V DE LA RUPTURE
allait en grossissant vers la zone C, puis devenait absolument semblable à celui du corps de l'essieu où le fer avait conservé sa texture primitive. La couleur brun de rouille dans la zone A , comme celle de très-vieilles cassures, devenait graduellement moins foncée vers la zone 1> jusqu'à ce qu'elle disparût entièrement dans la zone C. Les cercles enfin qui enveloppent les zones B et C n'étaient pas concentriques, mais tous tangents au cercle qui représente le contour de l'essieu , en D où se trouvait la clavette.
Ces faits ont été observés sur un très-grand nombre d'essieux qui avaient fait un long service, fabriqués d'ailleurs avec des qualités de fer totalement différentes, du fer de très-bonne qualité, très-nerveux et bien homogène, du fer fabriqué avec des rognures de tôle à texture lamellaire et du fer cassant à gros grains.
On voit, par ce qui précède, comment le service modifie graduellement les essieux. L'oxidation de la cassure dénote assez la présence d'une fente qui se serait successivement agrandie jusqu'au moment de la rupture. Que ce genre d'altération tienne en partie à l'ancien usage de couper les essieux à angle vif contre le moyeu, cela paraît incontestable, mais il ne faudrait pas en conclure qu'on l'évitera complètement en substituant à cet angle
un congé arrondi. Des essieux qui dans l'origine avaient été exécutés avec des congés aux portées au chemin de Bâie à Strasbourg ont été, après deux à trois ans d'usage, cassés à coup de mouton. Ils se sont brisés suivant A B Fig. Sa à l'extrémité du congé, et
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la cassure a présenté un aspect analogue à celui des essieux de l'ancien modèle. Quelques-uns étant d'excellent fer ont supporté, avant de rompre , jusqu'à quatre coups d'un mouton de six cents kilogrammes qu'on laissait tomber d'une hauteur de cinq mètres, ' tantôt sur un côté tantôt sur l'autre.
Ce changement de texture qui a lieu dans le fer changement