‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 144 sur 167 · AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFRIQUE

L'AFRIQUE est de tous les continens le seul qui s'étende d’un tropique à l'autre: elle est coupée par l'équateur et dépassé de chaque côté la large bande comprise entre les tropiques et connue sous le nom de zôrie torride. L’Afrique actuelle ne présente aucun peuple digne d’attention; point d’arts, point de sciences; la civilisation y est presque étrangère; nous n’y connaissons ni grands événemens, ni grands hommes; bien plus, nous connaissons à peine son immense territoire; nous sommes encore à rechercher comment pénétrer dans son vaste intérieur, défendu par le quadruple concours du ciel, de la terre, des bêtes féroces et des hommes; c'est-à-dire, les chaleurs brûlantes d’un soleil perpendiculaire, les sables enflammés de déserts immenses, le repaire abondant des bêtes les plus féroces et les plus vénitneuses de la terre, enfin les peuplades dont la couleur, les formes et les mœurs nons sont les plus opposées que l’on connaisse; tels sont les terribles et nombreux obstacles qui ont jusqu'ici résisté constamment à tous nos efforts; aussi l’Afrique, malgré son extrême voisinage, demeure pour nous la partie du globe la moins connue. Les anciens connaissent bien mieux que nous les parties septentrionales. L’Egypte avait été le berceau de leurs lumières; Carthage avait rempli le monde de son nom, et les Romains au teins de leur grand luxe, mettaient du prix à posséder des maisons de campagne aux lieux mêmes que nous appelons aujourd'hui les côtes de Barbarie. Des rélations continuelles leur rendaient donc ces provinces aussi familières que celles d’Italie. Mais il n’en était pas ainsi de la bande horizontale qui vient immédiatement au-dessous. L'immense désert dont elle est composée, les sables brûlans, les obstacles de toute espèce, traçaient la barrière insurmontable de leurs connaissances précises; tout ce qui était au-delà n'était plus que fables ou conjectures. Quant à la partie inférieure de ce continent, les anciens n'en avaient pas la plus faible connaissance. Ainsi l'Afrique était diminuée de moitié. Quant aux modernes, par une bizarrerie singulière, ce qu’ils connaissent de ce continent en quelque façon le moins, c’est précisément ce qui était le plus familier aux anciens,

La nourriture des Mendoçains est à peu près la même que celle des Otailiens. Ils ont un acte de civilité très - remarquable; c’est celui d’offrir à leurs amis les morceaux qu’ils ont mâchés, afin que ceux-ci n’aient que la peine.de les avaler.

Les arts vont infiniment moins avancés aux îles MenJoce qu’à Otaiti. Cependant leurs outils, tout grossiers qu’ils sont, annoncent de l’intelli-

tandis que ce dont ceux-ci ne se doutaient même pas est ce que nous connaissons peut-être le mieux aujoud’hui. C’est ainsi que la Guinée, le Congo, le Cap de Bonne- Espérance, malgré leur éloignement, nous sont moins étrangers que la côte septentrionale, qui est à nos portes. Au demeurant, nos connaissances sur la totalité de ce continent sont des plus imparfaites; nons en avons à peine visité les côtes, et presque tout l’intérieur, qui est immense, nous reste encore à connaitre. A la vérité, des hommes courageux, avides de découvertes, tels que les Thunberg, les Masson, les Sparmann. les Patterson, les Levaillant, les Gordon, les Barrow, les Bruce, les Mango Park, etc. en ont exploré déjà, chacun de leur côté, de petites portions; d’autres marchent même encore sur ces traces glorieuses; une société célèbre à Londres, qui s’est formée en 1 788; les provoque et les encourage.

Description physique et matérielle. — L’Afrique est un immense triangle coupé par la ligne équinoxiale à peu près dans la moitié de sa hauteur; sa base baignée par la méditerranée , fait face à l’Europe, et son sommet est tourné droit au sud, suivant la loi commune à tous les grands massifs du globe, qui dans l'hémisphère méridional, se terminent en pointe dirigée vers le pôle.

L’Afrique comprend environ 68° de longitude, étant située entre le 20° de longitude O. et le 490 de longitude E. ; et elle a plus de 710 de latitude, parce qu’elle s’étend depuis le 87° de latitude N. jusqu’au delà du 5i° de latitude sud.

La surface de ce continent est d’environ 945,134 lieues carrées; ce qui ferait un peu plus de 106 habitans par lieue carrée. Sa population est d’environ 100 millions. Quant à leurs races, leur couleur, leurs religions, leur langage et l’état de leur civilisation, voyez la première partie de ce Porte -Feuille, page 68 et suivantes.

L’étendue de l’Afrique estimée en lieues est de 1700 1. dans sa plus grande longueur, prise du N. au S., depuis le cap bon jusqu’à celui de bonne - espérance. Quant à sa largeur, on évalue la plus grande, prise de l’O. à l’E. , depuis le cap vert jusqu'au gap guardafui , à environ .65o lieues.

Limites. — Elle est bornée au N. par la Méditerranée, qui la sépare de l’Europe; au S., par 1 océan méridional; a 1 E. , par la mer des indes et la mer rouge, qui la séparent de l’Asie, à laquelle elle tient par l’isthme de suez; et à l'0, par Pocéan atlantique, qui la sépare de l’Amérique.

Montagnes. — Nous n’avons sur la direction des principales montagnes d’Afr que et sur le cours de ses plus grands fleuves, que des notions très- incomplètes. Une vaste ceinture de montagnes dessine irrégulièrement le contour de cette partie du monde, à une certaine distance des cotes, et vient ensuite se renouer en plusieurs sens vers le milieu, ou elle fixe par-la une force capable de consolider toute la charpente de ce continent. C est ainsi que la chaîne du mont atlas borde le continent presque tout entier du côté septentrional; c’est une série de cinq ou six petites chaînes qui s’élèvent lune derrière l'autre, et qui renferment un grand nombre de plateaux. Cette chaîne continue sous d'autres dénominations jusqu’à l'Egypte. Changeant alors de direction .

elle dessine sons un double rang, les rives de la mer ronge et la côte orientale d'Afrique depuis le cap Guardafui jusqu’au cap de Bonne -Espérance , sous le nom de mont li’pata ou d’EPJNE nu monde; delà elle remonte, en suivant la courbure de la côte occidentale, et vient se terminer sous le méridien de son départ qui a lieu au cap non vis-à-vis des îles Canaries. les montagnes d’ETHiopjE, d’ABvssiNiE , de la une, on gebel- el - kamar , que les géographes unissent avec quelque vraisemblance avec celles d’Abyssinie; les montagnes de komri , celles de kong qui sont une suite des précédentes, et d’autres, sont les transversales qui assujettissent et maintiennent les parties éloignées de ce vaste système.

Pics. — On remarque deux pics, dont l’an, celui de ténérjfe, dans File de ce nom est le plus élevé de toute l’Afrique. Il a plus de 0710 mètres (environ 1904 toists ) de hauteur. C'est un volcan; l'autre, qui a presque la même élévation, est dans une petite île des Açores, nommée à cause de lui le pic.

Déserts. — Iis ne peuvent qu’être nombreux dans ces climats ardens, mais principalement dans les contrées privées de rivières , où la chaleur absorbant toute l'humidité du sol, convertit la terre en un sable aride et brûlant. Parmi ceux qui nous sont connus, les deux plus renommés sont le sahara ou grand - désert de barbarie, auquel les Arabes ont donné le nom de mer de sable, qui après de 1000 lieues de longueur et est habité dans quelques parties qu’on nomme oasis (*") ; — celui de bakca, nommé par les anciens, désert de lybie, situé à l’E. du royaume de Tripoli, et où était le temple de Jupiter Ainmon , célèbre dans l’histoire.

Oasis ceile de syouah et d’AU d.ielah , dans le désert de Barca et sur le chemin de l’Egypte au Fezzan. Les caravanes ou akkabah , qui se rendent dans l’intérieur de l’Afrique, au Fezzan, à Tafilet et au Caire, signalent encore les oasis d’ASBEN, de touat, de xibbo , de tarassa , de tandeny , de guatata, d’EZAWAN, qui conduisent dans le Soudan ou pays de Nigritie.

Caps. — Le cap rameda au N. E. du Barca; le cap razat à l'O. du premier, vis-â-

vis de la Mcrée el de la Sicile; le cap mesurât à l’O. de la Grande Syrte; le cap bon,

vis-à-vis de la Sicile, à la pointe occidentale de la petite Syrte; le cap ferro, au 3S. E. de l’état d'Alger; le cap tanger dans le détroit de Gibraltar; le cap cantin, sur la côte du royaume de Fez; le cap nus, sur la côte du royaume du Sus; le cap bajadok vis-à-vis des Canaries: le cap rto do ouro , au S. du précédent; le cap blanc, sur la côte méridionale de la Sénégambie supérieure; Je cap vep.d , vis-à-vis des îles de ce nom; le cap rouge, sur la côte méridionale de la Sénégambie; le cap tagrin, sur la côte de Sierra - Leone ; le cap des palmes, au S. de la côte des Dents; le cap des 5 pointes, au S. de la côt&vd’Or ; le cap formose, au S. du royaume de Bénin , pointe de partage

du golfe de Bénin et du goll'e de Biafra; le cap de lopfz consalves, formant l'extré-

mité sud de la mer de Guinée, terminée au N. par le cap des Palmes; le cap nègre.

(*) Voyez, le tableau sommaire des états de l’Afrique.

sur la côte de Cimbébasie; le cap de bonn e- espérance , au S. O. du gouvernement du cap; le cap des aiguilles, au S. E. du précédent; la pointe padron , sur la côte des Gonaquois; le cap natal, au N. du précédent; la pointe de terre dos - fumos, à l'entrée méridionale du golfe du St. - Esprit ou Delagoa; le cap des courants; le cap St. -Sébastien , au N. du précédent; le cap delgado sur la côte de Zanguebar; le cap des basses, sur la côte d’Ajan ; le cap d’oRFUi , sur la côte d’Adel; le cap guardapui, à la pointe N. E. de l’Afrique.

Mers extérieures. — Des Canaries; du cap verd ; de Guinée; de congo; de cafrerie; de zanguebar et d’AJAN. — Il n’y a point de iners intérieures connues.

Golfes. — Le golfe de sidra ou la grande syrte; le golfe de gabes ou la fetitf yrte; le golfe d’ARGUiN , au S. du cap Blanc, la Baie de Sierra - Leone ; le golfe de L nee ; le golfe de biafra; le golfe de delagoa ou dit S. -Esprit, sur la côte du royaume d’Inhambane; le golfe de sofala, vis-à-vis de l’ile de Madagascar.

Détroits. — Le canal de Mozambique, entre la côte de ce nom et l’ile de Madagascar.

Lacs. — Le lac loudeah ou elludieh (l’ancien Palus Tritonis), dans le royaume de Tunis; il est peu profond, et est traversé par les caravanes dans l’espace de 5 lieues. Il a 4 milles géogr: de long sur i ^ de large: le menzaleh en Egypte (25 lieues de long); le birket-el, karaun ou magra (l’ancien lac moeris); il a 45,677 toises de largeur; le lac dambea dans l’Abyssinie, par où passe le principal bras du Nil; le kajor ou kaer au N. du Sénégal; le panifoul, au S. du Sénégal; le neri, au S. du pays de Galam dans la Sénégambie, le saper, dans le roy: de Tenda, en Sénégambie; les lacs de fittre, de senegonda et de wangara , dans la Nigritie; le lac du Soudan , au S. de Houssa; de dibbie, dans le royaume de Bambara; le grand lac ou la mer de Nigritie, dont l’existence est encore problématique; les lacs aquilonda, dans la Basse-Guinée; le lac maravi, au N. du Monomotapa; il a 200 lieues de long sur 25 dans sa plus grande largeur.

Canaux. — Le plus célèbre des nombreux canaux de l’Egypte, d’où dépend la fertilité de ce pays, est celui de joseph, ou le calideh - menhi , qui a 40 lieues de long sur une de largeur de 5o à 5oo pieds. Un autre canal, mais destiné à la navigation, est celui de Suez, que les Arabes avaient recreusé, et que les empereurs Ottomans s’étaient proposé de rebâtir.

Isthmes. — Celui de suez, qui a environ 26 lieues.

Fleca^es. — LE NIL, formé de 3 branches principales, savoir: i°. du bahr-el-azrec (fleuve bien), nommé aussi abawi (père des fleuves) , qui circule sur le plateau d’Abyssinie, et descend ensuite les plaines de Sennaar ou de Fungi. Les sources en ont été visitées par Bruce.

20. Le tacazzk ( l’astaboras des anciens ) , grossi du mareb, qui descend des flancs septentrionaux du plateau de l’Abyssinie.

5°. Le bahr -EL- aeiad (fleuve blanc), qui est le véritable Nil, et qui doit avoir sa source dans les montagnes de dyre et de tegla, qui font probablement partie des

montagnes al-kajiar ou de là lune. — Le dar-koulla semble établir la communication du Nil avec le Niger.

Le débordement périodique du Nil qui passait pour un prodige dans l’antiquité, provient des pluies régulières des tropiques; et celles-ci sont produites par la combinaison de l’extrême ardeur du soleil avec le grand froid des montagnes. Le soleil brûlant vaporise les ondes et les entraine avec lui dans leur état d'extrême dilatation; mais sitôt qu’elles viennent à remontrer la cime refroidie des montagnes, elles s’arrêtent, se condensent, s’accumulent, se brisent, se fondent en torrens. Cette loi est générale pour toute la zone torride; et si ces résultats ne sont pas partout les memes, quelques variations dans leurs localités particulières peuvent seules en être la cause. On a compté huit cataractes dans le cours du Nil depuis sa source dans les montagnes de la Lune jusqu'à la dernière chute, un peu au-dessus d’Essouan , où la rivière a un demimille de largeur. Norden estime cette chute de 4 pieds seulement, ce qui est bien au - dessous des descriptions que les anciens nous en ont laissées. On ne peut nier toutefois que la vue de cette barrière, placée par la nature entre la Nubie et l'Egypte, ne soit de la plus grande magnificence.

L’hawash . qui sort des fleuves orientaux de l’Abyssinie, à l’extrémité sud, coule à l’est, et disparait dans les sables à peu de distance du détroit de Babel -Mandel.

Le magadoxo , qui se décharge au S. de la côte d’Ajan dans la mer des Indes.

Le quiltmanci, qui se décharge dans la mer des Indes sur la côte de Zanguebar , près de Mélinde.

Le KUAMA ou zambèze, au N. du Monomotapa , se décharge dans le canal de Mozambique. C'est la seule rivière de la côte orientale de l’Afrique méridionale, dont on puisse dire avec certitude que c’est un fleuve principal.

Le macquini ou rivière du S. -esprit et le mafumo, qui se jettent dans la baie de Delagoa; la rivière d’cniANGE qui se jette dans l’océan atlantique à 1*0. de la côte méridionale.

La bamberouque, qui se décharge au S. du cap Négro.

La couanza , au S. du Congo.

Le zaire (ouBurbela), qui vient de l’intérieur de l’Afrique méridionale, et se jette sur la frontière N. du Congo, dans la mer atlantique.

La rivière de bénin , par où l’on suppose que se fait l’écoulement du Niger.

La mesurada , sur la côte des graines.

La GAMBIE ou CAMBRA, qui prend sa source dans le voisinage de celle du Sénégal. Son cours est moins tortueux et parconséquent plus court. Après avoir reçu plusieurs fleuves secondaires, il coule de l’E. à l’O. , ferme plusieurs îles, est large et profond, d’une navigation plus facile que le Sénégal, et son embouchure large de 5 milles, offre une entrée commode. — Cachao ou san - domingo , plus au S.; ^io-ghande, qui se jette dans la mer près de l’ile bulam, etc.

Le SENEGAL, qu’on prenait autrefois pour le Niger des anciens. Il prend sa source dans les monts de Kong, reçoit le fleuve secondaire considérable de faleme , forme

alors de grandes sinuosités et continue de couler dans une direction N. O. , et par sa division en deux iras, forme les deux îles bilbas et morfil, pour se diriger ensuite vers l'O. , se partager eu divers bras, lesquels réunis sous le 1 5° 55’ lat. N. , se jettent dans l’océan. Son embouchure est d’un mille; il est navigable, jusqu’aux cataractes de Govina et de Felu.

Parmi les îles qu'il forme encore, celle du Sénégal ou S. - louis près de l’embouchure, est la plus remarquable.

Le medscherda, le plus grand des fleuves de la côte de Barbarie; il prend sa source dans l’état d’Alger, et se décharge dans la mer près de Tunis, après a\oir reçu plusieurs rivières secondaires.

Le isiiger, connu déjà des anciens sous ce nom, nommé joliba par les nègres, nilel-abid par les Arabes (fleuve des esclaves). On croyoit autrefois qu’il communiquait avec le Sénégal ou qu’il en faisait partie. Mais on sait à présent avec certitude qu’il sort des montagnes de kong, non loin des sources du Sénégal sans avoir de liaison avec ce dernier fleuve, et qu’il dirige son cours vers l’est. Mais on ne sait pas positivement où il se jette ou se perd. On croyait autrefois qu’il se jetait dans le Nil; d’autres, et c’est le plus grand nombre, admettaient qu’il se perdait dans le lac de Wangara. L'opinion la plus moderne et la plus vraisemblable est celle qui, en le faisant passer par le lac, le fait diriger vers le S. E. et verser ses eaux dans la mer at lantique sur les côtes de la haute Guinée par différens bras sous le nom de bénin,

F0R510S0 et KALABAR.

Le climat général de l’Afrique est celui de la zone torride. Plus des trois quarts de ce continent étant situés entre les deux tropiques, la chaleur y est excessivement grande. L ardeur du Soleil est beaucoup augmentée par les déserts brûlans de sable où régnent souvent les deux vents funestes nommés harmatan et samum. Elle n’est tempérée que sur les côtes par les pluies annuelles et les vents de mer.

Règne animal. — L Afrique possède tous les animaux domestiques ou sauvages connus en Europe; elle a des singes de toutes les formes et de toutes les classes, des lions, des panthères, des tigres, des rhinocéros, des hyènes, une multitude d'éléphans , des hippopotames, des girafes, des zèbres, orgueil de la race des ânes, des antélopes , des autruches, des perroquets de mille espèces, des civettes, des dromadaires, des chameaux, des serpens monstrueux de toute sorte et en énorme quantité, des crocodiles, des ichneumons, des ibis, des scorpions, des reptiles et des insectes vénimeux de toute espèce, dont plusieurs sont inconnus dans nos climats, etc. etc.

Règne minéral. — Des mines d'or, d'argent, désert, de l’ambre gris, etc.

de cuivre, beaucoup de sel dans lç

Règne végétal. — Presque tous nos fruits et nos végétaux en abondance et excellens. Toutes tes productions des Indes s’y trouvent déjà, ou peuvent y être facilement acclimatées. Une grande variété de cotons, d’indigo et de cannes à sucre, le café, les épices, l’arbre à beurre ( shéa ) qui porte de petites noix, renfermant des noyaux, lesquels séchés au soleil et bouillis dans l’eau donnent le beurre; l'énorme boabab , le lothus, le papyrus, (**} le baume, l’aloès , la myrrhe, l’encens, la casse, le séné, la Gomme, etc. etc.

Les principales occupations des Africains sont l’agriculture et l'éducation des bestiaux. Nos métiers ne sont pas étrangers aux Maures et aux Arabes. Le commerce de l’intérieur ne se fait que par Akkabahs ou caravanes, qui traversent le Sahara en allant tantôt à l’ouest et tantôt à l’est, selon la position des Oasis. Ces terres brillantes de végétation, semées dans ce vaste désert comme des lies dans l’Océan, servent de lieux de repos et de rafraichissement aux hommes et aux animaux. Pour faire le trajet de Fez à Tombouctou, les akkabahs Marocaines mettent environ 1 3o jours, dont 04 de marche et 76 de repos. Les Arabes, qui connaissent assez la position des étoiles pour se diriger au moyen de l’étoile polaire , préfèrent de marcher pendant les nuits brillantes de ces climats , plutôt que d'affronter dans le jour l’ardeur d’un soleil dévorant.

(*) Le boabab (Adansoriia'1 peut être regardé comme le plus grand arbre du globe, moins par sa hauteur, que par la largeur extraordinaire de sa couronne qui forme une espèce de petite foret, en étendant ses branches de 60 à 70 pieds d'élévation , sur 1 20 à i5o de largeur. Le tronc de l’arbre n’a que 10 à 12 pieds de hauteur, mais sa circonférence est de 60 à 65 pieds. Les branches inférieures longues de 5o à 60 pieds, s'inclinent insensiblement vers la terre et cachent le tronc de l’arbre. Les racines s’étendent encore d’avantage* Quel bienfait de la nature qu’un tel arbre pour un climat aussi brûlant que celui de l'Afrique, sans parler de son fruit semblable au melon, de ses feuilles qui, séchées et réduites en poudre, fournissent un remède aux nègres, qui emploient aussi ses racines en guise dépices dans tous leurs mets.

(**) Espèce de grand souchet, dont les tiges battues et collées formaient les feuilles que les anciens: employaient pour écrire; le parchemin, et ensuite le papier de chiffons en ont fait par degré abandonner l’usage; mais le dernier en a conservé le nom. Son abondance dans le JNi! et dans ses canaux, facilita aux Ptolomées la création de la bibliothèque d’Alexandrie. On trouve encore à présent des rouleaux de papyrus dans les cercueils des momies,

Page 1