‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 61 sur 167 · PLANCHE XXVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XXVI

La Laponie se présente sous un aspect hideux; elle semble être le tombeau de la nature, la terre proscrite, et l’on réserve ordinairement au Lapon le dernier rang parmi les nombreuses variétés de l’espèce humaine. On accuse la nature de l'avoir traité avec rigueur, et on le regarde comme le plus misérable des hommes; car on ne peut concevoir que le bonheur puisse exister dans un pays privé chaque année pendant plusieurs mois de la présence de l’astre du jour, et dont le sol resserré par un froid excessif, n’offre pour parure que la mousse et quelques végétaux rabougris. Ce jugement est néanmoins précipité et l’expérience en a démontré le peu de solidité. En effet le Lapon aime son pays et le trouve préférable aux contrées les plus favorisées de la nature; il est donc heureux. Transplanté sous un climat moins rigoureux, il tombe dans la mélancolie, dépérit et meurt bientôt en regrettant sa cabane enfumée et ses rapides traineaux. Plusieurs géographes prétendent que tous les Lapons sont d'origine finoise. Cependant les hommes actifs et industrieux qui habitent le Grand-Duché de Finlande, ont, pour porter le nom de Finois, un droit garanti par l'usage, et ils seraient, avec raison, fâchés de se voir confondus dans la même classe que les Lapons. Tous les Finois-Lapons sont sujets norwégiens et tous les Lapons appartiennent à la Suède. Mais si l’on parle de ce peuple en général, on ne peut plus lui appliquer la dénomination de Finois. Les Lapons sont de petite taille, mais leur force surpasse celle des habitans de la zone tempérée. Leur tête est grosse; leurs yeux ordinairement bleus, sont enfoncés et chassieux. Ils ont une grande bouche, des joues creuses, un menton long et pointu et un teint très-basané. Les traits des Laponnes, un peu moins repoussans, sont cependant incompatibles avec la beauté. Ce peuple dont les facultés intellectuelles sont excessivement bornées, est plongé dans l’ignorance la plus profonde. La pauvreté de sa langue annonce celle de ses idées, et à peine sait-il compter au-delà de dix. La superstition, fille de l’ignorance, règne chez les Lapons, lis sont soupçonneux, colères, brutaux, menteurs et paresseux; mais ils sont probes, charitables et hospitaliers. Leur habillement consiste dans une tunique de peau de mouton, un habit de dessus en drap grossier ou en peau de renne et un étroit pantalon. Leurs souliers grossièrement fabriqués de peau de mouton, sont pointus et recourbés par le bout comme les sabots des Chinois et garnis en mousse. L’habillement des femmes diffère peu de celui des hommes. On distingue les Lapons en Lapons des côtes et en Lapons pasteurs. Les premiers s’établissent dans les lieux les plus poissonneux et y forment des habitations ou des huttes couvertes d’écorce et de terre, et dont la porte est si basse qu’on ne peut y passer qu’en rampant. Un trou ménagé au sommet de la hutte, livre un passage à la fumée, qui néanmoins remplit toujours l’intérieur de cette misérable habitation, dont la planche XXVI présente la forme, ainsi que celle d'une espèce de magasin destiné à serrer les provisions et où l'on monte au moyen d'un escalier formé

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par des entailles pratiquées dans la pièce de bois qui soutient cette cage qui ressemble assez à un colombier. Le lait du renne aigri, forme la principale nourriture des Lapons. Pendant l’été ils le préparent en le faisant bouillir avec de l’oseille. L’hiver ils le recueillent et le conservent plusieurs mois dans un estomac de renne, après l’avoir mêlé avec des sucs d’airelle. Il se durcit tellement par la gelée, que pour le manger on est obligé de le couper par tranches avec une hache. Les Lapons des montagnes ajoutent souvent à ce mets la chair du renne. Ceux des côtes se nourrissent de celle du bœuf, du mouton, du loup, du renard, en un mot ils mangent la chair de toute espèce d’animal, excepté celle du cochon qu’ils ont en horreur. Ce sont les hommes qui se chargent du soin de la cuisine et de tout ce qui concerne l’économie du ménage. Les femmes ont en partage la préparation des vêtemens et la fabrication des ustensiles de bois. La boisson des Lapons est ordinairement la neige fondue. Rien n’égale la passion qu'ils ont pour le tabac quand ils le mâchent; ils crachent dans leurs mains et se frottent le nez avec cette salive imprégnée de tabac, afin de se procurer une double jouissance. Les Lapons des côtes ne changent que deux fois de demeure pendant l’année, au printems et en automne; mais ils n’abandonnent leur habitation que pour la reprendre avec le retour de la saison. Les Lapons des montagnes sont au contraire continuellement écrans ; le milieu de l’été les voit se rapprocher des côtes de la mer, et aux annonces de l’automne ils retournent vers leurs montagnes. Le Lapon se transporte rapidement d’un lieu à un autre, dans un traîneau en forme de nacelle et attelé d’un renne. Une corde passée dans la bouche du coursier et entre les jambes, remplace la bride de nos chevaux. Cet animal docile obéit à la voix de son maître, et lorsque celui-ci veut voyager avec toute la vitesse possible, il se met à genoux dans son traîneau et prie le renne d’accélérer sa marche. Encouragé par des sons devenus familiers, l’animal redouble effectivement de vitesse, et parcourt dans l’espace d’une heure trois ou quatre lieues sur terre et six à sept sur la glace.

Une certaine espèce de lichen („ Lichen is/andicus, L.) qui croit abondamment dans la Laponie, forme la nourriture de cet animal, qui fait la principale richesse du pays. Avant que le Danemark eut envoyé des missionnaires dans la Laponie, les habitans de cette contrée étaient adonnés à l’idolâtrie la plus grossière, et il parait presque certain qu une partie d’entr’eux n’ont point encore renoncé aux erreurs de leurs ancêtres, quoiqu’ils dérobent soigneusement aux missionnaires la connaissance de leurs pratiques superstitieuses. Ils adoraient entr’autres divinités thor ou thiermës, qu’ils représentaient par le simulacre grossier d’une figure humaine en bois de bouleau, et ils enfonçaient dans la partie qui formait la tête, un clou d’acier, auquel ils attachaient un caillou, afin que thor put allumer du feu à volonté, et ils lui donnaient pour signe distinctif un marteau. Cette idole placée derrière leur cabane, était élevée sur un plancher et ils l’entouraient d'une haie de branches de pin. Derrière l’idole ils plaçaient les cornes et les principaux os de la tête des rennes qu'ils avaient immolés en son honneur, et ils déposaient leurs offrandes devant elles. Certaines montagnes et un grand nombre de rochers remarquables par la singularité de leurs formes, étaient autrefois le lieu de leurs sacrifices et des pratiques pieuses des Lapons* ils sont encore aujourd'hui l'objet

de leur vénération. Quelques-uns d’entr’eux y vont de grand matin en pèlerinage, revêtus de leurs meilleurs habits; ils n’offrent point de nouveaux sacrifices, mais ils se gardent bien de toucher aux ossemens, restes des anciennes offrandes, car ils croiraient commettre un grand sacrilège. Jamais ils ne placent leurs tentes dans le voisinage de ces lieux sacrés, afin de ne point troubler la tranquillité de la divinité, et ils n’oseraient y tuer un animal quelconque. Lorsqu’une femme passe prés d’un de ces endroits, elle est obligée de se couvrir le visage ou de détourner la tête. Ils font des offrandes lorsque des épidémies régnent parmi les rennes, ou en cas de maladies, de mariages stériles. C’est toujours à un magicien qu’ils demandent à laquelle de leurs divinités il faut s’adresser, quelle offrande il faut porter, en quel endroit il faut la déposer. Le magicien se sert souvent de son tambour magique, qui est une boîte ovale couverte d’une peau et garnie de plusieurs cordons et de différens ornemcns; des figures de corps célestes, d’animaux, d’oiseaux, et plusieurs autres caractères sont tracés sur cette peau. Le sorcier pose un anneau sur le tambour, y frappe avec une baguette qui est une corne de renne, et d’après la figure sur laquelle la vibration de la peau fait tomber l’anneau, il répond à toutes les questions et prédit l’avenir. Ils attribuent à leurs sorciers le pouvoir de procurer ou d’empêcher le vent et la pluie, de produire et de détruire les insectes, de parler aux revenans ; mais ils croient que le tonnerre poursuit les magiciens, et de là leur proverbe : Sans le tonnerre , le monde périrait par la magie.

En vain les rois de Suède ont rendu des ordonnances très-rigoureuses contre les prétendus nécromanciens; ils n’oot pu détruire le penchant de ce peuple pour l’art illusoire et méprisable des enchantemens, des divinations et des sortilèges. La stérilité est, comme chez les Juives, un opprobre parmi les Laponaises, Le père donne à l’enfant nouveau né un renne femelle-, lorsqu’il a fait la première denf, le père, s'il est riche, lui fait présent d’un second renne. Les parens ne souffrent pas qu’un jeune homme se marie avant qu’il soit en état de tuer un renne. Les Lapons enterrent leurs morts sans cercueil, tout habillés et quelquefois tout nus suivant les cantons. Ceux qui sont payens, enterrent leurs plus célèbres chasseurs près des endroits destinés aux sacrifices; ils couvrent ordinairement le tombeau d’un traîneau renversé, et ils y placent quelques nourritures.

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NOTES RELATIVES AU TABLEAU

(1) Pr se du méridien de Paris et distinguée selon sa position en orientale et occidentale.

(2) L’Angleterre d'abord appelée Albion, de la blancheur de ses dunes, reçut des Romains celui de Britanma, Bretagne, dont les racines lettiques sont bril, /teint, tain, pays, par ce que les habitans de cette île, à l’arrivée des Romains, étaient dans l'usage de se peindre le corps à la manière des insulaires dont parlent nos voyageurs modernes. Elle ne prit le nom à Angleterre qu’en 828 , époque où, sous ce nom, Egbert, 17/ roi des Savons occidentaux, élevé à la cour de Charlemagne, réunit sous sa domination les royaumes saxons de l’heptarchie,

(3) La surface, d’après Play fuir, est de 49,450 milles carrés ; lesquels, à raison de la population estimée à 8,400,000 habitans, en donnent environ 168 par mille.

(4) Ce qui donne pour le plus long jour t6 heures, et pour le plus court 9 heures.

(5) Il se trouve particulièrement dans le pays de Galles et est appelé Etain de Cornouailles (Cornwall), Cent mille ouvriers, dit-on, sont employés à l’exploitation des mines de cette contrée- Elles étaient célèbres du teins des Phéniciens; ce sont les plus riches qu’il y ait.

(6) Elle se lire de Devonshire,

(7) Elles sont dans le Cheshire et le Northumberîand.

(8) Les seules mines du Northumberîand en envoient à Londres annuellement plus de 600,000 mesures (Chaldrons),

(9) Le cidre d’Herfort et de Devonshire est estimé à Londres.

C 1 0) Il est de première qualité et dans le midi de l’Angleterre; il forme une branche considérable de commerce,

(11) Excellens coursiers, et sous ce rapport souvent inappréciables pour les courses qui ont rendu quelques lieux célèbres, comme Newmarket en Epsom etc. Les courses de chevaux durent communément une semaine , et donnent lieu dans les villes de province à des bals et à des spectacles qui y attirent beaucoup de femmes. Celles d’Epsom sont les plus fréquentées par les personnes de Londres, qui n’en est qu'à i5 milles; mais c’est à Netvmarket, bourg fort triste près de Cambridge,

où viennent très-peu de femmes, que courent lès meilleurs chevaux et que se font les plus gros paris. Les personnes qui ont des chevaux à faire courir, s’arrangent ensemble pour le jour et pour les paris, qui se combinent avec un art infini et qui souvent varient plusieurs fois pendant les courts instans que dure la course. Ces courses sont plus ou moins longues, et se font en long ou en rond, selon la nature du terrain, qui est indiqué par des poteaux. Pour que le poids que porte chaque cheval, soit le même, ou égalise avec des plaques de plomp celui des postillons ou jockeis, et on les repèse après la course, pour voir s’ils n’en ont pas jeté. Ces postillons, très-légèrement vêtus, s’élèvent sur leurs étriers, se penchent sur la tête de leurs chevaux , et après les avoir ménagés au commencement de leur carrière, les animent vers la fin avec la voix, le fouet et l’éperon. Des juges placés près du but, et dont le jugement est irrécusable, nomment le cheval qui l’a atteint le premier, et décident ainsi des paris. Il y a des exemples de chevaux qui arrivent si également, que la course est déclarée nulle. Cette passion des Anglais pour les courses, ou plutôt pour le jeu, leur occasionne beaucoup de dépenses et a ruiné plusieurs familles. Comme spectacle, leur beauté dépend du grand nombre des spectateurs, de chevaux et d'équipages, (fl. XXXII.)

(12) Ils y sont de première qualité pour la laine, une des plus précieuses pour la fabrique des draps.

( 1 3) Configuration du sol. Les montagnes de l Angleterre ne forment point de chaînes très-étendues ni très-prononcées, et ne s’élèvent pas à une grande hauteur. Les principales sont le Peack dans le Derbishire; le Cheviot-Hills , qui s’étend du N au S. au travers des provinces de Northumberland et de Cumberland; le Chiltern , qui traverse le Buekingamshire; le Malvenu, dans le Worcestershire ; le TVrekin, dans le Shi opshire ; le Plinlimmon et le Snovdon dans le pays de Galles. Rivières, outre celles du tableau général, la Medsvay , qui arrose le Sussex et le comté de Kent; la Saverne , qui se jette dans le canal de Bristol; le lient qui, joint à lOuse, prend le nom de Ilumbert-, la True, qui se jette dans 1 Océan àTinmouth, la Tees, qui se jette dans l’Océan au-dessous de Stochton; 1 ’Edan, qui arrose Appleby et Carlisle; l 'Avon, qui se jette dans la mer d’Irlande au-dessous de Preston ; la Mursey , dans

la mer d'Irlande , au-dessous de Liverpool. Lacs, ceux de Soham-Mere, JL ittlesea-Merc , Ramsey- Mere , dans l’île d’Ely; JT'inander-Mere , dans le TVestmorland et dans le Lancaster, etc,

(14) L’Ecosse porta d’abord le nom de Calédonie, de ses premiers habitans, les Calédoniens, qui furent subjugués par les Pietés, mais les Scots (colonie irlandaise qui s’y établit vers le commencement de l’ère chrétienne) après la retraite des Romains, lors de l’invasion des Gotbs, lui firent donner celui de Scotland, que nous traduisons par celui d’Ecosse .

(15) C’est-à-dire d’après Playfair, 27,793 milles carrés, qui, à raison d’une population de 1,600,000, en donnent 57 par mille.

(16) Ce qui donne pour le plus long jour 17 heures et demie, et pour le plus court 7 et demie.

(17) Configuration du sol. Principales montagnes , les Grampians, chaîne qui s’étend dans les comtés de Perth, Angus, Mearus et Aberdeen. Les montagnes de Lowlands , ou des basses terres, au midi et à l’est des Grampîans ; les montagnes de Ilighlands , ou hautes-terres, qui commencent au-delà d’Inverness. Les Grampîans peuvent être considérés comme une grande chaîne frontière, qui s’étend depuis Loch - Lomond jusqu à Stonehaven. Le Ben-nevis dans l’Invernesshire est considéré comme le plus haut sommet de la Grande-Bretagne; il a 4,33o pieds de hauteur. Rivières, outre la Spey , on distingue la Forth , la Tay , la liée, la Tweed, la Clyde, V Humber, la Publie, Mersey etc- Lacs (appelés Loch dans la géographie d’Ecosse): ils sont très- nombreux. On distingue principalement Loch- Tay, Loch-Lohmond , Loch-l\Tess , Loch- Awe , Loche-Tyne , qui est une espèce de mer, et Loch-Spinie , près d’Elgin, dont le bassin est toujours rempli de cygnes. Baies; les plus remarquables sont celles de G lenluce , de Jf'igtown , de Solwai, de Murrai, de Giomarty etc,

(18) Nommée par les Irlandais Erinland , ce qui dans la langue du pays signifie pays d’Ouest. Le nom latin f/ibernia vient du mot phénicien Abernae, qui signifie la partie la plus éloignée à l’Ouest. Anciennement elle reçut quelquefois le nom de Insula sacra sancta, par ce qu’il ne devait y exis. ter aucun animal vénimeux, et que la nation était fertile en savans et en saints dans le moyen âge.

(19) Selon Playfair, la surface est de 27, 457 milles carrés, qui, à raison de la population de 4,000,000 hommes, en donnent 1 52 par mille carré.

(20) Ce qui donne pour le plus long jour 16 heures et demie vers le S., 17 heures et demie vers le

'N., et pour le plus court 9 heures vers le S,, 7 heures et demie vers le N.

(21) Quelques-unes de ces mines contiennent des parties d’argent, telles que celles de Wicklou.

(22) Les salaisons qu’on en fait, forment une branche d’exportation considérable.

(23) Celte île est un excellent pays, dont le sol presque partout gras et friable, est propre à tous les climats du N,, et surtout aux pâturages que l’humidité habituelle de l’air maintient toute l’année dans une verdure, à la beauté de laquelle rien n’est comparable en Europe.

Configuration du sol, L’Irlande forme un contraste frappant avec l’Ecosse; elle est presque toute unie, fertile et abondante en pâturages; elle offre peu de hauteurs remarquables, qui méritent à peine le nom de collines; les principales sont le Mourne et VIveagh dans le comté de Dawn. Rivières ; outre le Shannon, le Ban, la Bagne, le Liffey, le Barrow, le Note et le Suir. Les Baies les plus remarquables sont celles de Carrick-Fergus , de Cai dingford , de Cork, de Baltimore, de Bantry, de Galloway, de Donegal etc. Les Lacs sont en très-grand nombre ; les plus considérables sont ceux de Reagh et de Killarney. Ce dernier est justement célèbre; la nature semble s’être plue à y réunir tous les genres de beautés pittoresques; la poésie les a célébrées, et l’art de la gravure s’est surpÿsé pour en réproduire les points de vue les plus romantiques. Marais; il y en a de très-vastes; eelui A’ Allen a 80 milles d étendue et contient 3oo,ooo acres; il y en a encore d’autres très-étendus et plus petits épars dans le royaume. Un phénomène bien remarquable en histoire naturelle , qu’on remarque sur la côte d’Irlande, dans le comté d’Antrim , c’est une réunion immense de basaltes dont le nombre est de plus de 3o,ooo- Ces prismes de grosseur et de formes très -variées sont poreux et percés de petits trous. Leur couleur, un peu noire partout où ils sont baignés par les eaux de la mer, devient blanchâtre dans les endroits qui restent toujours exposés à l’action de l’air et du soleil. Ce lieu célèbre, nommé la chaussée des géants, forme, sans contredit, la plus imposante de toutes les productions volcaniques. Une suite de colonnes plus ou moins régulièrement placées, décorent celte côte dans une étendue de plusieurs milles, et viennent se terminer à Euir.Head, pointe énormè. D’autres prismes, aussi variés dans leurs formes et leurs combinaisons, s’élèvent au milieu de la mer autour de la petite île de Rhagery, et terminent cette scène maje-tueuse qui, par sa richesse et sa variété, l’emporte sur l’ile de Stalfa, mais qui n’a

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rien de comparable à la régularité de la grotte de Fingal, dont il est parlé plus bas.

Les îles voisines de V Angleterre sont l'ile de Man dans la mer d’Irlande , qui dépend du comté de Cumberland; File d ’Anglcsey , dans la même nier, dépendant de la principauté de Galles ; les S'orlingues ou anciennes Cassilèrides , dépendantes du comté de Cornouailles, dont la principale est Ste, Marie ; l'ile de TVight, dans la Manche, dépendant du comté de Hantz ; l’ile de Jersey , dans la Manche, à six lieues des côtes de France. Guernesey , au Nord; File d ' Alderney , au N. E. de la précédente; l’ile Sark à l’Est.

Isles de V Ecosse , On les classe en trois divisions; les Hébrides, ou les îles de l’Ouest (W estern-ïslands) ; les Orcades , groupes de 67 îles, dont 29 habitées; les îles de Schetland, Chacun de ces derniers archipels nourrit plus de 20,000 hommes. Les petits chevaux de Schetland sont devenus un objet de luxe et [de curiosité en Angleterre. Les solitaires îles Western n’ont dû quelque célébrité qu’aux poëmes galliques attribués à Ossian , et aux admirables cavernes basaltiques de File de Staffa. Il parait qu’Ossian, ce barde célèbre, vivait vers la fin du 3.e siècle, entre la chute des Druides dont il fut un des derniers disciples, et l’établissement du christianisme. On doit à M r Macpherson une éloquente traduction des œuvres de ce poète, écrites en langne erse, qui est la même que l’irlandaise, et qui est un mélange de l’ancien celte et de la langue punique, qu’on appelé galic dans les Higlands, L’ile de Staffa gît par le Ôp0 de latitude nord; elle est entièrement formée de prismes d’une pierre noire, compacte. Ces espèces de colonnes de basalte, qui ont quelquefois jusqu’à 45 pieds de hauteur, sont réunies en faisceaux , et couronnées par un peu de terre végétale et de petits prismes d’un moindre calibre que ceux dont la charpente de File est formée. Les Hébrides et par conséquent Staffa , sont presque généralement regardées comme des restes de volcans antiques, qui jadis exercèrent leurs furies destructives dans ces contrées, occupées aujourd’hui par la mer, qui, à son tour, sans cesse en courroux, sape à chaque instant les fondemens de Staffa. Déjà scs coups réitérés ont ébranlé et détruit un certain nombre de prismes ; elle s'est ouvert un passage au milieu d eux et semble vouloir les engloutir tous dans son sein et dérober par là un des plus beaux monumens volcaniques. Parmi les ouvertures qu’elle s’est pratiquées, la plus importante et la plus gigantesque est celle que les habilans des Hébrides nomment la grotte du Fingal ou grotte mélodieuse (pl. XXXIII.) C’est vraiment un temple naturel.

qui, par son style sévère, son aspect majestueux, ne craint point la comparaison des monumens égyptiens. Ce n’est pas tout: à l’extrémité de cet antre, dans un lieu sombre et silencieux, le voyageur étonné entend quelquefois des sons doux et mélodieux, qui sortent d’une cavité qui est souvent cachée par les flots; en cela semblable au colosse de Memnon, qui salue le soleil par ses chants, Staffa semble par les siens rendre hommage à Neptune. La nature 11’offre rien de plus parfait dans ce genre; des colonnes basaltiques décroissantes en ornent les côtés, et le long de leurs bases régnent de nombreux degrés , restes d’autres prismes brisés par les flots et dont le sommet forme une belle voûte que les stalactites jaunes semblent décorer de caissons et de rosaces dorées. La mer est le pavé de cet auguste temple, dont l’aspect, tantôt riant, tantôt sévère et terrible, varie au gré du plus inconstant des élémens. Tout l’art et tout l’effort des hommes n’en sauraient élever ni d’aussi durables, ni d’aussi majestueux, et ce qui est plus admirable, ajouteraient à peine à sa régularité.

"Voici les dimensions de cette grotte d’après le chevalier Banks, qui voyageait dans les Hébrides en 17721

Longueur. ....

pieds.

Largeur à l’entrée. .

Largeur au fond . ,

Hauteur à l’entrée

Hauteur au fond .

Profondeur à l’entrée

Profondeur au fond .

remarque à l’habillement

des

Ecossais qu’il

été permis de reprendre.

il y

a quelques an.

nées et auquel ils tiennent beaucoup, quelque chose de l’habillement romain , des bas d’étoffes rayées en losanges et liés au-dessous du genou, un jupon court qui leur tient lieu de culottes , une ou deux petites vestes assez serrées, et un manteau de 5 à 6 aunes de long, qu’ils portent lié en écharpe quand il fait beau; le jupon et le manteau sont toujours d’une étoffe de laine rayée de eouleurs foncées et tranchantes, Ils portaient autrefois un poignard et un couteau dans des gaines attachées à leur ceinture, près d’une large poche de cuir, qui leur servait de bourse. L’habillement des femmes ne diffère point de celui des Anglaises. La fierté dans la misère, la paresse, effet de la vanité, et la curiosité, enfant de l’oisivité , voilà les traits qui caractérisent les Higlanders , qui d’ailleurs sont bons, honnêtes, hospitaliers, peu intéressés, mais sensibles à l'excès aux injures, au mépris, durs à eux-mêmes, et couchant souvent en plein air sur leurs bruyères, enveloppés dans leurs manteaux; ils aiment la guerre et en bravent avec courage les fatigues et les dangers.

L’Angleterre est divisée en £2 Comtés ou HireS, dont

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