‹ Portefeuille de mil huit cent treizeChapitre 23 sur 49 · TOME II. J · texte numérisé non relu

TOME II. J

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tion du jury fit rendre aux assises de Bruxelles, et la justice que Napoléon lit rendre aux condamnés. Cette lettre est aussi remarquable par sa nature , et eu égard aux circonstances dont ce prince était accablé , que celle qu'il avait écrite le 8 juillet au prince arehiehancelier , pour protéger un fournisseur de sa maison contre l'arbitraire du ministre de la police. Ici , le cas est plus grave: il s'agit de casser un jugement et un jugement par jury ; la cause aussi est plus élevée: c'est une grande ville de commerce qu'il veut défendre contre les propres agensde son administration.

Lettre, de Napoléon au grand-juge.

« Monsieur le duc de Massa, notre grand-juge ministre de la justice, nous avons appris avec la plus grande peine la scène scandaleuse qui vient de se passer àBruxelles, aux assises de la cour impériale. Notre bonne ville d'Anvers, après avoir perdu plusieurs millions par la déprédation publique et avouée des agens de l'octroi, a perdu son procès et a été condamnée aux dépens. Le jury , dans cette circonstance , n'a pas répondu à la confiance de la loi; et plusieurs jurés, trahissant leur serment, se sont livrés publiquement à la plus honteuse corruption. Dans cette circonstance , quoiqu'il soit dans nos principes et dans notre volonté que nos tribunaux administrent la justice avec la plus grande indépendance , cependant ,

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comme ils l'administrent en notre nom et à la décharge de notre conscience , nous ne pouvons pas ignorer et tolérer un pareil scandale , ni permettre que la corruption triomphe et marche tête levée dans nos bonnes villes de Bruxelles et d'Anvers.

» Notre intention est qu'à la réception de la présente lettre vous ayez à ordonner à notre procureur impérial près la cour de Bruxelles de réunir les juges qui ont présidé la session des assises, et de dresser procès verbal en forme d'enquête de ce qui est à leur connaissance, et de ce qu'ils pensent relativement à la scandaleuse déclaration du jury dans l'affaire dont il s'agit. Notre intention est que vous fassiez Connaître à notre procureur impérial prés la cour de Bruxelles , que les jugemens de la cour , rendus en conséquence de ladite déclaration du jury, doivent être regardés comme suspendus; qu'en conséquence les prévenus doivent être remis sous la main de la justice, et le séquestre réapposé sur leurs biens. Enfin, notre intention est qu'en vertu du § IV de l'art 55 , du tit. Vdes constitutions de l'empire, vous nous présentiez, dans un conseil privé, que nous autorisons à cet effet la régente, notre chère et bienaimée épouse , à présider , un projet de sénatusconsulte pour annuler le jugement de la cour d'assises de Bruxelles , et envoyer cette affaire à notre cour de cassation , qui désignera une cour

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impériale par^devant laquelle la procédure sera recommencée et jugée, les chambres réunies net sans jury. Nous désirons que , si la corruption est active à éluder l'effet des lois , les corrupteurs sachent que les lois , dans leur sagesse , ont su pourvoir à tout. Notre intention est aussi que vous donniez des instructions à notre procureur impérial , qui sera , à cet effet, autorisé par un article du sénatus-con suite , pour qu'il poursuive ceux des jurés que la clameur publique accuse d'avoir cédé à la corruption dans cette affaire. Nous espérons que notre bonne ville d'Anvers sera consolée par cette juste décision souveraine , et qu'elle y verra la sollicitude que nous portons à nos peuples , même au milieu des camps et des circonstances de la guerre.

» Sur ce, nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Napoléon.

» Donné en notre quartier impérial <!•' Dresde, ce \ aoiïl de i'an i 8 1 5 . »

L'achèvement des imporlans travaux de Cherbourg touchait à son terme. Napoléon, dans le dessein de donner à l'attention publique une heureuse diversion, en la rattachant aux bienfaits de son règne, voulut consacrer, par la présence de l'impératrice régente, cette belle opération protectrice du commerce et de la marine mili-

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taire. En conséquence il écrivit au prince archicliancelier :

« Mon cousin , je verrais avec plaisir que l'impératrice allât à Cherbourg, d'abord pour jouir du beau spectacle de l'introduction de la' mer dans le bassin, ensuite pour donner de la solennité à cette opération. Le ministre de la marine pourrait précéder l'impératrice à Cherbourg pour préparer sa réception et les moyens de l'amuser pendant son séjour.

» L'impératrice partirait le 17 ou le 18, el l'opération pourrait avoir lieu pour le jour de sa fête. Les principales autorités du département s'v trouveraient et un spectacle aussi intéressant ne manquera pas d'attirer un grand concours de curieux. Faites mettre dans les journaux tous les détails du voyage de l'impératrice à Mayence et de son retour. Cela ne peut être que d'un bon effet. Sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Napoléon.

» Dresde le 7 août i S 1 3 . »

Les grands intérêts de sa gloire ou de sa politique se retrouvaient également satisfaits dans l'intérêt qu'il accordait aux familles des militaires qu'il avait perdus; il s'en regardait comme le tuteur naturel : c'était pour leurs enians qu'il avait fondé les beaux établissemens de Saint-Denis et

de La Flèche. 11 se croyait obligé à des soins plus particuliers, quand ces enfans appartenaient aux généraux qui avaient été ses premiers amis , et qui avaient constamment partagé sa gloire et ses périls. Au lit de mort du général Duroc, il avait pris l'engagement de servir de père à sa fille. À Dresde , il s'occupe des enfans qu'ont laissés le duc d'Istric, tué sous ses yeux à Weissenfels, et le duc d'Abrantès, Junot, le sergent du siège de Toulon, gouverneur-général de l'Ulyrie, qui vient de lui être enlevé par une maladie violente. 11 écrit au prince archichancelier :

« Mon cousin, le ministre de la police m'a écrit relativement aux affaires de la succession des ducs d'istrie et d'Abrantès. Je désire que vous vous entendiez avec lui à ce sujet. Je voudrais, pendant la minorité, aider à la liquidation de l'une et de l'autre. Sur ce, etc.

» Napoléon.

» Dresde , le 7 août i8i5. »

Le moment de la fête de Napoléon approchait. Cette occasion lui parait favorable pour donner à ses armées un témoignage particulier de sa bienveillance; mais, comme le terme fatal de L'armistice est fixé au 10, et que le jour de sa fête est le i5, il ne veut pas que ses soldats puissent perdre l'avantage quien paixeomme en guerre a toujours résulté pour eux de cette solennité. En conséquence, par

ses ordres, le ministre de h guerre écrit ci rculairement à tous les corps d'armée et particulièrement au prince d'Eckmûhl :

« Je vous préviens, prince, que, vu les circonstances, la fête de l'empereur sera célébrée le 10 août; à cet effet sa majesté ordonne qu'une gratification de vingt sous sera donnée à chaque sous-officier et soldat. Vous prendrez des mesures pour que cette gratification soit payée le 9. Cette somme servira à faire un repas extraordinaire. On donnera double ration de pain, de riz, deau -de-vie et de viaude à la troupe. L'empereur désire que vous donniez des ordres pour que chaque général de division invite à une seule table tous les officiers de sa division. Vous tiendrez vous-même la table de la division où vous serez. Sa majesté accorde à cet effet, indépendamment des doubles rations de vivres, six francs par tête. La somme sera donnée en bloc, et vous la ferez mettre à la disposition des différens généraux de division. Sa majesté désire aussi que l'on chante un te Deuin dans tous les camps; que le soir il y ait une grande illumination ; que l'artillerie tire des feux d'artifice , enfin vous ferez tout ce qui est convenable pour célébrer ce jour si cher aux Français , égayer le soldat, et faire effet, sur les peuples alliés. Les 1 loupes alliées recevront la gratification comme les autres. Il sera convenable que la table des officiers soit en plein air , et se tienne à la même

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heure que celle des soldats. Les toasts seront appuyés par des salves de cent coups de canon. Dans les pays alliés, on invitera les autorités du pays, et les principaux habitans, et même dans les pays ennemis on pourra inviter également les autorités, et ceux des principaux habitans dont on serait content. Dans les lieux où cela sera possible, les généraux donneront un bal. Le soir il y aura des manœuvres ; on tirera au lieu de cartouches des artifices qui seront d'un meilleur effet. Les opérations militaires, et la dénonciation de l'armistice, qui peut avoir lieu le 10, sont les raisons pour lesquelles la célébration de cet aniversaire a été avancée du i5 au 10.

» Le prince vice-connétable major-général ,

» Alexandre.

r> Dresde, le 4 août 1 8 1 5. »

Les deux dépêches suivantes , et notamment la dernière , seront appréciées par les hommes de guerre. Dans celle-ci ils remarqueront tout ce que la prévoyance et la science militaire pouvaient conseiller à ce grand capitaine. Cette dictée est précieuse, non-seulement en ce qu'elle présente d'une manière claire et convaincante le résumé de tous les ordres antérieurs et le complément d'instructions nécessaires au plan invariablement adopté par Napoléon , mais encore en ce qu'elle ne permet

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point de douter que le succès le plus brillant, qu'un succès décisif ne couronne cette grande combinaison, à laquelle il a donné toute sa méditation et tous ses soins, si le ducdeReggioà la tète de ses quatre-vingt mille hommes parvient à occuper Berlin. Ce maréchal doit marcher le 16: le troisième ou le quatrième jour , le 20 ou le 2 1 , il doit être à Berlin. Les levées en masse de l'ennemi seront promptement dissipées. Le prince royal de Suède, placé entre les deux maréchaux, devra diviser ses forces et être battu en détail. La campagne du nord de l'Allemagne ainsi commencée ralliera bientôt les soixante mille auxiliaires qui attendent de la réunion des deux maréchaux le débloquement des places de l'Oder et des places delà Vistule. Ces villes sont prévenues qu'elles doivent tenir jusqu'au dernier moment. Cette opération , qui paraît si simple , et qui n'a besoin pour la grande armée du duc de Reggio , que de promptitude et d'ensemble , est donc infaillible. Elle est le nœud principal de la campagne de Napoléon , devant lequel tomberont bientôt les espérances et les engagemens politiques des confédérés , aussitôt que ses aigles se seront montrés sur la Vistule. Du côté de la Bohème, Napoléon est tranquille. Il oppose quatre corps d'armée aux cent cinquante mille hommes que l' Autriche y a rassemblés. Vandamme commande le premier corps, le maréchal Saint-Cyr le quatrième, le prince Ponia-

towsky le huitième, il est à Zittau , et le troisième corps de cavalerie est sous les ordres du duc de Padoue , à Leipsick. Quatre autre corps menaceront Vienne , en Italie celui du vice-roi, en Allemagne, l'armée bavaroise, le neuvième corps commandé par le maréchal Augereau , et la cavalerie du général Milhaud. L'empereur est rassuré contre l'invasion anglo -hispano- portugaise. Le maréchal Soult est son généralissime aux Pyrénées, elle vainqueur de Murray et de Bentinck,le maréchal Suchet, concentre en Catalogne son invincible armée. Trente mille conscrits du midi vont grossir les forces des deux maréchaux : c'est pour leurs foyers qu'ils vont combattre sous des chefs de la plus haute illustration : la défense nationale est confiée à leur valeur domestique. L'armée est bien jeune, disent la plupart des généraux français à Dresde et dans les cantonnemens de l'Allemagne. Cela est vrai ; mais ce qui est vrai aussi, c'est que toutes les fois qu'ils ont été commandés par Napoléon en personne , ces jeunes conscrits , ces enfans de la campagne, ont été victorieux. Napoléon doit croire qu'ils le seront également sous ses lieutenans. C'est dans cette généreuse confiance , qu'il accepte à la fois la guerre et la négociation. La bataille de Berlin et celle qu'il gagnera en personne vont décider le procès de la sixième coalition, «à moins qu'une dernière démarche politique , qu'il mé-

dite, ne fasse tout à coup tomber les armes de ses mains et de celles des rois alliés. Si on veut prolonger l'armistice , je suis prêt ; si on veut commencer les hostilités , je suis prêt. Et en effet, il Tétait, et il devait croire en ses généraux, tous vieux compagnons de sa gloire militaire , autant qu'il croyait en lui-même et en ses soldats.

Au prince d'Eckmùhl.

(( Mon cousin, l'armistice sera dénoncé le 10; les hostilités recommenceront donc le 16; je crois vous en avoir déjà prévenu. Il est important que vous n'ayez rien en marche, après le 16, de Mayence à Hambourg, et de Hambourg à Mayence, et de bien veiller à votre ligne d'étapes de Wésel à Hambourg, alin qu'il n'y ait rien de pris par les partisans. Je vous ai déjà mandé de réunir toutes vos troupes disponibles, ainsi que les Danois, de manière à avoir un corps de trente mille hommes en avant de Hambourg, pour prendre l'offensive sur l'ennemi ; mon intention est de J aire marcher soixante mille hommes par Luckau sur Berlin, ce qui, avec votre corps, Jera près de cent mille hommes. On dit que le prince royal commande le corps de Bulow. Son premier soin sera sûrement de défendre Berlin. Le duc de Reggio y sera le troisième jour après l'expiration de Varmistice. Faites diversion de bonne heure, avec votre armée, en menaçant de vous porter sur le

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Mecklembourg et sur Berlin. Répondez-moi à cela par mon olïicier d'ordonnance, et envoyezmoi par lui, i°. la situation de l'artillerie de campagne ; 2°. la situation de l'artillerie de siège et de son armement; 3°. la situation de toutes les fortifications; 4°- ^a situation de chacune de vos divisions; 5°. la situation des remontes, harnachemens , etc. ; 6°. la situation du corps danois; 70. la' situation de la marine, etc.; enfin laites-moi connaître ce que tout cela aura d'accroissement ainsi que la position au 17 août. Il ne faut pas s'arrêter à de petites considérations. Il faut éviter un échec, et en ayant l'air d'envoyer ces colonnes mobiles sur les rives de l'Elbe, à l'expiration de l'armistice, que tout cela soit replié sur Hambourg afin de centraliser vos forces. Si Cuxhaven est en état de défense , il faut l'armer et y mettre une garnison. Faites-moi savoir par mon officier d'ordonnance quels sont les postes que vous occupez. Sur ce , etc.

« Dresde le 7 août 1 S 1 3 . »

« Mon cousin, je reçois votre lettre du 5 août. Je me suis fait rendre compte de ce qui est relatif à vos compagnies d'artillerie à cheval; vous devez effectivement n'en avoir que deux. Il n'y a aucune espèce de doute que l'ennemi dénoncera l'armistice le 10, et que les hostilités commence-

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ront le 1 6 ou 17. Vous pouvez donc compter làdessus. Je vous ai dit de réunir toutes vos troupes sur la rive droite; cela me paraît de la plus grande nécessité, afin de prendre l'offensive, et, de tenir un corps égal en échec devant vous. Tous les renseignemens m'apprennent que le prince royal de Suède commandera dans cette partie et même à Berlin. Je vous ai déjà fait connaître que le duc de Reggio avec le général Vandamme , le général Rejnier et le duc de Padoue , ce qui fera une armée de près de quatre-vingt mille hommes , débouchera par Luckau et Bareuth , le jour de la rupture de l'armistice , pour être en trois ou quatre jours à Berlin. Vous sentez qu'il est nécessaire que toutes les forces qui se trouvent sous les ordres du prince royal , savoir , l'armée suédoise, le troisième corps de l'armée prussienne commandé par Bulow, enfin, le corps auxiliaire à la solde de l'Angleterre, et la division russe, ne puissent pas se porter tout entières à la rencontre du corps qui débouchera par Luckau. Il faut les obliger à tenir un corps de trente mille hommes vis-à-vis de vous; et ils se trouveront dans cette obligation s'il vous voient le 1 o prêt à prendre l'offensive. Le 12 , ayez vous-même vôtre quartier-général unelieueen avant de Hambourg; que les portes de Hambourg soient fermées à tout votre état-major, et que toutes vos troupes, infanterie, cavalerie et. artillerie, soient prêtes à

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déboucher. Vous déboucherez effectivement si

vous vous trouvez supérieur , ou vous aurez pris une bonne position qui couvrira Hambourg, si l'ennemi se trouvait supérieur. Vous aurez soin de poursuivre vivement l'ennemi , afin de menacer les Suédois de leur couper la Poméranie et de les obliger d'y entrer. Sur cet ordre que je vous ai déjà donné plusieurs fois, vous faites l'objection que l'ennemi pourra donc passer l'Elbe et ravager le pays. Il n'y a pas do remède à cela. Je ne vous crois pas assez égal en cavalerie pour pouvoir vous y opposer avec avantage ; mais il faut que toutes les fois que les partisans passeront entre Hambourg et Ma gde bourg, ou entre Magdebourg et Dresde, ils ne trouvent rien à prendre à l'armée; qu'ils ne trouvent à piller que le pays. Je pense qu'il faut replier l'artillerie qui est dans vos différens parcs, puisqu'elle pourrait y être compromise. Vous proposez d'avoir deux à trois mille hommes d'infanterie, un millier de chevaux et cinq à six pièces d'artillerie légère manœuvrant entre Haarbourg, Lunebourg et Verden. Cela me parait fort sage et sans inconvénient. Ce corps n'ayant aucun embarras pourra promptement se replier sur Haarbourg et venir vous rejoindre s'il a affaire à des troupes par trop considérables. Mais si vous aviez poussé l'ennemi, il passerait l'Elbe à Domitz et viendrait encore vous rejoindre. Non-seulement cette colonne sera utile, mais

elle est même indispensable. Il est possible que l'ennemi attende pour passer l'Elbe avec des forces raisonnables qu'il ait pu vous rejeter dans Hambourg. Dans ce cas, ce corps sur la rive gauche menacerait l'ennemi. Si, au contraire, l'ennemi fait passer l'Elbe «à des forces égales aux vôtres, vous aurez affaibli votre corps principal, mais l'ennemi se sera affaibli dans la même proportion. Je vous ai dit de veiller à ce que de tous les convois qui viennent à Hambourg, il n'y en ait aucun de pris. Vous saisissez mal ce que je veux vous dire, et vous me répondez qu'il est difficile de garder tout l'Elbe. Je vous répète que mon intention n'est pas de garder tout l'Elbe. L'ennemi a trop de mauvaises troupes dont il fait peu de cas pour une affaire générale , et qu il sait lancer en partisans pour piller ou pour faire insurger ; mais le moyen de ne rien perdre, c'est de ne rien avoir. Les convois qui se dirigent sur Hambourg viennent de Wésel ou de Magdebourg. Ecrivez au général Lemarrois qu'à dater de la reprise des hostilités on n'expédie plus aucun convoi pour Hambourg, et pressez l'arrivée de ceux qui sont en route. Donnez ordre également qu'on arrête à Brème tous les bataillons de marche, tous les hommes à pied de cavalerie, tous les convois d'artillerie, tous les convois quels qu'ils soient. qui seraient en route pour se rendre à Hambourg après l'armistice. Que le commandant de îa

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ville de Brème les garde pour la défense de la ville , et qu'il ne vous envoie des convois que lorsqu'il pourra réunir trois ou quatre mille hommes pour leur escorte, et que la situation des choses rassurera d'ailleurs sur l'arrivée de ces convois. Ainsi je ne prétends pas que vous défendiez tout l'Elhe , mais qu'à l'expiration de l'armistice vous n'ayez en route aucun convoi ou détachement d'hommes à pied de cavalerie, d'équipages militaires ou d'infanterie sur les communications de Brème à Hambourg, et de Magdebourg à Hambourg, qu'il n'y ait que les estafettes et la poste qui passent; qu'enfin on ne communique, comme cela doit toujours se faire pour les transports et les convois en temps de guerre , que sous des escortes d'une force suffisante pour résister aux partisans. Faites parcourir par des officiers de gendarmerie les différentes routes par où viennent les convois, pour qu'au moment de la rupture , il n'y ait rien en marche, et que rien ne soit compromis. Je suppose que maintenant vous comprenez bien mes intentions, et que vous allez agir en conséquence ; prenez les mêmes soins pour les convois d'argent. Il faut qu'à dater du 10 au 12 août il ne parte aucun convoi d'argent sans un ordre spécial de vous, et que de Wésel à Hambourg , de Magdebourg à Hambourg , et de Hambourg à Magdebourg, il ne se trouve aucun convoi d'argent. Lorsque les quinze premiers joins

de la campagne seront passés, on verra la situation des choses et les mouvemens qu'il sera convenable d'autoriser. Écrivez à Wescl , à Brème , «à Magdebourg , à Osnabruck , à Hanovre , à mon ministre, à Cassel , pour que tout cela soit ainsi organisé. L'officier d'ordonnance que je vous ai expédié m'apportera la si tuation de tout votre corps . Je désire surtout la situation de votre cavalerie. Votre cavalerie consiste , i°. dans une brigade composée du vingt-huitième de chasseurs et d'un régiment lithuanien. Qu'est-ce que ces régimens auront au 16 août à cheval, et en état de se battre? Qu'est-ce qu'ils ont à pied à Hambourg? Combien ont-ils de selles et de chevaux? Quedeur manque-t-il pour être entièrement montés? Les colonels, major et cadres du vingt-huitième sontils arrivé , ou quand arriveront-ils? quand lesdifférens détachemens qui doivent compléter ces régimens arriveront-ils? Cela doit former douze cents hommes. 20. Vous avez un régiment de marche de troupes légères , dr tgons et cuirassiers, qui vous a été envoyé par le général Boutcier : ce régiment doit être de douze cent cinquante hommes. Quelle est sa composition , sa situation en officiers, soldats, chevaux et selles? 11 me semble que vous m'avez mandé que ces douze cents hommes étaient montés. Le ministre de la guerre vous a envoyé les quatrièmes es; adrons de cuirassiers à pied, formant trois régi-

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