi t loin. Des ruisseaux raffaîcliissent le sel aride des vallées; mais ils diminnent sensiblement et dî'îparaîssent dans les sécbcresses , iiéau qui a été si terrible en 179 1 , qu'il a détruit tout le bétail et fail di-tparaîtrc toute espèce t\c végétation. L'aîr V est pur et sain et le climat agréai>ïe. L'île est entourée de rochers et d'un abord difficile. Elle est tellement fortifiée par la nature et par Tart qu'elle est censée imprenable, et n'oflVe qu'un seul mouillage à l'E. appelé Chaptl TT^allejf'Bav. Elle appartient aux Anglais, C'est l'auberge maritime des vaisseaux de cette nation, qui se rendent dans llnde. IVapoléon j fut déposé en i8i5. Sa demeure est à Long^ood , dans l'intérieur de l'île. Cette île est encore remarquable par le séjour qu'y fit, en 1676, sous le règne de Charles \l, le célèbre Hallay , qui enrichit la science astronomique de 35o nouvelles étoiles, et trouva par la méthode devenue si importante dans la suite , la parallaxe, au moyen de laquelle on est parvenu à déterminer la distance de la terre au S'jleil.

Cl 47) Voyez la note 146.

(i-jB; Dans une vallée j c'est le seul bourg et le seul port de l'île ; il consi'^le en une seule rue. De bonnes fortifications en défendent l'approche,

C149) Si l'on admettait que l'Afrique fut séparée du nouveau monde par une de ces grandes et teiribles catastrophes, dont on ne peut as-îi^ner l'époque , l'île de V Ascension , de Ste. Hélène etc. seraient d'antiques ruines d'une chaîne de montagnes envahie et couverte par l'océan. D'un autre côté, si l'on réfléchit à l'origine de Snniorin dans notre archipel, on peu! par an.iîogie se représenter ces deux rochers brûlés comme tout à coup élevés sur la surface des eaux de l'océan ébranlé dans ses profondes abîmes par les feux souterrains. Quoiqu'il en soit de ces hypothèses il paraît constant que le feu est l'.igent qui a produit l'une et l'autre de ces îles ou du moin!* plusieurs de leurs montagnes. Les rivages de l'ile de l'Ascension «ont couverts de laves et de scories volcaniques

Le bon port et la quâalité de luilues éaoraies et de pigeoui dounaîeut quelque prit à ce rocher stérile de 6 lieues de circuit, dépourvu d'eau et presque de végétaiioa. Eu i8i6 quelques familles anglaises s'y sont établies.

(ijo) ^-énnohon ou Bouanna, riche en mines, taliac rîz, fruits, canne à sucre etc. Elle apparilen^i aus E-spaguots.

(i5i) Cette île qui appartient aux Eipagnolb, est riche en sucre, colon, vius, bctuXs, moutons, fvulls du Sud, elc-

(i5?.) A rO. de !a Sénéganibie»

(i53; Ain«i nnninîées pan-e qu'elles sont vis-à-vïs da cp de ce nom- Ces îles qui sont à ico lieues tiu continent , sont la plupart pierreuse* ; leur principal coainicrce cons.slc en s.cl , en peaux de ciièvres et en volaille. Elles furent dérouvrrtes vers I4.G-.Ï, par Autf»iae Pîolï, Génois, au profil du roi de Portugal. On y compte 42>ooo babitaos,

(154) Cette île a 5o licpc; de tour. ïl y croit du coton, des cocos, des orangers, de la çarance, Gn y trouve aussi le palmier el l'arbre à pain.

(i55) Les Canaries étaient comiiiées par les Anciens Isles fui lunées , sans dotite à cause de la pureté de leur ciel et de la fccondilc de leur sol. Ouelques-uns y placent les f;:«icux jardins des Hespêrides. Toutes ces îles qtii portent les traces n'.anifcsles de feux Tolcaniques , ont 224 lieues carrées, 200000 hobitans , et appartiennent aux Espagnols, qui les découvrirent en 1406 et qui y or-t introduit la religion catholique Le climat est saîuLre et agréable, et le sol montagneux, entrecoupée de vallées et de plaines fertiles. Elles fournissent du vin, du bic , dos fruiis du Sud, da miel, du sucre tiès-esîimé, du ceton , des dalles, du mastic, de lorseilLe-, mousse employée dans la teinture, de petits chevaux, des jolis oiseaux nommés serins. Les Indigènes du pay^, appelés Guancîies, ont élé presque entièrement détruits par les Espagnols. Ils enbaumaient les cadavres à la manière des Egyptiens. On y a retrouvé un grand nombre de leurs tombeaux et des momies trèsbien coûservées. Mr. Borr de St. Vincent, dans son essai sur les îles fortunées ele. recl:erche l'origine de ce peuple et la retrouve dans ley anciens Atlantes , habilans de cette fameuse Atlantide, célébrée par Platon et par tous les Anciens, cbercbée par Oiaus Kudbeck et par L'illustre et

iufurtuué BaîUjr dans tes lettres sur IMllantide, Ce pays fut submergé, suit par l^affessement des Icrrc;, soit par la rupture du f'étroit de Gibraltar, et l'antique Atlantide disparut j il n'en resta que les points les plus élevés, qui sont an nord des Azotes; à l'O. les Canaries, au S. les îles du cap 3-ert , autrefois les Gorgades , et le vrai pavs des Gorgones.

( i56j L'île de Ténérijfe peut être considérée ccnime une forêt de lauriers, d'arbousiers et de pÎBs, dont les hommes ont à peine défriché la lisière, cl qui rer»ft'rmc dans son centre un terrain nu, rocailleux, également impropre à la culture et au pâturage,, au milieu duquel s'élève le redoutable cratère de sen volcan; le pic de Te^de ou de Téntriffe, dont la planche XIV indique la hauteur» Mr. L, Cordier lui donne 1,200 toises de tour à son orifice. Mais les voyageurs qui ont parcourKcelle île, ont tous parlé avec entbousiasme de la vallée de Tticoronte , cultivée comme le plus magnifique jardin, el où cioît l'excelieut vin de Malvoitic. En iSTiâ un nouveau volcan s'ouvrit dans lilc de Palma , et y forma une nouvelle mon"" tagne,

(157) L'île Cunarie donne son nom à tout le groupe. Elle a 5o lieues de tour et est Mèî-fertile>. surtout en grain. On y compte 40,000 habitans.

Cl 58) L'île de Fero et Hierro est peu considérable; mais elle uiérite d'être remarquée, parce que c'est d'elle que la plupart des anciens géngraplirs françr.is comptaient le premier méi idien. Le sol de l'ile de fer produit principalement des vir gnes et des figues-

Ci5o) Les îlots de Salvages ont une prodigieuse quantité de serins , qui y placent leur douce postérité sous la protcctMin des rochers et des rescifs. ;i6o) L'île de Vad'cre , celle de Porto-Sanio et quelques iloU déserts au N. des Canaries forment un groupe particulier appartenant aux Portugais, Madère est une île charmante, située sous un climat délicieux; elle a 3o lieues carrées, est trèsfertile et abonde en vin, blé, miel, fruits du Sud, bois et orseille. L'abondance des bois, dont elleétait autrefois couverte , lui avait fait donner le nom de Madeira. Les habitans, au nombre de 90,000, sont un mélange de Portugais, de Nègres et de MulaJres, qui professent la religion catholique. Le principal commerce est dans les main*

(îcs Anglais. Les PorlugaU la découvrircut eu

ti6i) Fiir.rhnl , cipilale et sièfie du gouvernement et d'un éèiiue. El'.e a un pnrl , plu';icurs forts et des factoreries anglaises ; (1 5,noo liabitaus).

(162) Les îles azores sont appelées aussi Terceres , de la plus grande du groupe, et Azores, de la grande quantité d epervicrs (en portugais Aior), qu'on y trouva lors de leur déi'onvertc. Elles sont situées an N. O. de Madère, ont un climat doux et agréable, un sol maréeageuï, volcanique, cl eiposé aux tremblemens de terre; mais fertile en blé. vn, chanvre, lin, miel et fruits du Siul. I,e bétail y abonde. La population est d'environ 180,000 habitans, presque tous Blancs. Elles ap partiennent aux Portugais,

ti63) Tercere a i5 lieues de long sur 6 de large. Elle fournit du bois de construction, du grain, du vin, des fruits, et nourrit du bétail.

(164) jigra , avec un port, tsl la capitale, le siège du gouvernement et de l'cvêque.

(1G51 Cspilale avec un port, des fortiGcalions , des fabriques de cbipcaus et de grosses toiles ; 12,000 habitans.

C1G6) On peut regarder celte île comme un Jardin de 3 lieues de long sur 2 de large.

C1C7) Plco prend son nom du sommet aigu de l'une de ses montagnes, que l'on aperçoit de 25 lieues en mer.

(i68) Flores prend son nom de sa belle végétation.

(169) Isle nouvelle, produite en i3ii par l'éruption d'un volcan sousmarin. Quelques géographes pensent que les Azores doiveut être classées parmi les îles qui appartiennent à l'Europe.

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