‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 119 sur 167 · carr · texte numérisé non relu

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'"'Minérales. Quelques mines de cuivre et de fer, marbres de Paros et autres précieux, terre sigillée, salines eleaux minérales.

Végétales. Blé, maïs, riz, safran, tabac, fruits excellents de toute espèce, raisins de Corinthe, cassis, olives, pavots, séné, manne, mastix, noix entre le de Galle, coton, bois

6 et de constructiou, ré-

climat \ sjues etc,

Animales. Bœufs chevaux, ânes, mulets, moutons, cochons, chèvres, bêtes fauves , volaille d une excell qualité, poissons , abeilles , vers-à-soie etc

Industr.cs Soie crue, poil de chèvre et de chameau, coton brut, lin, cire, huile, cuirs, chagrin, schals etc.

LE CLIMAT ET LE SOL

Climat. Varie selon les latitudes, mais est généralement sain, (4).

Sol. Généralement très - fertile. Le froment, le riz, les pâturages y abondent ; mais l’agriculture , ainsi que tous les autres arts, y sont négligés (5).

NOTES R È L A T I V ES AU TABLEAU

(1) La Turquie pïit son nom des Turcs, horde tartare qui pénétra du nord de l’Asie dans la partie méridionale de celte contrée, où elle forma un \asle état, appelé empire ottoman, à’Othman ou Osman, que les Osmanlis ou Turcs regardent comme le fondateur de leur monarchie. La Turquie dfEurope comprend toute l’ancienne Grèce, et les contrées barbares dont elle était environnée. Elle fut prise sur les empereurs d Occident par les Arabes ou- Sarrasins, sortis de l’Arabie sous

I étendard de Mahomet. Les califes s’étant endormis au sein des plaisirs, et les Sarrasins s’étant amollis ou affaiblis par leurs guerres civiles , les Turcs s’emparèrent de ces belles provinces. Tamerlan, qui renouvella presque toute la monarchie de Gengis-Kan, les enleva à ces derniers et fit périr le sultan Bajazet après l’avoir vaincu en bataille rangée. Les enfans de Tamerlan, divisés entr’eux, perdirent presque toutes ses conquêtes. Les Turcs se relevèrent et recouvrèrent leur puissance. Ils s’emparèrent de Constantinople en 1453, fireot la conquête de l’Egypte en iSiy, et celle de Rhodes en i522, La bataille de Lépante vint heureusement mettre un obstacle à ces progrès. Une partie de l’empire turc est aujourd’hui en proie à la rébellion, et le sceptre ottoman, si redoutable autrefois , chancelle en Europe. Les Grecs, ou le peuple conquis, forment encore au. jourd’hui la plus grande partie de la population de la Turquie d’Europe. Ce sont eux qui cultivent les terres et qui sont chargés de tous les autres travaux de l'agriculture. Les Turcs y remplissent toutes les fonctions civiles et militaires. Quelques-uns néanmoins sont artisans ou négocians.

II y a en Turquie beaucoup de Juifs et d’étrangers de toutes les nations.

(2) Lesquelles, à raison de la population de cette contrée, évaluée à 18 millions, donnent 720 habitans par lieue carrée.

(3) Ce qui donne i5 heures pour le plus long, et 9 heures pour le plus court jour.

(4) Deux vents principaux se partagent l’empire du climat de Constantinople d’une manière exclusive. Le vent du INord domine pendant neuf mois en-

viron. Le vent du Sud règne en hiver, et il y a quelques jours où celui d’Est se fait sentir ; alors il est souvent accompagné de neige. Constantinople n’est sujette ni à de grandes chaleurs, ni aux hivers rigoureux. Cette ville n’est exposée à la peste que par l’insouciance de ses habitans , qui, croyant à la prédestination, prennent peu de soin des moyens qui pourraient les préserver de ce fléau, qui vient de l’AsieMineure et de l’Egypte.

(5) Configuration du sol. Montagnes : La Turquie d'Europe a plusieurs longues chaînes de montagnas. Au sud du Danube règne la longue chaîne de YHœmus, qui est justement célèbre par son étendue, son élévation, le nombre et l’importance des rivières qui y prennent leur source. Les parties du milieu de cette chaîne furent appelées Scomius et Orlelus par les anciens, tandis que le Scardus peut être considéré comme sa branche la plus avancée à l’Ouest. Si ou place la pointe la plus orientale de l’Hœmus à Emineh , et que de là il s’étende au-delà, au-dessus de Filipopoli et de Sofia, au sud de la Servie, on rencontre une file de montagnes connues aujourd’hui sous différens noms, telles que Emineh ou Nemineg-Tagh à l’Est; Balkan et Samoco au Milieu; Iwan à l’Ouest; tandis que le Despoto-Tagh se détache vers le Sud-Est et peut fort-bien être le Rhodope des anciens. A l’extrémité occidentale de I’Hclmuiis semblent naitrè deux autres chaînes, dont l’une court au Nord- Ouest, laissant la Daîmatie à l’Ouest, la Bosnie et la Servie à l’Est, tandis que l’autre file est au Sud, forme les montagnes de l’Albanie et de l’ouest de la Grèce, La seconde chaîne, qui n’est que la continuation de la première, se dirige droit au Midi jusqu’au golfe d’Arta. Au midi du Driu noir , cette chaîne parait représenter la chaîne du l.acmon des anciens, tandis qu’une branche qui s’en détache, qui file vers le Sud-Est et qu’011 nomme le mont Agrufa , représente le Pinde [Pindus]. Vers 1 Ouest et plus vers le rivage sont deux autres branches qui forment deux petites Branches parallèles, La plus orientale file à l'est et au nord du lac Janina, et porte, en procédant du Sud au Nord, le nom de Minikeli , Alerzicka. et Trebeccina, Celle qui borde la cote, porte le

nom de montagne Klmara [le Chimerus Mons des anciens] file aussi vers 1 Est en inclinant vers le Sud , et prend successivement les noms A'Argentorato, de Despoto-Tagh et de Tekiur-Tagh , audessus de la mer de Marmara où elle se termine.

De celte chaîne se détachent quelques branches au Nord et au Sud. On distingue parmi ces dernières le mont Pangée , qui se termine au rivage qui fait face au mont Athos et à File de Thasos , et qr.i porte sur quelques cartes le nom de monts Castugnatz. Le mont Alhos qui est vis-à-vis , est un sommet détaché qui ne tient à aucune chaîne et qui attire l’attention par les monastères et les églises qui couronnent son sommet d’une manière tout-à-fait pittoresque ; on le nomme aujourd'hui Aios-Oros ou montagne sainte. 11 a, suivant Kastner, 3,353 pieds au-dessus de la mer*). Au sud de la Romélie sont encore d’autres petites chaînes qui paraissent se diriger d’Occident en Orient; telle est celle de Iietuzza , qui parait représenter les monts Cambuniens des anciens , et qui se termine par le mont Olympe , où l’imagination grecque plaça tant de vertus et de passions divinisées. C’est le mont le plus élevé de la Turquie; le mont Ossa et le mont Pélion, qui sont sur la côte à l’Est, paraissent des monts détachés.

Le premier porte sur quelques cartes le nom de Kissavo , et le second celui de montagne de Zagora. Une autre chaîne qui file au sud du Pénéc, et se reploie au Midi , forme les monts Othrys des anciens ; dans la partie méridionale , sous le nom moderne de mont Conmayta, elle représente le mont Oeta ; sous celui de Japora ou Eyakoura, le mont Parnasse , noble habitation des muses; et au midi de Ly akoura, au nord de Lépante, on remarque le mont V arassova , et vers 1 Est le mont Eidrénitza parait correspondre au mont Corax ; et en continuant dans la même direction, le mont Stiva représente le mont Cirphis de l’antiquité. Les monts Zagara et Palaiovouni représentent la double montagne de V Hélican , et le mont Cithéron a pris le nom de mont Elatea.

Cette chaîne peu élevée, mais qui rappelle tant de souvenirs antiques, parait se prolonger dans LAttiquc, où elle se termine en élevant trois principaux sommets, le mont JXozea [l’ancien Parais) au nord d Athènes, le Penteli, qui a conservé son

‘) Eoyez page 199, note 5,

nom, au nord-ouest d’Athènes, et enfin au sud de cette ville le mont Telo-Vouni [l’ancien mont Hymelle ]. L’élévation du cap Colonne ou Sunium parait être l’extrémité de cette suite de hauteurs. La presqu’île de Morée est montagneuse dans sa partie intérieure, et n’offre des plaines étendues que sur ses rivages. Il parait y avoir quatre chaînes principales de montagnes , où l’on remarque le mont Eodia, le mont Olcno , le mont Palaeof ouni (l’ancien Geranius ), le mont Trica (le mont Cyl'ene), le mont Sophiko (l’ancien Arachnée) dans l'ArgoIide , le mont Xiria (l’ancien Erymanthe) , le Penta-Daktylon (l’ancien Tayg'ete ) dont le sommet le plus remarquable est le mont Elle. Le Tayg'ete ou Penta-Daktylon est ainsi appelé des cinq sommets principaux qu’on y observe etc.

Parmi les Promontoires le cap Matapan (le cap Tenare des anciens), la pointe la plus méridionale du continent de l’Europe.

MERS: La Méditerranée, V Archipel ou la mer Egée la mer noi e ou le Pont-Exin, la mer de Marmara ou la Prepontide.

GOLFES de Rodosto, de Saloniijuc, de lYapolidi-Romania , de Confessa au sud de la Romélie, de Colon et Kolochina au sud de la Morée, d ’Arta au sud de l’Albanie , d ’Engia (Egines) au sud de l’isthme de Corinthe, de Lépaute etc.

DÉTROITS : Les Dardanelles (Ylfellespont), le détroit de Constantinople (Bosphore de Thrace), le Pas des Tliermopyles si fameux dans l'histoire, les détroits d Euripe et de Lépante.

LACS de Scutari, ù'Ochrida en Albanie, de Copais dans l’ancienne Béotre, Eu Ici no en Morée (l'ancien lac Stympliale) etc.

RIVIÈRES: Le Danube, le Dnieper, le Dniester, le Don (voyez le tableau des rivières de l’Europe) le Pruth qui sort des Rrapaks et se jette dans le Danube, de même que la Save; la Marisa (l’ancien LJ'ebre ) , qui sort des monts Baikan (Hœmus), et Despoto-Tag (Rhodope) à l’endroit où ces deux chaînes semblent se rapprocher, et se jette dans la mer Egée; le Eardari (l’ancien Axius ) qui se jette dans le golfe de Salonique et prend sa source dans la partie méridionale de l’Argentorato (l'Orbelus); VEsker (l’ancien Oeskus) qui a sa source prés de celle du Moritza, et la M or ave (l’ancien Magus ) qui a sa source au nord du mont Argentorato, viennent grossir le Danube;

la Drin, autre grande rivière, prend sa source au nord de l’Albanie, et se jette dans le Danube près de Fiatcha. La Moracca, qui a sa source au nord de Mostar, dans les monts Igman et Ivan, qui coule ensuite au Sud parallèlement à la côte, traverse le lac de Sculari, et prenant alors le nom de Bojana , se décharge dans le golfe de Drin. Une autre rivière, qui coule dans le sens contraire, se décharge dans le golfe dont elle porte le nom, c’est le Drin noir (l’ancien Drilo) qui prend sa source dans le lac d'Ochrida et se décharge dans la mer près d’Alesio; la rivière d ’yirta , qui se jette dans le golfe de ce nom; Vjispropotamos

(l’ancien Achetons), la Salambria (l’ancien Pente ) qui arrose toujours Larisse, Les rivières de la Morée ont nécessairement un cours très-borné. Les deux principales sont le P,oufia ( l’Alphée des anciens), et le Vasili-Potamo (l’Eurotas). Le premier prend sa source dans la plaine de Tégée près de Tripolitza, sort du mont Parthenius et se jette dans le golfe d’Arkadia après avoir arrosé les ruines solitaires d’Olympie, Le Vasili-Potamo peut être considéré comme le premier fleuve de la Morée. Il prend sa source au mont Penla-Daktylon, et se jette dans le golfe de Kolochina,

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