‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 58 sur 167 · PLANCHE XXVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XXVI

En général, l'Islandais n’offre rien à l’extérieur qui le distingue dans l’histoire naturelle de l’homme. Si quelque chose pouvait être regardé comme une particularité, ce serait, ce semble, la longueur de l’épine dorsale par rapport aux autres parties du corps. Si celles-ci étaient proportionnées à la longueur du torse, il faudrait qu'il y eut parmi les Islandais une foule de géants. Or, on ne trouve parmi ccs insulaires que des hommes de moyenne taille, qui ne sont pas fort vigoureux. Les habitans actuels de cette terre polaire sont d’origine diverse; ils offrent un mélange de Suédois, de Norwégiens, de Danois et d’Ecossais. L’Islandais a un caractère analogue au pays qu'il habite. Il semble que le rire soit étranger à sa physionomie, et il faut convenir que les objets qui frappent sans cesse sa vue, sont peu faits pour égayer ses traits. Les Islandaises ne se font pas remarquer par leur beauté, mais elles paraissent généralement bien faites, ont de belles dents et la peau blanche. Leur genre de vie est fort simple. Les poissons de toutes espèces dont la mer d’Islande abonde, font leur principale nourriture, et leur principale boisson consiste dans l'eau ou le petit-lait. Néanmoins les Islandais ne deviennent pas fort âgés; il est très-rare de voir parmi eux des vieillards septuagénaires. Ces insulaires sont fort adroits, bons marins, et quelques-uns-ont fait d'utiles découvertes; témoins eyrek-randa, qui fit connaitre la Grœnlande en 902; herjulfson et erichsson, qui découvrirent une autre partie de l'Amérique en 1001. Un beau trait qui caractérise les habitans de l’ancienne Thule, ce sont leurs vertus hospitalières, qui les rangent à juste titre parmi les peuples amis de l'humanité. On entend rarement parler chez eux de vol. Leurs principales occupations consistent dans la pêche et le soin de leurs troupeaux. Ils sont si attachés à leur pays natal, qu'ils se croient malheureux partout ailleurs ; ils sont naturellement graves et très religieux ; jamais ils 11c traversent une rivière ou tout autre passage dangereux sans se découvrir la tête et implorer la protection divine. Leur reconnaissance 11e disparait pas avec le danger ils rendent grâces à Dieu de les avoir conservés. Lorsqu’ils se rassemblent, leur passetems favori consiste à lire leur histoire. Ils goûtent un plaisir singulier à s'en rappeler les anciennes époques. Le souvenir du passé les console du présent. Le chef de la maison lit le premier, et chaque membre de la famille prend le livre tour-à-tour. On recommence quand il est achevé. Aussi la plupart des Islandais réciteraient de mémoire toute la suite des évènemens qui intéressent leur patrie. Quelquefois ils chantent des vers dont le sujet est toujours analogue au pays, et des refrains qu'on répète en chœur. Ils connaissent aussi la danse et quelques jeux. Ils réussissent principalement aux échecs, et le plus mince des campagnards de l'Islande en donnerait des leçons aux plus huppés des citadins de nos capitales. Les Islandais sont en général mal logés: leurs maisons sont composées de cinq à six pièces, qui ne reçoivent le jour que par des ouvertures pratiquées dans le toit, et fermées par de petits carreaux de verre, et

communément par une espèce de parchemin bien tendu et transparent, qui se fait avec la membrane qui enveloppe l’estomac du bœuf ou de la vache. Il n’y a que la salle de travail qui ait des fenêtres. Les meubles répondent à la grossièreté des habitations. Les personnes un peu aisées ont un appartement destiné à y loger les étrangers, et c’est la principale chambre de la maison.

La planche XXVI présentant un groupe d’islandais, donne une idée de leurs costumes. L’Islandais debout entre deux Dames de qualité, est représenté en habit de fête, devant eux sont deux habitans de la classe inférieure occupés du produit de leur pêche. Le bleu et le noir sont les couleurs qui entrent de préférence dans l’habillement des Islandais. Celui du pêcheur est fait d’une peau de mouton, dont le côté lanifère est tourné en dedans. Les longues vestes des hommes sont souvent de drap noir nommé wadmal , et les souliers de peau de phoque. Le second plan de la gravure représente le célèbre geyser, dont les éruptions qui se succèdent souvent jusqu’à deux cents fois dans l’espace de dix minutes, sont produites par l’accumulation des eaux de sources qui remplissent son. bassin de go pieds de diamètre, et sont même provoquées par les pierres qu’on jette dans son cratère. Cette dernière circonstance produit de sourdes détonnations, dont l’effet approche de celui des détonnations des bouches à feu. La dernière qui est la plus forte, ébranle toutes les terres voisines de cet étonnant réservoir, d’où s’élance alors, jusqu’à la hauteur de 92 pieds, une énorme colonne d’eau bouillante, qui défie tout ce que le génie de l’homme a imaginé dans ce genre à Cassel et à Marly.

Le dernier plan représente I’hekla , si rédoutable autrefois par ses éi’uptions dont on a compté jusqu’à seize dans l’intervalle de sept siècles et demi, depuis 1004 — 1755. A côté de ce volcan on aperçoit quelques-uns des nombreux glaciers, que dans l'ile on nomme jokuls ou plutôt fall-jokuls, par ce que ces montagnes sont continuellement couvertes de neige et de glace à leur sommet; elles ont cela de remarquable, qu’elles croissent, décroissent, s’élèvent, s’abaissent et diminuent perpétuellement.

Le luthéranisme est la religion tolérée en Islande. La langue islandaise est la même qu’on parlait en Suède, en Danemarck et dans la Norwège; elle s’est conservée si pure chez ces insulaires , qu’ils lisent et entendent avec facilité les plus anciennes traditions historiques.

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A O T E S RELATIVES AU TABLEAU

(1) La Suc* Je s’appelait autrefois Swithiod, nom qu'elle reçut ou prit des Swenions, ses premiers habitans. Les géographes ont fait de Swithioud , Suecia , et de celui-ci nous avons fait Suède. La nation suédoise se nomme Swenska , de Sven , jeune, noble, soldat . La suède fut envahie, comme tout le Nord, par les Gotîis venus des contrées orientales. On y trouve quelques-uns de leurs monumens. Elle forme depuis très-longtems un royaume. Son histoire se perd dans l’obscurité du passé. Les Goths inondèrent l’Europe sous le nom de Yisigoths et d’Ostrogolhs, en occupaient la partie méridionale. Elle fut réunie depuis i3q5 jusqu’en i52i au Danemark, contre lequel les Suédois se révoltèrent, sous la conduite de Gustave-Yasa , qui les délivra de ce joug et mérita de devenir le roi de cette contrée. Frédéric Y, auquel Ulrique - Eléonore , sœur de Charles XII, avait cédé la couronne, n’ayant pas d’enfant, les états élurent, en 1743, un duc de Hols tein , dont un des descendans occupe encore le trône,

(2) Ce qui ferait 100 habitans par lieue.

(3) Donnant 18 heures et demie pour le plus long jour, et 6 heures pour le plus court jour, pour la Suède proprement dite. Un jour, une nuit d’un mois pour la 1, aponie septentrionale.

(4) Dont on exporte annuellement plus de 400,000 quintaux.

(5) Dont on évalue l’exportation annuelle à plus de 6,000 quintaux.

(6) Les vallées produiraient du bled en abondance, mais on y manque de bras et d instruction , les deux mobiles de l’agriculture; de manière que cette denrée précieuse est loin de suffire au besoin du pays, et qu’annuellemcnt on en importe plus de 3oo,ooo tonneaux.

(7) Ces productions sont dues au Coibland,

(8) En général la végétation est très-prompte en Suède, et il faut qu’il en soit ainsi, car on y a peu de jours d’été.

(9) Dont on exporteannuellementpourplus dey, 000,000 francs de notre monnoie.

(10) O11 dit que les faucons de Suède y reviennent toujours, dans quelque contrée de lEuropc qu’on les exporte, et des voyageurs racontent qu’on tua en Finlande, il y a quelques années', un faucon qui portait au col une plaque aux armes de France, avec le chiffre de la faconnerie.

(11) La pêche du hareng forme en Suède une des branches les plus importantes du commerce ; elle se fait principalement sur la côte qui s’étend de Golhenbourg à Marstrand.

(12) Le fer de la Suède passe pour le meilleur. Les mines les plus renommées sont celles de Sabla Afeerlad, Soetet, Fablun, Mora Elfdal etc. Les mines de fer de Suède et les mines d’argent de Norwège sont les plus riches de l’Europe.

(t3) Les vaisseaux de retour pour la Suède se chargent volontiers de lin écru , dont on vend, année commune, pour plus de 5, 000, 000 de francs, et de tabac, dont on débite annuellement plus de 100,000 quintaux.

(14) On y passe immédiatement du froid le plus âpre à des chaleurs qu’on est étonné d’éprouver dans des contrées aussi septentrionales que la Suède.

C 1 5) Les fréquentes aurores boréales dont nous avons donné la description avec une planche, et les brillans clairs de lune, suppléent à la lumière pendant les longues nuits d’hiver; et pendant les longs jours d’été la nuit se fait désirer; la fraicheur qui l’accompagne, est très-favorable à la végétation.

(16) La configuration de la Suède offre beaucoup de montagnes qui entrecoupent le pays. O11 disingue parmi les fleuves la Val-Elbe, qui donne son nom à la Dalécarlie ; c’est le plus large fleuve de la contrée ; dans le Gothland, le Libre, où l’on pèche des perles; le Goetha-UJJ'we, la Motala; en Laponie la Tornea , 1 ’Akunis-Jocki , la Lulea etc. Les lacs sont ceux d’ IJornawam, AEnara en Laponie; de JVener en Westgothie; de Meier en Sudermanie; de Heilmar en Néricie, de JVetter en Ostrogothie.

(17) Les anciens la nommaient Aorrike , Aorrige , Aerigon, Aorwegia ou A orrigia, Quelques géographes pirétendent que son nom est formé du danois Aorlweg , chemin du Nord. La Norwège, qui fait de nos jours partie des états de la Suède, a formé un royaume indépendant depuis 8y5 — i3g6. Uni a la Suède, on l’appelait jadis Scandinavie.

(18) Quelquefois n’est que de 40 à 5o lieues.

(19) Qui, à raison de la population, donnent 80 habitans par lieue carrée.

(20) Donnant pour Berghen 19 heures pour le plus long jour, et 5 heures p>our le plus court; pour D roniheim 20 heures et demie pour le plus long jour, et 3 et demie pour le plus court.

(21) Dont on exporte par an plus de 1000 quintaux. Le produit annuel des mines de Norwège est de 3 millions de francs.

(22) Les oiseaux de proie consistent en faucons et en aigles ; il y a aussi des oiseaux et volailles, des grives de plusieurs sortes, des canards sauvages, des coqs de bruyères. Les bêtes fauves consistent en élans, rennes, lynx, ours de très-petite taille, dont les gens du pays font d’excellens jambons, et en hermines connues par leurs fourrures.

(20) Dont l’exportation est considérable et d’un grand rapport. Le pin et le sapin sont pour la Norwège une source importante de revenus, un objet considérable d'exportation.

(24) Dans une étendue de plus de i3° du Sud au Nord, la température de l’air ne saurait être la même. Les parties les plus septentrionales qui regardent l’Orient et que les montagnes ne défendent pas des vents du Nord, sont exposées à des hivers rigoureux; mais presque toute cette longue côte que la mer borde au couchant, jouit ordinairement d'un air assez tempéré au milieu même de l’hiver. 11 est rare qu’un froid excessif y continue quinze jours ou trois semaines de suite. 11 pleut fréquemment à Berghen au milieu de l’hiver, et les ports de Lubeck, de Hambourg et d’Amsterdam, sont dix fois fermés par les glaces.

pendant que celu i de cette ville le sera à peine une seule. Les vapeurs qui s’élèvent sans cesse de l’Océan, adoucissent sans cesse la rigueur du froid. Les montagnes de la Norwège se composent de deux chaînes principales , le Langfield et le Koelen, qui se dirigent du Sud au Nord. Elles sont unies ensemble par une autre chaîne, le Do vrefield , dont la direction est de l’Ouest à l’Est. Celte dernière chaîne divise en quelque sorte le midi de la Norwège en deux parties par rapport au climat; les vents et les alternatives de pluie et de beau tems y sont directement contraires de chaque côté de cette chaîne. Il y a une infinité de lacs en Norwège, tous très - poissonneux , le Jihoesen, le Iiand, le Faemund etc. La plus grande des nombreuses cataractes qui gênent la navigation des rivières, est celle qui se trouve à l’embouchure du Glommen , près de l’rederikstadt. Le fameux goufre de Maelstrom ou tournant d’eau formé par des courans entre les îles méridionales du Lofoden, fameux par des descriptions emphatiques, n’est réellement dangereux et n’offre un aspect effrayant que lorsque le vent de Nord-Ouest souffle en opposition avec le reflux.

La Norwège a cinq golfes principaux. Christiania, Stevanger , IJardanger, Sognefiord et Drontheim. La principale haje est celle de J Faranger, au N. E. de la Laponie norwégienne.

Les États rie la Suède sont:

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