DE LA RUPTURE
Mode T.es essieux ne se rompent en général, lors des
chocs violents et par la fatigue, qu'au droit de la partie intérieure du moyeu. On citerait difficilement des exemples d'essieux droits qui se soient rompus ailleurs à moins de défauts graves. C'est en ce point que indépendamment de la pression de la caisse du chariot, se transmettent tous les efforts que la roue éprouve par la pression du bourrelet contre les rails et toutes les vibrations du corps de l'essieu. C'est celui qui fatigue le plus. Il importe par conséquent que l'essieu soit plus résistant en cet endroit qu'en tout autre.
Longtemps cependant on a entaillé l'essieu à angle vif, précisément à sa jonction intérieure avec le moyeu, comme dans les essieux Fig. 2, 3, 4 et dans celui Fig. 6, PI. F. 18.
On eût évité cette faute en songeant que le fer coupé à angle vif devient toujours cassant. Que l'on entame une barre avec un outil à tranchant aigu, elle rompra an premier effort; tandis que simplement creusée par un outil à tranchant arrondi, elle ploiera plusieurs fois avant de casser. C'est là un fait bien connu des forgerons.
Citons un autre exemple de l'influence des angles vifs sur la fragilité du fer. Des tiges de suspension employées sur les locomotives du chemin de
Bàle à Strasbourg et dont les vis étaient à angles vifs, avaient bien résiste lorsqu'elles étaient neuves, mais elles se brisaient toutes au bout d'un certain temps. On les remplaça par des tiges avec vis à filels arrondis. Ces dernières, bien que de même dimension que les autres, ont beaucoup mieux résisté.
Sur le chemin de Bâle à Strasbourg, effrayée de ^ Nature
'-' '' de la cassure
la rupture de plusieurs essieux de l'ancien modèle ap^^'s
^ ' un certam
Fig. 3 et A, Pi. F. 1 8, l'administration iu^eaconve- tt^mps ^ "' ° d'usage.
nable de les remplacer tous. On put alors les briser,
et l'examen de leur cassure conduisit à des observations assez intéressantes.
La rupture ayant toujours eu lieu suivant là surface de séparation de l'essieu et du moyeu à l'intérieur, la cassure était sensiblement plane et unie, soit que l'essieu eût été cassé dans le service, soit qu'on l'eût brisé à coups de mouton. Le grain très-fin, comme celui de l'acier dans les zones A et B, Fig. 3i
FiG. 3t.