TITRE DEUXIÈME
Des effets de l'absence.
» Art. IV. Le séquestre sera sur-le-ebamp apposé sur les biens, meubles et immeubles de tous les individus inscrits sur la liste des absens de la trente-deuxième division militaire. Notre régie des domaines et de l'enregistrement en prendra aussitôt possession. L'état de la valeur de tous les biens saisis sera adressé au directeur général.
» Art. V. Tant qu'un individu sera sur la liste des absens , il ne pourra exercer aucune action civile ; les créances qui leur appartiendraient, les successions qui leur reviendraient , seront séquestrées et recueillies au profit de notre domaine. Les fruits desdits biens seront versés dans la caisse de l'enregistrement.
» Art. VI. Les individus une fois inscrits sur la liste des absens, et leurs biens en la possession de la régie des domaines, la radiation de leurs
noms de dessus ladite liste et la mainlevée du séquestre de leurs biens , ne pourra plus être faite qu'en vertu d'un décret de nous.
» Art. Vil. Nos ministres des finances , du trésor , de la police et de la guerre , sont chargés de l'exécution du présent décret , qui sera inséré au bulletin des lois et communiqué au major-général, au directeur de l'administration de l'armée, et au prince d'Eckmûhl.
» Napoléon.
» Par l'empereur, le ministre secrétaire d'état, » Le comte Daru. »
L empereur au prince d Eckmiïld.
(c Mon cousin , vous recevrez la copie du décret que je viens de prendre pour l'armement de Hambourg; vous y verrez que vous avez en ce moment une pièce de trente-six , neuf de vingt-quatre , sept de dix-huit , une de seize , douze de douze , six de huit, trente-trois de six , et trois obusiers de huit pouces , ce qui fait trente-deux bouches à feu du calibre de douze ou d'un calibre supérieur. Vous ferez mettre sur-le-champ ces pièces en batterie sur les remparts; les pièces de six devront être placées sur les flancs des ouvrages. Vous ferez également mettre en batterie une vingtaine de caronnades de vingt-quatre , et ferez travailler de suite à la confection des affûts qui pourront être nécessaires aux autres. Les caron-
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nades sont d'un très-bon service dans la défense des places, et même, dans bien des circonstances, elies sont préférables aux autres bouches à feu. J'envoie le sieur Pailbau , l'un de mes officiers d'ordonnance, à Groninguc, pour faire expédier promptement tout le matériel d'artillerie que cette place doit fournir pour l'armement de Hambourg, et de manière que tout soit arrivé dans cette dernière place du 10 au 1 5 juillet. Cet officier correspondra avec vous , et vous rendra compte de tout ce qu'il expédiera. Les premiers convois qui vous arriveront apporteront une partic des poudres et projectiles nécessaires à l'approvisionnement des bouches à feu que vous avez en ce moment; les autres convois seront composés de manière que chaque fois qu'il vous en arrivera un , vous vous trouverez avoir de plus à votre disposition une douzaine de bouches à feu, bien approvisionnées et bien outillées. Ces expéditions demandent à être faites avec beaucoup d'intelligence. Vous ferez les réquisitions nécessaires pour que des relais de deux cents chevaux au moins soient établis sur la route de Groningue , de six lieues en six lieues, afin d'accélérer l'arrivée du matériel que cette place doit envoyer; vous correspondrez avec le commandant de l'artillerie de Magdebourg , et presserez le départ des principaux objets d'artillerie que cette place doit fournir à celle de Hambourg d'après l'état ci-
joint. Les bouches à feu, en général, ne sont approvisionnées qu'à cinq cents coups chaque ; mais lorsque cet approvisionnement sera arrivé , je prendrai des mesures pour qu'il soit augmenté. Sur ce, je prie Dieu, mon cousin, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
«.Dresde, le 20 juin i8i5. «
Au comte Dan/.
« Monsieur le comte Daru, vous donnerez des ordres pour défendre les marchés de transports à Mayence , et pour les transports à Wesel , la concurrence de l'artillerie et des administrations les rend trop dispendieux. Il y a un autre moyen à employer, celui des réquisitions. Il faut d'abord établir trois lignes de transports de Mayence à Dresde. La première ligne passera par Fulde , Erfurth , Iena et Géra. La seconde ligne passera Wurtzbourg, Bamberget Chemmitz. La troisième ligne passera par Francfort , Cassel et Léipsick ; ces trois lignes seront employées les jours pairs pour le service de l'administration, et les jours impairs pour le service de l'artillerie. On aura ainsi cent cinquante voitures par jour, ce qui, à raison de dix quintaux par voiture, fait quarantecinq mille quintaux par mois, quantité suffisante pour les besoins de l'armée; vingt -deux mille quintaux et demi pour l'administration , et vingt-
deux mille quintaux et demi pour l'artillerie; les deux services se remplaceront l'un l'autre pour profiter des relais. Dans les occasions extraordinaires , on préviendra quatre jours d'avance les régences. Il y aura un officier d'artillerie et un commissaire des guerres , pour régler et surveiller tout ce qui est relatif au chargement. Les voitures ramèneraient en revenant les blessés et les malades, et on les transporterait sur Mayence. Sur ce, je prie Dieu , etc.
» Dresde, le 29 juin i8i3. »
Au prince archichancelier.
« Mon cousin , j'ai reçu votre lettre du 23 juin ; tous les bavardages des ministres sur la paix font le plus grand mal à mes affaires. Car tout se sait, et j'ai vu plus de vingt lettres des ministres étrangers qui écrivent chez eux , qu'on veut la paix à tout prix à Paris ; que mes ministres me le mandent tous les jours , etc. C'est ainsi qu'on peut rendre la paix impossible, et la faute en est surtout au ministre delà police. Il faudrait qu'au lieu de ce ton pacifique , on prit un peu le ton guerrier. On a à Paris des idées bien fausses si Ion croit que la paix dépend de moi. Les prétentions des ennemis sont excessives , et je sais très-bien qu'une paix qui ne serait pas conforme à l'opinion qu'on a en France de la force de l'empire ,
serait très-mal vno par tout le monde. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon,'
» Dresde î le T>n juin i8i!S. »
yln prince d'Eckmùhl.
« Mon cousin, j'apprends qu'il va des difficultés à Hambourg pour ia liste des absens. Je vous laisse carte blanche là-dessus. Je vous laisse maître , si vous le jugez convenir à mes intérêts , de publier une amnistie (pour ceux, bien entendu, qui seraient rentrés dans l'espace de quinze jours) . Vous excepteriez de cette amnistie qui vous jugeriez convenable. La meilleure manière de punir des marchands , c'est en effet de les faire payer. Ce qui serait surtout bien nécessaire , c'est de vous défaire d'un tas de gens de la dernière canaille qui ont été dans l'insurrection, et qui sont plus dangereux que les gens comme il faut. Je vous laisse carte blanche sur tout cela. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
» Dresde , ce ier. juillet 1 S 1 5 . »
Au prince archichancelier .
« Mon cousin , j'ai pour cinq à six millions de vif -argent à Venise. Je désire que vous voyiez