‹ Portefeville de mil huit cent treizeChapitre 16 sur 34 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Affaires politiques et militaires de TEspagne. — * Succès des armées de Catalogne et d'Aragon. — Délivrance de Tarragone. -—Retraite de Madrid. — Bataille de Yittoria. — Départ da duc de Dalmatie pour les Pyrénéçs. — Lettres deNapoléon au maréchal Soult et au prince archichancelier.

L'année i8i3 fut auss^ Fannée fatale de l'Espagne : ce n'est pas parce qu'elle vit partir Joseph et rentrer Ferdinand , mais c'est parce que les servilès trouvèrent leur triomphe dans les succès de Wellington , qui les protégeait contre les cortés d(Hit il "défendait le drapeau. Ainsi la conquête de la péninsule recelait en elle-même, déjà à cette époque , le principe de la destruction de ces hommes généreux, qui, le 19 mars 18 12, avaient couronné la gloire de leur héroïque résiatance à l'occupation française par la proclama-^ tion d'une constitution. Cet acte politique serait devenu le salut de l'Espagne si, dés le premier jour, à Cadix, le clergé , soutenu par le nonce du pape, n'avait, par son opposition, animé contre les libérales , dont le sang coulait chaque jour pour la patrie , cette immense et barbare population cpi'il est impossible de reconnaître pour la Mtion espagnole.

Quant à l'occupation française , au lieu d'être uniquement militaire , ce qui eût fait sa force , elle' était politique : funeste effet de la condition de la royauté de Joseph , qui pesa plus sur les destinées de l'armée française, qu'elle n'avait pesé sur celles du peuple espagnol! Car ce prince, aussi malheureusement épris de la puissance royale que de la gloire militaire , avait sacrifié à la vanité de prolonger à MadHd un séjour, dont le sacrifice n'était pas nouveau pour lui , la nécessité de se concentrer sur l'Ebre avec toutes leë forces françaises, d'après Tordre qu'il en avait reçu de son frère , à son retour de Moscou. Ce retard fut de deux mois , et compléta le cercle des fatalités que le duc de Ragase , jalotix de gagner une grande bataille à lui seul , aVait ouvert pour la Fraûce , par* sa défaite aux: Aropiles, le 22 juillet 18151 , deux jours après le traité de Veléky-Louky, entre l'empereur Alexandre et la régence de Cadix. Cette jouruée avait été également funeste à TEspagne et k la France : car si les Français avaient été victorieux , la régence de Cadix faisait sa soumission au roi Joseph , dont l'armée commandée par le maréchal Soult n'était qu'à vingt-quatre heures de celle du maréchal Marmont : le traité avec la Russie était déchiré, ainsi que la convention militaire avec la Grande-Bretagne ; et Wellington , vaincu par les deux armées réunies , aurait disparu de la scène de l'Europe j TEspagne

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eût été constitutionnelle à jamais ; ^Ue eut éervi * de modèle à l'imlépendânce de ses^ royaumes d'Amérique^ et^ confédérée avec eux par un véritable pacte de famille ^ elle fût remontée en Europe au rang des premières puissances. Mais l'exemple de Marmont sera perdu pour Joseph lui-même, qui voudra aussi , malgré les conseils d'un vieux guerrier , son major-général , risquer dans une bataille rangée , non son trône que la défaite de Marmont a forteiipent ébranlé y mais celui de Na* poléon par l'invasion d'une autre armée étrangère dans le midi de la France.

Napoléon avait laissé six armées dans la pénln* suie ; mais elles avaient été affaiblies de plus de ' cinquante mille hommes, qui, dès le mois de janvier , s'étaient mis en marche vers le, Rhin , se portant sur l'Elbe. L'armée du midi était sous les ordres du général Gazan , depuis le départ du duc de Dalmatie que l'empereur avait mailheureusement rappelé dans le mois de février. Celle de Portugal était commandée par le général Reille j celle du centre par le roi ; celle du nord par le général Clausel ; celle de Cata» logne par le général Decaen : cette armée faisait partie de celle de Valence et d'Aragon aux ordres du maréchal Suchet , duc d'Àlbufera. Les trois premières étaient sous les ordres directs du roi , et ne présentaient plus qu'un effectif de soixante

inille hommes dispersés dans cette vaste étendue ToMi n. 8

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<le pays qui s'étend dp Tolède jusqu'à la Biseaye^ On leur fit prendre des cantqnnemens ^ ou ib Testèrent pendant deux mois jusqu'à la findç maû Wdlington eut le temps de profiter du ^Mésof d'impéritie qui afFectaît . les opérations 4^ Far^ )née royale ; il se plaça trèsrmilitairement à Giuf dad- Rodrigo , et dans l'étrange sécuritë eà s'endormit la ligne immense de l'armée royale , il forma le plan de se porter sur sa droite ^ et de couper ses communications arec les Pyrénées* L'armée anglo^hispano-portugaise était du doubla plus forte que Farinée française , qui comptait plusieurs régimens espagnols. Lord Wellington pouvait mettre en ligne contre l'armée dp roi Joseph cent trente miUe hommes , dont soixante mille Anglais.

Les armées d'Aragon et de Catalogne, qui ne recevaient pas leur impulsion de la royauté cha»^ celante de Madrid , ne tardèrent pas à refo^endrf les hostilités contre la Yendée espagnole , soute^ n^e ou plutôt dirigée par la guerre britannique. Afi^iblies comme les autres armées par le départ de plusieurs corps et d'un grand nombre d'offî-* ciers , elles s'efforcent de suppléer par- leur ajotion et par leur vaJeur aux pertes qu'elles ont faites. Sur tous les points de la Navarre, de l'Aragon , de la Catalogne et du royaume de Valence, elles soutiennent vigoureusement la lutte eontre im ennemi d'autant phis acharné, que

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iem succès ^ Idn^tcfirïps attendus <ihi prttdeitt ^Vellingtôn ont pJu» que jamais exalté Fimpa- 4mtta anxfafcie dm Catd)^s et des Arâ^;onais. Cesl nmefàkê brûlànd de towtë Karfeur de la Vengeaisce méridSonale ^ ces armées alors si natîd^ iffîles qm tenaissaient saûs^ e^ess^ de leurs âé^ faites pour recooqtiérit* k m\ de la patrie^ «vadent reçu eneore tine lïouTelle effienresceace de l'ef&oyalile catastrophe <}wî avait frappé , sous te tîel g;Saeé d« k Rm^e^ te eô«iqtiërant de l'EsjM^^ gBe«. La p«t^ie anglaise en exagérait encore les péenikats^ La desCruction de la grande armée de Na^otéén po^ fes éléraiens^ fatiguait la haine dei EsfKignoU par le sentiment d'une rivalité qu'ils éésespéraâent de pouvmr sartis&iire.

Cependant les généraux Lamarque dans k Karifte Catalogne, Maurice Mathieu en avants loin ée il^Feetonne , Bertoletti autour de Tarra*^ gnne, dont il était gouverneur, Severoli dan^ l'Ârago», Pâffis sur les frontières de la Navarre, Psiiinetièr ver* la Vîeille*€»stîlle, Monlmarie dans les esivivoi^ de Sagonte, enfin Henriot dans la plaime de Lérida , se signalaient par un grand Bondt>re d'e^pédytions glorieuses.

Biepiiiis pré9 d'un an, Farmée d'Êtio et celle ded Anglais étsmrst inactives dans leurs positions respeetivtJS autour d^Âlicante; elles avaient feil dentefitfeiii quelques pas en avant pour se rappro* de nos» camps au commencement d'avril.

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tes Espagnols se trouvaient à Villéna et Yécla , et les Anglais à Biar et Castalla« H était probablcî* que Farmée anglo^espagnole ainsi placée ne tarderait pas à agir offensivement. Renforcée par des troupes récemment arrivées de la Sicile et de l'intérieur de la péninsule^ elle était en état de reconquérir Ife royaume de Valence.

Malgré l'avantage des positions occupées par cette armée , 1^ maréchal Suchet prit la résolution de prévenir ses mouvemens offensifs; il réunit à cet effet ^ par des marches rapides , dans la journée du 22 avril, ses divisions actives autour de Puente-la-Higuéra. La division Harispe rencontrait le même jour, prés d'Yécla, la plus grande Jpartie du corps d'Élio , le battit complètement et lui fit neuf cents prisonniers. Le lendemain 12, la même division attaqua les Espagnols à Villéna , et après un combat assez opiniâtre, les mit en déroute. La garnison qu'ils avaient imprudemment jetée dans le fort de Villéna mit bas les armes et fut prisonnière. Les positions escarpées de Biar , défendues par la brigade du colpnel; anglais Adams, furent emportées. Après ces deux échecs, où l'ennemi perdit trois mille prisonniers, un général, cent soixantequinze officiers, deux drapeaux et quelques canons de montagnes, lord Murray porta son armée sur les hautes montagnes qui dominent Cas-, talla, et ^un peu en arrière du champ de bataille

illustré Fannée précédente par la brigade du général Delort. La position des ennemis était inexpugnable , leur position de première ligne était dominée par une seconde ligne ^ où, en cas d'échec , ils étaient sûrs de trouver un point d'appui.

Le maréchal Suchet, entraîné par ses généraux, ordonna l'attaque. Les compagnies d'élite des divisions Habert et Robert l'exécutèrent avec une audacieuse intrépidité ; mais elles furent foudroyées par les Anglais. Le maréchal ne renouvela point l'attaque^ il effectua sa retraite sur Biar et Villéna. Les Anglais n'osèrent pas l'inquiéter. Cette tentative fut utile ^ malgré son peu de succès. Le maréchal Suchet avait atteint son but j il avait reconnu les forces générales de l'armée anglo-espagnole. Les armées française et anglo-espagnole reprirent les positions qu'elles occupaient précédemment, et, dans les combats d'avant- poste, l'avantage demeura toujours à l'armée d'Aragon. Le général anglais, avec des forces bien supérieures à celles du maréchal Suchet , ne fit pas la moindre opération pour gagner du terrain. Des ordres supérieurs, tenant à un plan offensif et général pour toute la péninsule, lui assignèrent subitement une autre destination ; il retira ses troupes , et les fit embarquer à Alicante poiir aller assiéger Tarragone, d^evant laquelle il se trouva' le 2 de juin.

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Mais pour obliger le maréchal Sucliet à ne iriM détacher de ses forces au secours de cette TiUe> le duc del Parque reùait de joindre Élio avec un renfort de quinze cents hommes^ et avait reiie^ placé les Anglais dans le camp retranche de Castalla. Cette jonction empêchait le maréchal 4e détacher une partie de ses forces pour défendre Tarragone ; car le général espagnol eût nécessairement attaqué^ et avec succès, les faibles lignes du Xucar , et il se serait emparé de Timportante ville de Valence , dépôt central de toutes les munitions et de tous les approvisionemeus. Les opérations des deux armées anglaise et espa-gnole paraissaient bien combinées , mais ellea embrassaient une étendue de plus de quatre-vingts lieues, sur laquelle le maréchal était loin de poavoir opposer une utile résistance. Les deux armées , dont les opérations étaient coïncidentes ^ pouvaient attaquer à volonté l'armée française aux deux extrémités et au centre de sa ligne, se porter sur ses derrières, sur ses flancs, et intercepter ses communications. Si les Anglais étaient battus éur un point, il leur était facile, à l'aide de leur flotte, de se porter sur un autre» L'opération qu'ils avaient combinée était réalisée peut-être par un seul combat avantageu;x. La position du maréchal Suchet était déjà devenue d'autant plus critique que le fort Saia^PhiUppe qui domine la seule route praticable pour les voi-

tw0^ «mtpe Yaletiee etTariagene, investi aussitôt afurés ]fi 4^barqu6ment des Anglais devant cette dernière viU^^ était tombé le 7 juin ^n leut* pou^ roir; l'explosion du magasin à peudre en avait décidé la. reddition* Cependant^ inferofié de re.mbarquement des Anglais, et devinant leur dessein, le maréchal était parti à niàrches forcées au sec&isût^ de Tarragone^ eminènail.t avec lui la division du général Musuier , là brigade Pânnetier et la déserte de càivalérie d' Aigrement. Il avait marehé rslpideitieïit par Pèrèllo, Valdellos et Mdnroïg, malgré des chemins impraticables* Les dl*agôns anglais feont culbutés par les chevauléger» v7estphàliens prés de Valdellos. Un batail-r Ion du cinquième léger fait, à lui seul, replier cinq bataillons anglais jusqu'à l'Ospitalet. Le général Maurice Mathieu arrive par Villa-Frànoa, et menace de couper aux Anglais leur point d'embarquement, en se portant sur Salon, et l'O^italet. Alors des feux allumés sur toutes les montagifês environnantes avertissent la brave garnison de Tarragone qui , depuis dix jours et dix nuits , défend avec une rare intrépidité une place démantelée* et réduite à une enceinte sans fossés , que les armées de Catalogne et d'Aragon sont réunies pour la sauver. En eflfet, les Anglais forcés de se rembarquer ^précipitamment abandosinent trente pièces dé. gros calibre, brûlent les aifùts, coupent les jarrets à beaucoup de chc*-

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vaux, font sauter le fort de Ballaguer, et laissent encore d'immenses provisions sur le rivage. A j Âlicante , dix - huit bâtimens de transport échouent à l'embouchure de l'Ebre , , et une frégate de quarante-quatre canons devant le port de Murvîédro.

Pendant cette brillante expédition , le général Harispe à la tête des deuxième et troisième divisions, et de la cavalerie du généra Delort, arrêtait sur le Xucar les armées réunies d'Élio et du duc del Parque. Dès le ii juin, le général Harispe avait replié ses postes pour occuper les positions garnies de retranchemens sur la rive, gauche du Xucar, où il avait ordre de s'établir pendant l'absence du maréchal. Élio suivait avec une nombreuse cavalerie ce mouvement rétrograde qui s'opérait avec ordre ; il fut chargé par le général Mesclop , qui fit prisonnier le colonel irlandais O'nonam, chef de l'état-majôr du général Élio. Le i3, l'armée ennemie, forte de vingt-cinq mille hommes, s'avançait sur deux colonnes par les routes d'Albérique et d'Alcîra. Les hauteurs qui dominent le Xucar étaient occupées par Élio. Cinquante voltigeurs postés.dans une maison crénelée, qui défendaient le passage du fleuve^ avaient résisté pendant, six heures à trois mille hommes et à plusieurs pièces de canon. Cette belle défense avait donné au général Harispe le temps de re-* passer sur la rive droite , de délivrer ces braves

et de présenter le combat à l'ennemi avec des forces très-inférieures. Une forte canonnade s'engagea des deux côtés. Le général Delort culbuta quelques escadrons dans la plaine; mais les Espagnols restèr^t en bataille sur les hauteurs escarpées à droite et a gauche de la route. Tandis • que le général Harispe les provoque inutilement an Combat^ le général Habert sort d'Alcira à la tête des quatorzième et Seizième régimens et d'un escadron de hussards , attaque le duc del Parque dans Carcavente , lui tue cinq cents hommes, fait six cent quarante prisonniers , dont trente officiers , prend un drapeau et deux mille fusils. Cependant une partie du corps d'Élio menaçait Valence par la route de Requenna ; mais le général Delort avec deux escadrons de cuirassiers, le vingt-quatrième de dragons , les cent seizième et cent dix-septième régimens, se porte à Bunol , Chira, Cheste,*et contient les Espagnols. Ainsi les projets de l'ennemi avaient échoué sur une étendue de quatre-vingts lieues, malgré l'immense supériorité de ses forces. Le 24 juin, les troupes envoyées au secours de Tarragonè , rentraient déjà dans Valence. La rapidité de cette marche , les manœuvres du général Maurice Mathieu , la vigueur des deuxième et troisième divisions , enfin l'énergique résistance du général Bertoletti, gouverneur de Tarragonè avaient confondu sur tous les points les projets des armées combinées.

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Cependant le maréchal se détermina à profiter de l'absence du corps anglais pour attaquer le a6 le duc del Parque dans son camp^ sur la rive droite duXucar« L'ennemi refusa le combat et abandonna les hauteurs où il était retranché. Jl fut poursuivi . par les divisions Harispe et Habert, qui entrèrent à Saint - Philippe ; mais, au col d'OUéria^ son arrière-garde opposa de la résistance. Brusquement abordé à la baïonnette, il fut repoussé jusqu'à son camp fortifié de Castalla, où il attendit que les Anglais vinssent se joindre à lui pour reprendre l'offensive. Les deuxième et troisième divisions s'établirent l'une à Saint-Philippe, l'autre à la même hauteur sur la route royale, et quit-*tèrent les positions malsaines de la rive gauche du Xucar. Il ne reste plus au maréchal ,. pour compléter ses brillantes opérations et dégager son flanc droit , qu'à rejeter le général Elio, au delà de Requena^; en conséquence , le général Musnier marcha sur cette ville. Le château se rendit le 27 juin, sans tirer un coup de canon.

Cependant l'armée anglaise de sir John Murray^ dès qu'elle avait été réunie à celle du général Lascy , qui commandait l'insurrection en Catalogne , et qu'elle se vit soutenue par de nombreuses bandes de miquelets , avait des forces plus que suffisantes pour hasarder une bataille générale j d'ailleurs , depuis l'occupation du fort de Saint-Philippe , elle pouvait, aisément empêcher

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la jonction du maréchal Siichet avec le génétal Bfourice Mathieu. De plus^ les troupes d'Âragou et de Catalogne , réunies devant Tarragone , ne montaient pas à plus de douze mille hommes* Enfin f rien n avait pu obliger le général anglais à briiiquer son embarquement au point d'enclouer sa grosse artillerie et de brûler ses munitions sur le rivage; aussi lord Murray perdit son com« mandement, et fut livré a un conseil de guerre.

Le plan du généralisssime Wellington, qui avait détaché sir Murray de sa grande armée , n'était pas borné à la prise de Tarragone. Le aS juin , une escadre de quinze vaisseaux de ligne , d(mtJ^uit à trois ponts , et des bàtimens de trans-* port f parurent devant Falamos , tandis que les insurgés aux ordres du baron d'Éroles descen** daient les montagnes pour favoriser leur débarquement et reconquérir avec eux tout lé Lam--* pourdan* Déjà h fort de Banoles était assiégé. Le général Lamarque , avec les vingt-troisième et soixante-troisième de ligne , et un escadron du vingt-neuvième de chasseurs , marcha contre le baron d'Éroles , dont la division , forte de cinq mille hommes , occupait les fortes positions de Banoles» Après un combat très-acharné , l'ennemi fut chassé de la ville et de ses positions avec une perte de six cents hxHnmes. Le brigadier général Coxa , commandant de la cavalerie espa** gnole , fut tué«

Pendant que le maréchal Suchet et ses habiles généraux soutenaient avec tant de gloire l'honneur militaire de la France , et ajoutaient y au moment de quitter TEspagne , le souvenir glorieux d'une dernière défense aux souvenirs de la première conquête , le roi Joseph avait enfiir obéi à l'ordre impérial de Paris. Il avait, vers la fin de mars , quitté pour là troisième fois , et pour ne la revoir jamais , la capitale de l'Espagne , et il avait lentement transporté sa cour et son quartier général à Valladolid. L'armée du centre qu'il commande en personne est concentrée entre Valladolid et Salamanque. La division Levai , le dernier corps de l'armée du midi , n'a quitté Madrid que le :q mai. Wellington suit le mouvement de son ennemi , et poursuit l'exécution du plan qu'il a formé. Il a été trois fois rejeté en Portugal , et il se voit , par la retraite des Français , libre enfin de reprendre en Espagne une attitude offensive , et de soutenir , par la présence de sa nombreuse armée , les efforts jusqu'alors impuissans de l'insurrection des cortès. Il fait jeter des ponts sur le Duero , entre Lamego et la frontière d'Espagne , et il marche à la fois sur Zamora et sur Salamanque. A présent qu'iV n'a plus la retraite à craindre pour lui-même , même après ses succès comme après sa victoire des Aropiles, il va mettre un peu plus d'activité à poursuivre qu'il n'a mis de lenteur à attaquer. Surpris à.

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Salamanque y le général Villatte n'a que le temps de détruire les ponts et de se reployer sur Valladolid ainsi que le général Pécheux^ qui occupait Âvila avec la division Levai et la cavalerie légère du général Soult. Ces troupes arrivent le :i juin à Valliidolid^ où l'on n'a rien prévu pendant un repos de deux mois ^ pas même la poursuite de l'ennemi. Enfin Yalladolid est dépassée ^ et la retraite se di^ rige sur Burgos. Cette ville est occupée par les armées du centre et du midi. On voudrait bien encore s'y arrêter et planter le pavillon royal sur les illustres remparts que^ six mois auparavant ^ le général Dubreton a si héroïquement défendus et conservés avec dix-huit cents hommes contre ce même Wellington , qui poursuit le roi Joseph et son armée. Mais^ deux jours après , le général Reille étant forcé avec ses dix mille hommes par des forces supérieures^ dans la position de lasHermosas et d'Estapas^ qui défendent les avenues de Burgos^ l'évacuation de la capitale de la vieille Castille est décidée. Cependant on pourrai t^ on devrait arrêter encore devant le château de Burgos le circonspect Wellington ; majs il ne faut pas laisser à l'ennemi ce qu'on ne veut pas conserver, et par une précipitation qui semble d^jà ôter à la marche du roi l'air d'une retraite bien combinée , on metle feu à tout ce que le château renferme de boulets , de bombes d'obus, de cartouches, de munitions, d'artillerie; l'armée qui défile dans la plaine avec sécurité, sous

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les l)aulei2F»>de la ville, esl mitraiUce fSiv l'ëvU|^ tion 4^ soB; propre arsenal , et plus de etnt Fran^ çais sont foudroyés* Tels furent ks ^dmaoL de Tarmée à Burgos : elle perdit plus de brarvest h l'évacuer^ qiie Dubreton n'en a^att perdu à la défendre. Ce fut sous ces tristes aivspîees qae l'armée continua sa retraite. £Ue était ei»â>aniis«^ sée dans sa marche par Içs nombreux équipages qui transportaient en France tout le bagage rofat db Madrid , par la foule des habitans des àexx£ sexes qui , pour se soustraire aux vengeances nâ-* tionales enrégimentées sous le drapeau anglais, suivaient la fortune du dernier souyerain; eftfin> par l'immense maltérid des armées réunies, et par cette masse de voitures de luxe et de voyage, inconnues des belliqueux états-majors de la r^i:^ blique. Un corps de troupes était attaché à la garde de cet immense convoi , chargé des pénates de la conquête de l'Espagne et de la royauté âe Joseph , et de ceux de tant de familles dévouées à la cause des Français.

On a dépassé sans obsîtacle Bîrbîesca. Troîs cents hommes sont placés à la garde du cËéfiléde Pancorbo et en occupent le fort. L'armée a mis l'Èbre entre elle et l'ennemi; elle est à MBranda, où elte se croit à l'abri de toute poursuite; mais WelBngton a suivi son plan : il a fait passer TEbre àSan-Martinoet âFuente-de-Arenas, et, martre dé la rive droite , il envoie ses partis sur la route

èe Bilbao à Vittoria, nom fatal, dont, rillustraûea va retentir d*une manière bien différente à Dresde où est Napoléon, à Prague où sont ses en-

C'est le général Graham qui commande la gauche de l'armée ennemie; il marche sur le général Reille, qui veut en vain défendre les positions de Espejoet de Puente-de-Larra. Le 18, il est débordé à Osma : les confédérés sont déjà maîtres des débouchés de la Biscaye. Ses rapports jettent enfin l'alarme au quartier-général royal : un conseil de guerre est convoqué. Le maréchal Jourdan ouvre le seul ftvis qu'il faut suivre ; il est appuyé par les généraux : c'est de descendre l'Èbre et de se retirer sur Sarragosse, où on ralliera l^armëe du général Clausel qui commande vingtcinq mille hommes à Logrogno , et d'où l'on comfi&uniqaera avec les places de Saint-Sébastien, Santona, Bilbao et Pampelune. Le général Foy, après avoir enlevé de vive force la ville de Castro 4ans lé golfe de Biscaye, assure, avec dix mille hommes, l«s communications de cette province avîec la France. Une position inexpugnable, celle des hauteurs de Salinas et de Mont-Dragon , est à trois iieues en arrière : là se ferait la combinaison d'opérations avec le général Foy et le général , Câausel , et on doit auèsi espérer d^y arrêter Parj »ée de Wellington. Be plus les mouvemens de retraite des ariBûécs de Valence et de Catalogne s'o-

pèrent simultanément , et la barrière des Pyrénées doit être fermée à l'invasion ennemie. D'ailleurs l'armée du roi ne compte que quarante-cinq mille baïonnettes avec une immense artillerie, il est vrai ; tandis que l'armée de Wellington, quoi qu'elle soit diminuée du corps de sir John Murray qu'ilavait fait embarquer pour l'expédition de Tarragone , est de quatre-vingt-cinq mille hommes. Tels sont les motifs qui sont fortement présentés dans le conseil, pour ne pas attendre l'ennemi sur les bords de la Zadorra, en avant de Vittoria. Les bagages ont joué un rôle bien fatal dans; la guerre d'Espagne, et leur conservation a deux fois perdu l'armée , la première , par la honteuse capitulation de Baylen, la seconde, par la défaite de Vittoria. Mais cette défaite perdait la Fraiice, et donnait au congrès de Prague le signal de la ruine ^ l'empire. Ekfsieurs mille hommes, toute la dmSi©»-dtr^énéral Maucune, si regrettable la veille d'une bataille décisive, sont détachés de l'armée pour convoyer des voitures privilégiées ; d'autres troupes sont chargées de défendre les bagages qui ne seront pas partis le 20 ; car le roi a refusé de suivre l'avis de celui qui avait, il y a vingt ans , gagné la bataille de Fleurus sur l'armée autrichienne , alors la première de l'Europe. Joseph, qui n'a jamais eu pour étoile que la fortune de Napoléon , s'obstine à vouloir ajouter le désastre d'une bataille rangée à la retraite que

feit sa royauté devant lord Wellington. L'ordre de la bataille est donné , ponr le lendemain 21 , jJar ordonnance royale ! Wellington en est aussi surpris que les généraux français. Mais il fallait qu'un trôile tel que celui de Napoléon fût détruit par des moyens extraordinaires , et que les Pyrénées ne fussent plus des remparts suffis^ans à protéger l'intégrité de la vieille France , défendue (ju'elles pouvaient être quinze jours plus tard par cent trente mille Français commandés par les maréchaux Jourdan et Suchet, par les généraux Clausel, Reille, Décaen, Foy, Harispe , Delort, Drouet d'Erlon, Gazan, etc. Si Napoléon succomba en Russie par l'espoir de la paix qui le retint à Moscou , Joseph va succomber en Espagne par l'espoir plus insensé d'un premier triomphe dans une guerre , dont une belle retraite est devenue la seule gloire , en même temps qu'elle est un avantage incalculable pour les destinées de là mère-patrîe.

Le 21 , de grand matin, commença cette fatale échauffourée, qui ne mérite le nom de bataille que par ses résultats. La bravoure française y soutint jusqu'au dernier moment toute sa renommée; elle ne céda qu au nombre, au désavantage' du terrain , dominée que fut constamment Tartirée, sur sa gauche, par les forces toujours renaissantes de ses nombreux ennemis. Cette armée niëritait un autre chef et une autre /ortune. Le ToMi n. g

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général HîU avait commencé Tattaque; il emporta les hauteurs après la plus vigoureuse résistance , et un acharnement qui annonçait que c'était ua dernier combat/: les hauteurs furent prises et reprises plusieurs fois. Une partie de l'armée du centre y fut envoyée. Celle-ci, se trouvant affaiblie de plusieurs divisions, soutint le choc avec intrépidité,, et maintint long-temps un feu égal sur sa ligne ; mais à midi parurent tout à coup de nouvelles têtes de colonnes sur la droite de l'armée, sur la i^oute de Vittoria à Bilbao, à Aranjuès , à Gamarra-Mayor. Le général Reille se porta vivement à leur rencontre à la tête de sept mille hommes qui lui restaient de l'armée de Portugal, et se trouva vis-à^-vis de vingt-cinq mille hommes commandés par Graham. Il était une heure. Le roi ordonna de se rallier sur le plateau de Zuaza , où il y arvait quarante-cinq canons en batterie, mais il n'était plus temps. Le général Reille, malgré l'infériorité numérique de ses troupes, sait tenir encore en échec l'armée de Graham. Des prodiges de valeur signalent ce combat inégal. Le général de divison Sarrut y est blessé à mort. Les Français ont l'honneur de rester maîtres du champ de bataille. A la fin , ils sont débordés par les masses ennemies , et la retraite est ordonnée par Salvatierra sur Pampelune. Ce qui fut combat fut glorieux pour nos armésl Les pertes furent à peu près égales enti^e

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les deux armées; mais l'heure de la retraite fut celle des plus grands malheurs ; rien n'avait été prévu pour l'opérer. Les passages pour tant de bagages, pour des parcs ^'artillerie aussi considérables, n'avaient point été reconnus; ils furent bientôt obstrués par l'encombrement des milliers de voitures qui portaient les trésors de l'armée , les familles espagnoles attachées à la cour de Joseph , toutes les richesses du roi et la fortune de ses officiers. Des cris de désolation sortent de ces voitures , d'où s'élancent des femmes , des enfans, des cris de fureur de la part de ceux qui les attaquent. Le pillage devient commun aux amis et aux ennemis sous le ciel brûlant de Vittoria, comme sous le ciel glacé de Wilna. Les soldats de toutes armes se pressent en foule sur la route de Pampelune , et parviennent à Salvatierra ; mais ces immenses bagages , qui leur sont étrangers , les laissent arriver sans leur précieux matériel, sans leur formidable artillerie ; elle est restée toute entière au pouvoir de l'ennemi , au nombre de cent cinquante et une pièces , et de quatre cent quinze caissons. Elle n'a pu franchir les passages encombrés par tant de voitures ; il a fallu dételer les pièces. Les Anglais , qui firent depuis un trophée à Londres de la voiture de Napoléon , prise sur le champ de bataille de Waterloo, y montrèrent alors la dépouille de Joseph et le bâton du maréchal Jourdan. h% 22 f l'armée

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iè réot'gâfiîsâ à rembranchement des routes de Vîttoria et de Pampelune à Tolosa, et le lendemain le général Foy , à la tête de seize mille hommes, arrête àTolosa l'armée victorieuse. Le ^27, il iie reste plus de Français dans l'Espagne occiden— faile que ceux qui défendent Santona, Saint-Sébastien et Pampelune; mais l'armée s'est placée militairement sur les Pyrénées , et l'ennemi est obligé de s'arrêter. Le général Foy garde la Biflassoa; il établit sur la rive droite une défense haibile, qui retarde l'invasion de son pays ; il a devant lui l'aile gauche de l'ennemi. Le général - Glàusel est opposé à l'aile droite : il rentre eti France par Jaca. Le gros de l'armée se retire par là vallée de Roncevaux , où la vieille histoire des |)aladins français lui rappelle, sous le règne d'un autre Charlemagne, de tristes souvenirs. Les sièges de Santonà , de Saint-Sébastien et de Pampelune vont occuper l'armée anglaisç. En continuant fa retraite sous les mursde Pampelune on entendit' des généraux regretter de ne pas s'arrêter dans la Navarre, pays dedéfense, disaient-ils, que l'on pouvait conserver , et où du moins il était facile de retarder long-temps cette nouvelle invasion qui menaçait la France.

L'empereur apprit à Dresde, le i''. juillet, la

: perte de la bataille de Vittoria, et il jugea que

cette nouvelle J dont les quartiers-généraux de

Reichembach et de Gittschin seraient prompte-

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ïx^ent iaformés par leurs alliés d'Ânglete^Te , chaageait entièrement la position politique sur laquelle ses arjgaes victorieuses lui permettaient de s'appuyer au congrès. Pès ce moment, il se sentît dévoué aux ressentimens britanniques , dont la voix avait été si persuasive aux conférences d« Trachemberg; il apprécia, avec toute la sévérité de sa justice, la conduite de son frère. Mais, dans l'espoir de conjurer encore le fléau du Midi^ qui, de concert avec le fléau du Nord, allait graviter sur la France, si sa marche n'était promptement arrêtée, il fit appeler le duc de Dalmatie qu'il se repentait d'avoir retiré d'Espagn^e il y avait trois mois, et le chargea d'aller réparer lesdésr astres de la retraite de Madrid et de la défaite de Vittorîa. L'ordre que Napoléon dicta pour ce ma-?' réchal mérite une attention particulière :

« Mon cousin, vous partirez aujourd'hui avant dix heures du soir ; vous voyagerez incognito , en prenant le nom d'un de vos aides-de-camp ; vous arriverez le 4 à Paris, où vous descendre?: chez le ministre de la guerre. Vous irez avec lui chez l'archîchancelier ; il vous mettra au fait de la dernière situation des choses : vous ne resterez pas plys de douze heures à Paris. De là, vou.3 continuerez votre route pour aller prendre le commandement de mes armées en Espagne : vous m'écrirez de Paris. Pour éviter toutes les difficultés,

î/è vous ai nQJQ^é mon LlEUTENAWT-ÇÉNèRAL , COM-

iZi T.E PORTEFEUILLE

MANDANT MES ARMÉES ExXEsPAGNE ET SUR LES P Y RE- NÉES. Mon intention n'en est pas moins que vous receviez les ordres de la régence, et que vous écriviez et rendiez compte au ministre de la guerre de tout ce qui concerne votre commandement ; \os rapports me parviendront par le ministre. Les gardes et toutes les troupes espagnoles seront sous yos ordres. Vous prendrez toutes les mesures pour rétablir mes affaires en Espagne ^ et pour consers^r Pampelune, Saint-Sébastien et Partcorbo , et toutes celles que les circonstances demanderont. Mon intention est que tous les généraux ou officiers que vous jugerez convenable de renvoyer en France restent à Bayonne, et qu'aucun d'eux ne puisse aller à Paris sans un ordre du ministre de la guerre. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et di^e garde «

n Napoléon..

» Dresde le i*'. juillet i8i3. »

Cet ordre exprimait énergiquement toute la pensée de Napoléon sur l'importance qu'il attachait à reprendre en Espagne, au moins l'influence militaire qu'il y avait laissée ; il était impossible à ce prince d'investir un de ses maréchaux d'un corn-* mandement plus élevé et plus étendu , puisqu'il le déclarait son lieutenant-général , commandant toutes ses armées en Espagne et sur les Pyrénées. AÎQsi^ toutes les armées de lapéninsule , celle que

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eomiûandait le roi , et celle que commandait le maréchal Suchet, étaient placées sous l'obéissance du duc de Dalmatie, qui pouvait à sa volonté renvoyer les généraux et les officiers. Ainsi le maréchal se trouvait revêtu de la puissance de l'em* pereur sur les armées françaises, et de celle du roi sur les gardes et sur les troupes espagnoles.

Le nom du roi était à dessein omis dans cette lettre. Ce qui concernait ce prince était une confidence d'une autre nature, dont l'archichancelier était le dépositaire. C'était aussi à ce grand dignitaire que Napoléon renvoyait le maréchal pour être instruit de ce qu'il lui Importait de savoir. Aussi l'empereur fait-il connaître , sans aucune réticence, à l'archichancelier son opinion et sa volonté au sujet du iroi son frère,.

Ju prince archichancelicr.

a Mon cousin, je reçois des lettres Ai ministre de la guerre , dans lesquelles se trouve celle du général Foy du 22 ; je réponds au ministre de la guerre qui vous fera connaître mes intentions : j'envoie le duc de Dalmatie avec le titre de mon lieutenant-général en Espagne. Il sera cependant sous les ordres de la régence et rendra compte au ministre de la guerre. Quant au roi d'Espagne, mon intention est qu'il demeure à Pampelune , Saint-Sébastien ou Bayonne^ et qu'il y a tt«nd« m^

ordres. Dans tous les cas, mon intentioa est qu'il ne wenne pas à Paris et qu'aucun grand dignirr taire f aucun ministre ^ sénateur ou conseiller d'ér tat ne le voie^ jusqu'à <;e que j'aie fait connaître mes intentions. S'il avait dépassé la Loire, vous vous concerteriez avec les ministres de la guerre et de la police pour faire ce qui serait plus conve-r Bfkble, sans affliger l'impératrice de ces détails. Le roi ne doit pas passer la Loire sans mon orr dre. Mais enfin s'il l'avait passée , il dei^rait se rendre dans le plus fjrand incognito à Morjoar taine, d'où il serait convenable que ni lui ni aur çjxn officier de sa maisoh ne vînt à Paris inquiet ter l'administration de la régence. Vous verrez avec le minisire de la police qui l'on pourrait charger de faire connaître mes intentions au roi. On pourrait faire choix deRœderer, ou de tous autres dont l.e roi aurait l'habitude. Mais, quoi qu'il en soit, vous devez employer même la force s'il est néiJessaire, pour l'exécution de mes ordres. En fgénéral, je désire que toute communication à faire au roi d'Espagne lui soit faite , non par le canal du ministre de la guerre , mais par celui du ministre de la police. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

» Napoléon.

^ » Dresde le te', juillet i8i3. »

» Premier P. S. Vpuj trouverez cirjointj^ i*. Ja

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lettre au ministre de la guerre; 2**. copie du décret qui nomme le duc de Dalmatiecomman^a&t en Espagne, Cette pièce vous servira en cas que l'expédition du comte Daru vienne à se perdre; S^.la lettre que j'écris au ministre de la police. Au reçu de la présente vous ferez appeler chez vous les ministres de la guerre et de la police , et vous leur remettrez leurs lettres, eu leur recommandant sur le tout le plus profond silence. Si le roi avait repris l'avantage et qu'on réoccupât Vittoria, vous y mettriez d'autant plus de ménagement. Je suppose que le sénateur Rœderer ou tout autre ayant la confiance du roi pourrait lui être envoyé^ pour lui faire sentir que , d'après Vapinion que f ai de ses ialens militaires, je suis obligé, dans ces circonstances, de donner le commandement de l'armée à un général ayant ma confiance. Je vous envoie aussi une lettre pour le roi d'Espagne. Vous ne la remettrez au duc de Dalmatie qu'autant que cela paraîtrait nécessaire au ministre de la guerre. Je désire que le duc de Dalmatie ne la remette qu'autant qu'on ne pourrait faire a^utrement. Il me semble qp'une ampUation di^ décret et ugip lettre du ministre seront suflfi^ajotes..

>) Deuxième P. S. Veillez à ce que le ministre de la police ne se mêle de rien que de surveiller. Le ministre de la guerre ne doit écrire au roi d'Espagne que ce que les circons tancer exigent qu'il

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sache. Veillez enfin à ce que tout se fasse ftree le plus de modération possible. »

A V archichancelier .

c< Mon cousin , je vous ai écrit il y a deux heures relativement à l'Espagne, je vous ai envoyé ouvertes toutes les lettres que j'écris pour que vous puissiez diriger cette affaire selon les circonstances. La question se renferme dajis ces deux hyporthéses : ou le roi a été battu, ou les affaires out pu se rétablir; si le roi a été battu, qu'il ne puisse plus rester à Pampelune, et qu'il y ait crainte de le voir revenir, c'est le cas de lui envoyer quelqu'un à qui vous ne devez pas dissimuler que, vu le mauvais esprit qu'il a montré en Espagne , je craindrais que sa présence ne se^ met le trouble relativement a la résence. Si le roi était parvenu à rétablir les affaires , mon intenr' toin serait toujours la même. Je désirerais toujours qu'il quittât lé commandement dont il est absolument incapable y qu'il le remît au duc de Dalmatie , et qu'il restât à Vittoria ou à Pampelune. Sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait en sa

sainte et digne garde.

» Napoléon..

» Dresde le i". juillet i8i3. »

Le 12 juillet, le maréchal duc de Dalmatie était arrivé à Bayonne. Il était porteur de la kt-

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ^Zg

tre de l'empereur pour le roi. Cette lettre, que le maréchal n'avait ordre de remettre qu'à toute extrémité, ne fut pas remise. Le roi s'était soumis aux volontés de l'empereur, après quelques hésitations : la lettre fut rendue à Napoléon. Le premier soin du maréchal est d'organiser son armée. Il la divise en trois corps. Il donne l'aile gauche au général Clausel , le centre au général Drouet d'Erlon, et la droite au général Reille* Chacun de ces corps est de trois divisions. Le général Villatte commande une division de réserve. L'armée a trois divisions de cavalerie. Elle est forte de soixante mille hommes. Le général Gazan est chef d'état-major-général. Tous ces noms sont historiques dans les fastes de la gloire militaire de la France.

L'armée anglaise est à Irun. Elle occupe la Haute-Navarre, elle couvre le siège de Saint-Sébastien , dont le général Graham est chargé avec l'armée de Galice, et celui de Pampelune, qui est confié au comte de l'Âbisbal, commandant l'arméa d'Andalousie*

i4o LE PORTEFEUILLE

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