‹ Portefeuille archéologique de la ChampagneChapitre 72 sur 82 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de cuivre . cl destines à des objets de prix ou à des mains délicates , se ressentirent davantage de l'élégance et du luxe du moyen-Age.

Malheureusement, peu ont échappé à la destruction; aussi, malgré que nos grandes collections publiques cl nos trésors d'églises en renferment encore quelques-uns , on peut être étonné qu'un si petit nombre soit arrivé jusqu'à nous. Le Musée du Louvre n'en possède qu'un, sous le n° 64; le Musée de Cluny en a très-peu en ivoire et un seul en émail de Limoges, sous le n° 952. Quant au coffre de mariage, catalogué sous le n* 2328, avec couvercle en forme de toit, enrichi d'appliques en étain doré, représentant des bons héraldiques et des animaux chimériques, ses dimensions relativement considérables ne permettent pas de le classer dans la catégorie des coffrets. Le Trésor de la cathédrale de Reims renferme un seul coffret en ivoire, qu'on peut regarder comme un précieux monument de l'art antérieur au X' siècle. La cathédrale de Sens en a un également en ivoiro auquel on a ajouté une bordure d'émaux de Limoges , qui, n'étant pas à leur place, le déparent plutôt qu'ils ne l'embellissent.

Le Trésor de la cathédrale de Troycs, plus riche que la plupart de ces collections, possède trois coffrets d'une haute valeur.

Le premier, dans le détail duquel nous n'entrerons pas, parce que sa description et sa représentation complètes se trouvent dans l'excellent ouvrage de M. Arnaud (1), est un coffret d'ixoirc teint en pourpre, de la fin du X" ou du commencement du XI* siècle. Il représente, sur une de ses faces, un empereur grec quittant sa ville impériale pour une expédition guerrière, et sur les deux autres, des chasses au lion et au sanglier dont ce même empereur semble être le héros. Nous laisserons donc , à notre grand regret, les curieux rapprochements que nous pourrions faire entre les personnages et les scènes de ce coffret précieux, et la magnifique étoffe trouxée dans le cours de l'année 1838 par M. Gaertner, archileite du roi Louis de Bavière, dans le tombeau de l'éxêquc Gunther à Bamberg [i], pour arriwr immédiatement au Coffret d'ivoire faisant l'objet de la planche 7 de la sculpture.

Le dessin qu'en donne le Porlt feuille est la meilleure des descriptions. Xous dirons seulement que ce Coffret est à huit pans et que le support de l'élégant re\ élément d'ivoire, qui lui donne toute sa valeur, est en bois de chêne d'une

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