‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 36 sur 167 · démocratiques , lorsque tout le peuple y a part · texte numérisé non relu

démocratiques , lorsque tout le peuple y a part

4-° aristo-démocratiques , quand l’autorité est partagée entre le peuple et la noblesse.

11 y a encore des contrées où les hommes habitent sous des tentes, dans des cavernes et sous l’ombre hospitalière des arbres. Mais les demeures des peuples civilisés, c'est-àdire, des peuples qui s’adonnent à la culture des terres, des arts et métiers, des sciences

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et des lettres, sont les villages, les bourgs, les villes, les forteresses. Tout ce qui s’appelle manufactures et fabriques, commerce, sciences et beaux-arts, devrait être le partage des villes; et l'agriculture, l’éducation des troupeaux avec ce qui en dépend, l’occupation exclusive des bourgs et des villages. Mais cette distinction n’a plus lieu de nos jours, et l'on voit dans plusieurs parties des états européens une quantité de villes se livrer de préférence à l’économie rurale, pendant que les bourgs et les villages cultivent le commerce et les arts. Les villes seules autrefois étaient pour l’ordinaire fermées de murs, avec dés tours, des fossés et des remparts; mais aujourd’hui il y en a beaucoup, tant anciennes que modernes , qui sont absolument ouvertes , tandis qu’on trouve des bourgs, des villages même avec portes et murailles.

On considère en général dans un état, ses bornes, son étendue, sa situation et sa division. Ses bornes sont naturelles, quand elles sont déterminées par les montagnes , les mers, les fleuves et le langage. Elles sont politiques, quand elles sont fixées par des traités. La situation se détermine par la latitude et la longitude. La surface est mesurée en lieues ou milles carrés. La division est géographique quand elle naît du nombre des provinces, départeinens etc,, qui composent un état, ou des chaines de montagnes, des vallées, des forêts et des fleuves dont il est entrecoupé. Elle est historique quand on décrit les accroissemens successifs d’un état dans l’ordre chronologique. Enfin elle est politique quand elle suit l’ordre établi dans le gouvernement politique d’un état, et qu’elle indique chacune des provinces, chacun des départeinens, des cercles etc. d’un état.

Les colonies sont des provinces éloignées ou voisines de la mère-patrie. En s’en détachant, elles parviennent quelquefois à se rendre indépendantes et à former des états particuliers; tels sont les États-Unis de l’Amérique septentrionale. Quand la géographie considère les habitans d’un état, elle en observe le nombre, les classes principales, le langage, la religion, la civilisation etc.

La population est indiquée le plus exactement par le dénombrement des habitans. Les registres des naissances peuvent servir à déterminer la population sans recourir à ce dénombrement. Il faut pour cela connaître le rapport de la population aux naissances. Le moyen d’y parvenir le plus exact, consiste i.° à choisir plusieurs communes dans chaque département, pour avoir un milieu entre les petites différences que les causes locales apportent dans les résultats; 2.0 à faire le dénombrement des habitans de ces communes à une époque donnée; 5.° à déterminer par le relevé des naissances durant plusieurs années, qui précèdent ou suivent cette époque, le nombre correspondant des naissances annuelles. Ce nombre, divisé par celui des habitans, donnera le rapport des naissances à la population d'une manière d’autant plus précise , que le dénombrement sera plus considérable. Ces calculs de probabilités sont ce qu'on nomme arithmétique politique. Les principales classes d’une nation se composent de la noblesse, du clergé, des bourgeois et des paysans. Ces derniers sont libres ou serfs, c'est-à-dire, de condition servile, soumis à certaines redevances et à certains droits envers les seigneurs.

Tous les peuples, à l’exception d’un petit nombre de sauvages, croient à une vie à venir, lice a l’existence actuelle, et ont une espèce de culte divin. Mais ils diffèrent

entre eux dans la manière de rendre ce culte à la divinité. La religion est dominante

dans un pays, quand elle jouit de grands privilèges ou quand elle est professée par le plus grand nombre des habitans; elle est tolérée seulement dans le cas contraire.

Comme c’est moins à la différence des climats et des races qu’aux progrès de la civilisation, aux circonstances qui les accompagnent, aux causes qui les modifient, qu’il faut attribuer la différence des gouvernemens , des mœurs, des habitudes, on verra, sans doute, avec intérêt dans ce porte-feuille un tableau général des parties habitables du globe où brille le flambeau de la civilisation. Mr. Walckenaer nous servira encore de guide. On verra par ce tableau qu’il y a à peine un sixième de ces parties de la terre qui jouisse de ce bienfait. Ce tableau sera suivi de ceux de3 religions et des langues.

Un état a besoin, pour sa conservation et sa sûreté intérieure et extérieure, de revenus et de forces militaires ou d'une force armée. Les revenus se composent des productions naturelles et industrielles et du numéraire. Si les revenus ne sufbsent pas aux besoins de l'état, il en résulte ce qu'on appelle dette nationale.

La force armée se divise en troupes de terre et de mer. Les troupes de terre consistent en infanterie et en cavalerie. Celle-ci est composée de cuirassiers, de dragons, de hussards, de lanciers etc. Les troupes d’infanterie et de cavalerie se divisent en régime-ns., en brigades et demi-brigades etc. On divise encore l'infanterie en bataillons et en compagnies, et la cavalerie en escadrons. L’artillerie comprend les corps du génie, des canoniers, des sapeurs etc.

Les états plus ou moins bordés par la mer, sont tous ou engagés par leur situation, ou forcés par le besoin de pourvoir à leur sûreté et aux progrès de leur commerce, d'avoir une marine, c’est-à-dire, un certain nombre de vaisseaux pourvus d’hommes, de canons, et de tout l’attirail nécessaire tant pour l’attaque que pour la défense. On les nomme vaisseaux de guerre, qu’on distingue en vaisseaux de haut bord, ou vaisseaux de ligne, c’est-à-dire, ceux qui, par leur grosseur et la nature de leur armement, peuvent être rangés en lignes ou en ordre de bataille dans une affaire, ils portent 5 o jusqu'à 120 canons; et en frégates, corvettes, kutters etc., qui sont des Mtimens peu chargés de bois et plus légers à la voile. Un grand nombre de ces bâtimens ou forteresses mouvantes forme ce qu’on appelle une flotte, et quand il y en a moins de dix, c’est une escadre. Ceux qui les montent, marins et soldats, se nomment équipage. *) La force de l’équipage se règle d’après le calibre et le nombre des canons. En teins de guerre on équipe aussi des vaisseau armés en course.

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