LES SCEAUX
tTESSES DE CHAMPAGNE.
ÎCTION.
ert à constater l'authenticité d'un acte, ublc intérêt. D'abord elle fournit les rand nombre de documents, dont les
ce point de vue, qui ne peut occuper
il en est un autre qui s'adresse à un
omme monuments figurés, les sceaux jucs dont la connaissance approfondie ire générale de l'art. Depuis l'époque
peut, par l'étude des sceaux, suhre adence ou les progrès de la glyptique.
Dans les sceaux du moyen-age, le
plus souvent son inexpérience qu'un es imperfections que l'on constatera et parmi tant d'objets d'une exécution •nconlrera quelquefois, notamment au u'il recherche, et qui lui apparaît si
et vraie science historique trouvera »tions . les figures si variées que les
valeur inappréciable, car tout ce qui itc. Arrière ces portraits de fantaisie ,
OUPITHk Mil.
ces prétendus tableaux d'histoire ou les compagnons de (Jodefroid de Bouillon, où les auditeurs de saint Bernard, dépouillant le tissu flexible et maillé du haubert, ont revêtu la brillante armure articulée sous laquelle mourut Bavard et que portail François I", quand à l'avie il perdit à la fois la victoire et la liberté! Rectifions ces armoiries modernes imposées, de par l'arbitraire des généalogistes, à des personnages qui les ont jamais connues! Vérifions si certains litres, admis par les historiens et consacrés par un usage universel, ont été en effet portés par ceux auxquels nous les attribuons. On voit quelle arène immense nous ouvre l'élude des sceaux.
Nous avons choisi un sillon de ce champ si vaste : nous nous bornons à une seule série de personnages. Mais il s'agit d'une des premières maisons féodales de l'Europe. Investie de l'une des six pairies laïques de France, parvenue ensuite, par héritage, au Irône de Savane, la race des comtes de Champagne de la maison de Hlois s 'éteignit dans la personne d'une reine de France. U-s belliqueux exploits des croisades lui ont apporté leur contingent de gloire : elle a fourni un roi de Jérusalem. Les œuvres littéraires d'un autre de ses membres occupent un des premiers rangs parmi les productions de ces trouvères dont les débuts sont ceux de notre illustration poétique.
Les comtes de Champagne de la maison de Blois figurent parmi les plus brillants représentants de la chevalerie française. Mais ils sont aussi du nombre des plus grands, dans le sens le plus sérieux du mot; et de tous ceux qui. au moyen-age, joignirent à leur nom le nom d'une ville ou d'une contrée, aucun plus qu'eux n'a mérité cet honneur. Cette Champagne que nous connaissons, ils l'ont créée. Il avait existé une Champagne avant eux , mais elle n'existait plus quand ils parurent Lieux, réunissant des membres épars, des débris morcelés |Mir la féodalité, et auxquels il ne restait plus de commun qu'un vieux nom mérovingien, ils ont fondé en France une province qui leur a survécu pendant plus de six siècles, et subsiste encore comme un monument de leur génie.
Sur les vingt et un sceaux qui forment l'objet de cette publication, dix-huit appartiennent soit à eux, soit à leurs veuves; les trois autres nous rappellent les dernières années ou les derniers vestiges de l'autonomie politique, si lot ravie ii la Champagne par l'un des premiers triomphes de l'unité française.
Nos planches reproduisent les sceaux :
I. De Uugues, 1089-11».}; un type, d'après un exemplaire conservé aux
i nn. de \vim et •crllc* me wo>aJ« foi», oor* (tïcu» aijrle pour 1 133). Cette cbirte est cotre Comitti i »33 (*»)im >l< lr) , Tlubaul IV ecella .gaiement pour la •.«.i, une charte <l« ■ i jfi qui ni inpriaec de M Ir* Dotumrmt ■hu es rl Ai Mlioth«iuri Jn JrpmrteMmli.T. V , p >f< 6 ig,
Henri I"; un type, d'après un exemplaire planche I", figure 5).
ype, d'après un exemplaire conservé aux
^ures I et 2). || i type, d'après un cxempluiic conservé aux $ures 3 et 4 .
le Thibaut II ; un lype, d'après un exemplaire r planche II, figures « et 61.
trois types : le premier, qui cessa d'être ou au commencement de l'année 123.1 |l', chives de l'Aube (voir planche III, figures andonner quand il devint roi de Navarre.
\è aux archives de l'Aune (voir planche III.
ir à l'avènement de ce ptince au trône de é aux archives de la ville de Troyes (voir
e de Thibaut IV; un lype. public d'après un Aube [voir planche IV, figures I et 2 .
MM.IUIWK. .">
', figure I"]. Nous ne connaissons pas les
î type, d'après un exemplaire conservé aux figure 2).
le Libéral, ,132-1181; un premier type iprès un exemplaire conservé aux archives et un second lype postérieur au décès de appartient au même dépôt (voir planche I",
cliarlc la plus récente à laquelle, à ma
HUMTM vin.
connaissance, le premier se trouve suspendu, est datée du mois d'août 1235; on peut la voir aux archives de l'Empire , J. 1 95 . n* 37. Il est publié ici d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Aube (voir planche IV, figures 3 et 4). Je pencherais à cioirc que Thibaut l'abandonna quand il sortit de la tutelle de sa mère, en 1256. l.e premier exemple que j'aie vu du second type est un sceau pendant à une charte de l'année 1257 (archives de l'Aube . fonds de Clairvaux]. C'est d'après plusieurs exemplaires conservés aux archives de l'Aube qu'ont été exécutées les figures 5 et 6 de la planche IV;
2* Un type du petit sceau , d'après un exemplaire conservé aux archives de la ville de Troycs (voir plunchc V. figure |*J.
XI. De nenri III, 1270-1274; un type, d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Aube (voir planche V. figures 2 et 3].
XII. De Blanche d'Artois, veuve de Henri III; un type, d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Empire (voir planche V, figures 4 et 5) (I).
XIII. D'Edmond d'Angleterre , que Blancho épousa en secondes noces et qui fut comte de Champagne depuis ce mariage jusqu'à celui de Jeanne de Navarre, fille d'Henri III, et de Blanche avec Philippe-le-Bcl, 1275-1284; un type, d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Aube ( voir planche V, figures (i cl 7).
XIV. De Jeanne de Navarre, femme du roi de France Philippc-le-Bel, 1284-1305; un type, d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Aube (voir planche VI. figures 1 et 2|.
XV. De Louis Hutin, 1305-1314; un type, d'après un exemplaire conservé aux archives de l'Aube (voir planche VI, figures 3 et 4J.
XVI. Des grands Jours de Troycs, dernier vestige sigillographique de l'indépendance de la Champagne ; un type, d'après un exemplaire suspendu à un arrêt de 1402, conservé aux archives de l'Aube (voir planche VI, figures 5 et 6
Une partie de ces sceaux ont déjà été publiés ou décrits par MM. do Wailly [ Éléments de Paléographie, T. II, p. 142, 143, 153, 154, et planche E, figure 5 ; Arnaud [Voyage archéologique dant le département de l'Aube); par les auteurs du Trétor de numismatique et de Glyptique, Sceaux des grands Feudataires de France.
(.) L'.c première icckcrcbe J.m. ce «l/pot */"■' WtWonW, lun» «Joui «blrou J. W%M *> Dcpii.lim monUitc prU rur <■■ plllrc Je u belle collection. U ««ce. .Cime Meoad* rcchcr<*« <">"• • I»™" * CMm,,l ' T l'oripiul; m.i. »u t'en [>..„«• pi» ohm.. Ici M. Orp.uli. J'.RreVf IV.preMMH de m» rrwefcien.™^
MH.HAl'tlIK.
'rimirement par Pérard, Recueil de Piècet clc , clc. Mais personne n'a été jusqu'à rsonne en effet n'avait contracté, envers le Ine la composition d'un travail spécial. Nous i planche des ÊUmtntt de Paléographie et de Glyptique, les nôtres nous semblent edées.
substance grasse et dure dont la cire parait
ou deux empreintes : la principale appelée
au revers, est désignée par le terme ?aux se trouvent unis par des procédés ni l'authenticité.
iphes à l'examen des objets suivants : ' et contre-sceaux;
tre-sceaux ; u sceau ;
n eaux , et partant armoiries des comtes de
XTION r.
ri des Sceaux.
•lalliqucs des rois de France ne sont pas (osés en placard.
lençail, » dit M. de Wailly, • par faire une je l'on voulait sceller, et l'on introduisait cire qui , en s'aplatissant sous la pression de la feuille de parchemin , et dépassait en >n avait dû pratiquer (■). »
de la seconde race ne fournissent aucun sage , qui fut suivi par les premiers rois de >s. La plus grande partie des sceaux de ce Philippe I", son père, étaient disposés de ilippe 1" et de !.ouis-le-€ros , Hugues, le •us connaissions des sceaux (3;. n'a jamais, ju'en placard.
m'objecter, est celui que fournit l'un des pièce conservée à la Bibliothèque de la ? pièce n'est rien moins que la charte de diée d'abord par Chifflet, d'après l'original , lans son S. liernardi ijenus illustre auertum, ne savante dissertation (4), cl reproduite . liernardi opéra, T. I, p. xix, notes sur îrs du nouveau Gallia Christiana, T. IV, 'tic pièce est évidente. Elle a été écrite à
HugUA, S' un aux ArcLivf» Je l'Aabr, l'autre Jam celles • le charte» originale», et Ion même qae le tenu d'eme u» Ira veux, il cal belle Je coutatee ai le aéra cuit
CH.U'ITRE VIII.
une époque beaucoup postérieure a l'année I 1 1 i ou ii l'année I I l.'i, auxquelles nu l'allribuo. Kilo (laïc proliablemenl du X\T siècle. Les doux sceaux de relie eluirle qui (inl et" remarqués par Chifflet el dont il dit un mol I , présentent plusieurs Caractères qui sulliraiciit pour rendre douteuse la sincérité de la pièce. Ils sont en cire \erle; or, on ne connaît en France aucun exemple de sceau en cire vcrlc remontant aussi haut i . I.e sceau de Hugues est muni d'un contre-sceau, chose fort rare à celle époque, surtout en France :\ \ el dont l'usage ne commence parmi les comtes de Champagne que chez le troisième successeur de Hugues. Ce contre-sceau est armorié; or, au commencenenl du XII' siècle, on ne trouve ordinairement aucune trace d'armoiries sur les sceaux et sur les contre-sceaux : Thibaut III, quatrième successeur de Hugues, est h! premier comte de Champagne dont le contre-sceau soit armorié.
Chifllel a aussi imprimé . parmi les preuves du livre dont nous parlons [4), une note écrite par un nommé Ronhomme, chanoine de Troyes, sur les sceaux et les armoiries des comtes de Champagne , et celle note est en contradiction avec nous. On y lit que l'auteur aurait « veu au trésor de noslre chapislrc de Troyes » le titre du comte Hugues collé au livre du sieur Camuzat et les trois sceaux » y pendants. Le premier est dudit Hugues; le troisième est de Thybault, son » successeur, auquel il \endil les comtés de Champagne et de Brie, celui du » milieu est de Henri le large lils de Thybault. »
Hugues aurait donc celle fois fait usage d'un sceau pendant. Voilà, du moins, ce qu'on |M>urroit conclure. Mais le diplôme donl il s'agit ici, ce diplôme donné par Hugues au chapitre de Troyes, cl publié ensuite par Camuzat [S), existe encore aux Archives de l'Aube 6'. Les sceaux ont été enlevés; mais en examinant la partie inférieure de la pièce, il est facile de reconnaître que le sceau do droite élail plaqué, que les deux autres seuls étaient pendants. Cette noie est, du reste, tout entière d'une excessive faiblesse.
Aucune des Charles originales du comte Thibaut II, que nous connaissons, n'a clé scellée en placard; mais ces chartes appartiennent toutes à la seconde
(ft) Il > dtp .H« indiqvc fm n-.ltr (MA** M. V.lki Je VirieilU- .Imm. m. 4nkk ■ ■ W.r /./«. . M C.Mr. v . 1 1 ».
KiR.tniiK. 1 •
I • suppo>er que ses premiers sceaux
123, il fit sceller en placard une charte Reims I I). Mais celle charte n'existe plus, successeurs, que nous avons vues, sont
. Seulement la nature des attaches varie.
:<■ sur lanières de cuir, sur double queue,
, on commençait par pratiquer dans le bas lellc on faisait glisser l'attache; on appli- ? de manière à ce que la cire n'en recount tantôt par le bas, tantôt par les côtés oie, de cuir ou de parchemin, on avait
cuir ou sur double queue. Mais « pour ordinaires, * disent les Bénédictins, « on ilieu du XIIT siècle, de découper le lias d'attacher le sceau au bas du parchemin e était scellé sur simple queue, a charte et conservé aux Arclmcs de uir qui ont servi à le suspendre. Il existe,
Montier-la-Cclle, une charte de lui qui a
dément tous scellé sur double queue une cas, je puis donner le relevé sui\ant de Ùtè scellées de cette manière.
[oMfor'b-Crik, binant.
linl-l.oiip.
Tonligny.
. -1 in.tr j
12 CHAPITRE «Ht.
Henri I".
MU. Archivas de l'Aube, fonds de Fofcy.
1158. Ibid. fonds de UairwM.
Blanche de Kararrt.
1309. Archive* de l'Aube, fonds de Foicy.
1*10. Archive» de TEnpire. J. 199. n-> 4.
1220. Arcbires de l Aube, fond* de Saiul Loup.
Thibaut IV.
1236. Archives d? l'Aube, fond» de Clairvaux. 123*. Ibid. fonds de Monlier-la-Celle.
1254. Archives de l'Empire, J. 175, n<> 4.
1232. Ibid. J. 205. ir> 46.
Thibaut V.
1257. Archives de l'Aube, ronds de Clairon*.
1265. Ibid. fonds de h Trinité.
1269. Ibid. fonds de Foiey.
Edmond.
1279. Archives de l'Aube, fonds des Cordeliers.
Misons, en outre, qu'il existe aux Archives de l'Aube des sceaux de Henri I" a» an! son avènement, de la veuve de Thibaut IV, Marguerite, et enfin de Henri III, qui sont détachés de leur charte, mais qui conservent encore leur double queue.
V partir de llcnri 1", les sceaux des comtes de Champagne sont la plupart du temps pendants par lacs de soie. La couleur de ces lacs de soie varie. 1 Eli*- est rouge dans les exemples suivants : Henri H.
1162. Archives de l'Aube, fonds de Saini-I»up. 1170. Ibid. fonds de Sair.1 Maclou.
1174. Ibid. fonds de Larivour.
1178. Ibid. fond» de Moulier-la-Cellc.
1179. Archives de l'hospice de bar-sur- Aube.
.Hartr de Franc*.
1181. Archives de l'Aube, fonds de Sainl-Loup. Thibaut III.
1197. Archives de l'Aube, fonds de Koicy.
1198. Archives de l'Empire, S. 2107. u« .V