‹ Portefeuille de mil huit cent treizeChapitre 12 sur 49 · Tome II. (y · texte numérisé non relu

Tome II. (y

8a LE PORTEFEUILLE

qui appartiennent à la division de Hambourg sont eo

marclie pour la rejoindre. Vous aurez donc quatre divisions. Il sera nécessaire d'en avoir trois ou au moins deux , pour opérer dans la direction de Berlin, aussitôt que l'armistice sera dénoncé, si toutefois la paix n'a pas lieu. Sur ce, je prie Dieu qu il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Natoléon.

» Dresde, le m juin i8i5. »

U empereur au ministre de la guerre.

Dresde, i5 juin i8i3.

« Monsieur le duc de Feltre, je considère Hambourg comme une place forte. Le général d'artillerie Baltus doit y être déjà ; et en outre , j'y ai envoyé mon aide-de-camp, le général Drouot. Il faut qu'avant le 10 juillet , il y ait cent, cinquante bouebes à feu sur les remparts , et que la place soit approvisionnée en poudre, boulets, et de manière à pouvoir soutenir un siège , sans quoi on courrait risque de la reperdre , ou bien le prince d'Eckmùhl ne pourrait point disposer de ses forces. Je vous réitère l'ordre que je vous ai déjà donné d'envoyer à Hambourg deux cents milliers de poudre. Je nai pas encore les états des bouebes à feu , projectiles et artifices qui y sont nécessaires. Ordonnez au général Jontfrov d'envoyer tout ce qui est néces-

saire pour l'approvisionnement d'artillerie de cette place , de manière à ce que tout y soit rendu avant le i5 juillet. Il y a, je crois, quinze jours de route de Wesel à Hambourg. Il faut donc que tout soit expédié avant le i<r. juillet. Je vous ai fait connaître qu'il n'était pas moins nécessaire d'avoir à celte place un bon général d'artillerie , ainsi que des capitaines d'artillerie adjoints, un bon directeur du génie. Il faudra en outre un bon gouverneur ou commandant de place adjudant nécessaires. Mon intention est que , le cas arrivant où la place serait assiégée , les troupes de la cinquantième division ou division de Hambourg, les douaniers, trois ou quatre compagnies d'artillerie, et enfin une partie de la troisième division ou de la troisième bis , jusqu'à la concurrence de dix mille hommes, s'enferment dans la place. Leprinced'Ekmùhlne doit point s'y renfermer; mais avec l'autre partie de son corps, il se porterait sur la rive gauche de l'Elbe , pour veiller à la défense de la trentedeuxième division, et y maintenir la tranquillité. — Hambourg ne pouvant être investi que si l'ennemi jetait deux ponts sur l'Elbe, le prince resterait toujours en communication avec cette place. En résumé, donnez tous les ordres nécessaires pour que ce qui concerne l'artillerie et le génie soit terminé de manière à ce qu'au 1 5 juillet , la place soit en état de soutenir un siège. Envoyez des places de France de bons gardes d'artillerie et de P'énie. Il ne

faut point employer des gens du pays; il faut que le général commandant la place, un commandant de l'artillerie , et un commandant du génie, avec les adjudans et adjoints nécessaires, soient cornmissionnés pour ladite défense, et qu'un commissaire des guerres , des adjoints et des gardes-magasins des vivres y soient envoyés , afin que la place ait les approvisionnerons de vivres nécessaires pour soutenir un siège avant le i5 juillet. Vous verrez le ministre de la marine pour qu'un contre-amiral reste dans la place avec une partie de la llottille , afin de communiquer entre les deux rives, et de défendre les îles , etc. Une compagnie de gendarmerie restera aussi dans la place pour maintenir la tranquillité. Vous me proposerez l'établissement d'un prévôt qui serait chargé de faire arrêter et juger prévôtalement les habitans qui exciteraient à la révolte. — En jetant un coup d'œil sur la carte , il ne vous échappera pas que de Hambourg à Berlin , il y a quatre-vingts lieues ; tandis que de Wittemberg à Berlin , il n'y en a que trente-cinq. Si donc je laissais les première , deuxième , troisième , troisièmes/s, et cinquantième divisions , en tout soixante bataillons «à Hambourg , je me priverais d'une grande partie de mes forces. Il est donc probable que , dans les premiers jours de juillet, j'ordonnerai que le général Vandamme marche par Magdebourg , et de là en avant de Wittemberg , avec la première

DE- MIL HUIT CENT TREIZE. 85 et la deuxième division , tandis que le prince d'Ekmùhl , avec les troisième , troisième bis , et cinquantième divisions , resterait dans la trentedeuxième division militaire; il aurait ainsi la troisième division i5 bataillons.

la troisième bis i5 idem.

et la cinquantième 16 idem.

( J'ai joint à cette division le trente-troisième léger ) ; cela ferait en tout quarante-six bataillons. Il est possible que la cinquantième division ne puisse pas avoir ses seize bataillons ; cela réduirait ses forces à quarante bataillons. Avec l'artillerie, les douaniers et les mille chevaux qûî sont au corps , cela présenterait toujours un total de près de vingt-cinq mille hommes, et, en y joignant quinze mille Danois , de plus de quarante mille hommes; j'espère que le prince d'Eckmùhl pourrait alors prendre l'offensive et entrer dans le Mecklembourg pour flanquer la gauche de l'armée. S'il en était autrement, et qu'il dût se mettre sur la défensive ; ce qui est peu présumable ( mais enfin il faut tout prévoir ) , il laisserait sur ces vingt-cinq mille hommes , une garnison de huit à dix mille hommes à Hambourg, et il aurait encore derrière l'Elbe une quinzaine de mille hommes, indépendamment des Danois qui, dans cette circonstance, défendraient leurs frontières; pendant ce temps, j'aurai trente bataillons des première et deuxième divisions qui , sous

les ordres du général Yandamme , se joindraient aux corps de ma gauche. Je suppose que la sixième division sera partie avant le 5o juin pour Wiîtembcrg; il restera la sixième bis. Sur les douze bataillons de cette division, je voudrais en laisser huit à Wesel et Itrecht, et pouvoir en employée quatre pour la garnison de Magdebourg. Sous le point de vue politique, et sous le point de vue militaire, Hambourg est de la plus haute importance ; ce n'est qu'autant que je puis considérer cette ville comme une place forte, et que je serai assuré qu'au quinze juillet elle pourra se défendre contre trente ou quarante mille hommes, que je pourrai disposer du corps du général \andamme, et même, s'il le fallait de la troisième division qui est bien organisée pour appuyer sur Magdebourg et Berlin. Dès lors , vous voyez pourquoi j'ai donné une batterie d'artillerie à pied et une batterie d'artillerie à cheval à la cinquantième division , parce que, le premier corps se trouvant ainsi disloqué, le général Yandamme amènerait avec ses deux divisions quatre batteries à pied, une batterie d'artillerie à cheval , et une batterie de réserve, et que le prince d'Eckmùhl n'aurait que l'artiilerie de la troisième division ou seize bouches à feu, la batterie de !a cinquantième division, une batterie de réserve et une batlerieà cheval; total, trente-huit bouches à feu.

» Napoléon, »

\i i^. .il i i . i i i i i Vjliii i i i v l. : .'., Ci. v ;

•/« comte Duru.

« Monsieur le comte Daru, vous trouverez cijoint deux décrets que je viens de signer. Envoyez-les sur-le-champ aux ministres de la guerre, de l'administration de la guerre et du trésor. Vous les ferez connaître dans la journée au major-général-, au prince d'Eckmûhl et au général Bourcier ; vous aurez soin qu'ils parviennent en quarante-huit heures au prince d'Eckmûhl. Vous y verrez que j'ai frappé sur Hambourg et sur Lubeck une contribution de cinquante millions, dont trente devront être payés en argent, dix en bons qui devront solder toutes les réquisitions qui seront faites dans la trente-deuxième division militaire , et dix millions en objets qui seront pris en nature dans la ville. L'état n°. i vous fera connaître en conséquence ce que vous devez surle-champ requérir dans la ville de Hambourg ; vous ferez, à cet effet, mettre la main sur tout ce qui existe dans les magasins. Tons les vivres et tous les objets d'hôpitaux seront dirigés sur Magdebourg. L'état n°. i vous fera connaître les réquisitions à faire dans les départemens de la trente-deuxième division militaire ; faites-en la répartition , et adressez-la au prince d'Eckmûhl et aux préfets des départemens. Les vivres seront dirigés sur Wittemberg , les chevaux sur les dépôts du général Bourcier : les dix millions requis

en fournitures sur Hambourg n'entreront pas comme argent au trésor; ils seront l'objet d'une comptabilité en matières. Je les considère comme en dehors du budget; mais les trente millions en argent comptant, et les dix millions en bons, entreront au trésor , et par conséquent doivent être portés au budget de juillet sur le crédit des armées , puisque le trésor faisant recette de ces bons, c'est pour lui comme si c'était de l'argent comptant. Vous ordonnerez que sur ces trente millions, cinq millions soient sur-le-champ versés dans la caisse du payeur de l'armée , quatre millions seront envoyés à Magdebourg dans la caisse n°. 2 , et un million restera à Hambourg pour le service des troupes, etc. Envoyez des auditeurs , des commissaires des guerres et des gardes-magasins ; réglez tout ce qui est nécessaire pour que cette comptabilité en matières soit suivie exactement, et les objets exactement évalués; dressez-moi l'état approximatif de l'évaluation des objets portés sur l'état n°. 1 et sur l'état n°. 2. ; donnez ordre que la caisse n°. 2, qui est à Wesel, soit transportée à Magdebourg. Au moyen de ces dispositions , cinquante mille quintaux de blé qui arriveront à Magdebourg, remplaceront les cinquante mille quintaux que vous en tirerez pour Dresde.

» J'ai ordonné une remonte de dix mille chevaux; deux mille fournis par la ville de Ham-

bourg , cinq mille requis dans les départemens de la trente-deuxième division militaire, et trois mille qui seront achetés sur de nouveaux marchés passés par le général Bourcier. Le général Bonrcier paraît avoir encore des fonds pour trois mille chevaux; mais il avait encore quatre mille cinq cents hommes à monter, comme vous le verrez par sa lettre que je vous envoie : il en restera donc environ quinze cents à pied. Venant d'ordonner une remonte de deux mille chevaux de cuirassiers, de deux mille chevaux de dragons et de trois mille chevaux de cavalerie légère , il faut qu'il soit sur-le-champ envoyé de France au dépôt de Hanovre seize cent soixante-dix cuirassiers, douze cent quarante-deux dragons , et deux mille quatre cent trente-six hommes de cavalerie légère, bien habillés et bien armés pour y être montés.

» Sur les trois mille chevaux de trait, quinze cents seront pour le train d'artillerie, et quinze cents pour les équipages militaires : ceux-ci serviront à atteler les dixième et douzième bataillons. Prévenez-en le général commandant les équipages ; portez la plus grande activité dans ces dispositions. Sur ce, je prie Dieu, etc.

» Napoléon.

» A Dresde , le 1 6 juin 1 S 1 5 . »

. tu prince tl ' Eikrn'nhl.

« Mon cousin , je reçois votre lettre du 1 1 juin. Je viens de prendre un décret pour toutes les dépenses de la trente-deuxième division. Il faut que ces départemens sentent la différence qu'il y a à être sous le régime constitutionnel, ou hors la constitution. En conséquence, vous leur ferez payer des centimes additionnels pour subvenir à (outes ces dépenses, à l'exception de la solde. Toutes les voitures, chevaux et harnais que vous prendrez pour les bataillons d'équipages militaires seront payés soit sur les fonds extraordinaires de guerre de la trente-deuxième division, soit sur les dix millions de contribuions en nature que doit fournir Hambourg. , soit sur les bons de Hambourg. Quant aux dépenses des fortifications , elles entreront également dans les dépenses de la trentedeuxième division. J'ai pris un décret qui nomme le comte de Chaban, intendant-général des finances de la (rente-deuxième division." Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Napoléon.

» Dresde, le i- juin iSi5. »

Exîrati des minutes de la sècrëiairerie d'état.

Au quartier-général impérial de Dresde, le 18 juin i8i3.

h Napoléon empereur des Français, etc.

» Nous avons decré((; et décrétons ce qui suit :

DE MIL HUIT CENT TftJEIZE. gi

titre Pl'.F.MIEU.

» Article premier. Il sera formé une liste des absens dans la trente-deuxième division militaire.

» Art. II. Cette liste comprendra : i°. Tous les individus qui, exerçant des fonctions publiques, se seraient absentés du pays au moment de la rentrée de l'armée française. 2°. Les sénateurs de Hambourg et de Lubeck qui auraient repris les fonctions de sénateurs après l'évacuation de l'armée française. 3°. Tous les propriétaires qui se seraient absentés depuis le premier mars , et ne seraient pas rentrés quinze jours après la publication du présent décret. 4°. Tous les individus qui auraient accepté un grade doJIieier dans les levées pour l'ennemi; tous les individus qui auraient pris du service dans la légion anséatique, ou auraient fait partie des autorités créées par l'ennemi. 5°. Tous les individus connus*' pour avoir fait partie des rassemblemens armés , et pour avoir excité le peuple à la révolte. G°. Tous les individus connus pour être au service d'Angleterre, soit civil, soit militaire, et tous ceux connus pour être au service de la Russie et de la Prusse, soit civil, soit militaire. j°. Enfin tous les individus qui se seraient absentés de leur domicile depuis le i'. mars de cette année, et qui ne seraient pas rentrés dans les quinze jours qui suivront la publication du présent décret.

» Art. III. La liste de tous les individus absens

0a LE PORTEFEUILLE

sera dressée sans délai sous les ordres du prince d'Eckmuhl, par département, par arrondissement, par canton et par municipalité. 11 sera à cet effet nommé par les préfets une commission dans chaque arrondissement et dans chaque ville. Les listes seront faites de nouveau tous les quinze jours. Il en sera adressé une expédition au ministre de la police générale et au directeur général de la régie des domaines et de l'enregistrement.

Page 1