Tome II. i
i/,6 LF. PORTEFEUILLE
Le duc de Valmi me mande également que tous les deux cent mille kilog. , qui devaient être expédiés de Wéseï , doivent être arrivés à Hambourg; ainsi, voilà donc Hambourg, pour l'artillerie, dans la situation la plus respectable. Je suppose que les travaux se continueront pendant tout le mois de juillet avec la plus grande activité , et qu'au i5 août, époque où l'on pourrait recommencer les hostilités, Hambourg sera dans une situation de défense également respectable. Je désire toujours qu'avec tout le treizième corps , c'est-à-dire la troisième division et la quarantième , ayant en réserve tout ce qu'il y aura de disponible de la cinquantième, toute votre artillerie de campagne et enfin les Danois , vous puissiez occuper un camp sur la rive droite, en avant de Hambourg; de sorte qu'ayant une vingtaine de mille hommes dans la main , vous soyez inattaquable par forces supérieures , et que vous puissiez pourtant les menacer et les contenir jusqu'à ce qu'un corps de quatre-vingt mille hommes , que je ferai marcher sur Berlin , ait tourné tout cela, et vous ait mis à même de marcher en avant. En môme temps, votre présence en avant de Hambourg ayant ainsi une position offensive, aura l'avantage d'obliger l'ennemi à avoir des forces de votre côté , et de l'empêcher de se concentrer contre V armée que f enverrai sur Berlin. Sur ce,
DE MIL HUIT CENT TREIZE. i47
je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
«Dresde, ce 17 juillet 181 3. »
Enfin, par sa lettre du 19, Napoléon informe le maréchal de la signature du traité de Copenhague, lui en détaille les dispositions, et lui donne aussi le tableau des forces que le succès de cette heureuse négociation réunit sous son commandement.
« Mon cousin , je viens de conclure un traité offensif et défensif avec le Danemarck. Je vais vous en faire connaître les principales dispositions pour votre gouverne, mais vous devez les tenir secrètes jusqu'à nouvel ordre. Le Danemarck s'engage à déclarer la guerre à la Russie, à la Prusse et à la Suède , au moment de la reprise des hostilités , tout comme la France s'engage à la même époque à déclarer la guerre à la Suède. Le Danemarck doit mettre sous vos ordres une division de dix mille hommes d'infanterie , deux mille cinq cents chevaux, quarante pièces de canon, ce qui fera au total plus de douze mille hommes. Ces troupes , aussitôt qu'elles auront le pied sur mon territoire, doivent, quant à la solde, être payées par moi comme les troupes françaises. Le Danemarck aura vingt canonnières pour la défense de l'Elbe , lesquelles seront réu-
nies à vingt canonnières françaises. LeDanemarck
doit me fournir dix mille chevaux, moyennant le paiement que j'en ferai argent comptant. Le contingent danois pourra être employé jusqu'à la fistule. Le Danemarck doit approvisionner et armer Glùckstadt , de manière à ce que cette place puisse soutenir six mois de binons et un siège proportionné à sa force; de mon côté, je dois joindre aux troupes danoises un corps d'armée de vingt mille hommes. Si les circonstances appelaient mes troupes dans le Holstein, elles seraient nourries par le pays, mais je paierais leur solde. Je fournirai vingt chaloupes ou canonnières pour la défense de l'Elbe ; je ferai armer et approvisionner Hambourg, de manière que cette place puisse soutenir six mois de blocus et un siépe proportionné à sa force. Je dois payer les dix mille chevaux en argent comptant : les ratifications s'échangeront demain à Dresde. A cette occasion , il sera signé une petite convention relativement à la fourniture de chevaux , pour en régler l'âge , la taille et le prix. J'ai fait demander que cinq mille me fussent livrés avant le i5 août, et cinq mille avant le Ier: septembre : il sera important d'avoir le plus tôt possible ces chevaux. Il ne faut pas pour cela rapporter la réquisition ni aucun marché , vu que j'ai dans mes dépôts de cavalerie encore dix à douze mille hommes à monter. Demain, partiront probablement les ra-
DE MIL HUIT CEftT TREIZE. ^9 fifications ; vous en serez instruit, et verrez alors le général danois. Il sera même bon que vous pressiez la revue du corps d'armée ; et , dés ce moment , vous le ferez payer , en payant les présens sous les armes sur le pied français. Votre corps d'armée se composera donc, i°. de la troisième division , qui, avant le 10 août, sera composée de. . . i4 bataillons.
» 2°. De la quarantième divis. 14 idem.
» Total. ... 28 bataillons actifs.
» 5°. De la cinquantième division qui pourra toujours vous offrir douze bataillons en réserve; total, quarante bataillons actifs.
)) Je suppose qu'avant cette époque vous pourrez toujours avoir trois mille hommes de cavalerie, ce qui vous fera un corps de vingt-cinq mille Français et de douze mille Danois, ou de trentecinq à quarante-cinq mille hommes. Toutes ces troupes , prenant une bonne position en avant de Hambourg, imposeront au prince royal, et pourront prendre l'offensive , comme je vous l'ai mandé , aussitôt que ma gauche sera entrée à Berlin. — Artillerie. Votre artillerie sera composée
de 2 batteries h cheval 12 pièces..
5 idem à pied 4° idem.
2 idem de réserve 16 idem.
Total. . . . 68 pièces.
»,,Les Danois ont quarante pièces : sur ces qua-
i5o LE PORTEFEUILLE
rante pièces, il y en a vingt de six, dont seize pièces et quatre obusiers, et vingt pièces de trois. Lorsque vous en serez là , vous leur proposerez de garder leurs pièces de trois , et d'employer les attelages , charretiers et canonniers , à atteler et servir huit pièces de six et quatre obusiers, savoir douze pièces. Ces douze pièces ont besoin chacune de deux caissons , ce qui fera , avec les rechanges et forges, quarante voitures. Les vingt pièces de trois exigeraient quarante-trois voitures : le nombre sera donc égal ; seulement il faudrait quelques chevaux de plus, dans le cas où l'usage des Danois serait d'atteler les pièces de trois avec deux chevaux. Ce sera donc huit pièces de six et quatre obusiers que vous aurez à fournir aux Danois; quant aux caissons , on les convertira en caissons de six. Les Danois se trouveront avec trente-deux bouches à feu qu'on organisera comme les nôtres : ces trente-deux pièces, jointes aux soixante-huit de votre corps, feront un parc de cent pièces de canon. — Cavalerie. Du 10 au i5 août, tout ce qui est nécessaire pour compléter le vingt-huitième de chasseurs sera arrivé; cela vous fera mille chevaux. Vous pouvez compléter les Lithuaniens à cinq ou six cents chevaux , ce qui , joint aux deux mille quatre cents chevaux de la brigade de cuirassiers de Hambourg, mettra sous vos ordres plus de quatre mille chevaux, qui feront , avec les deux mille chevaux des
DE MIL HUIT CEINT TREIZE. iji
Danois, six mille chevaux. Vous avez déjà trois généraux de brigade : restera un général de division de cavalerie à vous envoyer pour commander toute cette cavalerie. Je suppose que tout ce qui est nécessaire pour compléter l'approvisionnement de Hambourg sera arrivé, et que Hambourg, Harbourc et les îles seront bien armés dans les premiers jours d'août; s'il en est besoin , il faudra tout négliger pour concentrer toutes vos forces sur la rive droite, en vous appuyant sur Hambourg. Quand même l'ennemi passerait l'Elbe entre Hambourg et Magdebourg , cela ne devrait avoir aucune influence sur vous , dont l'armée aurait toujours derrière elle Hambourg et le Holstein, et par cette position sur la rive droite conserverait l'offensive , quand même l'ennemi aurait passé sur la rive gauche. Si au moment de la reprise des hostilités vous pouvez même réunir une plus grande quantité de cavalerie, on vous la laissera ; elle marcherait avec vous pour rejoindre Vannée par Berlin ; vous pourriez emmener ainsi avec vous les douze cents chevaux que vous a envoyés le général Bourcier. Je ne puis que vous répéter que ceci ne doit en rien déranger les mesures que vous avez prises. 11 faut seulement que vous demandiez des selles au général Bourcier. Je pense que ce général peut avoir à sa disposition trois mille selles, et vous pouvez en faire faire à Hambourg. Je n'instruis pas le
général Bourcier du traité dont je viens de vous parler; demain, on lui en enverra communication. Ce général compté avoir des dispositions faites pour douze mille chevaux; si on y ajoute les dix mille chevaux des Danois , cela fera vingt-deux mille chevaux. Je crois que le général Bourcier a onze mille hommes à pied «à monter : ce serait donc cpiatre à cinq mille hommes à pied à faire partir de France , les cinq mille autres seraient pris dans les dépôts de cavalerie, à fur et à mesure que la cavalerie active aurait des hommes démontés. Considérez cette remonte des Danois comme augmentant nos moyens , sans contremander aucune des mesures que vous avez prises. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
hvNapoléon,
» Dresde , ce i y juillet 181 5. »
Le 24 juillet, Napoléon renouvelle au prince d'Eckmùhl ses instructions. Il faut que le icr. août il soit à la tête de l'armée de quarante mille hommes qui doit se porter sur Berlin. Les nouveaux détails dans lesquels l'empereur se plaît à entrer prouvent davantage au maréchal quelle est pour Napoléon l'importance du service qu'il attend de son dévouement , et de la confiance qu'il jnet dans la haute capacité de son lieutenant.
« Mon cousin, les hostilités ne pourront re-
DE MIL HUIT CENT TREIZE. i55
commencer que le 16 août. Je suppose donc que dès le premier août toutes vos portes seront organisées, vos remparts garnis d'artillerie, et la place en parfait état de défense : je suppose que le gouverneur , les commandans d'artillerie et du génie, le commandant en second de la place, le contre-amiral, les chaloupes canonnières, que tout le monde enfin sera à son poste, et qu'on aura désarmé les habitans, établi une sévère police , organisé le service des pompes, et que je serai sans inquiétude sur le sort de cette place importante. La cinquantième division sera au 10 août forte de douze mille hommes; vous pourrez donc la diviser en deux , laisser quatre à cinq mille hommes pour la garde de Hambourg , et vous faire du reste une bonne division de six à sept mille hommes, ce qui joint aux hommes du dépôt de cavalerie et de l'artillerie, aux matelots, à la gendarmerie, aux douanes, assurera toujours une garnison de huit mille Français à Hambourg. Vous sentez qu'il serait ridicule de tenir toute la cinquantième division à ne rien faire dans Hambourg, tant que la position que vous prendrez couvrira cette place ; ainsi vous pourrez réunir dans cette position la treizième division forte de 8,000 hommes,
la quarantième 9>°°°
la partie active de la cinquantième 6,000
i54 LE PORTEFEl tl.LE
Infanterie française. 25,ooo Infanterie danoise. . 10,000
Total de l'infanterie 33, 000
Cavalerie française. 3, 000 Cavalerie danoise. 2,000
Total de la cavalerie. 5, 000 ci 5, 000
Total général. . . 38, 000 hommes.
» Vos quatre divisions auront leur artillerie , quatre compagnies d'équipages militaires, leurs ambulances, etc., ce qui fera une armée de plus de quarante mille hommes. Je désire qu'au 5 août ces quarante mille hommes soient campés en avant de Hambourg dans une belle position ayant des postes d'infanterie et de cavalerie sur le cordon; que par cette position offensive vous puissiez contenir l'armée suédoise et tout ce que l'ennemi a dans le Meclkenbourg , et l'empêcher de se porter sur Berlin à la rencontre d'une armée de soixante mille hommes que f y enverrai ; qu'enfin vous soyez prêt à suivre le mouvement de l'ennemi ou à l'attaquer s'il était en forces inférieures. Vous pouvez avoir quelques détachemens d'infanterie et de cavalerie le long de l'Elbe , mais de manière que vous puissiez les reployer promptement au moment de la reprise des hostilités , afin que vos troupes soient toutes réunies, et que vous n'ayez à avoir aucune crainte, ni aucune
DE MIL I1U1L CENT TREIZE. i55
échauffourée. Le ministre de la guerre doit vous avoir annoncé les difterens détachemens de là cinquantième division qui arrivent , ainsi vous devez bien savoir à quoi vous en tenir. Pressez l'arrivée de tous vos détachemens et de toutes vos remontes de cavalerie. Faites-moi connaître la position où vous voulez camper vos quatre divisions. Je suppose que vous aurez assuré vos vivres en farine et biscuit pour un mois. Je suppose aussi que vous aurez pris connaissance du corps danois. N'attendez pas au dernier moment pour concentrer toutes les troupes françaises , ce qui ne vous empêchera pas d'occuper Lubeck par un commandant français, par de la gendarmerie et quelques postes de cavalerie légère et de voltigeurs français. Faites-moi connaître positivement ce que vous croyez que vous aurez d'hommes de cavalerie au i5 août, soit à pied, soit à cheval. Vous savez toutes les dispositions qui ont été faites à cet égard. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa
sainte et digne garde.
» Napoléon.
» Dresde ce 24 juillet i8i3. »
Deux lettres d'une nature bien différente furent écrites par Napoléon à l'archichancelier à la même époque. L'une est relative à l'exil d'un fournisseur de la maison de l'empereur , et lui donne lieu de traiter d'une manière très-neuve la question de la liberté des opinions. L'autre
il- LE PORTEFEUILLE
est relative au voyage que l'impératrice régente doit faire à Mayenee , où l'empereur se rendra également , et présente des détails de discipline domestique, de service intérieur, et en même temps de dignité souveraine , qui reçoivent de la plume de Napoléon une originalité toute parliculiére.
4u prince archichancetier.
<« Mon cousin, je vous envoie un rapport du duc de Vieence. Je lui ai répondu, comme de raison , que je ne me mêlais pas de semblables détails, et que je ne pouvais descendre jusquelà. Mais je vois avec peine que le duc de Rovigo réagit. Le duc de Rovigo ne connaît ni Paris, ni la révolution. Si on le laissait faire , il aurait bientôt mis le feu en France. En vous entretenant de ce fournisseur, ce n'est pas de lui que je vous parle, mais de toutes les mesures de cette nature. A-t-on quelque chose à reprocher à cet homme depuis seize ans? On l'éloigné de Paris comme ayant été violent révolutionnaire. Si on pèse ainsi sur la classe des gens domiciliés et tranquilles, il est à craindre que cela ne produise le plus mauvais effet, et n'excite une inquiétude générale. Si le duc de Rovigo voulait éloigner de la France tous ceux qui ont pris part à la révolution , il n'y resterait plus personne. Etcommenl peut- on faire un crime à des hommes
DE MIL HUIT CENT TREIZE. i57
de cette classe de leur exaltation dans la révolution, lorsque le sénat, le conseil d'état et l'armée sont pleins de gens qui y ont marqué par la violence de leurs opinions ? Je dois supposer qu'on n'avait rien à reprocher à cet homme depuis seize ans , puisque les gens de ma maison, qui ne sont nullement partisans des opinions révolutionnaires , le gardaient comme fournisseur. Vous ferez connaître au duc de Rovigo que mon intention est qu'il n'éloigne personne de Paris , sans vous en avoir parlé auparavant. Dites-lui aussi que , s'il se laisse entraîner par le préfet de police , ou des hommes de cette robe, qui ne connaissent ni la situation de la France, ni cellede Paris , il aura bientôt mis tout en feu , et ébranlé mon gouvernement, cm" est fondé sur la garantie de toutes les opinions. Vous demanderez au duc de Rovigo de vous remette sur-le-champ l'état de toutes les presonnes qu'il a exilées de Paris , en les divisant en deux classes : l'une contenant tous ceux qui se sont mal conduits , et qui , ne possédant rien, désirent toujours des troubles; l'autre, contenant les hommes domiciliés et tranquilles auxquels on n'a rien à reprocher que leurs anciennes opinions. On doit laisser , sans les inquiéter , tous ceux qui appartiennent à cette dernière classe. Au train dont va le due de Rovigo , je suppose qu'il réagirait bientôt sur tous les généraux qui ont été chauds révolutionnaires. Comme
i58 LE PORTEFEUILLE
il m'est revenu de plusieurs côtés que beaucoup de gens de cette classe ont été exilés , demandez au duc de Rovigo de vous en remettre l'état exact.
» Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon. »
» Dresde , le 8 juillet 1 8 1 5 . »
Il apport du duc de licence.
Service du grnnd-mari'cbal.
« Sire,
» Le sieur Biennais , fournisseur de volaille et gibier de la maison de votre majesté, depuis nombre d'années , vient d'être exilé à quarante lieues de Paris , dans une mesure qui a frappé un certain nombre d'hommes connus par leur exagération passée; il parait qu'il est devenu suspect plutôt par le souvenir de ses anciennes opinions que par sa conduite présente , qui ne donne lieu à aucun reproche.
» Le ministre de la police a témoigné au chef de la maison à Paris le désir que la pratique lui soit ôtée , afin de l'isoler de la clientèle que son commerce lui donne dans les maisons de la capipitale. Comme fournisseur, on est content de lui dans la maison. Il fournit bien , et d'après un tarif qu'on établit au commencement de chaque trimestre. Î\F. le duc de Cadore, qui me confirme
DE MIL HUIT CENT TREIZE. i5g
l'exactitude de tous ces détails , n'a pas cru devoir rien déterminer pour le moment. Je prie donc votre majesté de me faire connaître si son intention est que le fournisseur soit changé.
» Le grand écuyer ,
» Caulalxcourt,
» Duc de Vicence.
» Dresde , le 7 juillet 1 8 1 3. »
Au prince, archichancelier.
» Mon cousin, cette lettre part le 16, elle vous arrivera le 20. Je désire que, le 22, l'impératrice parte de manière à être le 24 à Mayence. J'irai l'y trouver. Elle amènera avec elle la duchesse , deux daines du palais, deux femmes rouges, deux femmes noires, un préfet du palais, deux chambellans, deux écuyers, dont un partira vingtquatre heures d'avance pour être à Metz, afin de partager la route, quatre pages qu'on distribuera sur la route afin de moins fatiguer ces jeunes gens , son secrétaire des commandemens , s'il se porte bien, son médecin; et de plus elle mènera avec elle un service de bouche composé de sorte que sa table puisse être bien servie, vu que je n'amènerai personne avec moi, et qu'il est possible que plusieurs rois et princes d'Allemagne viennent la voir. Il sera pourtant inutile quon apporte le service de vermeil.
» Le comte Gaffa relli accompagnera l'impératrice
pour assurer les escortes. L'impératrice couchera le premier jour à Chàlous chez le préfet, le deuxième jour chez le préfet à Met:, et le troisième à Mayence. Son voyage sera annoncé dans ces trois villes afin qu'on lui rende les honneurs qui lui sont dus. Son premier service de voyage se composera de quatre voitures, son second service de quatre voitures , et son troisième de quatre voitures. Total, douze voitures. Autant que possible le commandant militaire fournira les escortes. La gendarmerie de la route sera sous les armes en grande tenue. Tout le cérémonial prescrit par le règlement sera observé.
» Le général commandant de la division l'accompagnera sur le territoire de la division. Le jour du départ de l'impératrice , vous ferez mettre dans le Moniteur un article ainsi conçu :
» S. M. l'impératrice reine et régente s'est » rendue à Mayence pour y passer huit jours dans » l'espoir d'y voir S. M. l'empereur. Sa majesté » couchera aujourd'hui 22 à Chàlons, demain » 25 à Metz, et le 24 à Mayence. Sa majesté sera n de retour dans les premiers jours d'août.
» Vous m'écrirez par le télégraphe quand l'impératrice partira de Saint-Cloud, et le jour où elle arrivera à Mavence. Je réglerai mon départ en conséquence. Si quelques ministres avaient des choses pressées à me dire, et qui exigeassent qu'ils en. vinssenteonférer avec moi, ils pourraient profiter
DE K\L HUIT CENT TREIZE. iCh
du séjour que je ferai à Mayence , et venir m'y trouver du -i/\ juillet au icr. août. Sur ce, je pria Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
» Dresde, le 1 6 juillet i 8 1 5. »
Il existait entre l'armée et la garde impériale une jalousie que jusqu'alors on n'avait pas trop cherché à calmer. C'était, une sorte de guerre contre le privilège. Mais la garde impériale, choisie dans toute l'armée, avait constamment réclamé et obtenu le privilège des périls. Cependant, pour mettre fin aux prétentions que la prééminence de ce corps d'invincibles pouvait donner à ceux qui avaient l'honneur d'en faire partie , Napoléon voulut donner une satisfaction à cette armée toute nouvelle, qui avait si héroïquement partagé le triomphe de la campagne avec la garde impériale et les autres vétérans de l'armée. En conséquence, il donna l'ordre suivant :
« Napoléon, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur, etc.
a Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
» Article premier. Les sergens- majors* , maréchaux-des-logis chefs , sergens , maréchaux-deslogis, brigadiers et caporaux de notre garde, commanderont , à grade égal , les sous-officiers brigadiers et caporaux de la ligne, nonobstant