HEURTOIRS
Les heurtoirs du chemin de fer de Versailles (rive droite) ne sont pas sujets à ce mouvement. La construction de la partie supérieure est en tout semblable à celle de la rive gauche; seulement , au lieu d'avoir placé les contre-fiches en arrière, on a relié les heurtoirs, par des tirants en fer, à la partie inférieure de la maçonnerie des plaques tournantes.
Sur le chemin de Liverpool à Manchester, les heurtoirs sont formés de deux tampons placés dans la même direction que ceux de la machine; l'extrémité de leur tige reporte la pression sur le milieu de quatre grands ressorts dont les extrémités se touchent deux à deux.
Cette disposition de ressorts permet de recevoir les convois sans choc dangereux ou même incommode pour les voyageurs ; mais le prix élevé qu'exige leur construction en a jusqu'ici beaucoup restreint l'usage.
Enfin, sur le chemin de Vienne à Raab, les heurtoirs sont formés simplement de caisses en bois garnies de fleurs, ou, plus simplement encore, de talus régnant d'un trottoir à l'autre sur toute la largeur des voies.
Grues hydrauliques.
Les grues hydrauliques sont des appareils destinés à alimenter le tender, on les place ordinairement soit près des voies de stationnement des machines, soit près des voies de départ ou de passage, quelquefois aussi on les fixe au bâtiment du réservoir même.
Sur les voies de remisage , il convient de placer les grues hydrauliques près des fosses à piquer le feu, car souvent on peut être pressé de faire partir une machine , et il faut alors que l'alimentation du tender puisse se faire en même temps que l'on pique le feu.
Dans les stations principales de passage , il est utile de placer des grues, non-seulement près des fosses à piquer, mais encore près des voies de départ, car il faut qu'une machine, continuant son trajet, puisse, sans être obligée de parcourir un long espace de voies, en passant plusieurs croise- I ments, trouver en se détachant du train et à peu de distance une grue pour s'alimenter.
Les grues placées près des voies principales peuvent, si elles ne se trouvent à une distance conve- ' nable de ces voies, occiisionnerde graves accidents.
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On ne se préoccupe pas ordinairement assez de ce danger, que l'on éviterait facilement en donnant au bras plus de longueur, ce qui permettrait d'éloigner la colonne de la voie.
On a construit des grues de différentes espèces. Les unes, comme celles des chemins de Grand-Junction et de Versailles (rive gauche) , se composent simplement d'une colonne de fonte, qui fait suite à la conduite d'eau , et au sommet en laquelle est fixé un tuyau de toile ou de cuir servant à porter l'eau dans le tender ; un robinet, placé sur la partie horizontale delà conduite, ou une soupape dans la colonne, donne issue à l'eau. Ces grues, qui sont les plus simples et les moins coûteuses de construction, sont aussi les moins parfaites; elles suffisent , mais ne font pas un aussi bon service que celles qui sont toutes en métal.
Les grues en métal , dont nous avons donné les plans, sont celles de Saint-Germain, de Londres à Birmingham, et du chemin de Baie à Strasbourg.
Celle de Saint-Germain est parmi ces dernières la plus compliquée. Le tuyau qui conduit l'eau de la colonne au tender a une double courbure tout à fait inutile, qui empêche en hiver l'eau de se dégager entièrement et occasionne des ruptures. Celle du premier njodèle du chemin de Londres à Bir-
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mingham, dont la disposition générale est la même que celle de la précédente, a de plus l'inconvénient d'être supportée par trois pieds qui empêchent de circuler librement tout autour.
La grue du chemin de Strasbourg à Baie est dans de meilleures conditions, la colonne est simple et solide , le tube conducteur est droit et par conséquent se vide entièrement; elle fonctionne d'une manière satisfaisante, et il n'y a jamais de réparation à y faire, mais le bras en est trop court : déjà plusieurs accidents ont failli arriver aux voyageurs parce que la colonne était trop rapprochée de la voiej et plusieurs ont été brisées par des wagons de marchandises dont le chargement s'était un peu dérangé en route. Celte grue présente en outre l'inconvénient de nécessiter un homme sur le tender pour voir lorsqu'il est plein et un autre pour tourner la clef du robinet d'introduction.
La grue, deuxième modèle du chemin de Londres à Birmingham, est à peu près semblable; mais elle l'emporte sur celle de Strasbourg à Baie, en ce que le robinet ou la soupape d'introduction peut se manœuvrer par l'homme placé sur le tender.
Les tuyaux de conduite des grues hydrauliques doivent être de grand diamètre et leurs orifices Irèslarges afin que l'on puisse remplir rapidement le
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tender. les grues du chemin de Strasbourg à Bâie ne débitent pas suffisamment. C'est surtout lorsque les grues sont très-éloignées des réservoirs que cet inconvénient devient grave; il est d'autant plus sensible qu'assez ordinairement on ne donne au réservoir qu'une faible hauteur afin de diminuer le travail nécessaire à l'élévation de l'eau.
Les tuyaux doivent être placés de manière à ce qu'on puisse les réparer facilement.
Ils fatiguent beaucoup par suite des secousses violentes qu'ils reçoivent lorsqu'au moyen des robinets on s'oppose instantanément au mouvement de l'eau et que l'on produit ainsi des coups de béliers hydrauliques; pour parer à cet inconvénient il convient d'employer des tuyaux très-résistants, de placer près de la grue une cloche à air qui amortisse les chocs; et enfin de faire en sorte que les robinets ne se ferment pas brusquement, l'emploi que l'on a fait d'une vis sur le chemin de Birmingham pour fermer la soupape nous semble trèsconvenable; au chemin de Versailles (rive gauche), où les grues étaient dépourvues de cloche à air, les tuyaux cassaient fréquemment; on a obtenu de très-bons résultats en les enveloppant de béton et en manœuviant lentement les robinets au moyen d'un engrenage; dans tous les cas il convient de placer sur la conduite principale un robinet qui
permette de faire facilement et promptement toutes réparations.
Chaque conduite doit porter à son embranchement sur le réservoir une soupape, afin qu'un accident arrivé à une conduite ne prive pas une station d'eau; si donc on veut éviter la dépense de deux conduites distinctes pour une même station il est prudent d'établir, outre les grues répandues dans la station, une grue attenante au réservoir et y prenant l'eau directement.
Il faut, indépendamment des robinets dont nous avons parlé ci-d*essus, un robinet de vidange au bas de chaque colonne, et dans un puisard, afin que la nuit on puisse, pendant l'hiver, vider toute la partie de la grue, qui est hors de terre, et même jusqu'à la profondeur de la conduite, qui doit être placée assez avant dans la terre pour que la gelée ne puisse l'atteindre.
Sur le chemin d'Orléans on a essayé, pour l'hiver, l'emploi d'une double enveloppe , dans laquelle était disposé un réchaud, mais il vaut mieux, selon nous , chauffer l'eau dans les réservoirs. Ce qui, avons-nous dit précédemment est , sous tous les rapports, une excellente mesure à prendre. Il suffit alors pour préserver la grue de l'action du froid, même le plus intense, d'entourer la colonne et le bras des grues d'un revêtement en paille.
On surmonte assez ordinairement les grues d'une lanterne pour faciliter pendant la nuit l'approvisionnement des machines.
En Allemagne on emploie depuis quelque temps de nouvelles grues hydrauliques, dont le bras à double articulation permet, par ses grandes dimensions, de desservir deux voies adjacentes, et d'alimenter le tender sans qu'il soit indispensable de l'arrêter en un point fixé invariablement.
Dans toutes les grues hydrauliques à colonne fixe et à bras mobile sur la colonne seulement, il faut avoir soin de bien relier ces deux parties entre elles, et avec la partie inférieure, afin de s'opposer au soulèvement.