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Tome II. a

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arrivait par Bucka. Il revint à Dresde le 24» donnant l'ordre au maréchal Macdonald de ramener l'armée dans la position de Weissig, à une lieue et demie en avant de Dresde. Le huitième corps repassa l'Elbe ; mais le roi de Naples resta à Grossenhayn , le quatorzième corps occupait Pïrna et Borna , le premier Berg-Gieshubel , le deuxième Freyberg. En même temps le général Blùcher s'était rapproché, et établit un poste à Schaudau sur l'Elbe. L'armée combinée de Bohème était toujours dans ses positions de Tœplitz, ayant mis sa cavalerie et son artillerie dans des cantonnemens pour refaire ses chevaux épuisés par les fatigues et les bivouacs continuels.

Le prince royal de Suède avait toujours son quartier-général à Juterbogt. La lenteur de ses mouvemens était calculée sur la marche du reste de l'armée alliée. Il ne voulut pas hasarder de faire passer l'Elbe à son armée, et se contenta de fortifier les deux points qu'il avait choisis pour son passage. La tète de pont de Roslau fut occupée par les Suédois , et les Russes furent chargés de retrancher la ville d'Acken. Le i5 septembre, le prince avait son quartier-général à Zerbst, et les Suédois poussèrent une avant-garde jusqu'à Dessau. En même temps Bulow compléta l'investissement de Wittemberg , pendant que Tauenzien s'étendait par la gauche pour communiquer avec Bluohor.

Le 24 septembre, Bulow fit ouvrir la tranchée devant Wittemberg , et emporta les faubourgs. Les 2.5 et 26 commença le bombardement : la ville fut bientôt en feu , et , à la faveur de cet incendie , l'ennemi ouvrit la seconde parallèle.

Cependant le maréchal Ney avait travaillé sans relâche à réorganiser son armée : le 26 , il fut en état d'agir d'une manière offensive. Résolu de supposer au passage de l'armée alliée, il porta le septième corps sur Dessau ; à son approche , les Suédois évacuèrent cette ville et se replièrent sur Rosslau. Le maréchal les suivit, mais il était trop faible pour attaquer la tête de pont : plusieurs jours se passèrent en de petits combats insignifians. Le quatrième corps s'établit à Oranienbaum, où fut porté le quartier-général.

Depuis le 9 septembre jusqu'au 28, il ne se passa rien de remarquable. Les alliés, se croyant encore trop faibles pour porter les grands coups à leur ennemi , attendaient , pour recommencer la lutte avec plus de vigueur que jamais, l'arrivée du général Beningsen. Ce général , avec cinquante mille hommes , arrivait de Pologne par la Silésie à marches forcées , et le 26 il parvint à Lietmeritz, où son avant-garde passa l'Elbe. L'apparition de ce nouveau champion de la coalition avait été précédée d'un repos dont se fatiguait l'impatience des alliés. Beningsen parut, et le signal de la destruction de Napoléon fut donné.

Napoléon dut entendre ce signal. Mais, après les revers multipliés que venaient d'éprouver ses armes sur toutes les directions, après les pertes irréparables éprouvées à une si grande distance de la France, après l'arrivée successive des renforts inépuisables de la ligue du Nord , et les défections allemandes qui appauvrissaient et compromettaient son armée, il devait renoncer au plan d'opérations qu'il avait adopté. Il avait fait tout ce qu'il avait pu faire pour se maintenir; il ne pouvait pas espérer de reconquérir dans une seule grande bataille tout ce qu'il avait perdu. Une victoire éclatante, remportée sur le terrain où il s'était placé, décimait son armée et ne détruisait pas un ennemi toujours renaissant qui avait pour auxiliaires tous les peuples dont il occupait le territoire. Il devait rassembler ses forces et les établir derrière la Saale, encore retentissante des premiers exploits de cette campagne ; il s'appuyait sur ses magasins d'Erfurth, sur ses dépôts de Mayence; il était le maître de la grande route militaire de la France. Alors il ouvrait une autre campagne, et quelle qu'en eût été l'issue, l'événement eût été loin d'être aussi désespéré, que celui qui résulta et qui devait résulter de la marche combinée de l'immense armée des alliés sur Leipsick.

D'ailleurs l'extension démesurée de sa base et de sa ligne de communication avec le Rhin exposait ses flancs et ses derrières à toutes les insultes des

troupes légères des alliés, qui enlevaient les dépôts, les convois et les petits détachemens qui étaient en marche pour joindre l'armée.

Le général saxon Thielmann, qui avait déserté à Torgau , se battait contre son souverain , mettait à profit ses connaissances locales du pays , et avec un corps considérable de partisans avait inondé les contrées arrosées par la Saale. Le colonel autrichien Mensdorf parcourait tous les environs de Leipsick. A cette époque , les Allemands avaient réduit à la plus simple expression la cause de leur indépendance politique; ils en avaient fait celle de leur liberté civile , et partout l'obéissance au souverain disparaissait devant l'opinion nationale : ils étaient loin de croire que ce serait au profit de leurs souverains qu'ils méconnaissaient alors leur autorité. L'empereur Napoléon résolut de mettre un terme aux brigandages des partisans. A cet effet, il détacha le général Lefcbvre-Desnouettes avec une partie de la cavalerie de la garde et trois régimens de hussards. Le général atteignit, le 24 septembre, le général Thielmann près de Mersebourg, le battit, lui reprit ses prisonniers , et le força de se retirer sur Zwickau. A la suite de cette affaire, le général français occupa Altenbourg. Sur ces entrefaites, l'hetman Platow, avec ses cosaques et un corps d'infanterie et de cavalerie autrichienne, était sorti de Bohème et arrivé à Chemnitz le 36 :

il marcha sur Altenbourg. Lefebvre-Desnouettes avait méprisé les avis qui lui étaient arrivés de toutes parts ; il se laissa surprendre dans ses bivouacs, et, menacé sur ses flancs , il fit surZeitz une retraite précipitée qui lui coûta un millier d'hommes. On peut, sans hésiter, l'accuser d'imprudence avant l'affaire , et de maladresse pendant le combat. Cet échec ouvrit aux partisans alliés les routes de France , et depuis lors il devint à peu près impossible de rassurer les communications. Les partisans harcelèrent sans relâche le corps du maréchal Augereau , qui de Wûrtzbourg devait rejoindre l'armée. Le général Lefebvre- Desnouettes s'était retiré à Weissenfels.

D'un autre côté, le général Czernichew, détaché de l'armée du prince royal avec trois mille chevaux, parcourait la Westphalie , et poussait jusqu'à la capitale de ce royaume. Le 5o septembre, il se présenta devant Cassel, où le général Allix, qui commandait avec deux bataillons, fut bientôt forcé de capituler, et l'ennemi entra en maître dans la ville; mais instruit de l'approche de quelques troupes françaises , Czernichew n'y resta que peu de jours , et avec un immense butin il se replia, le 4 octobre, sur l'Elbe, après avoir porté à l'insurrection ce royaume si mal assis et si malintentionné.

Cependant l'opiniâtreté que mettait l'empereur à conserver la ligne de l'Elbe décida les souvo-

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rains alliés à adopter un nouveau plan d'opérations qu'ils auraient pu prendre quinze jours plus tôt : ce fut de réunir les deux armées de Pologne et de Bohème pour agir sur le flanc droit de l'armée française, tandis que celles de Silésie et du Nord opéreraient de concert contre sa gauche. Pour faire face à un tel orage, Napoléon ne vit d'autre moyen que de se renforcer du corps d'observation que le duc de Castiglione avait organisé à Wùrtzbourg , et qui pouvait se monter à près de vingt mille hommes; il lui envoya l'ordre de le joindre. Ce corps offrait une faible ressource dans la masse de notre armée , tandis que sa présence sur les frontières de la Bavière devait servir à sounir cette puissance, et l'empêcher peut-être de se déclarer contre nous. Le départ du maréchal fut le signal de la défection de cet ancien allié , qui bientôt grossit de toutes ses troupes les rangs ennemis. Telle était la position de l'armée française vers la fin de septembre. La garde, les premier, troisième , cinquième , onzième et quatorzième corps occupaient Dresde, et les camps deWeissig et de Pirna. Le deuxième corps était à Freyberg. Le roi de Naples , avec le sixième corps et le premier de cavalerie était à Meissen et Grossenhayn ,• le maréchal Ney , avec le quatrième et septième, dans les environs de Dessau ; le prince Poniatowski , avec son huitième corps et la cavalerie du général Lefebvre-Desnouettes , occupait Pening et Alten-

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bourg. Le troisième corps de cavalerie était àLeipsick, et le duc de Castiglione, avec son corps et le cinquième de cavalerie, était en marche et s'approchait de Iéna.

Du côté des alliés, l'armée de Bohème, sous les ordres du prince de Sclrwartzenberg, était campée entre Aussig et Brux , ayant le corps de Klenau vers les débouchés de Chemnitz. Blùcher, avec l'armée de Silésie, était à Bautzen, et le prince royal, avec l'armée du Nord, s'étendait de Hert/.berg jusqu'à Jerbot. Le général Beningsen, avec son armée de Pologne, était entré en ligne, et avait lait sa jonction avec l'armée de Bohème à Leutmeritz; et, comme nous l'avons dit, l'arrivée de ce renfort considérable fut pour les alliés le signal de la reprise de leurs opérations offensives.

L'honneur de porter les premiers coups dans le second acte de ce drame sanglant fut réservé au général Blùcher. Le 10 septembre, il quitta son quartier-général de Bautzen ; et , après avoir désigné le corps du général Czerbatow et la division Bubna pour couvrir la Lusace, il se mit en mouvement avec le reste de ses troupes, et arriva le lendemain à Eisterwerda. La cavalerie du général Latour-Maubourg , qui se trouvait à Grossenhayn, reçut l'ordre de repasser l'Elbe, et de joindre le sixième corps à Meissen. Bliicher, pour masquer sa marche, fit suivre notre cavalerie parcelle du général Wassilczikow , commandant

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l'avant-garde du corps de Sacken, et fit faire quelques démonstrations d'attaque sur la tête de pont de Meissen. Mais le maréchal Ney ne fut pas la dupe de cette manœuvre , et , jugeant que l'intention de Blûcher était de passer l'Elbe plus bas, il fit porter le général Bertrand , avec le quatrième corps, dans la nuit du ie'. au 2 octobre, à Wartenbourg avec ordre d'y prendre position.

Cependant Blûcher, continuant sa marche, arriva le 2 octobre à Jessen , au confluent de l'Elbe et de la Schwartz-Elster. Dans la nuit du 2 au 3 , il fit jeter deux ponts, et se prépara à passer l'Elbe. A cinq heures du matin, le général Yorck passa le premier; les deux divisions Morand et Fontanelli, avantageusement postées à Wartenbourg, repoussèrent toutes les attaques de l'ennemi jusqu'à deux heures du soir; mais Blûcher, sentant toute l'importance d'enlever cette position qui arrêtait sa marche , détacha le prince de Mecklenbourg, avec des forces considérables , pour tourner la droite des Français , et s'emparer du village deOsledden, sur lequel elle s'appuyait. Ce mouvement eut lieu, et le général Bertrand fut forcé de se retirer , avec une perte de près de cinq cents hommes , sur Bûben et Kemberg. he ^ f \e reste de l'armée prussienne passa sur la rive gauche de l'Elbe , à l'exception du général Thûmen , qui fut laissé devant Wittemberg pour en continuer le siège.

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Le mouvement des alliés était général. Le prince royal effectuait de son côté le passage de la rivière à Rosslau et Acken. Le maréchal Ney, qui n'avait avec lui que le faible corps du général Reynier, dut se retirer de Dessau sur Bitterfeld, et vint àDelitsh, où il fut joint le 5 octobre par le général Bertrand. Le 6, le prince royal porta son quartier-général à Dessau , et ce jour-là Blùcher était à Dùben.

La grande armée alliée avait aussi fait un mouvement par sa gauche, pour pénétrer en Saxe par la route de Sebastiansberg à Chemnitz ; elle fut remplacée dans sa position de Tœplitz par l'armée de Pologne. Le 4> l'avant-garde du général Klenau entra dans Chemnitz; elle y fut attaquée par des troupes du prince Poniatowski , et en fut délogée; mais l'apparition de l'hetman Platow , qui venait de Zwickau sur le flanc droit des Polonais , força le prince à se retirer sur Penig et Mittveyda, et le généralissime Schwartzenberg porta, le 5 octobre, son quartier-général à Marienberg.

Lord Aberdeen avait présidé aux trois traités qui , le 9 septembre , avaient uni la Russie à l'Autriche, l'Autriche à la Prusse, et la Prusse à la Russie. Il fut ainsi le témoin et le garant prépondérant des ratifications, des conventions politiques et militaires discutées et arrêtées à Trachemberg et à Reichembach, entre la Grande-Bretagne

et ces trois puissances; mais il manquait, à l'exemple du traité de Tœplitz du 9 septembre, un traité particulier entre les cours de Londres et de Vienne, qui cimentât d'une manière indissoluble les nouveaux engagemens. Ce pacte eut lieu le 3 octobre, et fut signé aussi à Tœplitz par lord Aberdeen et le comte de Metternich, sous le nom de traité d 'alliance préliminaire. Six mois après, le ier. mars 1814, ce fut à Chaumont, après que la quadruple alliance eut été préparée aux conférences de Troyes, que ce traité préliminaire fut converti en traité définitif. L'Autriche engageait toutes ses forces et l'Angleterre tous ses moyens contre T ennemi commun. Cette odieuse désignation avait été inventée par l'Angleterre aux conventions de Reichenbach , légitimé au traité de Tœplitz le 9 septembre, et consacré enfin par l'Autriche elle-même dans le protocole de celui du 3 octobre. Il était dans la force des choses que l'Angleterre cherchât à lier, même aux dépens des plus respectables convenances, le beau-père de l'ennemi commun, qui recevait ses subsides. Mais l'empereur François, malgré la reconnaissance qu'il pouvait devoir aux libéralités de l'Angleterre, marchait avec une politique encore trop incertaine pour qu'il se fût décidé à signer ce traité, qui était le complément, le lien légal du précédent, si, dès la fin de septembre, il n'avait été

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assuré de la défection prochaine de la Bavière.

La diplomatie de cette époque eut des formes toutes militaires, parce qu'elle fut sans cesse improvisée par les événemens de la guerre. La guerre était devenue une spéculation de cabinet ; les agens de cette nouvelle diplomatie étaient naturellement des généraux, qui entamèrent souvent de leur propre chef des négociations aussi extradiplomatiques qu'elles étaient extra-militaires. Telles avaient été celle du général Schwartzenberg à Minsk et depuis à Varsovie , celle du général Yorck à Poscheraun, et ensuite celle du général Bulow; telles, au milieu delà bataille deLeipsick, avaient été celles des généraux saxons avec le général Bernadotte, qui employa leur artillerie dont il manquait; et telle était alors celle du prince de Reuss, commandant une armée autrichienne sur l'Inn avec le comte de Wrède, qui commandait l'armée bavaroise contre lui. Le 8 octobre, le traité de coopération, aussi contre l'ennemi commun, fut signé à Ried par les deux généraux; ainsi il ne manquait plus rien à l'Autriche pour sa sécurité, et alors elle devint plus sincèrement l'ennemie de la France.

Napoléon n'a point été trahi par le roi de Bavière; ce prince, dont tous les souvenirs sont français, avait écrit lui-même à l'empereur qu'il espérait pouvoir conserver l'alliance jusqu'à la lin de novembre; mais il avait du recevoir la loi

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de sa propre armée et transiger promptement avec le poids de la puissance autrichienne, qui, dans la position où elle venait d'être placée par la rupture de Prague, pouvait hautement rappeler à la Bavière ses. anciens ressentimens. Il en fut de même du roi de Wurtemberg, le plus actif et le plus dévoué des alliés de Napoléon : ce prince l'avertit également que l'heure de sa défection était venue pour lui et son armée. Le même système de loyauté était suivi également par le grandduc de Bade, qui ainsi que l'Autriche et la Bavière, avait un lien de famille avec Napoléon. L'empereur rendait une éclatante justice à ces souverains, contre lesquels, même dans les rigoureuses circonstances où le plaçait tout à coup la perte du seul secours sur lequel il se plaisait encore à se reposer, il ne lui échappa jamais le moindre reproche. En faisant généreusement la part d'estime qui l'attachait personnellement au caractère de ces princes , il faisait aussi celle de l'indignation que méritaient leurs cabinets et leurs généraux, qui avaient si amplement exploité dans ses jours heureux l'amitié qu'il portait à leurs maîtres.

Napoléon voit son terrain subitement dégarni autour de lui, et les tentes qui le couvrent coupées par de longs intervalles. Le roi de Saxe lui reste seul avec son excellente armée. Napoléon est l'hôte de ce prince dans sa capitale; le roi est

l'hôte de Napoléon dans son camp. Mais combien de temps pourra durer encore cette double hospitalité que menace la tempête germanique! Il n'est déjà plus question entre ces deux souverains de compter sur la résidence de Dresde ; et Nestor n'aura bientôt plus d'autre palais que la tente d'Achille.

Le 5 octobre, Napoléon, dans son cabinet, calcule et discute froidement avec lui-même les secrets de sa position militaire. Il est entouré de ses cartes , des rapports de ses armées , il marche à grands pas et dicte rapidement ses idées et ses doutes ; il manœuvre en présence du secrétaire de son cabinet.

Première note. — Position des ennemis.

« Il paraiteertain que l'armée ennemie de Silésie s'est portée sur Wittemberg, et que la grande armée de Tœplitz fait un mouvement sur sa gauche.

» L'armée ennemie de Silésie ne peut être évaluée à moins de soixante mille hommes avec les corps d'Yorck, de Blûcher et de Langeron.

» L'armée de Berlin, composée du corps suédois, d'un corps russe et des corps de Bulow et de Tauenzien, ne doit pas être moins forte.

Il y aurait donc sur le bas Elbe une armée de cent vingt mille hommes; il est toutefois à savoir si elle n'a pas fait un détachement vers Hambourg.

» L'armée de Tœplitz, composée des Autrichiens,

d'un corps prussien et d'un corps russe, ne peut

pas être évaluée à moins de cent vingt mille

hommes.

» Le projet des coalisés serait donc de faire marcher deux grandes armées l'une par la droite , l'autre par la gauche , et d'obliger l'empereur à quitter Dresde, w

Deuxième note. — Positions de l' armée française.

« Le quatrième et le septième corps , sous les ordres du prince de la Moscowa , sont sur le bas Elbe.

» Le duc de Raguse, avec le premier corps de la cavalerie , et le troisième d'infanterie, sur Tilenbourg et Torgaw. Ces deux armées forment ensemble une force de quatre-vingt mille hommes couvrant la gauche.

» Le premier, le quatorzième, le deuxième, le cinquième et le huitième forment une force de soixante-dix mille hommes couvrant la droite.

» Enfin, le onzième, la garde et le deuxième corps de cavalerie, formant une force de soixante mille hommes, sont au centre. »

Troisième note. — Que convient-il de faire?

« Il sera constaté ce soir si toute l'armée de Sirlésie, ou seulement une partie, a marché sur Wittemberg.

» Dans l'une et l'autre hypothèse, on pourrait reprendre l'offensive par la rive droite et se porter surTorgaw avec la garde et le onzième corps, s'y joindre aux deuxième et troisième , et ainsi , avec une armée de cent mille hommes , déboucher de Torgawparla rive droite sur les ponts de l'ennemi.

» Tous les corps qui couvrent la droite se reploieraient devant l'ennemi sur Dresde, aussitôt qu'il aurait aperçu le mouvement, et s'il le fallait, évacueraient Dresde pour se porter sur Torgaw. »

Autre projet.

» Ce projet consisterait à porter toutes les forces sur Leipsick, en abandonnant entièrement Dresde.

» A cet effet, le onzième, la garde et le deuxième corps de cavalerie se mettraient en marche sur Wurtzen ; le troisième et le cinquième se porteraient sur Colditz; le premier et le quatorzième se porteraient sur Dresde.

» Ayant fait ainsi le sacrifice des magasins, des fortifications et de l'hôpital , on essaierait de battre l'aile droite de l'ennemi, et si l'on réussissait, on reviendrait sur Dresde.

» Si l'on ne réussissait pas à battre l'aile droite de l'ennemi, parce qu'elle se retirerait trop loin, on serait évidemment contraint à prendre la ligne de la Saale. »

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Troisième projet.

« Fortifier l'aile gauche du onzième corps , et attendre dans cette situation les événemens. »

Dresde, 5 octobre i8i3.

Autres notes sur la situation de l'armée.

« Il est impossible de passer les quartiers d'hiver à Dresde, sans une bataille.

» Il y a deux plans à suivre.

» L'un de garder Dresde et de chercher à avoir une bataille , afin d'y revenir et de retrouver tout dans le même état , si on la gagne ;

» L'autre de quitter Dresde entièrement; tâcher d'avoir une bataille , et , si on la gagne , revenir à Dresde en poussant l'armée autrichienne en Bohème. On n'arriverait donc à Dresde qu'accidentellement , parce que , même après la bataille gagnée, il n'y a pas d'Elbe pendant l'hiver et peu d'offensive possible en Bohème, et que dès lors Dresde ne peut être centre d'opérations. Uestbien plus naturel d'être à Leipsick ou à Magdebourg. »

Mouvcmens dans le premier plan.

« Si l'on voulait conserver Dresde, il faudrait agir de la manière suivante :

» Donner la garde de Dresde au premier et au quinzième corps;

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