‹ Portefeuille archéologique de la ChampagneChapitre 71 sur 82 · MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX · texte numérisé non relu

MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX

COFFRETS 1)1 TRÉSOR HK I.A CATHÉDRALE DE fllOïES I .

On sait «le i|iiel % if altrail ont rte loul temps brillé, pour les femmes, |e> joyaux cl les parures. Complément de leur beauté et v ajoutant je no sais quelle fantaisie pleine rte charme qui est comme la louche Suprême et la plus délicate rte l'artiste, les bijoux, suivant leur richesse, témoignent de l'influence et rte l'empire •les femmes, elles qui peuvent, à leur gré, attacher à leurs bras, ou suspendre à leurs oreilles, de ces riens qui ont la valeur d'un opulent patrimoine et qui feraient parfois la fortune d'une prov ince entière.

Si la mère des Graeques ne voulait pas d'autre parure que ses enfant-, eu revanche» le monde d'une femme chez une Romaine comprenait les joyaux les plus riches, les plus multipliés et les plus dispendieux * . Aussi (Mine nous raconlc-l-d « qu'il a vu. non pas dans une cérémonie publique, où on étale ordinairement » tout le fasle de l'opulence, mais dans un sou|mt rte liançailles très-oidinaiie, » l.ollia Puulina, toute couverte d'émeraudes et rte |»erles, que leur mélange rendait » encore plus brillantes. Sa tète, les tresses et les boucles de ses cheveux, >es » oreilles, son cou, ses bras, ses doigts en étaient chargés. 11 v en avait pour * quarante millions de sesterces :1 , c omme elle était en étal de le prouver par les » quittances.» Il ajoute qu'il est des exemples d'un luxe encore plus grand et que, dans un rte ces repas que Cléopatre donnait à Antoine, elle voulu! lui prouver qu'elle le surpassait en magnificence, et qu'elle pouvait dépenser jusqu'à ilix

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millions do sesterces dans un seul festin. Antoine nul la chose impossible et l'en défia. I-i reine alors détacha de ses oreilles deux perles d'une énorme grosseur, se fil ap|M>rler une coupe remplie de \ inaigre, y fit dissoudre une de ces perles et l'avala; elle se disposait à sacrifier celle qui restait, lorsque Planons, juge de la gageure, s'en empara el déclara qu'Antoine était vaincu. Cette seconde perle fut conservée avec soin el apportes à Home après la mort de ûéopilra; elle fut ensuite |Hirtagoc en deux, el placée aux oreilles de la slalue de Vénus dans le l'anthéon [.).

N'avons-nous pas vu, chez nous, François 1" faire dos levées sur les parisiens et les menacer de vendre les cloches de Notre-Dame pour paver le collier de perles qu'il voulait donnera la duchesse d'F.tampcs ï , et de nos jours la boni*', unie à la plus noble simplicité, fonder un hospice avec le prix d'une parure offerte.

\u moyen-âge. où l'amour de Dieu et des dames, c'est-à-dire la religion et la fjalanterie, allaient pour ainsi dire de pair, et, si l'on on croit la Vhronique <l« l'riil Jehan dr Sainlré, où celaient quelquefois les dames qui se chargeaient

(i) Plu. Bùt iMfw. lAb. IX, JK.— Jiom, ftiump hùlnmfur el rA •<*"■/"* au Au» examine •'</ ru certain alir ( hnpJlrt ait (huntu tur-lë- , Immp la parle au'i-u dit nu'rtlr eumtt tlnju «11 frilin, </<-. Par», >•')<). - Journal rjc V»r.lun. «oui l-\<J, paRCt *î-8;. contenant le» ohicfialiuiis dr Drru» du Radier tut re livre.

I»iw«. ix pouTou pu tu.ere tout In phdotophet m In portn tuf ce tujet, nous en climat tealctneal c|u<l<j.M-. »n.

(Juart aaor ma locuplelit damna ccnauni lunbut j;«ril?

St.tc. De f'ùa W«, XVII.

S„n «lit anakehria mur.Lt riru. aubieccrat . mu hiea ac ténia palrimoma lunbtit Mngulii

. Ih teneficii^ l<b. VII, g.

At »rtirtr leneeat miter* |H-|Mrrrr* tiurlla* : X'ulli* iaturalt e.ir|K>IM lo.tr lejjl; l oiinealoi poailu »ariarc cupdUi»; CoraapicuaBi gentntia tullia liabere i

0»id. MrdicwminmftKin, t. 17 a «.

gun faror ni, cenaat empare ferle tuot'

Otio. Artk uiMi», lib. III, ». t-i.

Vulrt», niulierin cocnpedea! Sic aot baet), detpoliaraur. Se» r M,.,do H tcl.bnm débet babere, et M »e .,,l,.l«rainni babas deeean pondu arnilUtn , » milleaimia Mncorii factam .... , jui J ' mqail HatHtuiaa , riealiriltKl nie , at l.b. emetra» rahaia «iire.ni. l'ia»,» fillaoi haberetn , aartcul.» alla pnrcidereni.

Pctnnii tatyric^ cap. I.XVII.

Vuribst Mlenm intgaiit rotmniiit rlemlioi.

Joia.Sal. tî, ».

P>ort*-r. Lib- III, Elrg. XI. Friiurt» nnaalùra valmi. - Tlatvit. Or Cuit. t'aan. I, S. (1) Alphabet d< frotta» FnOcejk JhIU.

WHLUI CIVIL ET BELIOIEII. •>

d'apprendre aux jeunes gens qui aspiraient à devenir chevaliers leur catéchisme en même temps que l'art d'aimer : Crhty </ui entend à loyaulment une dame tereir tera mué en dme et en corp* 11), le goût et l'usage des bijoux avaient pris de tels développements, que les rois de France voulurent en arrêter les progrès par des lois somptuaires (»). Ce fut en vain, le gout du luxe porté jusqu'à la fureur eut cda de particulier, que ni la pauvreté, ni le malheur, ni le ridicule, toujours si puissant en Franc*, ne purent en triompher aux époques même les plus calamitcuses de notre histoire.

Les ordonnances somptuaires se renouvelèrent souvent, mais la preuve de leur impuissance se trouve dans leur multiplicité même et aussi, il faut le dire, dans les inventaires des rois cl des princes qui , voulant réprimer le luxe, étaient loin de donner, comme Charlemagne, l'exemple de la simplicité (3).

L'orfèvrerie française des XIII' et XIV siècles a joui d'une grande réputation et fut très-recherchée dans toute l'Europe ; malheureusement la richesse des métaux a conspiré contre ses œuvres, et à peine si l'on trouve aujourd'hui quelques spécimens de ces bijoux merveilleux dont les femmes rehaussaient leur beauté et ornaient leurs vêlements; liés à leur sort, les écrins qui les enfermaient ont disparu uvec eux, et les rares exemplaires qui sont restés le doivent au peu de valeur de la matière employée ou à l'impossibilité de lui faire subir aucune transformation. Étrange destinée de l'art! cette flamme d'en haut qui ne peut se fixer sur un objet qu'à la condition de se l'approprier, mais qui l'abandonne tôt ou tard, lorsqu'il ne se l'est pas assimilé de manière à ne lui laisser que la valeur qu'il lui communiquel

Cependant le nombre des écrins et des coffrets était considérable; en effet, au milieu de l'état aventureux et précaire du moyen-age, il fallait souvent se déplacer, souvent emporter au loin ses richesses , pour les mettre à l'abri du pillage et des événements qui les menaçaient non moins que leurs belliqueux pos*cs*curs. Le luxe était forcément nomade et rendait nécessaire à tous les riches personnages une foule de bahuts, de coffres, de malles.de bouges, etc.. etc., en un mot. d'enveloppes pour enserrer leurs trésors. Les grands coffres en renfermaient de plus petits, et ces coffrets, faite de métaux précieux, de cuir doré, d'ivoire, de bois ou

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