PLANCHE LXXV
Afin de donner une idée des précieux restes de l'architecture ancienne des Egyptiens, on a réuni dans un même cadre quelques uns des monumens dispersés sur divers points de la Haute - Egypte. A la gauche de la chaîne Libyque on aperçoit au loin ces fameuses pyramides de Saccara , à la vue desquelles se donna la bataille des Pyramides (en 1798) qui ajoute à leur célébrité par les souvenirs de la valeur française, dont les trophées sont plus durables que ces monumens gigantesques de la démence tyrannique qui s est plue à rivaliser avec la nature: A la droite on remarque les deux statues qu’on est convenu d’appeler statues de memjxok. Elles ont 55 pieds d 'élévation ; elles sont d’un seul bloc; posées sur un sol élevé à quelque distance du memkokium qui était un temple ou un palais; elles s’aperçoivent de 5 lieues. Sur les jamLes de l’une de ces statues sont inscrits en grec et en latin les noms de ceux qui sont venus entendre les sons qu’elle rendait lorsqu’elle était frappée des premiers rayons de l’aurore. Dans le second plan à gauche se trouve l'un des deux obélisques qui sont à l’entrée du village de luxor. Les deux de granit rose, ont encore 70 pieds hors du sol, et 3o pieds de recouverts, à en juger par l’enfouissement des figures; ce qui donnerait ioo pieds à ces monumens, couverts de hiéroglyphes d’une touche franche et d un fini précieux, et où l’on peut remarquer que l’usage de percer les oreilles était connu des Egyptiens. Le reste du second plan est occupé par le temple d’APOLLiKOpolis macka à etpc. Dans le développement de ce grand monument on peut remarquer à gauche la porte d’entrée de chaque côté deux moles , sur
lesquels trois ordres d’hiéroglyphes devenant toujours plus gigantesques et finissant par avoir 25 pieds de proportion ; la cour intérieure décorée d’une galerie de colonnes portant deux terrasses qui aboutissent à deux portes, par lesquelles on arrive aux escaliers qui montent aux plates-formes des moles ; dans la cour les édifices modernes qui font partie du village d’Etfu ; ce qui vient après le portique du dessous, contient sans doute différens appartemens et le sanctuaire du temple enfoui, et maintenant encombré d’ordures, à l’exception de quelques vides, qui servent de magasins aux maisons bâties sur la plate-forme du temple; à l’arrasement un mur de circonvallation, décoré endedans comme en-dehors, d’innombrables hiéroglyphes, exécutés avec un soin reciierché. Ce temple bâti sur une éminence au milieu de la vallée, a l’air d’une forteresse placée ainsi pour commander au pays. La première figure à gauche, dans le premier plan, représente un mimelouck en habit de guerre ; à côté est celle d’un marchand; un turban de laine rouge ou blanc, un gilet de drap, une culotte lâche et courte de toile blanche , un surtout de toile bleue , une cein. lure de toile des Indes, rayée de bleu et blanc, qui sert à envelopper tout ce qu’il veut transporter, A la gauche de ce dernier est une dame allant à pied dans les rues; plus l’ampleur et le nombre de ses habits lui font perdre ses formes et rendent sa marche gauche et embarrassée, plus elle se croit dans le cas de penser qu’on doit la re garder comme une grande dame ; la dernière enveloppe est d’ordinaire de taffetas noir qui tombe jusqu’à terre et laisse à peine voir le bout des pieds. De toute la personne on n’aperçoit que les yeux, encore le plus souvent y suspendent - elles un anneau devant, qui a la vertu de repousser les enchantemens et les mauvais sorts ; plus à droite est une jeuke fille dans le costume qui lui est ordinaire jusqu’au moment de la puberté; à côté sont deux femmes dont l'une vient au fleuve puiser de l’eau, cachant son visage, parce qu’il n’y a que cela qu’il leur soit ordonné de cacher; l’autre porte un enfant à la manière du paySj enfin la dernière figure à droite est celle d’un sakton, espèce d’imbécille, dont on a pitié pendant qu’il vit, et que l’on révère après sa mort, usage assez général et aussi ancien que le monde-
(21) La nubie (ancienne Ethiopie), située entre l’Egypte et l’Abyssinie, a une étendue de ta à 1 5,ooo lieues carrées. Le sol n’est fertile que dans le voisinage du Nil qui traverse la Nubie et forme de grandes cataractes. Elle produit des grains, des cannes à sucre, du bois de Santal, du tabac, de la poudre d’or, de l’ivoire, du musc, etc. On y trouve des éléphans , des chameaux, des civettes, beaucoup d’animaux féroces, des autruches, diverses espèces de sauterelles qu’on mange 11 parait que la religion chrétienne a été autrefois établie dans la Nubie, Aujourd’hui les Nubiens sont mahométans et de la plus grossière superstition. Ils s’occupent d’agriculture et du commerce, et trafiquent avec les Egyptiens. Leurs habitations ne sont que des huttes faites de boue et couvertes de roseaux. Les principaux articles de commerce sont des esclaves, de la poudre d'or et des plumes d’autruches.
(22) Tille commerçante et maritime avec un port. 11 est le point de réunion des pélérins de la Mecque qui viennent de l’intérieur de l’Afrique, et elle dépend du Schérif de la Mecque.
(23) Située sur le Nil, grande, riche, commerçante ( 10,000 familles.) Le roi y réside.
(24) Le sennaar, d’abord conquis par les Arabes sur les Nubiens, peuple indigène, est depuis le 16e, siècle, au pouvoir des nègres Fungis, nation extrêmement féroce sortie de l’intérieur de l’Afrique.
(25) Capitale du royaume de ce nom et de toute la Nubie, et la résidence du roi. Elle envoie des caravanes en Egyptes , en Nigritie et en Arabie- ( 100,000 habilans).
(26) Le royaume de darfour ou four , à l’Ouest du Sennaar, est sous le gouvernement despotique d’un Sultan mahométan, auquel est aussi soumis le pays de Kordofan. 11 exerce une autorité despotique. Les fourains dont le nombre ne passe pas 200,000, sont mahométans; leur peau estd’un noir de jais. Ils se livrent au commerce et à l’agriculture. Chaque année le Sultan, pour honorer ce premier des arts, sème lui- même un champ.
(27) Capitale commerçante (6,000 habitans ). (28) Ville considérable et résidence ordinaire du Sultan.
(29) L’Abyssinie ( 12 à i5,ooo lieues carrées), appelée par les Arabes habesch , qui signifie peuple mélangé, faisait autrefois partie de l'ancienne Ethiopie. Elle fut autrefois riche et puissante;
mais cette ancienne splendeur a disparu. Le souverain y exerce une autorité despotique. Les Abyssins qui s’appellent eux mêmes agazians, semblent tirer leur origine de l'Arabie. En général, ils sont grands, robustes, bienfaits, sobres et hospitaliers Leur teint est bronzé. Ils professent la religion chrétienne du rit grec; mais elle est aujourd hui déshonorée par une quantité de superstitions. Ils ont un évêque nommé abuki qui dépend du patriarche d’Alexandrie. La plupart habitent dans les villes et villages situés sur des rochers, pour éviter les torrens qui, pendant la saison pluvieuse( depuis Avril jusqu’en Septembre), inondent les plaine». Quelques-uns sont troglodytes, ou sont logés dans des cavernes , tels sont les Argovrs, une des nations les plus nombreuses de l'Abyssinie. Quand ils sont menacés de l'ennemi , ils se réfugient dans cïs cavernes dont quelques unes peuvent contenir 5oo bœufs. Ils on plusieurs femmes, trouvent la chair crue délicieuse, et font usage d’hydromel et de bierre pour boisson. Leur langue, dérivée de l’arabe, a plusieurs dialectes. Ils ne connaissent point l’usage de la xuonnoie, quoique le pays produise de l’or,
Le sol de l’Abyssinie est très montagneux, mais fertile dans les vallées et partout où il peut être cultivé; cependant il y a aussi quelques plaines arides.
Le climat est chaud, mais les nuits fraiches de l’été, les rivières, les pluies et l’élévation du sol, rendent la tempéiature beaucoup moins chaude que celle de l'Egypte et de la Nubie. Parmi les nombreux quadrupèdes, on remarque une quantité de vaches de différente taille, un nombre prodigieux de gazelles , des brebis dont la queue pèse 3o à 40 livres. On y voit aussi des lions, des panthères, des chameaux, des éléphans, des rhinocéros et surtout des hyènes. Les lacs et les rivières sont peuplés d'hippopotames et de crocodiles. L’abyssinie produit du bled, de l’orge, du tef ou tafo, graine plus mince que la moutarde, dont on fait une farine aussi blanche et aussi belle que celle de bled , etc. Le climat y favorise la culture du riz. On y recueille un nombre considérable de fruits, comme limons, citrons, oranges et figues. Les cannes à sucre y croissent avec facilité; mais les habitans ignorent l’art d’en extraire le suc. On y recueille beaucoup de coton et de très -beau lin, et une
si grande quantité de miel et de cire, qu’on ne se sert point de chandelles de suif*
La population de l'Abyssinie est de i ,800,000 âmes, savoir d’Abyssins , descendans des Arabes, d’Agows, autour des sources du Nil; de Callas, Scliangallas et autres peuples sauvages, de Turcs, Arabes et Juifs nommés falasja ou exilés.
(3o) Capitale de l’Abyssinie dans la province de Dernbéa, près du lac de ce nom, (80,000 habit:).
Les maisons construites en pierres rouges, n'ont qu’un toit de chaume. Le palais du monarque ressemble à une forteresse gothique.
(3 0 Axum , dans la province de Tygré , ancienne résidence des monarques Abyssins, et qui s’y rendent encore pour s’y faire couronner. On y trouve des ruines magnifiques , des' restes de temples et de palais, des obélisques sans hiéroglyphes , parmi lesquels un de 64 pieds de haut, d un seul bloc de granit.
(32) La barbarie comprenait jadis la Mauritanie, la Numidie, la Gétulie et l’Afrique propre ou Ljbie' Le nom de barbarie ou de eerbérie lui vient de ses anciens habitans les berbères. Cette longue côte bornée au N. par la Méditerranée, à l’O. par l’océan atlantiqne ; au S. par le Sahara et à 1 E. par l’Egypte, occupe une étendue de 3o,ooo lieues carrées, avec une population de 8 millions d’habilans Berbères ou Kabyles, race indigène, Maures, descendans des Arabes vivant la plupart dans les villes, Arabes nomades. Turcs, Nègres , et esclaves de la Guinée, Juifs et Européens. Le climat est tempéré sur les côtes et très chaud dans l’intérieur. A l’exception des régions sablonneuses, le sol est fertile en bled, riz, maïs, dattes, figues, olives, raisins, safran, cannes a sucre, fruits du sud et plantes potagères. Parmi les animaux 011 distingue le chameau, le cheval de race arabe , la brebis à large queue , le mulet, l’antilope et l’autruche. Les baies et les mers abondent en poissons de toute espèce. Les minéraux les plus abondans sont le cuivre, le fer, le plomb, le sel et le salpêtre.
(33) L’ancienne Cyrénaïque, gouverné par deux Beys sous la someraineté de celui de Tripoli. La côte seule est susceptible de culture; l’int irieur renferme des déserts de sable, coupés par des oasis
(3q) Capitale avec un port sur la méditerranée, et résidence d’un Bey.
(35) Port et résidence de l’autre Bey.
(36) 1/ancienne Cytène, avec des ruines de son ancienne splendeur.
(3y) Capitale avec un port, et un château-fort où réside le Dey; (40,000 habitans),
(38) Port de mer, patrie de l’empereur Sévère.
(39) Pays abondant en dattes et qui sert d’entrepôt pour le commerce de la Barbarie avec l’intérieur de l’Afrique.
(40) Ville commerçante de 20,000 habitans, résidence du Sultan tributaire du Bey de Tripoli.
(41) L’ammon des anciens d’après Hornemannqui a parcouru cette partie de l’Afrique.
(42) Oasis qui fournissent des dattes.
Les tibbos, nation Berbère, occupent les régions a peu près désertes au S, E. du Fezzau et s étendent de là vers l’est jusqu’au désert qui ferme l’Egypte du côté de l’ouest
(43; C’était autrefois une partie de l’Afrique propre et le siège principal de la puissance Carthaginoise. Cet état a 3,400 lieues carrées avec une population d’un million et demi d habitans, Les habitans se distinguent par leur industrie et leur commerce ; ils sont moins adonnés à la piraterie que les autres barbaresques.
(44) Tunis capitale, près de laquelle se voient quelques débris des ruines de Carthage; (l5o,ooo habitans). En 1270 St, -Louis y mourut de la peste.
(45) L’ancienne utique, où Caton le jeune se donna la mort, n’en était pas éloignée.
(46) Après Tunis, la ville la plus peuplée et la plus commerçante ; elle a une grande mosquée soutenue par plus de 5oo colonnes de granit.
(47) Situé au pied du mont Atlas, entre la Barbarie et le Sahara, ce pays est pour la plupart un désert sablonneux et aride avec des oasis qui produisent des dattes en abondance, d’où lui vient son nom. Il comprend plusieurs pays, qui en partie dépendent des états barbaresques, ou forment des états indépendans.
(48) Ville et principal marché de dattes.
(49) Ville dans le pays du même nom.
(50) L’état le plus puissant parmi les 3 républiques , entre Tunis et l’empire de Maroc. (9 000 lieues carrées et 2,000,000 d’habitans). Le climat
en est tempéré et agréable ; le sol en est fertile en bled et en fruits ; mais on y trouve aussi des contrées incultes et des déserts de sable. Le sel y abonde.
(5i) Alger, capitale fortifiée, bâtie en amphithéâtre sur une pente de montagne. Elle a une citadelle, un port sur la méditerranée , beaucoup de mosquées, une grande synagogue, des bains publics, des académies mahométanes, des bagnes, maisons où les esclaves chrétiens sont enfermés pendant la nuit, des fabriques de soie, de tapis et d’armes. Les toits des environs sont en plateforme. Les collines des environs sont couvertes de maisons de campagnes avec des jardins cultivés par des esclaves. Elle est fameuse par ses pirateries et a 90,000 habitans , parmi lesquels 10,000 J u i fs .
(fie) Ville très forte avec un port.
(53) Forteresse avec un port, appartenant aux Espagnols.
(5q) Port où les Français pèchent du corail. 4,000 habitans.
(55) Cette ville, autrefois cirthe est, après Alger la ville la plus considérable ; elle a un château de résidence du Bey qui relève du Dey d’Alger; elle renferme de beaux restes d’architecture romaine.
(56) Le pays de zab , au-delà de l’Atlas, fait partie de l’état d’Alger: il est infesté de scorpions; son sol est stérile et manque d’eau.
(5y) Le pays de tegorarin fait également partie de l’état d’Alger: il offre un grand nombre de villages bien peuplés; ses plaines sont les points de réunion des caravanes qui doivent traverser le désert de Sahara,
(58) L’empire de Maroc, situé dans la partie occidentale de la Barbarie, est borné au N. par la méditerranée et le détroit de Gibraltar; à l’O. par l’Océan atlantique ; au S. par le Sahara et à l’E. par l’état d’Alger et le Bilédulgérid. (8,000 lieues carrées. 5, 000, 000 d’habitans , et scion le colonel Anglais jacrsow, i4,8oo,oooames. Le climat est agréable et le sol fertile , partout où les eaux viennent au secours de sa fécondité et de la chaleur du climat ; quoique la culture soit presque entièrement négligée , il y vient des fruits et du bled en abondance, non seulement pour la consom-
mation mais encore pour l’exportation. Les autres productions sont le chanvre, le lin, le coton, le tabac, les raisins, la gomme et le sel. O11 y élève des chameaux, des moutons et les plus beaux chevaux de Barbarie. Mais les contrées désertes fourmillent d’autruches, de lions et de tigres. L exploitation des mines est négligée; cependant on trouve beaucoup de cuivre. Les européens vont y chercher surtout des denrées, de la cire, des peaux et de la laine. On connait assez le beau cuir de maroquin qui nous vient de ce pays. L’état de Maroc est gouverné despotiquement par un Sultan mahométan, qui a le titre d’empereur.
(59) Capitale de l’empire, a de nombreuses mosquées, entre autres celle d’ASDULMiniES , des manufactures de soie, de papier, de maroquin rouge, un vaste palais avec la fosse aux lions destinée aux victimes du despotisme, et de grands magasins de bled. On lui donne 200 000 âmes.
(60) Grande place de commerce, régulièrement bâtie, avec une forteresse et un port sur l'Océan atlantique,
(61) Autrefois indépendant, fait aujourd’hui partie de l’empire de Maroc,
(62) Capitale du royaume de ce nom, ville riche et très commerçante, la première de l’état de Maroc pour les arts et la civilisation. Sa population approche, dit -on, de 400,000 âmes.
(.63) Où l’empereur de Maroc fait maintenant sa résidence, et qui a 100.000 âmes,
(64) Salé ou sala, jadis espèce de république de pirates, aujourd’hui ville de commerce.
(65) Sur le détroit de Gibraltar , avec un château-fort, siège de la plupart des consuls européens. C’est l’ancienne TtpiGis, qui donnait le nom à une partie de la Mauritanie, appelée Tirt- G1TAKE.
(66) Forteresse et port sur la méditerranée, après Fez, la ville la plus importante, et aujourd’hui la principale place de commerce. (20,000 habitans.
(67) Place forte et port sur le détroit vis-à-vis de Gibraltar, aux Espagnols.
(68) Melii.la et petvkok- de -velez, forteressç sur la méditerranée, aux Espagnols.
(69) Pays montagneux et sablonneux, qui fournit beaucoup de chevaux, de dromadaires et de chameaux , dont les habitans mangent la chair.
(70) Rendez-vous des caravanes qui, de Maroc, vont dans l’intérieur de l’Afrique.
(71) Ce pays produit du bled, des cannes à sucre, des dattes, et nourrit beaucoup de bestiaux. Les habitaus sont les meilleurs soldats de l’Afrique.
(72) Ville grande, forte et riche par son commerce.
(73; Le pays de sedjelmese est aujourd’hui une république arabe sous la protection de l'empereur de Maroc.
(74! Le mot sahaka ou zaara en arabe, signifie désert; et cette contrée mérite en effet ce nom par excellence. C’est le désert le plus grand qui oi t sur le globe; il sépare, en quelque sorte, les contrées de l’Afrique septentrionale, d’avec celles de l’Afrique occidentale. 11 a plus de 45 degrés de longueur sur une largeur d’environ 12 degrés. Le sol de ce vaste désert ne forme, pour ainsi dire, qu’une mer de sable, au-dessus de laquelle s’élèvent quelques Oasis ou lieux cultivés, comme des îles au milieu de l’Océan. Le peu de rivières qui descendent du mont Atlas, seperdent bientôt dans le sable , et la pluie qui tombe depuis Juillet jusqu’en Octobre, n’étend pas à tous les cantons ses bienfaits incertains et momentanés. Aussi la sécheresse du sol y est si grande, qu’on fait quelquefois des trajets de cent et même de 200 lieues sans trouver une goutte d’eau. Des caravanes néanmoins le traversent pour se rendre à Tombouctou. Le samcm soulève et roule les sables mouvans comme les flots de la mer, et donne au désert une telle ressemblance avec l’Océan agité par les vagues, que les Arabes le nomment uke mer saks EAU. Tout désolé qu’est ce pays, il n’est pas sans habitans ; des Arabes, des Maures, des Bédouins et des Berbères y possèdent des gommiers, et y errent avec leurs troupeaux: ils sont voleurs et pillent les caravanes, lors qu’ils sont les plus forts. Ces déserts sont infestés de lions, de tigres, de léopards, de panthères; les serpens souvent d’une dimension énorme , ajoutent à l’horreur de ces solitudes. On y trouve aussi des autruches, dont les plumes sont, avec le sel fossile et la gomme, les seuls objets de
commerce, qui a lieu principalement avec le Sénégal et la Nigritie. Le Cap bajador et le Cap blakc sur les côtes du Sahara , sont célèbres dans l’histoire des découvertes géographiques. Le dernier fut reconnu par les Portugais dans le i5.e siècle.
C7 5> Ce pays tire son nom des fleuves du Sénégal et de la Gambie, entre lesquels il est situé- Ses bornes sont au N. le Sahara; à 1TL. la Nigritie ; au S. la Guinée, et à l’O. l'Océan atlantique. Le climat y est excessivement chaud, et l’air très -mal -sain , surtout pendant la saison des pluies, que l’on regarde comme l'hiver , quoique le thermomètre 11’y descende pas au-dessous de 20 degrés; pendant l’été, la fraicheur des nuits y tempère la chaleur.
Son ÉTEKDOE est évaluée à 16,000, et selon d autres à 3o,ooo lieues carrées.
Le climat est très chaud, la chaleur y est encore augmentée par les vents d’est, qui n’arrivent, qu’après avoir traversé le sol brûlant de l’Afrique dans toute sa largeur ; elle n’est tempérée que par les nuits fraiches et les pluies. On n’y connaît, comme dans tous le pays de la zone torride, que deux saisons, l’une extrêmement sèche et l’autre pluvieuse. Les torkados ou tourbillons, accompagnés de violentes tempêtes y sont fréquens. Ces vents impétueux 11e durent qu’un quart d’heure; mais dans ce court intervalle, ils déracinent des arbres énormes, renversent des cases et détiuisrnl des villages entiers,
La Sénégamhie produit du riz, du mais, du millet, du manioc, des ignames, des patates, des melons, des ananas, des tamarins, des cannes à sucre, du poivre, du colon , du tabac, de 1 indigo, des fruits du sud. Les vastes forêts renferment des palmiers, des bananiers, des mangliers et le calcbassier ou l’énorme boabab, O11 y trouve des chevaux , des chameaux , des élèphans, des buffles, des moutons, des chèvres, des gazelles, des girafes, des singes, des animaux féroces, des serpens énormes, des autruches, dont les plumes font un objet de commerce, des aigrettes, des perroquets et d’autres oiseaux. Les côtes sont
infestées par des crocodiles, des caclielots et des requins. Le règne minéral est riche en or , cuivre, fer, et sel* Les habitahs sont des trihus de nègres cl de maures qui professent le mahométisme ou le fétichisme. Les piètres mahométans sont appelés marabous. Les principales trihus des nègres indiquées sur le tableau, se livrent à l'agriculture, à la pèche, à éducation des bestiaux, à la fabrication de grosses étoilés, de poterie et d’ustensiles en fer. Le honteux trafic des esclaves vieut d’être prohibé par une décision unanime de toutes les puissances de l’Eurpe, qui fera honneur à notre siècle.
PLANCHE LXXVL
L’indolente lécèreté, l’insouciance puérile semblent être innées au nègres, et la nature perpétue ces penchans. En effet vingt jours de travail par an, lui suffit dans la plupart des contrées, pour assurer la récolte de riz, de maïs, de millet, d’ignames et de manioc nécessaire à son frugal repas. La chair de l’éléphant ne repousse pas l’appetit du nègre. 11 aime les œufs du crocodile ou du caïman, et même sa chair musquée. Les singes servent généralement de nourriture. Un rôti de chien figure même aux grands festins, comme un mets exquis. Mais le nègre refuse la salade, pour ne pas ressembler, dit- il, aux animaux herbivores.
Malgré tous les dangers qu’il y a d’approcher du crocodile, de ce terrible amphibie qui atteint jusqu’à trente pieds de longueur, dans la Sénégambie, les nègres n'en ont pas peur; ils font souvent lutter leur adresse contre la force de cet antropophage: pour cela il tâchent de surprendre cet animal dans un endroit où il ne peut se soutenir sans nager, et ils vont à lui hardiment avec un cuir de bœuf entortillé au bras gauche, et une bayonnette ou un poignard dans la main droite ; ils lui mettent le bras ainsi garni de cuir dans . la gueule et la lui tiennent ouverte; et comme il n’a qu’une très-petite langue, il s’emplit d'eau et se noie: pour le faire mourir plutôt, ils lui donnent des coups de poignard dans la gorge, et lui crèvent les yeux, • — Un art facile donne aux uègres le vin de palmier ou de bananier et la bierre de millet , qui forment leur boisson ordinaire Ils font aussi avec le miel une liqueur enivrante qui ressemble beaucoup à notre hydromel, Afin de se procurer la première de ces boissons
le nègre est obiigé d’atteindre à une hauteur de 60 à 90 pieds. Pour cela, il fait un cerceau de branches de palmier choisies et préparées au feu. Ce cerceau se ferme par le moyen d’un nœud et embrasse dans sa circonférence le uègre et l’arbre, en laissant un intervalle d’environ deux pieds. Le nègre appuyé des reins sur le cerceau, porte successivement ses pieds sur les aspérités de l'éci rce , en faisant avancer en même tems Te cerceau dans la n ême direction avec ses mains, et parvient ainsi au sommet de l’arbre.— Assis alors sur son cerceau, il fait avec un instrument tranchant une entaille près de l’endroit où est attaché le coco, introduit quelque feuilles dans l’incision, pour servir de conduit au suc vineux et le faire tomber goutte à goutte dans une calebasse qu’il attache aux branches les plus voisines. Cette opération tel minée, il retire les autres vases qu'il avait placés la veille et qui ont eu le tems de s’emplir. Un Lon palmier donne ordinairement 10 à 12 pintes d’un vin, qui offre une boisson douce, blanche, un peu sucrée et légèrement acidulé, rafraichissànte et agréable au palais des européens, mais qui n’est plus qu’un mauvais vinaigre au bout de 3 ou 4 jours. Le soin de s’habiller ne tourmente pas plus le nègre que celui de se nourrir; le coton vient ;ans culture à ses pieds; les femmes en tirent la quantité de toiles nécessaires pour la famille, et les teignent du suc de l’indigo, production également indigène. La chaleur du climat dispense d’avoir un vêtement qui couvre entièrement le corps. La principale partie de ce vêtement consiste en un pagne ou toile grossière, qui entoure le reins et retombe jusqu’au milieu des cuisses. La coiffure des femmes varie un peu. Sur les bords de la Gambie elles ont une bande étroite de colon qui, en partant du iront , leur fait plusieurs fois le tour de la tête. Ailleurs elles portent sur le front des graines de verre blanc avec une petite plaque d’or; ou c’est avec de petits coquillages blancs qu’elles ornent leur tête. L’usage des incisions dans la peau iègne avec des nuances chez toute les nations nègres qui ont conservé leur caractère primitif. Il y a des tribus vers Sierra- Leone qui savent produire dans la peau des enflures qui imitent les bas - reliefs. — La cabane du nègre ne lui coûte guère plus de soins que son vêtement et
sa nourriture: quelques troncs d arbres à peine dégrossis , quelques branches dépouillées de leur écorce , un peu de paille et quelques feuilles de palmiers, voilà ses matériaux; les réunir en forme de quille, voilà son art. Le climat, la violence des pluies annuelles , lui prescrivent cette simple architecture. Ce n'est que sur la cote d’or ou sur les bords du Niger, que l'exemple des Européens et des Maures a démontré aux nègres qu’un toit aplati, mais solide, peut résister à la pluie. Les villes ne sont que de grandes réunions de cases semblables , et le grand nombre de ces cases est ce qui distingue les palais des princes. La manière dont les nègres de l'intérieur construisent leurs ponts est une preuve de leur industrie, qui se montre d’ailleurs dans la fabrication générale des étoffes , des couvertures , des voiles pour les bateaux, des poteries, des pipes à fumer et des ustensiles en bois, fabrication générale parmi ces peuples. La planche représente un de ces ponts jetés sur des rivières même assez larges* Plusieurs arbres assez longs pour atteindre d’un bord a l'autre, recouverts de bambous secs, attachés avec des lianes, dont on se sert au lieu de corde, forment ces espèces de ponts flottans , que les inondations de la saison des pluies, viennent détruire et qu'on rétablit après l’écoulement des eaux.
De tous les arts agréables, les nègres du Sénégal ne connaissent que la musique, surtout celle qui fait danser, sauter; mais il n’appartient pas à tout le monde de s’en mêler, c’est l’affaire des guiriots. Ces guiriots un peu moins ignorans forment une classe à part; ils sont riches et estimés. Ils ont quelques uns de nos instrumens. Leurs flûtes sont des roseaux, comme celles des premiers pasteurs. L’instrument principal est le tambour; c’est un arbre creusé et recouvert par les deux bouts d’une peau de mouton; il y en a de toutes les grandeurs, pour en tirer différons tons et composer une harmonie complète. Le plus remarquable est le ioïg - ioug ; c’est un tambour de i5 à 20 pieds, composé de tambours réunis autour d’un cerceau; il est l’instrument d’alarme, et celui de guerre.
Les nègres de l’intérieur se servent d’un petit coquillage appelé kauris, en guise de monnoie- Deux cent cinquante Kauris équivalent à 24 sous de France. Quand ils commencèrent à traiter
avec les Européens , le fer était l’objet dont ils faisaient le plus de cas, et la barre de fer devint la mesure de la valeur de toutes les marchandires; delà, le terme mercantile sur ces côtes, une barre de marchandise. Un nègre y valait ordinairement 70 barres ou 35o livres de franco, la barre évaluée à 5 livres.
(76; La HAUTE-GUINÉE OU la GUINÉE PROPREMENT DITE,
s’étend en forme de croissant, depuis la côte de Sierra- Léone jusqu’au Cap Lopez. entre la Sénégambie, la Nigtiue et le golfe de Guinée. On évalue la longueur de la côte à 400 lieues, et la largeur de 80 à i3o lieues. Il n’y a que les côtes qui soient connues Le climat est chaud; on n’y connaît également que deux saisons. Le sol est dans la plupart des contrées d’une grande fertilité et produit du bled, du riz, principale nourriture des habitans, du mais, du millet, du manioc, du pisang, des yams , des ananas, des fruits du sud, du coton, des cannes à sucre, du poivre, du gingembre du tabac, de l’indigo, des palmiers , des calcliassiei s, des arbres à suif, etc, on y trouve des bulles, des brebis, des porcs, des chèvres, des élépbans, des chameaux, des girafes, des singes, des serpens munstreux etc. de l’or, de l’argent, du fer, de l’aimant, du sel et de 1 ambre. Les habitans sont des nègres, qui se distinguent des autres par une odeur insupi portable. Us s nt divisés en plusieurs tribus, dont les mœurs, les usages , la civilisation et la langue diffèrent considérablement. Le commerce qu’ils fort avec ceux des Européens qui ont des établissemens le long des côtes, consiste principalement en or , et en ivoire. On compte plus de 5 millions d’esclaves qui ont été transportés en Amérique; l’exportation annuelle se montait a i5o,ooo, et depuis l’origine de ce trafic honteux, plus de 55 millions de nègres ont été enlevés à leur patrie.
(77! la cote des graines est ainsi nommée de la grande quantité de poivre de Guinée qu elle fournit, appelé malaguette dans la langue du pays. Aujourd’hui les Anglais y font seuls le commerce. Le territoire produit en quantité du riz, des pois et des fèves.
(78,) Ou cote d ivoire, ainsi nommée de son commerce de dents d’éléphans ; elle fournit en grande quantité de l’indigo, du colon, des fruits.
des bestiaux, du poisson et du gibier. On la divise en deux côtes ; ceüe des mauvaises gens, habitée par une nation belliqueuse et peu sociable, du moins à l’égard des Européens , et celle des BONNES GENS,
(79) Celte côte a été nommée ainsi de la poudre d’or qu on en retire elle produit aussi du musc et des cannes à sucre. Elle est habitée par les nègres les plus civilisés , et offre le plus grand nombre d’établissement européens.
(80) Le royaume de bénin est l’état le plus puissant de la Guinée ; il est gouverné par un roi qui peut armer 100,000 hommes. Le pays est couvert de bois et coupé de rivières; ses côtes sont poissonneuses; on y pèche le corail. 11 fornit du poivre, de l’ivoire, de l’huile de palmier, articles qu’on échange pour des étoffes, des armes, des ustensiles, de la verrerie, etc. les habitans sont adonnés au fétichisme; ils estiment beaucoup la chair de chien , et mangent aussi des rats et des lézards,
(80 Capitale sur la rivière du même nom, entourée de fossés profonds; résidence du féroce et despote roi nègre. C’est la ville la plus connue de la Guinée.
(82) Port de mer sur le golfe de Bénin; les Portugais y ont un comptoir.
(83) la basse- Guinée s’étend depuis le cap Lopez jusqu’au cap Négro, dans une lougueur de 210 1. Le sol est sablonneux et aride en bien des endroits, mais en d’autres il est gras, fertile et offre une belle végétation. La chaleur est excessive , quand elle n’est pas tempérée par les vents et les pluies. Les productions sont les mêmes que celles de la Haute - Guinée. Les habitans sont des nègres, qui se distinguent de ceux de la Haute -Guinée par leur couleur olivâtre , leurs cheveux crépus et leur taille plus petite La racine du manioc forme leur principale nourriture. La plupart d’entre eux sont païens et adorent des fétiches; les autres professent la religion catholique, introduite par les Portugais qui y sont en grand nombre. On exporte de l’ivoire, des singes, des perroquets, du miel, de la cire et des bois propres à la teinture.
(84) Le climat du loanco est pernicieux aux étrangers Le pays est riche en mines. On en exporte du cuivre, de l’étain, du plomb, du fer et de l’ivoire.
(.85; Loakgo ou euai.i, capitale et résidence du roi, à une lieue de la mer. i5,ooo habitans.
(86) Les contrées J'azico , de iuicoco et de domeo dans l’intérieur, ne nous sont connues que de nom et par ce qu'on nous raconte de l’extrème férocité de leurs habitans,
(87) Au N. du Zaïre, n’a que peu d’étendue.
(88) Au sud du Zaïre, le royaume le plus puissant sur cette côte. Le sol y est d’une grande fertilité. Les rives du Zaïre sont fréquentées par un grand nombre de crocodiles et d’hippopotames.
(89) Capitale et résidence du roi qui y a un grand palais : elle est en partie habitée par les Portugais, qui y ont bâti des églises et établi un évêché. (40,000 habitans.)
(90) Le royaume est sous la domination des Portugais, e» jouit du plus heureux climat.
(91) Capitale, grande ville, bien peuplée et résidence des Gouverneurs portugais, avec un port et un évêché. Le roi réside à mac pongo.
(92) Pays peu connu à l’est d’Angola.
(9.3) N’a que peu d’étendue; l’air y est mal sain ; c’est un 'lieu d’exil pour les criminels de Portugal. O11 en tire du sel.
(94) Le pays, connu sous le nom général de cafrerie , est cette immense région de l’Afrique oui se termine par le cap de Bonne - Espérance. Elle est bornée au Nord par l’Abyssinie et la Nigritie ; à l’Ouest, par une partie de la Guinée, le Congo et la mer; au Sud, par le cap de Bonne- Espérance , et à l’Est, par la mer. le nom général de cafrerie lui a été imposé par les Arabes mahométans, dans la langue desquels le mot kafir, kafer ou cafre signifie infidèle; ainsi ce nom, inconnu dans le pays, est une expression de mépris ou plutôt de fanatisme. Le vaste pays s’étend environ 780 milles du N. au S.; c’est-à-dire, depuis le cap Négro (sous le 1 5° 3o’ latitude Sud.) jusqu’au cap de Bonne -Espérance. De ce dernier point il s’étend au N. E. jusqu’à l'embouchure de la rivière Del Spiritu Santo , ( sous le 25° de latitude Sud) l’espace d’environ 660 milles, et de là dans l’intérieur des terres jusqu’à la ligne équinoxiale, c’est à-dire l’espace d’environ 1740 milles. Il ne nous est guère connu que sur les côtes. En général il est assez fertile , malgré la quantité de montagnes et de marais que l’on y rencontre.
Les déserts qui se trouvent entre les villages et les peuplades, sont habit. s par une multitude de bête' sauvages, parmi lesquelles on distingue 1 élephant, le lion, le tigre, 1’liyène et le jachal. Pris généralement, les Cafres sont grands, robustes et Courageux; leur figure est assez bien, et quoique Nègres par la couleur, ils n’ont ni le nez épaté, ni les lèvres grosses. Leur manière de s'habiller approche beaucoup de celle des Hottentots. Ils portent un petit tablier et un Iiross ou manteau, qui s’attache sur les épaules, et qui est fait d’une peau de mouton. Guerriers et braves, ils attaquent leurs ennemis avec une sorte de fureur, et aiment mipux perdre la vie que de fuir. Ce caractère guerrier n’ôte rien à leurs qualités sociales ; ils vivent bien entre eux et sont hospitaliers envers les étrangers. Ils voient avec peine un Européen; mais dès qu’ils l’ont admis chez eux, ils pourvoient de leur mieux à ses divers besoins. Ils se rassemblent par Kraal ou village, qu’ils établissent auprès des rivières. Leurs huttes ont la forme d’un demi -globe parfaitement arrondi. La carcasse en est faite avec une espèce de treillage , solide et bien uni; on l’enduit tant en dehors qu’en dedans d’une espèce de torchis, de bouze et de glaise, battues ensemble et bien également réparties. La seule ouverture qui se trouve à ces demeures, est tellement étroite et basse, qu’il faut se mettre à plat ventre pour y pénétrer La ver. mine y pullule quelquefois au point de ne pouvoir y résister; alors ils abandonnent leurs cabanes pour en construire des nouvelles, qui sont ordinairement disposées en rond.. Ils font entrer la nuit leurs troupeaux au milieu du hameau , pour les préserver des bêtes féroces. Ils restent dans le même endroit tant qu’il y a des pâturages, et s’en vont aussitôt qu’ils en manquent ou que quelqu’un de la borde vient de mourir. Palcrsou a vu un de leurs chefs, qui, pour les besoins de sa maison, avait un troupeau de cent vaches. Les Cafres font leurs zagaies ou javalots avec beaucoup d’art. Les femmes y font des paniers qui peuvent aisément contenir de l’eau; ils ne sont rependant que d’heibe, mais tressés avec beaucoup d’adresse Les occupations sont partagées ; les hommes vont à la chasse et élèvent de grands trou, eaux de hœuls et des moutons à grosse queue. La culture des terres est confiée aux soins des femmes. On y cultive le
millet, le maïs. Je riz et des légumes. La religion des Cafres paraît être un déisme pur; ils croient à l’immortalité de l’ame. Ils obéissent à des chefs nommés Mamya, La polygamie et le divorce y sont permis.
(95) Cette région s’étend depuis la pointe méridionale de l’Afrique jusqu’au 3o" degré de latitude sud , et est bornée au Nord par le pays des Cafres. Le sol très-varié est en partie fertile, en partie sablonneux et aride. Le climat est tempéré, sain et agréable. Les productions sont du blé, surtout du froment, du vin du fameux vignoble qui porte le nom de Constance, l’un des plus précieux du globe; des fruits, des légumes et d’autres végétaux; des bêtes à cornes, des moutons à large queue, des chevaux, des buffles sauvages, des éléphans, des rhinocéros, des zèbres, des bêtes fauves et féroces, des autruches, des abeilles sauvages, du fer, du cuivre, du sel, du charbon de terre.
La colonie du cap de Bonne-Espérance appartenait aux Hollandais, qui la fondèrent en i65o et y formèrent des plantations de tous les genres; aujourd’hui elle est sous la domination anglaise. Elle a 1 800 lieues carrées et 70,000 habitans, parmi lesquels 3o,ooo Blancs , descendais des Français qui s’y réfugièrent lors de la révocation de l’édit de Nantes; des Allemands, et particulièrement des Hollandais; le reste se compose d’esclaves et de Hottentots.
(96) Ville bien bâtie, la seule de toute la colonie, située dans le district du cap, au pied des monlagnes de la Table, du Lion et du Diable, et sur la baie de la Table. 11 y a un château fort, des magasins pour la marine, un hôpital pour 6,000 malades, un jardin botanique planté de légumes et de quelques végétaux exotiques. Les mouillages principaux sont False-Bey au Sud et Tablc-Bay ou haie de la Table, au Nord, Ce port est un lieu de rafraîchissement pour les vaisseaux qui vont aux Indes ou qui en reviennent. I,a population est de 18,000 habitans, parmi lesquels il y a 12,000 Noirs.
(97! Le pays des Hottentots se divise en plus de vingt contrées ou peuplades différentes, les unes indépendantes, les auties soumises à la colonie du cap.