AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
Situation, étendue, sol, climat. — Ce continent forme une grande péninsule, d'une forme à-peu-près semblable à celle de l’Afrique. Elle a environ 1700 lieues du Sud au Nord, depuis le cap horn jusqu’au cap de la vêla, et la plus grande partie prise de l’E. à l’O. depuis le cap st. roch jusqu’à celui de la-acuja, est de près de 1200 lieues.
La plus grande partie de ce continent est située dans la zone torride, et c’est assez dire que la chaleur y est très-considérable. Cependant plusieurs vastes régions (principalement celles qui sont voisines des hautes montagnes, et en général tout ce qui est au-delà du 10e parallèle méridional) jouissent d’une température douce et agréable, d’un air pur, et pour ainsi dire, d’un printeins perpétuel. Mais, en-deçà de cette latitude , le climat est généralement très-chaud , et en même tems dans plusieurs contrées (surtout aux environs de la ligne et dans presque toute la partie au-dessus) excessivement humide et mal-sain , à cause des pluies fréquentes qui y tombent ordinairement
par torrens, et souvent (mais particulièrement dans le tems des équinoxes) au milieu d’ouragans, d'orages épouvantables et très-désastreux.
Pour ce qui est de la partie située dans la zone tempérée, on sent que le climat y varie à raison des latitudes c’est-à-dire, qu’il devient de moins en moins chaud, à mesure qu’on s’éloigne de la zône torride, ou qu’on approche de la pointe méridionale du continent qui est extrêmement froide.
Le sol est en général d’une grande fertilité, même prodigieuse dans plusieurs parties, exception faite des montagnes (principalement celles qui renferment des mines1, des contrées non arrosées etc.; mais notamment des bords de la mer du Sud, qui n’offrent guère dans presque toute l’étendue de la côte qu’un sable aride et à peu -près stérile, surtout au Pérou et au Chili, pays où il pleut très-rarement.
Les principales productions sont r beaucoup de grains, entr’autre le maïs; grande abondance et variété de fruits exquis et de légumes; sucre, cacao, cochenille, coton, tabac, vanille et autres aromates; miel et cire, vins et eaux-de-vie, bois de teinture et autres drogues médicinales, telles que le kina, le ialap, Pipécacuanah, le baume du Pérou, celui de copahu etc.; des pâturages immenses, remplis de bestiaux de toute espèce, qui y vivent dans un état à peu-près sauvage, et sont en si grand nombre que dans beaucoup d’endroits, on les chasse uniquement pour en avoir la peau. Mais cequi surtout rend ce continent précieux aux yeux des Européens, ce sont les mines d’or et d’argent, dont il abonde et qui ont fourni la plus grande partie de ce qu’en possède l’Europe. On a évalué, en 1812 , la somme de l’extraction annuelle de l’Amérique à près de 170 millions, dont 120 pour la Nouvelle-Espagne seulement. L’extraction totale, depuis la découverte jusqu’à l’année indiquée plus haut, est portée à plus de 3o milliards. Il est à remarquer que les groupes métalliques des colonies espagnoles de l’Amérique septentrionale et ceux de l’Amérique méridionale se trouvent à peu-près à la même distance de l’équateur. Le Pérou passe pour renfermer les plus abondantes, parmi lesquelles on distingue pour l’or celles de carabaya, et pour l’argent celles du poiosi. Un grand nombre de rivières, principalement au Brésil et au Chili, charient, dans leur sable, de la poudre d’or en quantité. Elle contient en outre différentes sortis de mines, comme cuivre, étain, flomb, mercure, aimant, soufre, vitriol, etc. , diamans et autres pierres précieuses. On y trouve aussi des perles. C’est encore dans ce continent et parmi les mines d’or (spécialement celles de santa-fé, au nouveau royaume de Grenade, et celle de choco au Pérou) que se montre le platine, métal très-rare, connu comme tel depuis environ cinquante ans , qui possède plusieurs des propriétés de l’or, ee qui lui a valu aussi le nom d'oa blanc, mais en ayant de particulières, qui le rendent très-utile et précieux.
Montagnes. — L’Amérique méridionale possède du Sud au Nord, dans toute sa longueur, l’immense chaîne des andes ou cordillieres , qui occupent environ i5oo lieues depuis le détroit de Magellan jusqu’à l’isthme de Panama, et dont la moitié de sa hauteur est perpétuellement couverte de neiges et de glaces. (C’est au voisinage de ces glaces qu’est dû, en grande partie, le climat tempéré dont jouissent plusieurs contrées situées sous la zône torride, entr’autres le Pérou et le royaume de Quitoj. II y a dans
toute la longueur de cette chaîne différens monts ou pics, plus eu moins élevés (voyez la planche XIV). La plupart sont ou ont été des volcans, dont le nombre se monte à environ cinquante (quatorze enflammés dans le Chili, et six dans le royaume de la Nouvelle-Grenade). La seconde chaîne principale de ce continent est la chaîne orientale ou atlantique, moins élevée et moins allongée que la coudillière des andes. Elle s'étend entre les embouchures du fleuve sr. François , vers le 6e degré de latitude sud jusqu'à la rivière de la plata, au 34e degré. Elle se rapproche d'autant plus du rivage de l’océan, qu’elle court plus au Sud; elle ne forme pas une chaîne continue, comme les Alléghanys, les Andes et les monts rocheux; mais les montagnes qui les composent, sont groupées en nœuds ou en chaînes parallèles, et suivent souvent diverses directions.
La chane transversale ou centrale qui court de l’Est à l'Ouest, entre les 10e et 20e degré de latitude, unit sous différens noms les deux grands systèmes dont nous venons de parler. Le vaste plateau du matto grosse, entre les 10e et 20e parallèles méridionaux, rattache la chaîne centrale à la grande chaîne des Andes , dont le principal nœud est la paz.
Deux autres chaînes transversales, ou dirigées de l’O. à l’E. , se font remarquer dans le nord de ce continent. La plus septentrionale parait comme un embranchement des Andes, qui se détache près de popayan, décrit un grand arc de cercle vers le N., entoure le lac Macaraïbo, s’approche près de la côte, et se recourbe au S. pour aller rejoindre le delta de l’Orénoque: c’est la chaîne de la nouvelle-grenade. L’autre chaîne s’étend près de l’équateur, de l’E. à l’O., depuis l’estuaire du grand fleuve des Amazones jusqu’aux sources de l’Orénoque; c’est la chaîne de guiane.
Plateaux. — Les plateaux de l’Amérique méridionale sont encore plus élevés que ceux de l’Amérique septentrionale. Celui du royaume de quito, et plus au N. celui de la province pastos , où la Cordillière se divise en trois chaînes, atteint une élévation de 8,400 à 9,000 pieds.
Caps. — - Du N. O. au N. E. le cap vêla, la pointe de barrima à la droite de l’Orénoque, le cap noir, le cap sr. roch; du N. E. au S. le cap st. Augustin, le cap st. ihomas, le cap frio , le cap st. antoine , la pointe rubis, le cap des deux baies, le cap blanc, la pointe désirée, le cap watchman, la pointe st. julien, la pointe ste. croix: le cap horn dans l’île l’Hermite ; du S. E. au N. O. le cap noir , le cap filares , la pointe quedal, la pointe de baca, la pointe de choros, le cap jorgo, le cap mexillones, la pointe quebrada de pisagua, la pointe d’AGUJA, le cap blanc, le cap ste. hélène, le cap st. Laurent, le cap fasado, le cap st. François, le cap corrientes, la pointe mala etc.
Isles. — Voyez le tableau sommaire des pays de l’Amérique méridionale.
Lacs. — Si l’Amérique septentrionale est remarquable par la quantité de ses lacs, l’Amérique méridionale ne l’est pas moins par leur rareté. Les principaux sont le lac MA.RACAÏBO (5o lieues de longueur sur 5o de large); il communique avec la mer, mais ses eaux sont douces; il peut porter des bàtimens de la plus grande capacité; le lac zafatora à l’ouest de celui de Macaraibo; le lac parime dans la Guiane espagne (i5 1. sur 8); le lac chuquito ou titicaca (40 1. de circuit, Coo p. de profondeur); le lac xarayes dans la vice-royauté de Rio de la Plata , formé par le cours de toutes les eaux
produites par les pluies abondantes (6 o 1. de long, sur 20 de large). Comme il est peu profond, il n'est pas navigable; il est même à sec la plus grande partie de l’année, et couvert de plantes marécageuses; le lac ybera dans le Buenos-Ayres; le grand lac patos au S du Brésil; de mini ou marin neutral au S. du précédent, etc. etc.
Fleuves et rivières. — Les diverses chaînes de montagnes décrites plus haut indiquent assez les pentes principales et les cours des fleuves qui s’écoulent dans les vastes plaines de ce continent.
Le fleuve des amazones, nommé aussi orell/na ou marannon, est le plus grand qui existe sur la terre. La source de ce grand fleuve est considérée, comme étant celle de Fa ru r imac , près de Farequipa, à 160 de latitude sud, et à l’0. du grand lac Titicaca ; mais le béni qui, ainsi que l’Apurimac, contribue à former le paro, réclame l’honneur d’une source plus reculée encore, puisque ce fleuve descend du 18e degré de latitude sud , à l’O. du lac Titicaca , et entre la Paz et Oropeza. Les rivières les plus considérables qui, outre le paro ou Fccayal, contribuent à grossir le Marannon à sa sortie des montagnes, sont la huallagua et la tonguragua qui viennent du Sud, et le tigre, le napo, le putumayo ou ica, et le j u pu ra, qui coulent du N. O. C’est avant d’avoir reçu tous ces fleuves, immédiatement au sortir de la chaîne des Andes et après la jonction de la tunguragua et du rio marana, à 4-j degrés de latitude sud, à 78° de longitude occidentale, que ce roi des fleuves du Nouveau -monde prend le nom qu’il porte. Il reçoit de la chaîne centrale ou transversale, ou des flancs nord du grand plateau du plateau de Matto Grosso , une prodigieuse quantité de fleuves qui coulent directement du S. au N., et parmi lesquels on distingue le rio madeïra, le rio tapajos et le Rio xinga; et de la chaîne de Guyane le rio negro, et d’autres moins considérables qui coulent du N. au S; mais l’Amazône avant de se perdre dans son embouchure, se trouve divisée dans son cours par l’ile St. Jean qui occupe le milieu de son vaste estuaire, et le canal qui est au sud de cette île, reçoit lui-même un grand fleuve, le para qui, formé par Faraguay et le tocantin, coule du S. au N. ainsi que les autres aftluens de FAmazône. A l’est de l’embouchure du fleuve des Amazones, la rivière parnaïba et le gouroupy sont les dernières de quelque importance, qui proviennent de la chaîne centrale et qui se déchargent sur la côte nord. Entre les deux rivières sont celles de finare et de miarim, qui forment le petit estuaire, auquel on donne le nom de riviere
de MARANHAM.
L’orÉnoque est produit par les nombreuses rivières qui coulent de la chaîne de la Guiane et de celle de la Nouvelle-Grenade. Ce fleuve descend d’abord de sa source vers le S., tourne la sierra parima et remonte au Nord, et en décrivant une immense spirale, et recevant de chaque côté de nombreux affluens, il se dirige, au 7e degré de latitude , vers l’Est , et se divise en un vaste delta entre la pointe barrima et le golfe de paria. Le casiquiaré joint l’Orénoque au rio negro , l’un des grands affluens de FAmazône.
Les monts qui , près de fopayan , forment la jonction des Andes et de la chaîne de la Nouvelle-Grenade, fournissent les sources des rivières canca et de la madeleine, dont les cours peu éloignés l’uu de l’autre , et séparés entre eux par une haute chaîne de
montagnes, et encaissés dans deux longues vallées, se dirigent parallèlement du Sud au Nord, et se réunissent avant de se jeter dans la mer. La madelaine donne sou nom. au courant commun.
EnWtt-S ' CofitltîiéTes- d"0 nt nous venons de parler, sont contenues- trois larges et profondes vallées: celle de i'Qrénoque, de Rio-Negro, de la rivière des Arnazônes, et celle des Pampas de Bueuos-Ayres. Toutes s’ouvreut a l’Est, mais sont fermées à l’Ouest par la longue chaîne des Andes. La vallée du milieu, ou celle des Ainazônes, est couverte des forêts si impénétrables , que les rivières seules y forment des chemins. Au contraire, celles de POrénoque et des Pampas sont des plaines couvertes d’arbres, de savannes, qui ne contiennent que quelques palmier» épars. Elles présentent les mêmes chaleurs, le même manque d’eau que les déserts d’Afrique; quelques-unes sont si unies, que, dans un espace de 800 lieues carrées, souvent on ne trouve pas une inégalité de plus de 8 ou 10 pouces de hauteur. Des parties voisines de montagnes de 5, 000 toises de haut, n’ont que 40 a 5o toises d’élévation au-dessus du niveau actuel des eaux. La pente de ces Llanos est si douce, les inégalités en sont si peu sensibles, qu’un rien détermine une rivière a couler de tel où tel côté.
De la chaîne atlantique et de la chaîne centrale ou transversale coulent toutes les rivières qui donnent naissance au grand fleuve st. François, qui se décharge vers l'Est p„r une seule embouchure. La paraiba a sa source dans lu chaîne atlantique, et coule droit a l'Orient dans l’océan.
La célêïre Rio (ou la rivière) de la flata (rivière d’argent), est formée par trois grandes rivières du tarana, qui', après avoir formé une chute ou cascade remarquable (celle de canendiyu ou guayra), reçoit le Paraguay du Nord (qui, avant cette réunion, a reçu lui-même à droite le pilcomayo et le rio grande ou vermeyo'1, se détourne vers l’Est, se grossit des eaux de I’uraguay, en versant les siennes dans le vaste estuaire qui prend le nom de rio de la plata , depuis la nier jusqu’à la ville de Buenos ayres, au-dessus de laquelle il est appelé paranna. Ces rivières, ainsi qu’un grand nombre d’autres tributaires de la Rio de la Plata, coulent de la Cordillière des Andes,: de la chaîne centrale , ou des flancs méridionaux du plateau de Matto Grosso , etc. etc. La Rio de la Plata et la plupart des rivières qui la composent, éprouvent, comme le Nil,
des débordeinens périodiques , qui fertilisent considérablement les terres qui en sont
arrosées.
Les rivières qui sont au sud de Rio de la Plata, ont des cours très-bornés; elles coulent toutes au Sud. Cependant la rivière de mendoza ou de rio-colorado se fait remarquer par la longueur du trajet qu’elle parcourt, et rio-nogro plus au Sud, etc.
Golfes et baies. — Le golfe de panama, la baie de choco, le golfe de guayaquil, le golfe de penas, la grande baie, le golfe de st. Georges, Je golfe de st. mathias, la baie
de P Assomption , le golfe de caria, le golfe de camana , le golfe de triete, le golfe de
maracaïbo , la baie de la madelaine, le golfe de carthagene, le golfe de darien, etc.
Détroits. — Le détroit de Magellan entre la terre mhgellanique et la terre de feu, découvert en 1619 par Fernando hlagalhaens ; le détroit de le maiUe entre la terre de feu et l'ile des états.
Tableau sommaire des pays de l’ Amérique septentrionale divisée en.
cinq contrées.
Le Groenland (a).
Gotthaab. Julianshaab.
Lichteufels.
Friederichshaab.
Contrées du Nord/ ou (Tes Lacs.
Pays autour de la baie d’Hudson (3) <
F a Nouvelle-Bretagne ........
| Lé Labrador (4).
La terre de Baffin (5).
Le Canada (6)
ïslee ........
Contrées du Sud, ou viceroyauté de la Nouvelle- Espagne.
Le Vieux-Mexique , ou la Nouvelle Espagne (16) . . ,
! Le Nouveau-Mexique
| Les deux CaHfornies divisées en i5 In tendances; savoir:
Le Texas (63) . - .
La Capitainerie de Guatimala , comprenant (.64) . >
Contrées de l’Est.
ées > ist. C
Isles . 4 ..... .
Etals Unis (4) djvisés en ao provinces ; savoir ......
Le Nouveau-Brunswick (10), .
LaNouvelle-Ecôsse ou Acadie u 1) ly L’arcinpci des Bermudes. . .. .
James (12) . . .''f
Terre-neuve (New-Foun J-Land)
St. Pierre et St. Miquelon (14).
Anticosti. -
St. Jean-
L’iie royale ou le cap Breton (i5).
de Mexico
de la Puebla ou Tlascala . .
de Guanaxuato ....... t
de Valladolid • . •
de Quadalaxara .......
de Zacatéeas . . ... ... .
de Oaxaca ou Cuaxaca . . .
de Mérida ou Yucatau . . .
de Yera-Cruz
de San-Luis de-Potosi ....
de Durango .
du Nouveau Mexique. ....
de la Yieille-Califomie (3o).
de la Nouvelle-Californie (30.
Ancien champ d’Azile.
Le Guatimala proprement dit.
Le Chiapa ...........
Le Yerapaz . . .- .
Le Honduras . . .
Le Nicaragua (3y) .
La Costa Rica (38) Le Yeragua (3g) .
Revilla pigigedo, New-Hjmpshire .
Maassch lisse t. ...
Rbode-Island . . ,
Nouv. Galles septentO lonneremarqueque
Nouv. Galles mérid’' ? ‘fL,fo5tt d Albany* 3 d York etc.
haut . . York (7), Iving'son.
bas. Quebeci 8), M mtréalig . Trois riviftret. Brunswick, cap. Chelbura.
flallijax, Anapolis.
aux Anglais, qui y ont établi una colonie» Nort-Main-Southampton.
Plaisance, cap. St Jean, port,
an milieu de l’embouchure du fleareSt.La.cr Louisbourg, port,
Mexico (17I, Queretaro, Acapulco.
Puebla de los Angelos , Choluld (t8), Guanaxuato (19), San-Miguelel Grande^ Valladolid (3).
Quadalaxara (2 1 ),
Zacatéeas (22).
Oaxaca (2.3).
Mérida, Campêche (243.
Vera-Cruz (26), Xalapa (26).
San-Louis-de-Potosi, Catorce (27).
Durango, Sonora, Culiacan.
Santa-Fé (29), Albuquerque.
Loretto-
San-Carlos-de-Montercy (02'. Sau-Fraucisco, Guatimala (35),
Chiapa des Indiens, Chiapa des Espagnols ou Chiudad-Piéal- Verapaz.
Truxillo (36).
Léon, Grenade.
Carthage,
San-Yago,
Portsinout .
Boston (41)»
lYewport.
ni.
Contrées { de l'Est.
I États-Unis etc.
Les Florides (53)