ETHNOGRAPHIE DES JAPONAIS
Les Japonais sont bienfaits, alertes, forts et vigoureux. Leur teint varie du jaune au blanc. Leurs yeux sont enfuîmes et d’une forme oblongue, comme ceux des Chinois;
leurs cheveux sont noirs et épais, leur nez gros et aplati. A leurs traits on croit reconnaître le mélange d’une race Chinoise avec une tribu Mongole ou Mantchcurienne. Les femmes sont très blanches, mais elles ont la mauvaise habitude de mettre beaucoup de rouge. Les jeunes filles ne se rougissent que les lèvres, et on les distingue facilement des femmes mariées, qui se noircissent les dents. Le costume Japonais est le même pour toutes les classes de la société, et il subsiste depuis 2000 ans sans altération. 11 consiste en une robe d’étofî’e de coton pour les pauvres et de soie pour les riches, tombant jusqu’au milieu de la jambe, et fermé avec une ceinture.; les manches d’une empleur déinésurée, à demi -fermées à leur extrémité, forment aussi un sac ou plutôt une poche. Les gens riches portent quelquefois une robe de soie de la plus grande finesse et plus courte que celle de dessous, et des pantalons de toile de chanvre, ouverts de côté dans les deux tiers de leur longueur. Pour se garantir de la pluie, ils se servent d’un manteau de papier d’écorce de mûrier, huilé; le papier fin et blanc sert à faire des mouchoirs et les femmes le transforment en robe. La plupart des étoffés sont fabriquées dans le pays, de même que les bijoux, agrafes et boucles qui entrent dans l’habillement des femmes. La chaussure des Japonais, ne consiste qu’en une semelle de paille tressée que l'on fixe au pied avec des cordons. Leur tt te est rasée comme celle des Chinois. Les prêtres et les médecins ont la tête entièrement nue. Les robes des femmes un peu plus longues que celles des hommes , sont attachées par une ceinture plus large que les filles portent nouées derrière le dos, et les femmes devant. Les maisons des particuliers sont de bois, mais peintes en blanc, de manière qu’elles semblent être en pierres; l’étage supérieur sert de garde-meuble et de grenier; le rez-de-chaussée n’est composé que d'une grande pièce, qu’on peut diviser à volonté en divers appartemens, par des cloisons à coulisses. On 11’y fait usage ni de sièges ni de table*'; on s'assied sur des nattes; même l’Empereur pour donner audience , ne s’assied que sur un tapis. L'intérieur des maisons est orné de peintures et de papiers dorés ou peints; les meubles brillent d’un vernis éclatant et durable. Les lits des Japonais consistent en de grandes couvertures qui sont de soie ou de coton, suivant la fortune des personnes. Elles sont ouatées de deux doigts d’épaisseur; on ôte la ouate pour les laver. Les Japonais ploient ces couvertures en double et les étendent sur le plancher, qui dans toutes les maisons, même dans les cabanes, est fait de nattes de paille, jolies et souples; quand ils se couchent , ils s’enveloppent d’une grande robe de chambre à manches larges et courtes, qui est aussi de soie ou de coton, et fortement ouatée. La nouvel an est la principale fête du calendrier des Japonais qui ont conservé l’année lunaire. Elle dure quinze jours pendant lesquels les tribunaux sont fermés, les travaux de tous genres suspendus. On ne s’occupe que de visites et de bonne chère. On se donne, a celle occasion , des habits neufs. L’usage veut que l’on rende visite à toutes ses connaissances et que l’on écrive des lettres de complimens et de félicitations à celles qui sont éloignée?. Les voyageurs admirent les lois du Japon. Cependant les peines, dans le 17'. siècle, y portaient Je caractère de la plus grande cruauté. La civilisation des Japonais parait stationnaire comme celle de la Chine. Mais des germes de perfectibilité laissent encore
au, Japon la perspective d’une révolution morale. Un caractère plus mâle et un plus haut degré de liberté politique rapprochent plus des Européens le brave et intelligent Japonais.
La planche LXV destinée à représenter le costume national, offre dans le personnage à gauche un marchand de chair de baleine , seule nourriture du pauvre, portant en outre dans ses paniers une balance, un couteau, un croc et un parapluie. 11 a comme tous les Japonais une ceinture, à laquelle sont suspendues sa pipe qui est de bambou verni, et sa bourse à tabac. A côté de lui on remarque un officier civil, avec ses deux sabres au côté, dont l’un plus long que l’autre prodit un effet grotesque, en relevant la robe du personnage par l’effet de l’attitude fortement inclinée qu’il prend en saluant un seigneur Japonais, qui a à sa gauche une dame dont la coëffure ressemble assez à celle qui était autrefois en usage en France. Ses cheveux sont ornés de fleurs artificielles et d’épingles, qui sont ou d’or ou d’argent, selon la qualité des personnes. Les Japonais de l'un et de l’autre sexe portent généralement des habits de couleur noire ou bleue. Comme ils ôtent le plus souvent leur habit de dessus, ils ont coutume d'y imprimer les armoiries de la famille , afin de le reconnaître. La dame et le seigneur Japonais sont suivis d’un domestique portant un enfant emmaillotté à la manière du pays , et d’un soldat tenant en main la marque de distinction de son maître, laquelle est couverte d’un étui.