‹ Portefeuille de l'ingénieur des chemins de fer (volume 4)Chapitre 18 sur 146 · DES MOYENS DE SOUTÈNEMENT · texte numérisé non relu

DES MOYENS DE SOUTÈNEMENT

blé par les éboulements^ el que le terrain situé en arrière s'est affaissé sur une assez grande étendue.

Sur un autre chemin de fer, en Belgique, on a donné écoulement aux eaux au travers de minces couches d'argile, par des trous de sonde.

Extrait de « Il est des natures de terrain, dit M. Séguio

M^Séguin^ «'^îné, plus susceptibles que d'autres de conserver et

'mayeôsero^ d'absorber l'humidité, et qui dans les saisons de

Mutenir^ic» pluie se délaient, e transforment en boue et coulent

tnocbé^^n ^^ P^^^ <^^^ talus. Lorsque ce cas se présente, il est

MuifèK». nécessaire de disposer les voies d'éciiilcn- • :

>en Jciii ïvir^ç^cihï des i^Mus asitz profondes

pour que la pression qu'elles exercent suffise à les

faire filtrer à travers le terrain. Voici un moyen

que j'ai employé et qui m'a très-bien réussi.

a J'ai fait creuser dans la saison sèche un fossé A R

FlG. 8.

DBS TALCS. 63

de 3 mètres de profondeur au pied du talus. J'ai fait remplir tout l'espace B C de pierres rangées à la main et recouvertes de C en A de terre argileuse, afin que l'eau du fossé, coulant sur ce lit, ne pût déposer les matières terreuses qu^elle charrie dans les interstices de Tamas de pierres auquel on donne dans le pays le nom de pierrelle. Cet expédient a suffi pour sécher complètement la tranchée d^amont et laisser aux arbres et à la végétation le temps de s'en emparer, ce qui a assaini et consolidé à jamais le terrain.

« On peut encore, pour maintenir le pied des tranchées, placer de distance en distance, vers les points où l'on craint qu'il ne se manifeste quelque mouvement dans la roche, des quartiersde pierre A B d'un fort échantillon, bien saines, qui battent d'un côté le rocher et de l'autre la banquette en formant une espèce de ponceau sur le fossé. Cette disposition a même l'avantage de protéger la banquette A Cfig.4

FIG. i.

qui doit être toujours mieux protégée que la voie C l) , parce que les boudins des roues tendent à maintenir cette dernière en s'appuyant contre les

M DBS MOYBNS DB ftOinrillSilENT DES TALCS.

rarls et opposent un obstacle insurmontable à leur rapprochement , tandis qu'une multitude de causes tende Qt à la rejeter extérieurement à la y oie el k l'élargir, p

Marche suivie Vqici enfin comment le célèbre M. Georges Ste- 'siBpÊnsonu^ P^^'^^i^ 9 père d'uD fils nQn moins distingué, Rob- Jae^ tranchée ^^^ St?f^nson, a percé le^ tranchées daw k iMtftot^ux. i^^^'^i^ ^^ Cbatmoss, sur le chemin deLiyerpqolà Manchester, jusqu'à une profondeur qui était quelquefois de 9 pieds.

La hauteur du terrain marécageux au-dessus du sol argilo-sableux sur lequel il reposait variait de lo à 34 pieds. Il était tellement mou que les bestiaux ne pouvaient passer dessus.

Pour ouvrir une tranchée dans ce terrain, on commençait par creuser, des deux côtés du chemin de fer à établir, deux fossés parallèles à l'axe, de îà pieds de profondeur, el lorsqu'au mo}en de ces fossés on était parvenu à sécher une tranche du maltais à la partie supérieure, on extrayait par les moyens ordinaires la terre de celle iranclie sur une épaisseur de 12 à i5 ponces; puis Ton approfondissait les fossés et on enlevait une nouvelle tranche jusqu'à ce que Ton fût parvenu au niveau indiqué par les profils poi^r lu base de la chaussée du che* min de fer.

DE LA FORMATION DBS GRANDS RBMBLAIS. 66

Le dessèchement du marais était facilité en certains points par la hauteur de sa surface au-dessus de celle des terrains environnants. Cette circonstance esl la seule qui ait favorisé cette opération.

S 2. De la construction des grands remblais , et des moyens d'en prévenir la dégradation ou Féboulement.

Dans rétude des projets de routes et de canaux considéra^ on cherche à corahiner les déblais et les remblais «^iénto de manière à ce que, autant que possible, leurs volumes se compensent et que par conséquent la terre extraite des tranchées puisse servir à former les remblais.

Il ne convient pas toujours dans l'étude des chemins de fer de remphr cette condition. On ne pourrait y parvenir dans certains cas qu'en admettant des remblais d'une hauteur excessive, d'une construction ou d'un entretien fort coûteux, ou des tranchées extraordiuairement profondes, difficiles à percer ou au moins à sécher. Dans d'autres cas, les terres devant être transportées à de très-grandes dis'ances, il en résulterait une grande augmentation de frais occasionnée, non-seulement par la longueur du trajet à parcourir , mais aussi par le retard apporté à raclièvcment du chemin. Les capitaux engagés dans ia construction d'un chemin de fer, sont tellement considérables , presqtie à partir de son origine, qu'on ne saurait trop se hâter de les rendre productifs.

lY est d'ailleurs très-important que les grands remblais, si fréquents sur les chemins de fer^soienti ainsi que nous le prouverons plus loin , le plus rarement possible composés de terres glaiseuses ; plus important encore qu'ils ne reposent pas sur des terrains mous; et ce n'est pour ainsi dire que par exception que l'on peut éviter l'un et l'autre de ces inconvénients en compensant les déblais par les remblais.

Nous insistons sur ces considérations, afin que

l'on comprenne bien que , malgré l'analogie qui

sen)blc exister entre les terrassements des routes

ou des canaux et ceux des chemins de fer, il doit

y avoir une différence sensible dans les procédés

Remblais employés. Aussi la méthode des dépôts et des em-

hdëihode prunis est-elle bien plus souvent appliquée dans Jcs dépôts et r . 1 I . 1 r I 11

dcsempruDts. la construction des ctiemms de ter que dans celles

des autres voies de communication. On en a fait très-fréquemment usage sur les chemins anglais, sur les chemins belges et sur ceux des environs de Paris. Les excavations qui bordent un grand nombre de remblais et qui malheureusement se convertissent souvent en mares d^eau infectes dénotent assez leur origine.

Sur le chemin de Râle à Strasbourg, presque tous les remblais ont été exécutés au moyen d'emprunts, mais on a évité de donner aux excavations une profondeur telle que le sol ne put être rendu à Tagri-

culture. Une pnrtie de la terre végétale a été déposée sur le bord et rejetée dans le fond.

Au chemin de fer de Versailles (yi\e gauche), des carrières qui bordaient le chemin sur une partie de la ligne ont fourni gratuitement les matériaux pour la formation tle certains remblais. Les exploitants de ces carrières ont même supporté une partie des frais de transport de la carrière au chemin.

D'après le rapport belge déjà cité, on aurait projeté d'exécuter, au moyen de wagons, une partie importante du chemin de fer deCourlrai à Mouscron. Effrayée de la lenteur des transports par wagons, Tadiuinistration a eu recours à la méthode des dépôts et des emprunts, et elle a eu lieu de s'en applaudir sous tous les rapports, car, fait au moyen d'emprunts, le remblai qui, exécuté avec les terres de la tranchée, eût été de la plus mauvaise qualité possible, est au contraire de la meilleure espèce.

Les remblais des routes ordinaires et des canaux s'élèvent ordinairement par couches successives que Ton prescrit quelquefois de pilonner, et qui dans tous les cas sont comprimées parles roues des tombereaux et par les pieds des chevaux.

Sur les chemins de fer il serait trop long et trop ^^nad» dispendieux d'élever de grands remblais par cou-^*|j^^^ ches pilonnées ou même simplement au moyen des Wtsmwti

rc

18 OB Ul VOaif^ïlON

tombereaux sans pilonnages; ces grands remblais, si ce n'est ilans certains cas paiticuliers, se font en niasse sur toute leur hauteur à la fois, c'est-à-dire qu'une petite portion de remblai, voisine de la tranchée, étant achevée sur toute sa hauteur, on la continue en déposant des lerres à l'extrémité jusqu'à la crête. Ce n'est qu'en procédant de cette manière que Ton peut employer le chemin de fer an transport des terres; la pose de la voie se fait alors sur le remblai au fur et à mesure de son avancement. Les wagons de lerrassement viennent se décharger à l'extrémité de la voie, qui est aussi celle du remblai.

s s|HTioriîc Nous entcudous parler ici de remblais qui, étant

de remblais ,, , , ^ . ,, * . .

rails au u Une grande hauteur, sont aussi d une certaine longueur, car, lorsque la terre n'est portée en remblai qu'à une petite distance, il est souvent plus économique de se servir, pour les terrassements, de tombereaux que de wagons. Les remblais exécutés au tombereau sont d'ailleurs plus denses et sujets à de moins grands tassements que ceux que l'on a formés avec les wagons. Néanmoins, il ne faut pas oublier, lorsqu'on «st appelé à fixer son choix sur les moyens de transport, que l'emploi des tombereaux devient à |)eu près impossible dans certains terrains après de grandes pluies, tinulis que le service avec les wagons ne souffre aucune interruption.

Quand les remblais sont conduits avec précipi-

DBS «RANDS REMBLAIS. 59

ialion et par niasses d*une grande hauteur au-dessus précauUoi et autour des ouvrages d'art, il arrive fréquemment ^pJ^^[*^j,J que les maçonneries se fendent ou se gauchissent. ^"J'wt^ Ils doivent alors être faits avec beaucoup de précauiion^étre montés en même temps des deux côtés des voûtes en maçonnerie, et étendus uniformément sur ees voûter par couches pilonnées d'environ 1 5 centimètres d'épaisseur.

ijDr$qi^ de grands renvblais posent sur des lei*- Grands raîm» compiT^bieSi il e^t nécessaire d'employer des i^^hls^^ |^çautioi)% analogues pour ne pas fraser le lerr p'**^"*'^^' niin et le rompre en en chargeant certains points tQut d'un coup d'une masse excessive.

Il convient aussi, lorsque ces terrains compressibles sont composés de couches iqclinées qui peuvent glisser les unes sur les autres, de commencer l)e remblai en descendant les terres dans le fond de la vallée, au lieu de le mettre de suite à hauteur au sortir de la tranchée.

Un accident très-grave de ce genre s'est uianifes^ Accktoaii sur le chemin de Versailles (rive gauche) à la tra^- ya^Fiêîir versée du Val-Fleury . Le remblai, qui devait atteindre la hauteur de 3o mètres, n'avait encore que i i mètres lorsque le terrain, composé 4fi couches calcaires solides et de couches argileuses inclinée^ amollies par des courants d'eau, commença à se crevasser. On eût dû cesser alors de prolonger le remblai av^c

les wagons; mais l'entrepreneur, par suile de contestations avec Tadminislration de la compagnie, ne crut pas devoir déférer aux invitations de l'ingénieur. Les crevasses du terrain augmentèrent en nombre et en largeur. Certaines portions trop chargées s'affaissèrent, tandis que les portions voisines qui Tétaient moins se soulevèrent. En d'autres points, ce fut le terrain calcaire qui glissa sur le terrain argi* leux qu'il recouvrait. Des maisons placées à une petite dislance s'écroulèrent. Force fut bien alors de cesser l'usage des wagons. On recourut au tombereau, on étendit les terres sur toute la largeur du remblai, en commençant par la partie au fond de la vallée, et les mouvements du sol devinrent prèsque insensibles.

Moyens On reconnut toutefois que, même en prenant ces

3nr'pr?veiiir précaiitions, on ne pouvait empêcher l'affaissement

BiiMndu'^ du sol soîis le poids du remblai lorsqu'on parvenait

dSorands* à une certaine hauteur, reroblais :

10 sur le Le moven le plus simple d'arriver à ce but, Aemîa de la . , , ^ , * i

ive gauche, moyen qui a été employé avec un succès complet

sur d'autres parties du chemin, était d'élargir la base du remblai de manière à diminuer la pression sur l'unité de surface, autant que la compressibîlité du sol l'exigeait, et de pilonner les terres. Mais le terrain autour du remblai étant couvert de maisons, et très-précieux, il fallait chercher un autre expédient.

DBS GRANDS REMBLAIS. 61

On imagina de dessécher le terrain et de le rendre ainsi incompressible. On ouvrit à cet effet des puisards ou puits perdus, et Ton réunit ces puisards par des canaux souterrains; mais cette opération n'ayant pu s'effectuer qu'incomplètement, le terrain, déjà fracturé dans tous les sens, a conservé une grande partie de sa mobilité, et Ton a dû renoncer, pour le moment du moins, à achever le remblai, dont la partie supérieure a été remplacée par une estacade en charpente.

On peut augmenter la base du remblai, ainsi que nous l'avons déjà indiqué plus haut, soit en diminuant l'inclinaison de ses talus, soit en épaulant le pied au moyen d'un petit remblai additionnel pilonné, et dont la crête devient une banquette le long du talus du remblai principal. (Voyez fig. a^ série Â, pi. i .)

En diminuant l'inclinaison des talus, on les rend propres à toute espèce de plantations. On n'obtient pas le mémo avantage en prenant le second parti; mais, si la banquette ne se trouve pas à une grande hauteur au-dessus du sol , on n'augmente pas autant la masse totale du remblai.

L'usage du remblai additionnel avec banquette doit encore être recommandé comme moyen de soutènement des remblais qui; posés sur le flanc

(les collines, tendent à glisser sur leur ligne de plus grande penle.

^^"if^"^^® Un terrain pareil à celui que nous avons rencontré au Val-Fleury s'étant présenté aux abords du pont de CubzaCy on a, pour diminuer la charge sur cette masse contpressible, composé le remblai de uintériaux laissant entre eux un grand nombre de vides.

îo an canal de Dans le midi de la France, au canal de Beauik-aiicairo. (^^jj^e, on a intercalé entre le remblai et le terrain mou un lit de fascines.

i«stirle Des remblais qui avaient jusqu'à la pieds de LKcniroii^^à ^^^^^ devant être élevés sur le terrain marécageux Manchester, j^ chatmoss, dont nous avons parlé plus haut,

M. Georges Stephenson a procédé de la manière

suivante.

Il creusait des deux côtés du chemin de profonds fossés , puis élevait le remblai sur la bande de terrain desséchée par ces fossés.

Il réussit de cette manière à n'employer pour la compositiondece remblai que quatre fois la quantité de terre nécessaire pour un remblai de même dimension posé sur un terrain résistant. Dans un autre marais de 20 pieds de profondeur, où Ton avait suivi

la méthode ordinaire pour la formation dos rembiais, on avait employé pour un remblai de 4 pi^ds de hauteur une quantité de terre qui eut été suffisante pour monter un remblai de a4 pieds de hauteur sur un terrain solide ^

Qiiel que soit du reste le moyen préféré pour diviser la pression sur un sol compressible, il est essentiel de ne pas négliger de dessécher ce sol aussi bien que possible, ainsi que nous avons indiqué plus haut avoir tenté de le faire au Val-Fleury.

I^s tranchées des chemins de fer de Versailles i^^muiais (^rive gauche et rive droite) ont fourni des quantités gjj'^',^ considérables de terres sablo-argileuses qui ont du entrer dans la composition des remblais. On a reconnu que ces remblais, quel que fut le terrain sur lequel ils reposaient, étaient sujets à s'ébouler, si on ne les construisait avec certaines précautions.

Ces précautions consistent principalement dans remploi de certains moyens pour préserver Targilo du contact des eaux coidant à la surface du sol ou des eaux pluviales; l'argile n'étant pas délayée, n'est pas, plus que toute autre espèce de terre, sujette à se déplacer.

1. L*auteur anglais auquel nous empruntons ce paragraphe, ne dit pas que M. Georges Stephenson ait élargi la base des remblais au passage des marais» mais il y a lieu de le penser.

fiV DE LA FORMATION

Moyens em- M. Uelaseire, pour préserver des eaux pluviales

prévenir?*è^ l^s remblais glaiseux , sur le cbemin de la rive

des talus gauche, les a enveloppes d une couche aussi épaisse

gtoi^'uxau <I^'6 possible de bonne terre, bien pilonnée, asso-

de ^vei^nics ciée au noyau argileux nu moyen de redans prati-

(p|?e gauche), qy^gjj^^g ce noyau, et a gazonné soigneusement

les talus. Quant aux eaux coulant à la surface du

sol, elles ont été détournées du pied du remblai au

moyen d aqueducs, de fossés ou de pierrées.

L'épaisseur de la couche de bonne terre a été fixée pour les remblais de 1 2 mètres à j 5 mètres de hauteur, à o™5o au sommet, et on arrêtait le corps du remblai glaiseux suivant un talus de 4S degrés, tandis que le talus extérieur était à un et demi de base pour un de hauteur. La couche de bonne terre augmentait par conséquent d'épaisseur du sommet vers le pied.

Pour des motifs d'économie, on employait la glaise en couche mince bien corroyée, alternant avec le sable. Outre l'économie, on y a trouvé un autre avantage : les eaux de pluie, tombant à la surface du remblai, ne pouvaient s'infiltrer à travers le sable et opérer une solution de continuité entre les deux natures de terrain.

I.es petites couches de glaise s'arrêtaient à une petite distance de la surface du talus de bonne terre,

DES GRANDS BEMBLAIS. 65

en sorte que leur tranche même n'était pas exposée au contact de Tair.

Sur un remblai de 16 mètres de hauteur, exécuté à Chaville , l'épaisseur de l'enveloppe a été très-notablement réduite. La base du talus en sable, sur 3"oo à 4""oo de largeur, a seule été pilonnée avec soin. Le reste n'a que o'^So à 1*00 d'épaisseur, et ne produit guère d'autre effet que de soustraire les glaises au contact de l'air et à l'influence de la ge* lée, ce qui a suffi pour les préserver de tout accident.

Les glaises non-seulement sont sujettes à couler lorsque, une fois en place, elles sont délayées par les pluies ou par les sources naturelles, mais encore se dessèchent difficilement quand elles ont été mouillées avant de les employer. M. Delaserre a obtenu d'excellents effets , dans ce dernier cas , en mélangeant avec les couches de glaise, dans le corps même du remblai , des couches minces de sable sur une épaisseur de o""o8 à o™io pour o"'4o à o™8o de glaise.

Une portion du chemin de 800 mètres de longueur est tout entière exécutée en remblai de glaise assez sèche. Ce remblai a été fait au wagon et sans aucune précaution particulière; seulement, les talus ont été saupoudrés de sable sur o'^oS en-

viron d'épaisseur pour faciliter la végétation et atténuer TefFet des pluies. Ce remblai , qui a 4"'oo k S'oo de hauteur, a assez bien tenu. Néanmoins, il est prudent de n^employer les glaises que par couches horizontales^ dressées et pilonnées, ou bien exécutées au tombereau ; et, lorsque la hauteur du remblai dépasse S'^oo à G^'oo, il est indispensable de recourir à des précautions semblables à celles dont nous venons de parler '.

l^asement Tous les remblais tassent. Les matériaux qui les des remblai». ^Q^oposent se rapprochent et se condensent; le volume, et, par suite, la hauteur des remblais diminuent. Le tassement varie principalement suivant la nature des matériaux qui composent le remblai, le procédé suivi pour le construire et sa hauteur. Certaines espèces de terres tassent beaucoup plus que d'autres. I^s remblais faits au wagon, qui n'ont pas été pilonnés, tassent plus que les remblais . pilonnés. Enfin le tassement du remblai, toutes • circonstances égales d'ailleurs, varie à peu près proportionnellement au cube de sa hauteur.

Ce tassement dure souvent plusieurs années. Il va en diminuant jusqu'à ce qu'enfin il vienne à cesser complètement.

1. Ces détails soDt extraits d^un mémoire de M. Delaserre inséré dans les Amiales des Ponts et chaussées.

DBS 6BAND9 BBMBLAIS. 67

Il faut, lorsqu'on construit les remblais, ne pas oublier de l'apprécier aussi exactement que possible et d'en tenir compte. Si donc les remblais ne tassaient pas, on leur donnerait, dès l'origine, la hauteur qu'ils doivent avoir d'après le profil en long du chemin, déduction faite de l'épaisseur de la chaussée (5o centimètres environ); mais il convient de l'augmenter de toute celle du tassement. Il en résulte que, cet excédant à ajouter à la hauteur des profils variant d'une extrémité à l'autre d'un remblai comme le cube de la hauteur au-dessus du sol, les chemins de fer posés sur les remblais nouveaux présentent une'série de pentes et de contrepentes, même dans les portions dont, en définitive, la pente doit être uniforme. Mais ces pentes et ces contre-pentes ayant peu de longueur, ne nuisent pas à l'exploitation, et leur effet tend chaque jour à diminuer.

Si, au contraire, on élevait le remblai à la hauteur des profils, il en résulterait non-seulement une dépense à cause de l'augmentation successive d'épaisseur de la couche de sable ou de pierres concassées qui forment la chaussée, mais aussi par suite du travail que l'on est obligé de faire continuellement pour relever progressivement la voie à mesure que le sol s'affaisse.

n est essentiel d'observer, que dans le calcul de

Texcédant de hauteur qu'il convient de donner aa remblai pour tenir compte du tassement , il vaut mieux risquer de se tromper en moins qu'en plus, car il est beaucoup plus facile et , par conséquent, beaucoup moins dispendieux de relever la voie en ajoutant du sable que de la baisser en creusant sous les traverses.

Le mouvement de tassement des remblais est quelquefois tellement sensible qu'ils se fendent longitudinalement. Dès que l'on aperçoit le plus léger indice d'une crevasse se formant de cette manière, il faut enlever la chaussée et faire pilonner des terres dans la crevasse , afin que la solidité du remblai ne soit pas compromise par Teau et par le sable s'introduisant dans cette fente.

Éviter de H serait sage de ne livrer à la circulation que wrtlons^ii ï^s portions de chemins de fer en remblai qui ont cScùîaîionl^ déjà subi une partie de leur tassement. Il faut , Seni'u^^ autant que possible, conduire les travaux de manière à remplir celte condition sans retarder l'ouverture de ces voies de communication.

Le désir bien naturel de satisfaire le public ayant entraîné l'administration des chemins de fer belges à exploiter le chemin de fer de Bruxelles à Mons, lorsque à peine il était achevé, il n'en est résulté , grâce à l'extrême prudence des chefs de l'exploita-

lion, aucun accident pour les voyageurs. Mais l'entretien de ce chemin a été fort coûteux, et, tout récemment, la voûte d'un viaduc sur la section de Braisne-le-Comte à Manage s'est écroulée sur une étendue de 2 5 mètres environ, sans doute parce que les maçonneries avaient été fatiguées par le passage des convois avant d'avoir pris toute la consistance nécessaire. L'empressement des localités à entrer en possession des chemins de fer, dit le Journal des Chemins de fer belges en rendant compte de cette circonstance, a coûté des sommes énormes au trésor.

En Angleterre on prescrit dans les cahiers desprescripUc charges, pour les terrassements, l'emploi des plus ^^arl» grandes précautions pour la confection des rem- gurla wnf biais et pour les préserver de la pénétration des g,!^2d8iei eaux, soit pendant leur construction, soit après leur ******* achèvement. Nous terminerons ce chapitre sur les terrassements par l'extrait suivant d'un des cahiers de charges du chemin de Londres à Birmingham :

« Les talus de tous les remblais mentionnés dans ce cahier de charges doivent avoir une inclinaison de deux de base sur un de hauteur. La largeur du remblai au niveau de la ligne rouge sera dç a3 pieds (5™75), après que le gazon ou la terre auront été places.

a Chaque remblai sera exécuté avec la hauteur et

la largeur fixées au cahier des charges , en ayant égard aux tassements du terrain, et conformément aux instructions de l'ingénieur. En quelque circonstance que ce soit, cette clause devra être stricte* ment observée, afin d'éviter de se trouver par la suite dans la nécessité d'ajouter soit à la hauteur, soit à la largeur des remblais, pour les mettre au niveau convenable.

ff La surface du remblai sera toujours convenablement dressée et entrecoupée de rigoles , de manière à empêcher les amas d eau et à assurer l'assèchement des remblais pendant leur construction.

<c Les talus n'ayant pas l'inclinaison ordonnée, l'entrepreneur sera tenu de les dresser, et cette opération devra se faire au fur et à mesure de l'avancement des travaux.

« Le remblai se consolidant, on donnera à leurs accotements la pente indiquée dans la coupe jointe à ce cahier de charges , et on les recouvrira d'une couche de gazon de 8 pouces d'épaisseur, dont la partie verte devra se trouver à l'extérieur.

<c Le gazon sera pris sur le terrain que doit occuper le remblai. On empi^intera également à ce terrain la terre destinée à être plus tard étendue en couches de 6 pouces sur les talus.

a Les talus dans cet état devront être ensemencés de trèfle et de luzerne mêlés en quantités égales. L'ensemencement aura lieu aussitôt que la saison le permettra et s'effectuera à raison de i kil. 68 de graine par hectare de talus.

« Lorsque parmi les matériaux composant un remblai il s'en trouve d'un volume de plus de 6 pouces de diamètre , on sera tenu de les casser. »

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