‹ Portefeuille de l'ingénieur des chemins de fer (volume 3)Chapitre 10 sur 110 · t ' d"3S tranchées · texte numérisé non relu

t ' d"3S tranchées

angle il convient de tailler les tranchées pour se d'après m. sémettre à l'abri des éboulements. Il est des terres qui ^"'"' ^'"^' se soutiennent parfaitement à 45 degrés et d'autres qui coulent sous des angles bien inférieurs, parce qu'elles sont mêlées de couches argileuses et dé-

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layées par les eaux souterraines. En général, la partie d'aval des tranchées est toujours plus solide que celle d'amont, par la raison qu'elle est toujours privée d'eau.

« Quelquefois, pour aller plus vite, et dans l'incertitude de savoir sous quel angle un déblai pourra se soutenir, on s'en remet ainsi au temps, aux pluies et à la gelée pour les former sous l'angle qui convient à la nature du terrain , et Ton charge les cantonniei's d'enlever les déblais à mesure qu'ils arrivent dans le fossé. Ce moyen m'a assez bien réussi, lorsque les déblais se trouvaient sablonneux ou caillouteux et propres à servir d'engravement à la voie. Mais j'ai remarqué que, lorsque les terres végétales se mettent en mouvement, les éboulements se font avec une grande irrégularité, et les talus, au lieu de prendre une inclinaison propice à leur stabilité, ce qui semblerait devoir être le résultat d'un mouvement naturel, affectent au contraire une forme on ne peut plus défavorable au maintien des terres. Les parties supérieures DD (voyez la fig. 3, page 52) restent toujours taillées à pic , l'éboulement en E s'enfonce dans le terrain au milieu du déblai, le pied A est mis en mouvement; on se trouve ainsi forcé, en dernier résultat, de déblayer beaucoup plus de terrain, et l'on n'a jamais un talus aussi solide et aus.si régulier que s'il eût été taillé de prime-abord dans un plan convenable.

«Le talus que l'on doit donner aux déblais est relatif non-seulement à la nature du terrain , mais encore à sa position eu égard à sa hauteur. S'il coupe une élévation de terrain à sa partie la plus élevée,

FiG. i.

on peut donner plus d'inclinaison au talus, parce que l'on n'a à craindre ni les eaux supérieures provenant des pluies, ni les sources; mais si le déblai coupe la montagne sur un de ses tlancs, il est convenable de bien calculer l'inclinaison, et de ne pas craindre de la rendre très-faible pour se mettre plus tard à l'abri des accidents qui pourraient interrompre le service. On doit aussi se défier des amas de terres qui existent quelquefois dans les parties supérieures des grandes tranchées, et qui, sous une inclinaison plus ou moins grande, ont toujours de la propension à couler dans la tranchée et à y déverser leurs eaux de pluie ou de source ; car l'ouverture de la tranchée détermine souvent des suintements d'eau qui atteignent des bancs d'argile et occasionnent plus tard des éboulements,

«Le climat, enfin, doit être pris en considération,

22 DE l/lNCLlNAISON DES TALUS.

et, sous ce rapport, celui du midi est, sans comparaison, bien |)lus désavantageux que celui du nord. C'est surtout dans les contrées élevées et montagneuses du midi que l'on doit s'attendre à éprouver de fréquentes avaries, car elles se trouvent sous la double influence des climats opposés.

« Ainsi, le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon est, à sa partie supérieure, élevé de 5oo mètres audessus du niveau de la mer; or, on sait qu'en moyenne une différence de hauteur de i6o mètres en représente une d'un degré dans la température, et répond à une distance de 56 lieues plus au nord dans les limites comprises entre le 3o^ et le 60^ degrés de latitude. Les travaux ont donc à résister aux inconvénients qui peuvent résulter d'un froid tel qu'il a lieu à 200 lieues plus au nord en même temps qu'ils éprouvent les détériorations qui sont la suite des pluies d'orage, des débordements de torrents, etc., si communs dans les contrées méridionales. »

Talus d'après L'ouvrage de M. Minard sur les ouvrages quiéta-

MM. Minard JyUssent Ici iiavisatioii des rwlëres et des canaux. et Brees. o ?

contient un excellent chapitre sur les grandes tranchées et sur l'inclinaison à donner aux talus. L'auteur, dans ce chapitre, passe en revue les talus suivant lesquels se sont tenues diverses espèces de terrains; mais il entre à cet égard dans des détails

DE l'ouverture DES PONTS. 23

qu'il serait trop long de reproduire ici, et pour lesquels nous devons renvoyer à l'ouvrage.

On trouvera aussi quelques indications sur l'angle sous lequel se soutiennent certains terrains , dans l'ouvrage de Brees ^

Quel que soit cet angle, il ne faut pas oublier que influence dos

. 1 . • • ' • t X 1 1' 1 inlempéries

tel terrain qui résistera avec un talus d une grande de rair sur

d. 15 ^^ , . , . i l'inclinaison

maison, avant cl être expose aux intempéries de des talus.

l'air, pourra s'ébouler sous le même angle lorsqu'il

en aura subi l'influence. Certains schistes surtout

s'attendrissent au contact de l'air.

§ 3. De l'ouverture et de la hauteur des ponts.

Les articles 9 et lo du cahier des charges du chemin de fer de Paris à Rouen , articles qui ont été copiés textuellement de ceux des chemins de fer d'Orléans et de Baie à Strasbourg, fixent les dimensions des ponts sur 1rs chemins de fer. Ils sont ainsi conçus :

« Lorsque le chemin de fer devra passer au-dessus Hauicur -, , ^ des ponts sous

d une route roj^ale ou départementale , ou d'un clef.

chemin vicinal , l'ouverture du pont ne sera pas

1. Science pratique des cliemîDS de fer, par Brees. Traduit de l'anglais ; 1 vol. in-4'', avec allas de 77 planches in-f". 1841.

2* DE l'ouverture

moindre de 8 mètres pour la route royale, de 7 mètres pour la route départementale, de 5 mètres pour le chemin vicinal de grande communication, et de 4 mètres pour le simple chemin vicinal. La hauteur sous clef à partir de la chaussée de la route sera de 5 mètres au moins; pour les ponts en charpente, la hauteur sous poutres sera de 4'^'3o au moins; la largeur entre les parapets sera au moins de 7'"40) et la hauteur de ces parapets de o™8o au moins. »

((Lorsque le chemin de fer devra passer au-dessous d'une route royale ou départementale , ou d'un chemin vicinal, la largeur entre les parapets du pont qui supportera la route ou le chemin sera fixée au moins à 8 mètres pour la route royale, à 7 mètres pour la route départementale, à 5 mètres pour le chemin vicinal de gr.nide communication, et à 4 mètres pour le simple chemin vicinal. L'ouverture du pont entre les culées sera au moins de 7^405 et Id distance verticale entre l'intrados et le dessus des rails ne sera pas moindre de 4""3o. »

Pente L'article i3 fixant la pente des routes et chemins

ilesroutesaux . . 1 j j .. ^ i' • 1

abords vicmaux, aux abords des ponts, on pourra, a I aide

esponis. ^^^ ^^^ article et des précédents, calculer la surface de terrain qu'il devient nécessaire d'acheter pour le déplacement de certaines routes, leur abaissement ou leur élévation.

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