‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 151 sur 167 · PLANCHE L WA II · texte numérisé non relu

PLANCHE L WA II

Les Hottentots d’une couleur jaune-brun forment une race particulière, facile à distinguer par la

grosseur de la tète, les pommettes des joues trèsproéminentes, les yeux grands, le nez plat, les lèvres épaisses, les dents très-blanches, les mains et les pieds petits en comparaison du reste du corps , les cheveux noirs , courts et laineux , et la barbe rare. Ils sont vêtus des peaux d’animaux garnies de leur poil; ils s’enduisent le corps de beurre mêlé de suie, ce qui leur donne une odeur insupportable. Ils sont très-robustes , adroits et d’une légèreté prodigieuse; ils passent leur vie dans l’oisiveté, préfèrent à l’agriculture la garde de leurs troupeaux, avec lesquels ils parcourent la contrée; le lait qu’ils en tirent, fait leur principale nourriture. Ils ne se livrent guère à l’exercice de la chasse , quoiqu’ils la fassent touj'ours avec succès pour écarter les animaux dangereux. Oublieux du passé, insoucians sur l’avenir, ils jouissent du moment présent, au sein d’une oisiveté qui leur plaît et dont le besoin seul les fait sortir. Malheureusement ils ont conçu pour les liqueurs fortes que leur ont apportées les Européens, une passion qui a altéré leur caractère paisible; l’ivresse les met en fureur, et alors ils se portent aux plus grands excès. Dans leur état naturel ils sont bienfaisans, hospitaliers, amis fidèles et zélés. Les buttes sont faites comme celles des Cafres , dont ils partagent la religion, Ceux qui n’habitent pas sur le territoire de la colonie du cap, forment un peuple libre et indépendant, et vivent sous des chefs particuliers dans des Kraals ou villages. Les femmes, qui aiment beaucoup à se parer, se chargent de bracelets , de ceintures et de colliers de verroteries. Leur bonnet, fait de peau, est aussi surchargé de ces sortes d’ornemens.

Les Boschimans, mot que veut dire homme des bois, ou Bosman hottentots, ont le caractère bien différent des autres Hottentots. Le colonel Gordon, qui a vécu assez longtemps dans leur pays, dit qu’ils sont farouches, perfides et cruels; ils empoisonnent leurs flèches , ainsi que les Nomaquois, de sorte que la gangrène se met bien vite à la plaie, et il est presque impossible d’en revenir. La planche LXXVI1 représente un de ces Hottentots-Boschimans ou Hauzouanas. Les recherches des célèbres voyageurs Barrovy et Perron ont prouvé que le tablier qui accompagne et fait généralement partie des organes sexuels chez les femmes des Boschimans , ne se rencontre point

chez les Hottentotes. Le Vaillant , dans son second voyage , a observé chez les femmes des Boschimans une particularité singulière dans leur conformation, qui consiste dans une saillie bizarre et dégontante de leurs fesses. Cette saillie n’est qu’uue masse de graisse, quelquefois de 6 pouces, et cjui a assez de consistance pour que les mères, au récit des voyageurs, puissent y placer et porter leurs enfans. La Vénus hottentote qu’on a vue à Paris et qui y est morte en 1816, était de la race des Boschimans. Son corps a été disséqué et analysé par le célèbre Cuvier, qui lut dans le tems à l’académie des sciences un mémoire à ce sujet.

Parmi les principales peuplades indiquées sur le tableau, les Boushouanas ou Betjouanas au N. de tous les autres , se font distinguer par leur industrie et leur civilisation. Ils exploitent des mines de fer et de cuivre , qui sont en grand nombre dans leur territoire, et savent fabriquer des armes et toutes sor.tes d’ustensiles.

(98) Litakon, capitale, est une ville plus grande que celle du cap, et dont la population est évaluée à i5,ooo âmes. Des voyageurs anglais l’ont récemment visitée.

(99) Le pays des Arrolous plus au N. n’est encore connu que par les récits des Africains.

(100) La terre de Ratai fait partie de la vaste région que l’on désigne sous le nom de Cafrerie ; elle est à peu de distance du cap, sur la côte orientale. C’est un des plus beaux pays de l’Afrique; il est arrosé d’une multitude de ruisseaux, et ombragé par de vastes et profondes forêts. D’immenses plaines se couvriraient de richesses si l’homme de ces contrées ne préférait pas la paresse à l’ahondance Les forêts sont pleines d animaux; les éléphans, les rhinocéros, les zèbres y sont trèscommuns. On y. trouve les chiens dans l’état primitif Quoique voisins des Hottentots, les habitans des rives du Natal ne leur ressemblent en rien; ils sont beaucoup plus noirs et beaucoup moins sales. Ils se livrent un peu a l’agriculture ; leurs habitations sont construites en plâtre. Le gouvernement est fort simple; on choisit pour chef d'un vi lage un des habitans les plus âgés. Ces peuples sont fort gais et très hospitaliers. Sans temples , sans idoles, un village se réunit sous la voù.e du ciel pour adorer un dieu inconnu, mais créateur et maître de tout.

(loi) Ces pars peu conuus des Européens, s’étendent depuis le détroit de Babel-Maudeb jusqu à la rivière du St. E prit. Les côtes sont basses et exposées aux inondations. Ils fournissent du blé , du riz, des fruits du Sud, des cannes à sucre, du coton , différentes espèces de bois précieux , des chevaux, des chameaux, des éléphans, des bêtes à cornes et à laine , des animaux féroces , de l’or, de l’argent, du cuivre et dn sel marin. Les habitans sont Arabes, Maures, Nègres et Portugais.

Ces derniers, lors de la découverte du passage aux Indes par le sud de l’Afrique , s'établirent sur les côtes orientales et en sont demeurés depuis en possession. Toutes les contrées de l’Afrique se ressemblent; c’est la même température, le même sol , les mêmes productions, le même commerce, les mêmes peuples. Disons seulement qu’ici les Arabes, lors de leur splendeur, sont descendus au-delà de la ligne jusque vers le tropique méridional, et qu’avec leur domination ils ont propagé leur sang, leurs mœurs et leur religion, dont on aperçoit facilement les traces dégénérées.

(102) Résidence du roi.

(103) Port autrefois très-fréquenté sur le détroit de Babet-Mandeb.

(104! La république de Brava est un état aristocratique, tributaire des Portugais; c’était jadis un royaume Elle est gouvernée par uu conseil de douze personnes. Sa capitale fut ravagée par Albuquerque, ce grand amiral qui porta à son comble la gloire des Portugais dans l’Inde. Elle fait un grand commerce d’or, d’argent et d’ambre gris, et reçoit en échange des étoffes, etc.

(105) Le royaume de Mélinde est gouverné par un roi mahométan , qui exerce une autorité absolue, mais qui est tributaire des Portugais,

(106) Capitale sur le Quilimanci, avec un port sur l’océan indien. Les Portugais y ont une factorerie et plusieurs églises

(107) Dans une presqu’île, a un bon port et fa^t un commerce considérable en ivoire , miel et cire.

(108) Avec un port et un fort aux Portugais dans l’ile de même nom.

(109) Capitale du royaume de ce nom.

(110) Tille forte avec un port et une citadelle, éloignée d’un quart de lieue de la côte , et située dans l’île et sur le canal de ce nom. Elle appar-

tient aux Portugais; elle est le siège du gouver. nement et le centre du commerce de cette nation sur la côte orientale de l’Afrique. (2,800 habitans.)

(111) Situé des deux côtés de la chaîne du Lupata et sur le Zambèze , jouit d’un climat trèssain , quoique chaud; le sol est très fertile en riz, millet , cannes à sucre et fruits. On y trouve presque tous les animaux sauvages et domestiques de l’Afrique, excepté le chameau. Les habitans noirs et idolâtres sont bienfaits et très -braves. Les Portugais y sont en petit nombre.

(112) Ville grande, peuplée, et résidence du roi.

( i 1 3) Fort aux Portugais.

(114) Situé sur le golfe de Sofala, pvroduit beaucoup d’or et d’ivoire.

11 5) Capitale peu considérable. L’on a cru que c’était l'Ophir de Salomon, mais Mr. Gosselin en a démontré l’impossibilité.

(116' Capitale sur le canal de Mozambique.

(117) Capitale de ce royaume. A l’arrivée des Portugais dans ce pays, le roi qui gouvernât alors, se fit baptiser avec toute sa cour. Ils y possèdent la ville du cap Corrientes , bâtie dans une petite presqu’île , à l’embouchure de la rivière d Inhambane.

(11 87 Ce pays appelé Soudan par les Arabes, est encore peu connu ; il est situé dans l’intérieur de l’Afrique, entre le Sahara, la Sénégambie, la Guinée, la Cafrerie, le pays de la côte orientale, l’Abyssinie et la Nubie. Son étendue est d’environ 80,000 lieues carrées. Le sol, sablonneux au N , montagneux au S., 11’est pas beaucoup plus fertile que celui de Sahara , à l’exception des contrées arrosées par des rivières. I.e climat est trèschaud , le pays étant situé entre les tropiques ; mais la chaleur est un peu tempérée par 1’équinoxe continuel, par des pluies et par des vents périodiques.

(119', Le royaume de Bournou est à l’ouest de la Nubie; son sol produit du riz et des dattes; on y exploite des mines de fer Les parties méridionales paraissent fort marécageuses, et doivent se terminer par un grand lac ou mer intérieure, que l’on croit exister au centre de l’Afrique et que quelques-uns nomment mer de Kigritie.

(120) Capitale et résidence près de la rivière de la Gazelle, Elle a beaucoup de mosquées , des écoles mahométanes et des fabriques; 1 0,000 habitans.

1 oo

(121) Capitale, située sur le lac Filtre.

(122) Pays très-lertile et riche en poudre d’or.

(123) Le royaume de Tonilouktou est arrosé par le Niger, et fournit beaucoup d’or; le roi et les grands sont Mahométans. Il y a des Juifs. Tô t récemment le roi de Bambara s’est emparé de ce pays.

(124) Capitale et résidence du Sultan. Elle a des fabriques d'étoffes de colon et de soie mêlée, et fait un grand commerce par caravanes avec l’Egypte et les états barbaresques. Elle renferme, dit-on, 200, 0 00 habitans, selon d’autres de 25, 000 seulement. On vante beaucoup la police de cette ville.

(125) Résidence ordinaire du roi nègre de Bambara (Wulo), qui, en 1800, a fait la conquête de Tombouk tou.

(126) On indique le royaume de Haussa à la place de celui deTakrour, et celui de Kaschna à la place de Gana; niais l’un et l’autre sont au nombre des parties les plus mal-connues de la Nigritie.

O27) Haussa est, dit-on, une ville immense, et selon d’autres, un pays extrêmément peuplé.

(128) C’est à Jaour que Mungo - Park trouva la mort en descendant le Niger, en 1808, au moment qu’il allait pénétrer dans le pays de Houssa , qui paraît former un des états les plus puissans de l’Afrique centrale.

(129) Le royaume de Bambara, arrosé par le Niger, a d’excellens pâturages.

(130) Capitale, située sur les deux rives du Niger; (3o,ooo âmes).

(131) A l’E. du royaume de Houssa, son territoire est fertile et bien arrosé; il renferme d’excelleus pâturages peuplés d un grand nombre de bestiaux , fournit de la manne et du séné. Les habitans font le commerce de sel qu’ils transportent sur des chameaux dans d’autres contrées.

(132) A'ille très-peuplée et une des places les plus commerçantes de l’Afrique, étant située sur le passage des caravanes.

C 1 33) La plus grande île de toutes celles du golfe arabique; elle a plus de 20 lieuee marines de tour.

(134) Socotora, l’ancienne Dioscoride, est placée, par quelques géographes , au nombre des îles de l’Asie, parce qu elle est liée, par plusieurs rapports, au continent de l’Asie ; par d’autres au nombre des

îles de 1 Afrique , parce qu elle est plus rapprochée de ce continent. Elle a 10 lieues de long sur 9 de large. Ses productions consistent principalement en dattes, aloès, très- renommés qu’on appelle Succotriu, du nom de l’île, et sang de dragon. Le corailyest très-commun. Tama; ida en est le chef lieu. Les habitans sont Arabes et Mahométans; ils obéissent à un roi.

( 1 3 5) La plus grande de l’Afrique, que l’on dit être la Manuthias des Anciens. Elle a iî5 lieues de long sur 60 de large, et io,5oo lieues carrées. Une double chaîne de montagnes hautes de 7,000 à 10 000 pieds parcourt cette île du Nord au Sud. Le climat est tempéré, le sol fertile et la végétation superbe. Cette île, découverte par le Portugais Laurent Almeida, en t5o6, fournit du riz, des patates, des bananes, du sucre, du sagou, de l’indigo, de la canelte, du poivre, du bétel, du gingembre , des fruits du Sud , des gommes de différentes espèces, du tabac, du coton, de la soie, du miel, des bois estimés, comme le sandal et l’ébène. Les excellens prturages nourrissent beaucoup de zèbres ou bœufs a bosse de graisse , et des moutons à grosse queue. Les sauterelles obsurcissent quelquefois l’air, et servent de friandises anx naturels. On y trouve des singes, mais on n’y voit ni tigres, ni lions, ni éléphans, ni chameaux. Les montagnes renferment des mines d’argent, d’étain et de cuivre. On y trouve des pierres précieuses et de très-beau cristal de roche, extrêmement utile en optique. Les habitans, appelés Madècasses , sont un mélange d’Africains et d’Arabes. La population s’élève à un million et demi, et selon d’autres à quatre millions. Les Français y avaient bâti le fort Dauphin à la pointe méridionale En 1678 les Insulaires égorgèrent la garnison et détruisirent leurs habitations.

( 1 3 6) Le lieu le plus grand de l’île.

(137) Capitale du royaume des Séclaves, le plus puissant de File ; 3o,ooo habitans. C’est à l’Est , à Foul-Point et à Tamatave, qu’abordent ordinairement les vaisseaux européens.

( 1 38) Les îles Comores forment un petit archipel composé de quatre îles , à l’entrée septentrionale du canal de Mozambique. La plus grande de ces îles, nommée Comore , et par les habitans Angazisa , a donné son nom à l’archipeL Ces

Iles sont fertiles en riz, en oranges, limons, sucre, cocos et gingembre,

(139) Les Seychelles sont situées entre Madagascar et la ligne. Celui des Amirautés, composé de beaucoup de petites îles et îlots , dont le sol est bas et marécageux , et celui des îles Mahce , ou Seychelles proprement dites, au N. E. des précédentes, dont la principale donne son nom au groupe. Ces dernières fournissent des cocos et des tortues, et appartiennent aux Anglais.

(140) Les Mascareignes , appelés ainsi de Pierre Mascarénhas, qui les découvrit en i5o5, sont situées à FE. de Madagascar. Elles fournissent du café, du sucre, du cacao, de l'indigo, des fruits du Sud, du froment, des epices, et ont un climat doux. La population se compose de Blancs, de Créoles, de Mulâtres et de Nègres,

C 1 4 1 5 L’ile de Bourbon, remarquable par son volcan, dont les éruptions sont presque continuelles, produit du sucre et des clous de girofle. Elle appartient à la France, et renferme environ 80,000 âmes; .'112 lieues carrées).

(142) L’île de France, cédée à l'Angleterre en 1 81 5 , est moins fertile et moins étendue que celle de Bourbon ; mais elle doit à ses ports et à ses rades une plus grande importance commerciale et militaire- Eile a un sol marécageux; (55 lieues carrées).

(143) L’ile Rodrigue est presque inhabitée, et fournit aux habitans de File de France des tortues, du riz et des fruits. Ce fut une des stations choisies par l’académie des sciences pour l’observation du dernier passage de Vénus.

(144) La terre de Kerguelen ou de la désolation est située dans le grand océan austral, sous le 5oe degré de latitude S. , au S. E. du cap de Bonne- Espérance , et presque à moitié chemin de la Nouvelle-Hollande. Elle est composée de plusieurs îles stériles, d’un aspect sauvage et presque tou» jours environnées de glaces. Le nom de ces îles est celui d’un navigateur français , qui le premier les a reconnues,

(145) Les îles de Tristan d’Acunha ou de la relâche, au S. O. dn cap de Bonne-Espérance, vers le 3y' degré de latitude S. La plus occidentale a 5 lieues de tour; elle est très - montagneuse. Les Anglais y ont formé depuis peu un établissemen.

{146) L’ile de Ste, Hél'ene fut découverte en t5o2 par les Portugais, le jour de la Ste Hélène. Elle est située à une distance de 200 lieues du continent d’Afrique et de plus de 3oo lieues de l’Amérique; elle a 5 lieues de circuit et 2,400 habitans. Son élévation sur un rocher de 2,700 pieds audessus du niveau de la mer la fait apercevoir de fort loin. Des ruisseaux rafraîchissent le sol aride des vallées; mais ils diminuent sensiblement et disparaissent dans les sécheresses , fléau qui a été si terrible en 179! , qu'il a détruit tout le bétail et fait disparaître toute espèce de végétation. L’air y est pur et sain et le climat agréable. L’île est entourée de rochers et d’un abord difficile- Elle est tellement fortifiée par la nature et par l’art qu’elle est censée imprenable, et n’offre qu’un seul mouillage à l’E. appelé Chaytl ÏFalley Bay. Elle appartient aux Anglais. C’est l’auberge maritime des vaisseaux de cette nation, qui se rendent dans l’Inde. Napoléon y fut déposé en i8i5. Sa demeure est à Longwood , dans l’intérieur de File. Cette île est encore remarquable par le séjour qu’y fit, en 1676, sous le règne de Charles II, le célébré Hallay , qui enrichit la science astronomique de 35o nouvelles étoiles, et trouva par la méthode devenue si importante dans la suite , la parallaxe , au moyen de laquelle on est parvenu à déterminer la distance de la terre au soleil.

(147) Voyez la note 146.

(148) Dans une vallée; c’est le seul bourg et le seul port de l’île ; il consiste en une seule rue. De bonnes fortifications en défendent Fapproche,

(149) Si l’on admettait que l'Afrique fut séparée du nouveau monde par une de ces grandes et terribles catastrophes , dont on ne peut assigner l’époque , File de l 'Ascension , de Ste. Hélène etc. seraient d’antiques ruines d’une chaîne de montagnes envahie et couverte par Focéan. D’un autre cote, si Ion réfléchit à l’origine de Santorin dans notre archipel, on peut par analogie se représenter ces deux rochers brûlés comme tout-à coup élevés sur la surface des eaux de Focéan ébranlé dans ses profondes abîmes par les feux souterrains* Quoiqu il en soit de ces hypothèses il paraît constant que le feu est l’agent qui a produit l’une et 1 autre de ces îles ou du moins plusieurs de leurs montagnes. Les rivages de I île de l’Ascension sont couverts de laves et de scories volcaniques

Lo Lun port et la quantité Je tortues énormes et de pigeons donnaient quelque pris, à ce rocher stérile de 6 lieues de circuit, dépourvu d’eau et presque de végétation. En 1816 quelques familles anglaises s’y sont établies.

(i5o) Annobon ou Bouanno, riche en mines, tabac. riz, fruits, canne à sucre etc. Elle appartient aux. Espagnols.

C 1 5 1 ) Cette île qui appartient aux Espagnols, est riche en sucre, cotou, vins, bœufs, moutons, fruits du Sud, etc-

( 1 52) A l’O. de la Sénégambie*

(1 53, Ainsi nommées parce qu’elles sont vis-à-vis du cap de ce nom. Ces îles qui sont à ioo lieues du continent, sont la plupart pierreuses; leur principal commerce consiste en sel, en peaux de chèvres et en volaille. Elles fuient découvertes vers 1460, par Antoine Noli, Génois, an p'vofit du roi de Portugal. On y compte 42,000 habitans.

(164) Ceite île a 5o lieues de tour. Il y croit du coton, des cocos, des orangers, de la garance. On y trouve aussi le palmier et l’arbre à pain.

0 55) Les Canaries étaient nommées par les Anciens Isles fortunées , sans doute à cause de la pureté de leur ciel et de la fécondité de leur sol. Quelques-uns y placent les fameux jardins des Hespérides. Toutes ces îles qui portent les traces manifestes de feux volcaniques , ont 224 lieues carrées , 200,000 habitans , et appartiennent aux

Espagnols, qui les découvrirent en 1405 et qui y ont introduit la religion catholique Le climat est salubre et agréable, et le sol montagneux, entrecoupé de vallées et de plaines fertiles. Elles fournissent du vin , du blë , des frui ts du Sud , du miel, du sucre très-estime, du coton, des dattes, du mastic, de l’orsèille, mouj.se employée dans la teinture, de petits chevaux, des jolis oiseaux nommés serins. Les Indigènes du pays, appelés Guanches, ont été presque entièrement détruits par les Espagnols. Ils enbaumaient les cadavres à la manière des Egyptiens On y a retrouvé un grand nombre de leurs tombeaux et des momies trèsbien conservées. Mr. Bory de St. Vincent , dans son essai sur les îles fortunées etc- recherche l’origine de ce peuple et la retrouve dans les anciens Atlantes , habitans de cette fameuse Atlantide, célébrée par Platon et par tous les Anciens, cherchée par Olaus Rudbeck et par l’illustre et

infortuné Bailly dans les lettres sur l’Atlantide. Ce pays fut submergé , soit par l’affessement des terres, soit par la rupture du détroit de Gibraltar, et ! antique Atlantide disparut ; il n’en resta que les points les plus élevés, qui sont au nord des Azores ; à l’O. les Canaries, au S. les îles du cap vert, autrefois les Gorgades , et le vrai pays des Gorgones.

fi 56) L’ile de Tènérijfe peut être considérée comme une forêt de lauriers, d’arbousiers et de pins, dont les hommes ont à peine défriché la lisière, cl qui renferme dans son centre un terrain nu, rocailleux, également impropre à la culture et au pâturage, au milieu duquel s’élève le redoutable cratère de son volcan; le pic de Teyde ou de Ténériffe, dont la planche XIV indique la hautenr. Mr. L, Cordier lui donne 1,200 toises de tour à son orifice. Mais Ips voyageurs qui ont parcouru cette ife, ont tous parlé avec enthousiasme de la vallée de Tacoronte , cultivée comme le plus magnifique jardin, et où croît l’excellent vin de Malvoisie. En i558 un nouveau volcan s’ouvrit dans l’ile de Palma, et y forma une nouvelle mon* tagne.

( 1 57) L’île Canarie donne son nom à tout le groupe. Elle a 5o lieues de tour et est très-fertile, surtout en grain- On y compte 40,000 habitans.

Ci 58) L ’île de Fera et Ilierro est peu considé. rable; mais elle mérite d’être remarquée, parce que c’est d’elle que la plupart des anciens géographes français comptaient le premier méridien. Le sol de Prie de fer produit principalement des vignes et des figues.

tiSçfi Les îlots de Salvages ont une prodigieuse quantité de serins , qui y placent leur douce postérité sous la protection des rochers et des rescifs.

fi 60) L’ile de I)/ad'ere , celle de Porto-Santo et quelques îlots déserts au N. des Canaries forment un groupe particulier appartenant aux Portugais. Madère est une île charmante, située sous un climat délicieux; elle a 3o lieues carrées, est trèsfertile et abonde en vin, blé, miel, fruits du Sud, bois et orseille. L’abondance des bois, dont elle était autrefois couverte , lui avait fait donner le nom de Madeira. Les habitans, au nombre de go, 000, sont un mélange de Portugais, de Nègres et de Mulâtres , qui professent la religion catholique, Le principal commerce est dans les mains

des Anglais. Les Portugais la découvrirent en »4>9-

(161) Funchal, capitale et siège du gouvernement et d’un évêque. Elle a un port, plusieurs forts et des factoreries anglaises ; (1 5, 000 habitans).

(162) Les îles azores sont appelées aussi Tercères , de la plus grande du groupe, et Azores, de la grande quantité d’éperviers (en portugais Azor ), qu’on y trouva lors de leur découverte. Elles sont situées au N. O. de Madère , ont un climat doux et agréable, un sol marécageux, volcanique, et exposé aux tremblemens de terre; mais fertile en blé. vin, chanvre, lin, miel et fruits du Sud,

Le bétail v abonde. La population est d’environ 180,000 habitans, presque tous Blancs. Elles appartiennent aux Portugais.

C 1 63) Terc'ere a i5 lieues de long sur 6 de large- Elle fournit du bois de construction , du grain, du vin, des fruits, et nourrit du bétail.

(164) Agra , avec un port, est la capitale, le siège du gouvernement et de l’évêque.

(165) Capitale avec un port, des fortifications, des fabriques de chapeaux et de grosses toiles ; 12,000 habitans.

(166I On peut regarder cette île comme un jardin de 3 lieues de long sur 2 de large.

(167) Pico prend son nom du sommet aigu de l’une de ses montagnes, que l’on aperçoit de 25 lieues en mer.

(168) Flores prend son nom de sa belle végétation.

(169) Isle nouvelle, produite en 1811 par l’éruption d’un volcan sousmarin. Quelques géographes pensent que les Azores doiveut être classées parmi les îles qui appartiennent à l’Europe.

L AMÉRIOUE EN GENERAL.

1/ AMÉRIQUE , la plus grande des cinq parties du globe , forme un continent qui occupe à lui seul l’hémisphère occidental. On l’appeüe aussi nouveau continent ou nouveau-monde, et quelquefois aussi indes occidentales ou petites indes (par opposition aux indes orientales ou GRANDES indes, qui sont en Asie) ; mais on entend plus particulièrement sous ce nom d’Indes occidentales la masse d’iles situées entre les deux grandes parties de ce continent, qu> fut découvert en 1492 par Christophe Colomb. Ce célèbre Génois , par cette justesse d’esprit et de raisonnement que donnent les connaissances mathématiques, calcula très-bien que si notre terre était un globe, comme cela lui demeurait prouvé, nous n’en connaissions encore qu’une partie, et qu'en partant de notre Europe et gouvernant toujours vers l’Occident, il devait ou rencontrer de nouvelles terres, ou arriver aux côtes orientales de l’Asie. Frappé d’une idée aussi heureuse et aussi simple, il s’adressa successivement à Gênes sa patrie, à la France, a l’Angleterre et au Portugal, demandant partout qu’011 lui donnât les moyens d’exécuter ce qu’il avait conçu; mais partout il fut repoussé comme uu insensé. Enfin l’opiniâtre Colomb, après huit ans de sollicitations, l’emporta sur la reine Isabelle de Castille. Il part t le 2 Octobre 1492, avec quelques vaisseaux, et après une navigation de trente-trois jours, pendant lesquels les mutineries continuelles de son équipage, qui le regardait comme

an Fou. l’avaient exposé à un danger journalier, il aborda à File de guanahani, l’une des Lucanes, que sa position personnelle lui fit appeler saint-Salvador ; car il allait infailliblement périr de la main de ses gens, s'il n'eût enfin rencontré la terre. De cette petite île, Colomb aborda dans une autre grande et peuplée, appelée par les habitons haïti , et qu’il nomma hispaniola (aujourd hui St. Domingue). 11 y établit une colonie et retourna en Espagne. Après plusieurs voyages de ce navigateur, qui dans un troisième trajet découvrit le continent, Améric Vespace, aventurier de Florence, marchant sur les traces de Colomb, pénétra plus avant que lui, publia une rélation de son voyage, la première qui ait paru au sujet du Nouveau-monde, et en donnant son nom à I’amérique, il usurpa un honneur qu’avait mieux mérité le bon, l’honnête, le digne Colomb, qui mourut en Espagne en i5o6, après quatre voyages consécutifs, entremêlés de tout ce que l’envie, les dégoûts, l’ingratitude et les injustices ont de plus amer. Ainsi, comme le dit un historien, le premier instant où l’Amérique fut connue du reste de la terre, fut marqué par une injustice, présage de toutes celles dont ce malheureux continent devait être le théâtre.

Les bornes du Nouveau-monde sont à l’E. l'immense et tempétueux océan atlantique, qui la sépare de l’ancien ; à l’O. et au S. le vaste et paisible océan pacifique ; au N. les glaces du pôle arctique.

Situation et étendue. — Elle s’étend au N. jusqu’au-delà du 80e degré de latitude septentrionale, et au S. jusqu’au cap horn , vers le 56e degré de latitude méridionale, ce qui fait qu’elle comprend au moins i36° de latitude, et lui donne plus de 3,400 lieues du N. au S. Elle touche au N. O. au 170e degré de longitude orientale, et vers le S. E. à peu-près au 58° degré aussi de longitude orientale; de sorte qu'elle comprend environ i.5a° de longitude. Sa plus grande largeur, prise du N. O. à l'E. dans l’Amérique septentrionale, depuis le cap newenhaji jusqu’au détroit de belle-isle, est de plus de 1,400 lieues.

Surface et population. — L’Amérique étant, ainsi que l’Afrique, en grande partie inconnue aux Européens, on ne peut évaluer que par aperçu sa surface et sa population. Comme ce continent parait au moins aussi étendu que l’Europe et l'Asie, prises ensemble, on peut porter sa surface à au moins i,5oo,ooo lieues carrées. Quant à sa papulation, on l’estime à plus de 5o a 60 millions d’habitans.

Division. — La nature elle-même semble avoir partagé l’Amérique en deux grandes presqu'îles ou deux co tiuens , qui se joignent par une espèce d'isthme d’environ 5oo lieues de long, et dont la partie la plus étroite, appelée isthme df panama. ou de darien, n’a pas plus de îy lieues de largeur. Cette situation a déterminé la division de cette partie du globe en Amérique septentrionale et en Amérique méridionale.

Le sol est eu général très-fertile, et produit abondamment tout ce qui est nécessaire à la vie. Une terre partout arrosée et fécondée par des fleuves nombreux; des colonies et des nations européennes; partout des peuplades barbares sans annales et sans souvenirs, peu nombreuses, peu dignes d’attention, au milieu d’elles deux royaumes anéantis (ceux des Mexicains et des Péruviens) , dont la civilisation était peu avancée et récente, et dont les habitans sont aujourd’hui mêlés, incorporés avec leurs vainqueurs,

dont ils ont adopté la langue, la religion et les, mœurs; un très-petit nombre de villes importantes, isolées dans l’espace; de grands fleuves, des forêts immenses, des plateaux dispersés par étages sur la pente des longues et hautes Cordillières ; offrant sous une même zone toutes les températures et tous les climats; des mers intérieures, de vastes lacs, des plages basses et des terrains inondés; des chaînes entières de volcans redoutables; une nature parée de toute la fraîcheur d’une végétation vigoureuse et surabondante, mais inculte, sauvage et gigantesque; tels sont les principaux traits que nous offre le Nouveau-monde, que nous allons faire connaître avec plus de détail. (Voy. pour les peuples la page 70 et suivantes de la première partie de ce Porte-feuille).

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