PEUPLES DU MONDE MARITIME
La populatiou du monde maritime se compose de trois races; i.° les malais, à demicivilisés ; 2.° les colons civilisés, originaires d'Europe et d’Asie, et 5.° les indigènes df. l'intérieur, presque partout entièrement sauvages.
Archipel de notasie.
La race malaye parait originaire de Sumatra; elle s’est répandue dans la presqu'île de malakka et dans toutes les îles du monde maritime. Elle se distingue par une couleur jaune basanée, les cheveux noirs, mous, épais, abondants et frisés; la tête rétrécie «in sommet, le front un peu bombé, les os de la pommette arrondis et point saillans,. mais la mâchoire supérieure un peu portée en avant v le nez gros, aplati, sans être ni épaté, ni camus..
Différentes races asiatiques et européennes se sont mêlées avec les Malais; mais il n’y a eu presqu’aucun mélange parmi les tribus natives de l’intérieur, qui offrent dans chaque île des différences très-prononcées; plusieurs d’entre elles paraissent appartenir à la race des Noirs à cheveux laineux de papou et d'autres îles de l’Australie. Les espagnols ont en partie peuplé luzon, panay, mindoro et mindanao. Les portugais, les hollandais et les anglais se sont répandus dans les chaînes d’iles sumatriennes et bornéenes , et principalement dans les îles de Sumatra, de java, de bornéo et des moluques. Les Espagnols ont seuls formé des établissemens dans les îles philippines. Des chinois et des japonais, issus des plus basses classes, exercent leur industrie mercantile à java et à bornéo. On trouve, dans l’intérieur de l’île de Sumatra, trois peuples principaux, les battas (i65) au Septentrion; ils sont cannibales; les redjangs, petits, minces, à teint jaune, dans le voisinage de Bencoulen. Les lampongs ou indigènes du Sud. Les macassars (162) et les bouguis , habitans des îles célèbes. Presque toute la population de java se trouve aujourd’hui mêlée avec les malais, ce qui a formé une race mixte, dont les individus ont un teint plus jaune que celui des malais. Dans l'intérieur de timor, indépendamment des races malayes et européennes , on trouve dans l’intérieur une race d’hommes noirs ou de nègres océaniens. Les indigènes de l'intérieur de bornéo paraissent aussi malais d’origine. L’intérieur de cette île recèle une race de nècres océaniens. Les indigènes d’origine malaye. qu’on trouve aux philippines , ont dans leurs moeurs une telle ressemblance avec ceux de Sumatra, qu’on ne peut douter qu'ils ne soient issus d’une souche commune; ils se divisent en deux classes, les tagaliens (166) et les bissayens. On trouve une autre race de couleur noire, qu’on nomme ygorates, finguianes, calingas, italones, dans l’île de luzon et haraforas dans l’ile de mindanao. Ces nègres océaniens sont moins noirs que les Nègres de Guinée, et ont les cheveux longs et laineux.
La Polynésie.
Cette partie du monde maritime est presque entièrement peuplée par des habitans malais d’origine , mêlés avec quelques nègres océaniens, qui sont probablement les restes de la population primitive. Si on excepte ce petit nombre d'indigènes , malgré les grands espaces de mer qui séparent ces îles, la ressemblance des traits physiques, des langues, des usages, des mœurs et des habitudes de ces différens insulaires, démontre qu’ils appartiennent à une seule et même race. Indépendamment de celte communauté d’origine, il est encore des indices qui montrent entre les naturels de quelques-uns de ces Archipels une parenté plus étroite. Cependant les insulaires des îles sandwich (idg) sont plus bruns que ceux d’o-TAÏTi, quoiqu’à la même distance de l’équateur (1 5 5). Les naturels des nouvelles-marquises, des îles Washington, sont d'un brun très-foncé, presque noir; mais les chefs de la noblesse, moins exposés aux ardeurs du soleil, ont un teint plus clair; on a observé la même chose dans les autres Archipels. Les insulaires des îles marquises l’emportent sur tous les autres par les belles proportions de leurs formes et la régularité de leurs traits; les femmes y sont d'une beauté remarquable. Dans I’archifel des navigateurs les hommes ont une haute stature et une force peu commune; les naturels des îles des amis (i56) au contraire, sont petits et d'une taille
encore inférieure à celle des c-taïtiens. Dans plusieurs îles on observe encore des restes de la race des nègres océaniens. Dans les Iles carolines il y a des Nègres esclaves, tant il est vrai que Fesclavage parait être d:un bout du monde à l’autre la destinée des hommes de cette couleur.
L’Australie.
L’espèce humaine se montre sur toute l’étendue de J’australie , dans un état de dégradation qui attriste et humilie. On y connait quatre races d’habitans distinctes; les notasiens ou indigènes de la notasie ou nouvelle-hollande, qu’on trouve sur toutes les côtes de ce continent, et dans l’ile mallicolo, une des nouvelles-hébrides; les nègres océaniens, ou la race noire hideuse et féroce qui peuple la grande île de papou, qui est répandue dans toutes les îles australiennes de la zône torride, et sur quelques points de la Notasie; les malais ou polynésiens, qui ont peuplé les deux grandes îles de la nouvelle-zélande (1 5y) ; et enfin les européens qui résident dans les colonies formées par les anglais. Les notasiens sont pour la plupart d’une couleur cuivrée; leurs cheveux sont noirs, longs, sans être laineux comme ceux des Nègres d’Afrique; leur barbe est noire et épaisse; ils ont les sourcils prononcés, le nez aplati, les narines larges, les yeux creux, les lèvres épaisses, une bouche d'une largeur démesurée; leurs bras, leurs jambes et leurs cuisses sont d’une extrême maigreur. Les tasmaniens, ou les indigènes de van-diemen ou de tasmanie (170) sont plus bruns que les notasiens, quoiqu’ils habitent un climat plus froid; ils ont les cheveux courts, laineux et crépus, tandis que ceux de la nouvelle-hollande les ont droits et roides. Les tasmaniens diffèrent peu des nègres océaniens, et ils ressemblent aux naturels de la nouvelle-calédonie ( i 5 8). Les nègres océaniens paraissent former la grande majorité des habitans de papou ( i 6 i ). L'aspect de ces peuples est hideux et effroyant; leur peau est d'un noir luisant, dure, et souvent défigurée par des cicatrices. Ils ont de grands yeux, le nez plat, la bouche très-grande, la lèvre supérieure très-épaisse, les cheveux laineux d'un noir luisant ou d’un rouge vif; la petite île de salavatty est peuplée par des individus de cette race. Toutes les îles au N. de papou sont peuplées par une très-belle race de malais ou polynésiens. Dans I’archipel de la louisiade, la population se compose de nègres océaniens, mélangés avec une autre race. Les deux races de polynésiens et de nègres océaniens paraissent être mélangées dans les archipels de salomon et de Santa -cruz. C'est dans l'Archipel des Hébrides ou du saint-esprit que s’est opéré le mélange de toutes les races sauvages du monde maritime. Les naturels de la nouvelle-zélande (i 57) diffèrent du reste de I’australie ; ils sont malais et polynésiens, et de la même origine que les habitans des îles de la Société ( 1 5 5) ; leur couleur est basanée et un peu plus foncée que celle des Espagnols; leur chevelure est noire; ils égalent pour la taille les plus grands Européens; leurs traits sont en général réguliers et agréables. La race européenne, d'origine anglaise, ne s’est mêlée avec aucune des races sauvages d'Australie,