‹ Porte-feuille géographique et ethnographiqueChapitre 72 sur 167 · PAYS-BAS · texte numérisé non relu

PAYS-BAS

DOGUMENS GÉOGRAPHIQUES QUI EN INDIQUENT

LA

SITUATION

' le 5o° et le 54°lat.cN.

le 1 6° et le I 53''longit.e

LES EOtlES.

puN. et à ( la mer "Ouest . (d’AUem.' au Sud .(la France à l'Est . (l’AUem/

L ETENDUE

long, larg

\iool

lieu.’

carr.

clim.

LES PRODUCTIONS

Minérales. Mines de fer, beaucoup de tourbe, pierre à chaux, pierres de taille, ardoise, marbres, albâtre, turquoises, charbon de terre, eaux minérales etc.

|V égétales. Blé, seigle, menus-grains, chanvre, lin, tabac, fruits, légumes, pâturages, garance, colza, houblon, belles fleurs etc.

! Animales. Bétail à corne en quantité , moutons dont la laine est très-bonne, cochons, volaille, abeilles, poissons de toute espèce [3.j

| Industrielles. Beurre, fromages, pêche du hareng, draps, tapis, toiles de lainage et de coton, dentelles, cuirs, papier, fabriques de tapisseries, porcelaine, faïence, pipes, verreries, raffineries de sucre etc.

LE CLIMAT ET LESO L

Climat. Épais, nébuleux et froid, excepté lorsque le froid l’épure; il serait même très-insalubre si les habitans n’en prévenaient les pernicieux effets par la plus grande propreté etpartous les moyens que leur suggèreleur industrieuse activité [4.] Sol, Marécageux et très-peu favorable à la végétation en Hollande; niais les canaux qu’y a creusés l’industrie, l’ont rendu propre aux pâturages, et dans quelques can.

tons à une culture utile [5.]

NOTES RELATIVES AU TABLEAU

[1] Le royaume des Pays-Bas est un nouveau royaume établi par lés actes du congrès de Vienne. 11 est formé du duché de Luxembourg, de la Belgique (Brabant, ou Pays-Bas autrichienne.) Cette contrée a pris le nom de Batavie , de ses habitans distingués du tems des Romains en Batavi et Irisii (Bataves et Frisons.) Les Romains appelaient Belgique, les pays situés au IN. des Caulc-s. Ils en reconnaissaient deux contiguës. La première contenait ce qu’on appelle Brabant et ses annexes; la seconde consistait dans les provinces les plus rapprochées de la mer, qui composent la Hollande. Chez les modernes elle a pris différentes dénomminations; celle de Pays-Bas parce que le terrein y est plus bas que la mer, dont les eaux l’englouteraient, si elles venaient à rompre les digues hardies que les Hollandais leur ont opposées, et parce que plusieurs grands fleuves y ont leur embouchure; celle de Provinces- Unies , à cause de l’union contractée à Utrecht en 1679, par sept provinces de ce pays, époque à laquelle on vit se renouveler le spectacle que les Vénitiens avaient donné au monde plusieurs siècles auparavant. Un peuple qui fuyait la tyrannie du duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas pour Philippe II, roi d Espagne, ne trouvant plus d’asyle sur la terre, alla en chercher un sur les eaux : celle de Hollande (la plus considérable de ces provinces), qui signifie pays creux, étymologie fondée sur ce que les terres de la partie septentrionale pressées par la mer, qui refoule les fleuves, paraissent toujours exposées a une inondation générale et menacées d’être submergées, ou par les flots écumans de la vaste mer, qui heurtent quelquefois les digues avec fureur et les entrouvrent, ou pas les ondes plus paisibles des fleuves qui rongent sourdement les terreins fangeux, s’y insinuent et les rendent caverneux ; Celle de nouvelle république Baiave, lors du traité qu elle conclut à la Haye en 1795 avec la France, qui la reconnut comme puissance libre et indépendante. En 1S06 Napoléon en fit un royaume, qu’il confia au prince Louis Napoléon son frère. Ce royaume cessa de subsister en 1810, et la Hollande fit partie de l’empire français jusqu’en 1814.

[2] Ce qui donne 17 heures pour le plus long jour et 7 heures pour le plus court.

[3] Le principal revenu de la Hollande était autrefois la pèche du hareng et de la baleine. On

estimait le produit annuel de cette pêche à près de 5oo,ooo florins.

[4] Malgré toutes les précautions, les vents du Nord et ceux de l’Est y occasionnent de fréquentes maladies, telle que la fièvre et les calharres.

[5] Configuration do sol. La Hollande présente l’aspect d’une immense contrée restée longtems ensevelie sous les eaux, et qu’on aurait desséchée; l’humidité et le froid caractérisent son climat: les aurores boréales y sont assez fréquentes; les canaux et même la mer, n’offrent que des eaux troubles et fangeuses, d'immenses marais, tels que ceux de Peal et de Bout long, et des terreins marécageux couverts de bruyères, y décèlent un sol ingrat et rebelle à la culture ; mais on n’y peut voir sans admiration tant de villes populeuses; et les yeux se reposent délicieusement sur des bocages, des jardins et des prairies. Rien ne donne une plus haute idée de l’industrie humaine que leur établissement et leur florissant aspect, malgré tant d obstacles, tant de désavantages naturels La Hollande n’a pas de montagnes ; elle est dépourvue de bois. Celui dont elle a besoin , lui arrive par le Rhin jusqu’à Dort, au moyen de grands radeaux, qui ont sept cents à mille pieds de long. Fleuves et rivières. Le Rhin, qui ne partage pas la gloire des autres fleuves qui s'augmentent à proportion de la longueur de leur cours. Celui-ci se réduit à rien avant que d’entrer dans l’Océan. Après s’être séparé en deux branches au fort de Stenken , où la moitié de ses eaux prend le nom de VI ahal , VYssel lui enlève une partie de celle qui lui restait au-dessous d’Antheim. H coule ensuite vers cette ville, quoique très-affaibli : à 6 lieux delà, il est obligé de se séparer de nouveau dans Duderstadt. Ici, sa principale branche prend un autre nom et s’appelle le Leck. 11 ne marche plus que sous la forme d’un petit ruisseau vers la droite, mais il retient toujours son ancien nom- 11 va ensuite passer au Tiecht, où il se partage pour la quatrième fois. Le Leck s’écarte de cette ville et dirige son cours vers le Nord. Le petit filet d’eau qui porte cependant encore le nom de Rhin, coule tranquillement à \ V o rd en , fait ensuite ses derniers adieux à la ville de Leyde, et finit tristement son cours, en versant le peu d’eau qui lui reste, dans deux ou trois canaux, sans avoir 1 honneur de se jeter dans la mer. C’est ainsi que ce fleuve, après avoir

traversé le lac de Constance et setre précipité du haut des rochers près de ScliafTouse, perd enfin sa gloire et son nom au village de Calweek. La Meuse (voy. tableau des rivières de l’Europe) reçoit la Sambre à Namur, laquelle prend sa source près de Novion, Departement des Ardennes, et passe à Landrecie, Maubeuge , Charleroi et Namur; V Escaut qui a sa source à Beaurevoir, Département de la Somme, passe à Cambrai, Valenciennes, Tournai, Oudenarde , Gand , à Anvers et Berg-op-Zoom, reçoit la Lys à Gand, et la Scarye près de Mortagne; la Dyle qui prend sa source au N. O. de Namur, joint l’Escaut au-dessus de Bicl, après avoir reçu la Haine de l’Est, la JSetlie du N., et la Senne du Sud. L’Escaut, dans l’endroit même où il devient membre de FOcéan, et où ses flots , furieux de se voir divisés , s’amoncèlent les uns sur les autres et font entendre des mugissemens prolongés, qui ont fait donner à cette partie du bassin le nom de Hondt, mot qui en Flamand signifie aboiement de chien. Les canaux innombrables du Pays-Bas sont entrecoupés par des écluses, qui donnent la facilité d’inonder le pays et d’écarter les ennemis , à moins que la glace ne favorise leur invasion, et forment des communications intérieures extrêmement favorables au commerce. Les principaux sont ceux de V onsinshe , de A ieupor t à Ostende , où les vaisseaux sortant de la mer, peuvent entrer au moyen des écluses de Sclicken, qu'on entretient à grands frais; le canal de Gand, etc. La Hollande est entrecoupée de mille autres canaux, où l’on trouve partout des barques, qui d heure en heure partent d’une ville à l'autre sans attendre ni faire attendre les voyageurs. Digues. C’ist par le moyen des digues que les Hollandais se garantissent des inondations, opposent des barrières aux flots de l’Océan, qui dans la Nord Hollande ou Westfrise a 7 — 8 pieds d’élévation au-dessus du niveau du terrein. Afin de rompre la violence des flots, on a fiché, au bord de la mer, des pins dans le sable; on les a revêtus de planches, ou entrelassés de branches d’arbres, pour former des espèces d’encaissemens , dans lesquels on a versé de grosses pierres amenées de Norvège. Tout vaisseau hollandais qui va commercer dans le Nord , est obligé, à son retour, de se charger d'un nombre déterminé de ces pierres en forme de lest. Le long de ces encaisscmens, du côté de la terre, rè gne un parapet de i5 à 18 pieds de haut, large de 7 à 8, uniquement formé d herbes marines, sans aucune façon ultérieure. Ces herbes s’aûais-

sent par leur propre poids, se convertissent en terre et forment une masse assez solide, derrière laquelle est la digue véritable, élevée d’environ deux toises au-dçssus de la plus haute mer , mais de 4 ou 5 pieds plus basse que le pjarapet. Des poteaux numérotés, distans l’un de l’autre de 40 à 5o toises, indiquent à ceux qui sont préposés à l’entretien des digues, la partie confiée à leurs soins. La digue n’étant formée que de sable, le vent pourrait y causer du dégât Pour prévenir cet inconvénient, on y fait croître des joncs et des roseaux, qui la retiennent et la raffermissent. Cette partie gazonnée du côté de la terre, présente un talus, qui, par une pente douce, va gagner la campagne, sur laquelle le parapet domine de plus de 20 pieds. Les digues de Midemblick passent pour les plus belles du pays. Les voyageurs adriiirent celles d eHelder, a l’extrémité septentrionale de la Nord-Hollande. C’est un simple village, situé sur le bord de la mer, au milieu d’une pointe qui s’avance vers l’ile de Texel , et dont une partie est construite sur la digue même- C’est là que l’Océan furieux menace la terre d’envahir son domaine. La main de l’homme réprimé sa rage écumante et lui oppose une barrière, contre laquelle ses flots vainement irrités, viennent se briser en frémissant. Les premières digues furent élevées, dit-on, dans le 11e siècle; mais on n’apprit à leur donner de la solidité que dans le 12.' Lacs. Les principaux lacs de la Hollande commun. quent avec la mer, et sont plutôt de vastes lagunes Ce ce qu’on appelle la mer de Harlem a i3 lieues carrées, y compris quelques autres petits lacs qui en font partie. La navigation en est dangereuse; le Zuiderzée , peut-être regardé comme une petite méditerranée. 11 a 268 lieues carrées de 2.5 au degré. Il est souvent gelé, ce qui provient du peu de profondeur de ses eaux. Le Peelsche Morat dans le Brabant hollandais, est uni marais dont la superficie est de 3o lieues carrées; le Biesboch, ou bois de roseaux, est une plage de 1 5 lieues carrées, qui était couverte de roseaux, siluée au N. E. de Gertruidenberg , mais qui aujourd’hui est en partie desséchée et cultivée. On prétend qu’il se forma, en 1421 dans la nuit funeste du 18 Novembre, par le débordement des eaux du V a liai et de la Meuse, qui engloutirent 72 villages. Rades. La célèbre rade du Texel. C est le rendez-vous de toutes les forces qui partent du Zuiderzee , tant pour les Indes que pour les diverses contrées de l’Europè ; le l'udden, entre les iles de Ter-Schelling et d’Amcland.

Le Royaume ries Pays-Bas qui comprend :

Page 1