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PARTAGÉS EN TROIS CLASSES

Amérique septentrionale.

Les habitans du nouveau monde peuyent se partager en trois classes: les européens. les indigènes et les nègres esclaves.

Parmi les Européens on distingue les blancs nés en Europe d’avec les créoles, qui sont nés en Amérique; mais ce dernier nom n’est employé que dans les colonies espagnoles et dans les Antilles. Les chapetons sont des hommes nés en Espagne, qui ont été s'établir en Amérique. La supériorité que les Chapetons affectent sur les Créoles, ceuxci la prennent sur les métis, qui sont les descendans des blancs et des indigènes: les mulâtres résultent du mélange des blancs et des Nègres, et les zambos de celui des Nègres avec les indigènes. Parmi les Européens, les plus nombreux sont les anglais dans les États-Uunis, dans les contrées de l'Est et dans le centre; les espagnols dans la

Nouvelle-Espagne, dans les contrées du Sud; les français du Canada dans les contrées du Nord. Les nègres transportés d’Afrique dès l’an ioo3, forment la principale masse de la population dans le grand Archipel des Antilles. Depuis quelques années ils sont seuls maîtres de Saint-Domingue ; mais dans les Antilles ils sont sous la domination des blancs, principalement des Anglais, des Espagnols, des Français, des Danois et des Hollandais.

Quant à la classification des peuples de Famérique septentrionale, il résulte des efforts infructueux qu'on a faits pour y réussir, cette vérité certaine que les peuples de l’Amérique septentrionale sont de la même race que les peuples du nord-ouest de l’Asie, et que les faits semblent prouver que les races du Nord et celles du Sud doivent être différentes. Les principales qu’on a observées, sont: au nord, dans le Groenland et sur les terres de Hudson et du Labrador, les grœnlandais (110) et les eskimaux (m) à cheveux noirs et à visage plat, qui appartiennent à la race polaire des lapons en Europe et des SAMorÈDES en Asie; les eskimaux dressent leurs tentes le long de l’Océan arctique; Les hurons (120) habitent plus au sud à l’est du lac de ce nom; les iroquois qui forment cinq nations; les autres peuplades s’étendent vers le lac Ontario; les sioux (120); les chipa ways , de même que les Sioux, divisés en plusieurs tribus; la plus célèbre est celle des algonquins (122); les miamis près du lac Erié et sur le Wabach ; les apalaches (i5o), les chikaras et les chactas à l’embouchure du Mississipi ; les mandanes sur les bords du Missouri; les ossages (127) et les pawnis à l’ouest du Missouri et du Mississipi; les caraïbes (i3i ou araouks; les chochonises dans la chaîne des monts rocheux (118). Ils forment, en quelque sorte, la nuance des peuples des régions du centre et de celles de l’Ouest. Les solkuks à l'ouest des monts rocheux; ils ont le crâne tellement plat, que son sommet est sur une ligne perpendiculaire à celle du nez. On a trouvé dans les monts rocheux un village nommé tchoppounichs , qui contenait toute la nation des tchoppounichs. Le village ne consistait lui-même qu’en une seule maison bâtie en terre et en bois, qui a i5o pieds de long. Les tribus les mieux connues de Nootka et de la Californie, sont les ramsens et les escelens aux environs de Monterey. Les principales tribus, qui résident de l’autre côté des montagnes, sont les kiaways; les attaches (128); les atzèques ou mexicains ( 1 53) paraissent être originaires d’un peuple qui, des bords du golfe de Californie, s’est avancé vers le Sud. La plus grande partie des naturels du Nouveau-Mexique a été civilisée, et dans ce qui reste des vingt-quatre tribus anciennes, les xérès, forment une des plus puissantes.

Amérique méridionale.

Si on excepte quelques petites portions sur la côte ou dans la Guyane, où les hollandais, les français et les anglais se sont établis, on peut considérer que toutes les contrées civilisées de l’Amérique méridionale sont occupées par des habitans de la péninsule hispanique, ou par des espagnols et des portugais ou des descendans de ces deux nations européennes. Les premiers dominent dans toute la partie occidentale; l’extrémité sud ou la Patagonie est entièrement occupée par les indigènes. C'est en se mêlant avec ces derniers, que les portugais et les espagnols ont formé une race mixte. La race negre transportée dans ces

contrées par ïes européens, s’y est considérablement multipliée, et forme même dans la guiane une république indépendante, composée d’esclaves révoltés ou affranchis, dont le nombre se monte à plus de 20,000 individus. Parmi les indigènes divisés en un grand nombre de petites peuplades, les moins féroces et celles qui se civilisent le plus facilement, sont les guaranis (149)? les toupis (147), dont les langues sont les plus répandues dans la partie orientale du continent de l’Amérique septentrionale, ainsi que celle des omaguas (140). Les mœurs douces et aimables des péruviens (145), aujourd’hui mêlés avec les Espagnols, leurs vainqueurs, ont agréablement occupé le burin de l’histoire et les pinceaux des romanciers. Dans la Nouvelle-Grenade, les moscos (1 3g) approchaient beaucoup de la civilisation des péruviens. On a récemment visité plusieurs nations jusqu’ici inconnues, qui sont répandues entre la Tungaragua et le Marannon. Les carapachos et les chipeos sont aussi blancs que les Allemands en Europe, et ainsi que les moyoranas, ils ont une barbe touffue, caractère qui se trouve encore parmi les topinambous (141) du Brésil, et d’autres indigènes du Nouveau-Monde. Les cassibos sont accusés d’Antropophagïe, ainsi que les carapachos; ceux-ci forment la plus belle race du monde, suivant les missionnaires qui comparent leurs femmes aux Circassiennes et aux Géorgiennes. Plus au Sud sont les nombreuses tribus des moxos (140) et des chiquitos (146) etc. A l’est de Quito et sur les bords du Marannon, jusqu’à l’embouchure de Ric-Negrc , sont les maynas, au nombre de 18,000; ils ont été convertis au christianisme. Les omaguas (140), qui apla? tissent extrêmément la tête de leurs enfans ; les yameos à l’est des Omaguas; les achaguas sur la rive gauche de l’Orénoque sont, comme les salivi , un peuple doux, et propre à l’agriculture etc. Plus à l’est sur l’Oréuoque sont les ottomaques , race farouche, sale et indolente; ils mangent une certaine terre glaise qu’ils pétrissent en boules de quatre à six pouces de diamètre, et qu’ils brûlent extérieurement à petit feu jusqu’à ce que la croûte devienne rougeâtre. Avant de manger ces boules, ils les humectent de nouveau. Il est remarquable que les ottomaques en mangeant une si grande quantité de terre, n’en éprouvent aucune incommodité. On a retrouvé l’usage de cette nourriture parmi quelques autres tribus du Nouveau-Monde, chez quelques Nègres de la côte de Guinée, parmi les insulaires de Java, dans la Nouvelle-Calédonie, et même en Europe dans un canton de la Haute - Lusace. Mr. Vauquelin a trouvé du cuivre en assez grande portion dans le talc friable, dont les habitans de la Nouvelle-Calédonie font usage pour appaisser leur faim. Dans une plaine boisée, qui est entourée par quatre rivières, l’Orénoque, l’Atapabo, le Rio-Negro et le Casiquiaré, on trouve des rochers qui sont couverts de figures symboliques colossales, représentant des crocodiles, des tigres, des ustensiles de ménage, et les images du soleil et de la lune. Ce coin de terre est aujourd'hui inhabité dans une étendue de plus de §00 milles carrés, et n’est fréquenté que par des troupes de singes qui vivent en société, et de tapirs. Les peuples qui entourent ce district, sont ravalés au degré le plus bas de la civilisation; elles attestent donc le séjour d’un peuple plus civilisé, qui aujourd'hui n’existe plus dans ce canton. Vers l’Est dans la Guiane sont les galibis (i38), doux, humains et faciles à civiliser, ainsi que les araouaks. Il ne faut pas confondre avec les derniers les caraïbes ( 1 56), remarquables par leur bravoure et leur caractère intraitable. Les worrows, entre Demerary et Surinam, remarquables par la beauté de leurs traits, ainsi

que Tes araouaks et les guaraunas. Parmi les nations sauvages du Brésil on doit nommer les toupis (147), les topinambous (141) et les marjats, remarquables par leur férocité. Les pétivars au N. E. sont doux, hospitaliers; les maris se mettent au lit, et se font soigner lorsque leurs femmes sont accouchées. Le peuple le plus nombreux et le plus intéressant à connaître dans les contrées centrales, sont les guaranis (149), qui se divisent en trois classes; savoir les guaranis méridionaux ou proprement dits; c'est des individus de cette nation que se composaient les célèbres missions des Jésuites dans le Paraguay; les guaranis occidentaux, qui s’étendent au N. O. jusqu’aux bornes du Pérou, et les guaranis septentrionaux ou les toupis. Les nations de ces contrées ent coutume de se percer la lèvre inférieure pour y introduire un corps quelconque de bois, de gomme ou de pierre. Cet usage, en apparence si bizarre, de se percer les oreilles, le cartilage du nez, les lèvres, se trouve différemment modifié chez presque tous les peuples sauvages des huit parties du globe. Dans les contrées méridionales , les araucans forment la nation la plus nombreuse. Cette liberté qu’ils avaient défendue contre les péruviens, iis l’ont conservée, malgré les attaques répétées des espagnols; et après une guerre opiniâtre, ils ont forcé en 177a les fiers conquérans du Nouveau-Monde à recevoir un ambassadeur de leur nation, en résidence à saint-jago. Ils possèdent la contrée fertile entre les rivières Bobbio et Valdivia- Les molluches, les puelches ( 1 5 1 ) , les pampas, les hueeches, les tehuelhets, répandus à l’est de la Cordillière et dans les plaines orientales de la Patagonie, paraissent tous issus des aucas. Les tehuelhets ou patagons sont justement célèbres par leur haute stature ; des mesures exactes ont démontré que leur taille ordinaire est en six et sept pieds. A l’extrémité du continent et sur la côte Ouest, sont les caucaes, les huillis et les poyas. Aucune de ces tribus n’est féroce, et en général c’est dans les contrées du Sud que se trouvent, sur ce continent, les peuples indigènes les plus dignes de fixer l’attention et les plus propres à recevoir les bienfaits de la civilisation.

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