‹ Porte-feuille géographique et ethnographique contenant:Chapitre 2 sur 180 · ETHNOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ETHNOGRAPHIE

Mais toutes ces connaissances tiennent essentiellement à celle de l'histoire d'un peuple, à son origine et aux révolutions politiques qu'il a éprouvées, ou auxquelles il a eu part, c'est-à-dire à la géographie historique.

Toutes ces branches diverses de la science géographique reposent nécessairement sur l'étude approfondie de la configuration et des productions des contrées habitées par les peuples dont on veut parler, c'est-à-dire sur la géographie naturelle, qui elle-même s'appuie sur l'exacte détermination des distances et des positions des divers lieux ou objets qu'on se propose de connaître et de décrire, c'est-à-dire sur la géographie mathématique.

En considérant enfin la géographie selon les variations qu'elle a éprouvées, relativement aux systèmes des auteurs, aux noms des pays et des lieux qui ont prévalu dans les différentes époques de l'histoire, on la partage. en géographie ancienne ou classique, géographie du moyen AGE et géographie moderne.

La géographie ancienne commence avec les tems historiques, et se termine à la fin du 7."^ siècle. La géographie du moyen âge commence avec le 7."^ siècle, et se termine à la fin du 12.° siècle. La géographie moderne s'étend depuis le commencement du i5.® siècle jusqu'à nos jours.

La nécessité d'embrasser par la pensée l'ensemble des connaissances astronomiques et "éoTaphiques, a donné naissance à l'art de construire des globes et des cartes. Ces globes sont nommés globes célestes, lorsqu'ils rcprésenteat la position des étoiles dans le ciel; et globes terrestres, quand ils nous offrent le dessin de notre terre, de ses mers, de ses continents et de ses iles. La dilliculté de construire des globes assez grands

pour montrer los détails de la géographie, et l'embarras produit par la grandeur mi-me de ces instruuiens, a forcé de dessiner en tableaux, ou sur une surface plane, les diverses parties de la terre; ces tableaux se nomment cartes; on les appelle cartes GÉOGRAPHIQUES, si clles représentent les terres et les mers, ou une portion de terre; CARTES HYDftOGRArHiQUES OU NAUTIQUES OU MARINES, si , omettant les détails de l'intérieup des terres, elles donnent avec un soin, minutieux les côtes des continents ef des îles, les moindres écueils des mers, les sondes ou les profondeurs de l'eau, les fleuves ou les rivières, avec toutes leurs diverses branches, et toutes les circonstances de leurs cours, afin de guider les navigateurs. Si ces cartes représentent la terre entière, on les nomme MAPPEMONDES OU PLANISPHÈRES, loTsqu'ellcs sont de formc circulaire ; si elles offrent seulement une partie considérable du monde , ce sont des cartes générales ; elles se nomment CARTES PARTICULliiRES, CARTES CUOROGRAPHIQUES , CARTES TOPOGRAPHIQUES, PLANS GÉOMÉ- TRIQUES, quand elles ne présentent qu'un pays en particulier, qu'un canton ou même le plan d'une seule ville ou de ses environs. Une carte peut être en plusieurs feuilles, qui alors se joignent ensemble par juxtaposition pour ne former qu'un seul tout; telle est la carte de France, dite de Cassini, en 180 feuilles. Un atlas est la réunion de plusieurs cartes, dont chacune à part forme un tout, et qui ne peuvent pas s assembler. La terre étant un sphéroïde, c'est-à-dire une espèce de globe aplati aux pôles et renflé rers l'équateur, ne présente pas une surface développable ; il est donc impossible de conserver en même tems , sur une surface, les rapports naturels entre l'étendue des pays, ceux des distances des lieux et la similitude des configurations; de là résulte la nécessité d'avoir recours à des constructions diverses, pour représenter, d'une manière approximative, chacun de ces rapports en particulier; c'est ce qu'on nomme projections. Elles sont de deux sortes, les unes sont des représentations perspectives du globe, ou des parties de la surface, prises de divers points de vue, et sur divers plans, considérés comme tableaux; les autres ne sont que des espèces de développemens , assujetis a des lois approximatives. Parmi les premières, une des plus communément employées, est la projection stéréographique, qu'on exécute, en supposant l'œil placé à un point diamétralement opposé au centre des régions terrestres, qu'on veut représenter, et en prenant pour tableau le plan du grand cercle perpendiculaire au diamètre, qui joint ces deux points. La projection polaire représente les régions terrestres qui entourent les pôles, et dont les points occupent le centre. La projection horizontale est la représentation d'un hémisphère, ou d'une moitié de sphère sur le plan de l'horizon qui la termine. La PROJECTION orthographique est la représentation d'une portion de la sphère sur un plan par des perpendiculaires abaissées, sur ce plan, ou comme elle serait vue par un spectateur placé à une distance infinie. Parmi les projections par développement, une des plus fréquemment employées est la projection conique, que l'on construit en supposant que la portion du globe que l'on veut représenter, se confond avec la surface d'un cône dont ou fait le développement. Quand il ne faut que représenter de très petits espaces, peu étendus en latitude, on peut substituer à la zone sphériqne le développement d'un cylindre, soit inscrit, soit circonscrit à cette zone, et dont l'axe coïncide avec celui du globe; les cartes construites d'après cette projection, se nomment

CARTES PLATES. Le hcsoiii que les marins ont de tracer exactement leur chemin, pour en tléferminer la longueur et la direction, a donné naissance à la projection de mercatoï^ ou aux CARTES RÉDiiTEs; dans ces cartes, comme dans les cartes plates, les méridiens y sont des lignes droites parallèles, équidistantes , et coupées à angles droits par les parallèles à l'équateur; mais les intervalles qui séparent ceux-ci, croissent à njesure qu'on s'avance vers les pôles, dans un rapport précisément inverse de celui qui fait sur le globe la diminution des degrés de longitude; de sorte que les distances en longitude mesurées sur chaque parallèle, ont, par rapport aux distances en latitude, la même relation que sur le globe.

Il }' a dans les cartes des échelles de lieues ou d'autres mesures en usage dans les pays qu'elles représenten!. On entend par échelle une ligne droite, divisée en parties égales, pour servir de commune mesure à toutes les distances et à tous les lieux d'une carte. L'usage des échelles pour mesurer la plus courte distance entre deux points sur une carte, n'a guère besoin d'explication, puisqu'il suflit de mesurer la droite qui joint ces points; mais la plus importante à connaître étant la distance ordinaire, on doit, lorsque les routes sont marquées, mesurer le long de ces. lignes, chacune des parties comprises entre leurs détours; et c'est ce qa'on ne peut pratiquer au plus, que sur les cartes chorégraphiques, la projection empêchant, dans le plus grand nombre de cas. les cartes générales d'admettre des échelles. Les n^appemondes en sont encore moins susceptibles; et on ne doit les regarder que comme des tableaux qui représentent, autant bien qu'il est possible, sous une forme portative, l'ensemble et les connexions des principales régions du globe.

Dans les signes qui marquent l'emplacement des lieux sur les cartes, il faut toujours remarquer le très petit cercle qui est adjacent, ou incorporé à chacune de ces lignes, par ce que c'est le centre de ce cercle qui fixe la position du lieu correspondant. Lorsque la carte descend dans un détail assez grand, on y exprime les principaux traits du plan des villes un peu étendues. Un simple trait marque le cours d'eau de peu d'importance (vo)'. la pi. I. fig. 2.}, et l'on n'indique séparément les deux rives, que lorsque la largeur du fleuve ou de la rivière peut être appréciée par l'échelle de la carte; ce qui a lieu le plus souvent aux embouchures. C'est par un trait bien net, bordé de hachures, que l'on indique les rivages de la mer. Dans les cartes géographiques, ces hachures sont extérieures par rapport aux terres, et semblent désigner les ondulations de la mer sur les côtes; tandis que dans les cartes marines les hachures sont portées sur la terre, comme pour faire sentir l'escarpement des côtes. Les canaux de navigation sont représentés par des lignes brisées, qui les distinguent suffisamment des cours d'eau naturels, indiqués par une ligne ondulée. Les routes sont souvent marquées par deux traits fins et parallèles, quelquefois par de simples lignes, soit pleines, soit ponctuées; cependant on réserve le plus ordinairement les dernières pour marquer les limites des états et de leurs provinces, et on varie, à cet effet, la grandeur et la forme des points. Pour les rendre encore plus sensibles, on les enlumine de diverses couleurs. La carte indiquée plus haut, présente quelques autres signes, qui servent à faire connaître les formes de la surface terrestre, ou ce que l'on entend par le ton du pays, c'est-à-dire.

s'il est plat ou montueux, nu ou boisé, sec ou marécageux. Les autres signes purement conventionnels, ont rapport aux formes de l'admiiiistration, civile, militaire, aux productions naturelles du pays, etc.

Les cartes sont orientées par l'indication des points cardinaux qu'on inscrit sur les bords, à moins que la forme de la projection, en distinguant les méridiens des parallèles, ne rende cette indication superflue; dans le premier cas, les mots nord ou septentrion,

MIDI ou SUD. ORIENT OU EST, OU LEVANT, OCCIDENT, OU OUEST OU COUCHANT, écritS SUr ICS

quatre bords du cadre, font connaître le sens, dans lequel la carte répond aux pôles terrestres. Plus communément c'est le haut de la carte qui répond au nord, le bas au MIDI, le côté droit à I'orient, et le gauche à I'occident. Cependant les dimensions de la carte exigent quelquefois que l'on change cet ordre; mais alors on a toujours soin d'en avertir, en inscrivant sur cliaque bord sa dénomination particulière, ou en traçant sur la carte une rose de vents, dont la pointe principale indique toujours le nord. (Voyez la rose de vents). Ce n'est guère que sur les plans topographiques, ou sur les cartes plates, que les signes précédents sont absolument nécessaires; car lorsque la projection est bien marquée, la convergence des méridiens fait connaître suflisaniment de quel côté se trouve le pôle le plus voisin des régions que représente la carte.

Pour s'orienter, c'est-à-dire pour reconnaître l'orient et les autres points cardinaux du lieu où l'on se trouve, il suflit de se tourner en face de l'endroit où le soleil parait se lever; on a alors devant soi l'orient; derrière le couchant; à droite le sud, et à gauche le nord. En s'orientant de cette manière dans différentes saisons, on remarquera du côté du levant trois points principaux. A l'Est, I'orient vrai ou éc^uinoxial, I'orient d'été, et I'orient d'hiver, qui désignent les points de l'horizon où le soleil parait se lever, soit au printems et en automne, soit dans les deux autres saisons: A l'Ouest, I'occident vrai, I'occident d'éié et I'occident d'hiver. On s'oriente, la nuit, par l'étoile polaire, lorsque le tcuis le permet. En regardant cette étoile, qui correspond au pôle septentrional du globe terrestre, on a devant soi le îSord; derrière le Sud; à droite l'Est; à gauche l'Ouest. L'étoile polaire se trouve aisément, quand on est parvenu à reconnaître dans le ciel un groupe composé de sept étoiles remarquables par leur arrangement , comme l'indique la figure placée à côté de la rose des vents. Cet arrangement ne peut manquer de frapper les yeux, lorsqu'on regarde attentivement la partie du ciel opposée à celle qu'a parcourue le soleil pendant la journée; et si l'on prolonge la ligne idéale, qui joint les étoiles marquées par les lettres A et B, elle ira à quelque distance rencontrer l'étoile polaire. Enfin on s'oriente par le moyen de la boussole ou du COMPAS de mer, dont le principal usage a lieu sur la mer pour diriger la roufe du vaisseau.

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