CHAPITRE XIV
Combat de Goldberg. —^Course de Napoléon en Bohème.' n reyient sur Blûcher. — > Bataille de Dresde.
D'af%ès les termes de l'armistice^ les hostilités ne devaient commencer que le i6 août^ six jours après la dénonciation. Mais^ dès le i4> ^^ maréchal Blûcher , connu depuis sa retraite de Jéna sur Lubeck , pour être peu scrupuleux en fait de sermens, avait fait marcher sçs troupes dans le territoire neutralisé. Le même jour^ par ses ordres , le général russe Sacken s'était emparé de Breslau, et le lendemain le quartier- général de Blûcher était à Jauer. Son armée . comme nous l'avims dit ^ était composée des corps de Langeron , de Sacken. et d'Yorck. Le maréchal Ney, qui attend religieusement le dernier jour de la dénonciation de l'armistice y commande cinq corps d'armée , le troisième 9 qui est le sien^ le cinquième celui de Lauriston y le sixième de Marmont ^ le onzième de Macdonald^ et le deuxième de cavalerie^ général Sébastiani. Blûcher a cent vingt mille .hommes^ Ney quatre-vingts.*
Instruit sans doute de la position un peu ferop disséminée des troupes du maréchal Ney, par' les
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rapports du général de brigade Jomiiii , Suisse de Batton , chef d'état-major du troisième^ corps , lequel avait peu de jours avant passé à rennemi, le maréchal Blûcher se dispose à surprendre les Français et attaquer les positions qu'ils occupent 5ur la Katzbach. Au lieu de se méfier de son adversaire et de concentrer, dès le 1 1 août , comme il pouvait le faire , les différens corps de sou. ârfnée , le maréchal Ney, se trouvant surpris , Croît dévoir abandonner ses positions, et, dans la nuit du 17 au 18, porte le troisième corps dé Liegnitz sur Haynau. Il envoie en même temps Tordre au général Lauriston d'abandonner Goldbérg avec le cinquième corps , et de se retirer sur Loewemberg où, le 18 au matîn, ce corps opère sa jonction avec le onzième.
Cependant le général Langeron s'est avancé avec ses Russes sur le Bober, et s'est emparé de Lahn'. Il est repoussé par ^a brigade italienne du général Zucchi, Mais le générai Sacken entre à Liegnitz, après un léger, engagement avec l'extrême arrière -^ garde du troisième corps , et le maréchal Blûfcher arrive à Goldberg avec le corps du général d'Yorck.
Le lendemain ig, lés alliés continuent leur mouvement offensif. Ils se dirigent sur le Bober , et le corps d'Yorck marche directement sur Loéwemberg. Les hauteurs qui dominent cette T^Up 4ont occupées par l'arrière-gàrde du gêné-
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•iprfl Lauriston. Mais, après un combat assez "«^if^ iil repasse le Bober et en détruit le pont. L'avantgarde du général Langeron passe aussi cette ri- Tiére à Zobsen , et repousse trois compagnies d'infanterie, qui sont forcées de se retirer sur le village de Siebenniken. Informé de ce mouv^*menty le général Lauriston envoie à la rencontre >de Langeron la division Rochambeau $ la pre- :iniére brigade de ce corps , commandt^e par le général Lafitte, attaque vigoureusement les Russes y les pousse sur Zobsen, et les Forée de repasser le Bober.
Frappé de la nécessité de conserver ses communications avec les cinquième et onzième corps, déjà menacées à Loewemberg , le maréchal Ney se, décide à se porter sur cette ville avec le troisième corps d'infanterie etledeuxième decavalerie. Mais Blûcher veut prévenir ce ttc ' jonction , et idétache d'abord une brigade aux ordres dû prince Charles de Mecklembourg , si^ivi de près par deux brigades du général d'Yorck. Le maréchal Ney se voit devancé sur le chemin de Loewemberg, et juge devoir s'arrêter en avant de Gradîtzberg , en présence de l'ennemi. Il avait envoyé l'ordre au maréchal MarmoQt de se porter dP Buntzlau sur Kreybau avec le sixième corps , pour observer et arrêter les mouvemens du corps de Sacten. Mais l'avant-garde du sixième corps est forcée de se replier sur Keyserswald , où elle se
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maintient avec vigueur. Dans la nuit , le duc de Raguse se retire sur Ober-Thomaswald.
Coupé de Loewemberg , et craignant d'être prévenu à Buntzlau , seul point où il peut traverser le Bober , le maréchal Ney se retire , dans la nuit du 19 au 20^ sur cette dernière ville. Dans la matinée du 20, Sacken attaque de nouveau^ à Thomaswald , le maréchal Marmont^ qui se ren tire sur Buntzlau ^. dont il détruit les retrancfiemens , passe le Bober et en fait sauter le pont. Buntzlau est occupé par les deux divisions du général russe Lieven.
Cependant Napoléon avait quitté Dresde le i5 août. Sa garde était en pleine marche sur la route de Bautzen. Il passe par Kœnigstein , inspecte les ponts qu'il y a fait construire sur l'Elbe , et suivant la] nouvelle route militaire qu'il a fait établir par Stolpen , il se trouve^ danjs la nuit du 16, sur sen beau champ de bataille de Bautzen y où arrive le roi de Naples. Le 18, à Gorlitz , il n'a encore aucun renseignement positif sur le mouvement des alliés ; il est rejoint dans cette ville par le duc de Vicence, à qui M. de Metternich vient de renouveler , au châteaU' de Konigsgratz , l'ultimatum de la guerre .au nom des deux empereurs. Alors il se détermine à pousser uûe forte reconnaissance sur la Bohème , dans le dessein de menacer les comnîu- . nications entre l'armée austro-prussienne et celle
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de Schwartzenberg. Le 19, il est de sa personne à Zittau y où passe la route la plus praticable de la Luzace , dans la Bohème. U y trouve le huitième corps, commandé par le brave prince Poniatowsky; il franchit avec lui les défilés du Rissengeburg, montagnes très-escarpées qui séparent ces deux pays, et il entre dans Gabel. Sa marche est éclairée , sur sa droite, par le général Lefebvre-Desnouettes , avec une division d'infanterie et de cavalerie de la garde ; ce général se rend maître de Rumburg et du G^orgenthal ; sur sa gauche , par le général Ulminsky , avec la cavalerie polonaise; ce corps occupe Friedland et Reichemberg, aux sources de la Neisse. Napoléon juge alors qu'il n'a devant lui qu'une division de cavalerie légère autrichienne , commandée par le négociateur Bubna , et que le gros des forces alliées se concentrent sîmt la rive gauche de l'Elbe. Leur dessein est donc de se porter sur Dresde et de menacer les communications directes de l'armée française avec le Rhin* Mais cette opération exigeait une promptitude que Napoléon ne supposait pas à son ennemi ; et, avant de retourner à Dresde , il veut marcher sur l'armée alliée de Silésie , pour la repousser et la vaincre , si Blùcher a la témérité d'accepter le combat.
En conséquence, le corps du général Vandamme reste à Rumburg, pour y soutenir le général Lefebvre-Desnouettes, et le maréchal duc de Bellune,
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.^vec le deuxième , àZittau, pour appuyer le$ iro»pes du prinee Poniatowsky, postées en avant »ur Reichemberg, Friedland et Garbel. Le 20 , Napoléon dirige sa garde* sur Laubau ^ ainsi que le premier corps de cavalerie , que commande le général Latour-Maubourg* Là s'arrête la retraite de l'armée de Silésie. Le 2\ , à la pointe du jour, il est devant Blûcher, à Loewemberg, où il se décide surle-champ, à l'attaquer, fl fait jeter des ponts «ur le Bober , sous le feu de l'ennemi. 4 midi, le cinquième corpis commence son passa-ge ; la division Maisons est en tête , et bientôt elle pouff$e l'ennemi ; le onzième la suit immédiatement. Le général d' Yorck est attaqué devant Loewemberg, et rejeté sur la route de Goldberg. Le même jour, les troisième et sixiëtne corps repassent le Bober à Benetgtau , attaque vivement les troupes de Sacken^ et les chasse de toutes leurs positions^
A la vigueur de l'attaque, BMcher devine que Napoléon est devant lui ; alors il ne balance pas à céderle terrain. Cependant, un mouvement de retraite trop précipitée peut compromettre sa gauche formée par le corps de Langeron. Il réunit son armée derrière la petite rivière de Haynau, au- .delàde Graditzburg, la droite au village d'Adels- .dorf , et la gauche à la route de Goldberg; le «corps de Saken reste placé sur le chemin de Hayr pau à Woifshayn , près Kreybau.
Le 33, les cinquième et onzième corps pour-r
suivent leur mouvement en colonnes. L'aile gauche ennemie est débordée par le général Lauriston, et attaquée de front par le maréchal Maçdonald ; Blûcher se voit forcé de se retirer avec sa gauche et son centre derrière la Katzbach , pour ne pas être coupé de cette rivière. Le corps de Langeron occupe les penchans du Wolfsberg , une demilieue en arrière de Goldberg ; le corps d'Xorck s'étend à droite vers Rochlitz. Une division prussienne de Langeron prend poste en avant de Goldberg, aux villages d'Ober et de Nieder-Au. La cavalerie russe et prussienne est en seconde ligne derrière les corps de Langeron et d'Yorck. Dans le même moment le maréchal Ney attaquait le corps de Sacken à Wolfehayn, et le poussait sur Liegnitz. ï^a soirée de cette journée est marquée parla première défection : un régiment de hussards vestphaliens passe en entier à l'ennemi , et donne ainsi le signal aux autres troupes de la confédération.
Le 23 le général Lauriston attaqua l'ennemi à Goldberg. Le onzième corps , appuyé par une division de cavalerie légère du corps de Latour-e Maubourg , marche sur les troupes ennemie^ postées sur la rive gauche.. La division du gé-^ péral Gérard, est spécialement chargée de l'at-r taque du Nieder-Au. La division prussienne du prince de Mecklembourg, forte de vingt-cinq mille, hommes, s'y défend avec la plus grande vigueur ;^
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mais ses batteries sont bientôt dém(H)tées ^ ses bataillons enfoncés y et elle repasse la Katzbach ^ malgré les charges réitérées de sa cavalerie. A la droite , le cinquième corps , après avoir dépassé Suffenau , engage , avec le coi*ps de Langeron , une action des plus opiniâtres. Leg hauteurs de Wolfberg sont prises et reprises jusqu'à trois fois. Enfin la division Rochambeau, ayant en tête le cent trente-cinquième régiment , gravit une dernière fois le mamelon au pas de charge, et en chasse les Russes, qui éprouvent une perte considérable. Blûcher ordonne précipitamment sa retraite sur Jauer , qù, le 24, il réunit son armée. Les trois journées des 21, :22 , aS août font perdre sept mille hommes aux alliés. Depuis le 1 7 Jes Français ontr perdu cinq mille hommes.
Pendant le combat de Goldberg , le troisième corps et la cavalerie du général Sébastiani , ar^ rivés devant Liegnitz , y avaient pris position. Le corps de Sacken avait repassé la Katzbach et s'était établi sur les hauteurs de Pinkendorf.
Mais Napoléon est instruit que la grande armée des alliés se porte sur Dresde ; cette marche leur avait été conseillée par le général Moreau , qui a encore espéré pouvoir surprendre pendant l'éloignement de l'empereur ce point centra^ de ses opérations et de la position de ses armées. Napo;léon prend sur-le-champ la résolution d'aller recevoir l'ennerai à Dresde, et peut-être laisse-t-il
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avec regret à ses lieutenans cette valeureuse armée de Silésie^ où sa présence a, pendant trois jours, fixé la victoire. Dès le 22; il avait fait rétrograder Sa garde sur Gorlits, ainsi que le corps du maréchal Marmont et la cavalerie de Latour-Maubourg. Il part lui-même le aS, et il est rejoint' par le maréchal Ney. Il paraît qu'il y eut un malentendu, et que l'empereur attendait le maréchal avec son corps. Cet ordre fut donné en route rapidement. L'erreur fut grave, si telle était la volonté de Napoléon. Après le départ du maréchal Ney, le commandement de l'armée sur le Bober fut donné au duc de Tarente , dont le corps, le onzième, fut confié au général Gérard; Le général Souham commanda le troisième , celui du maréchal Ney. L'armée ne se composait plus que des troisième , cinquième et onzième corps et du deuxième de cavalerie. Le corps du duc de Raguse avait suivi l'empereur , qui emmena avec lui, à son retour par Gabel, les armées du duc de Bellune et du général Vandamme , ainsi que la cavalerie du comte de Valmi et celle de Latour- Maubourg.
Cependant l'armée de Bohème aVait, le 22 août, franchi les montagnes de l'Erzgebirge; les Autrichiens débouchèrent par Gottsenbe, Altemberg, Seyda et Marienberg. Les Russes, sous le général* Wittgenstein , marchent par la route de Peterswald. Les Prussiens , sous le général Kleist ,
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suivent la même direction. Le maréchal Saini- Cyr , chargé de défendre la rive gauche de l'Elbe, occupe toujours les positions des environs de ÎPirna; il a posté une division à Berg-Gieshubel, pour couvrir le camp et éclairer les montàgués. Le 24» ^^t^® division est attaquée par le corps de Wittgenstein ; elle se replie sur le corps du maréchal, qui est déployé sur les hauteurg d'Oberlitz. Le maréchal juge sagement qu'il est inutile de compromettre ses troupes : il manœuvre habilement^ et, après une légère cannonade,il se retire à Dresde. Cette détermination sauva cette ville : s'il se fut obstiné à combattre au dehors, il attrait dû céder au nombre, et l'ennemi serait peut-être entré avec lui dans la capitale de la Saxe. Le même jour les Russes de Wittgenstein occupèrent Pirna , et le gros de l'armée alliée arrivait à Dippodiswald , pendant que le corps autrichien de Klenau, formant la gauche, entrait à Freyberg.
La ville de Dresde avait été mise à i'abri d'un coup de main. On avait réparé les anciennes for^ tifications ; les faubourgs avaient été »couverls dé redoutes et d'ouvrages avancés : on avait élevé quelques fortiiicatiotis de campagne enire i'Ëlbe fet le parc de la Villa-Topsgarten.Ceparc, fermé de toutes parts, était occupé par plusieurs bataillions: une partie du quatorzième corps , dortt l'effectif n'allait pas à quinze^mille hommes, gariiissait les différens retranchemens , et le resté
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ëtait en réserve dans les faubourgs. Le dessein des alliés était de s'emparer de Dresde à tout prix.^ J>ès le 25, le prince de Schwartzenberg avait deux cent mille bommes devant Dresde. Napoléon va le combattre avec soixante-cinq mille. Heureusement le généralissime croit devoir différer l'attaque jusqu'au lendemain^ pour attendre que le •corps de Klenau et les réserves se trouvent en ligne. Ce retard eut encore pour cause , et probablement pour canse principale, Texcessive fatigue • des troupes autrichiennes, et l'incertitude où lesrap|K>rts des généraux placés eii observation devant Vandamme tenaient le généralissime. Moreau avait fait remarquer à l'empereur Alexandrel'opportunité des manœuvres du maréchal Saint- Cyr, et il était d'avis de brusquer l'attaque de Dresde , qui eût été emportée nécessairement. Napolécm fut heureux d'avoir le temps d-accourir au secours de Dresde avec assez de forces pour la dé-^ fendre.; il se fit annoncer au roi (|e Saxe par le roi de Nâples , qu'il avait fait partir de Gorlitz.- La soirée du 2S et la matinée du 26 se passèrent dans l'inaction. Le ^5,. Napoléon coucha à StoW pen , et le ^26 , à dix heures du matin , il entra> dans Dresde avec sa gaivle et le premier corps de cavalerie ; il ^tait suivi de près par le deuxième «orps d'infanterie qu'il avait fait venir de Zittau^ ainsi que parlacavaleriepolonaiscsousles ordres en comte de Valmy.--
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Arrivé à Stolpen , Napoléon s'arrête , et conçoit la grande idée de se porter , avec toute son armée, sur le flanc droit de l'ennemi par Kœnigstein. Ce mouvement se présente sous les couleurs les plus bjillantes : la bataille gagnée danjs une telle position avait des résultats immenses. Il n'est plus besoin d'en calculer toutes les chances favorables : alors les conseils des alliés étaient encore divisés, et ce ne fut qu'après la bataille de Dresde qu'ils commencèrent à s'entendre. Mais la crainte que Dresde ne puisse pas tenir quarantehuit heures , et la certitude qu'en eut l'empereur par le rapport de son premier officier d'ordonnance, le colonel Gourgaud, qu'il envoya à Dresde, et qui revint le lendemain , lui fait abandonner ce beau projet. Napoléon se contente de détacher le général Vandafmme, avec le premier corps, pour débloquer la forteresse et s'emparer du camp de Pirna , et pour occuper les hauteurs et garder les défilés de Petersway. Le général du génie Haxo est chargé par Napoléon d'en donner l'ordre à Vandamme. Dites-lui bien ^ue jamais il VLaura une plus belle occasion de gagner le bâton de mare-' chai.
Napoléon ne change rien aux dispositions du maréchal Saint-Cyr, se réservant de disposer des troupes qu'il amène selon que l'exigeraient les circonstances. Après une reconnaissance détaillée à l'extérieur des faubourgs , depuis là barrière de
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Pilnitz Jusqu'à celle de Freyberg , il revient $e placer à l'entrée du pont, et donne lui<-inéme les ordres de direction aux diffërens corps qui arrivent en toute bâte.
Enfin 9 à quatre heures après midi, le prince de Schwartzenberg se décide à ne plus attendre le général Klénau. Trois coups de canon donnent le signal de l'attaque. Les alliés, formés en six co<lonnes précédées cbacune de cinquante bouches^. à feu y s'avancent de tous les côtés sur les retran^ chemens de Dresde* En peu d'instans la canon* nade devint terrible; l'artillerie de la redoute de la por^e de Freyberg est bientôt démontée par celle de l'ennemie Le général Colloredo réussit à prendre d'assaut la redoute du centre, près la porte de Dippoldiswalde , non sans une perte con^ sidérable. Le général Kleist obligé les troupes qui occupent le parc à se replier sur les faubourgs , et le corps du général Wittgenstein débouche entre Striesen et l'Elbe : le combat se porte aux palissades* at retranchemens des faubourgs. Toutes les réserves du quatorzième corps sopt engagées; les boulets et |es obus balaient les rues de Dresde.
Napoléon juge alors que l'instant favorable est venu de reprendre l'offensive; son intention est d'attaquer les deux flancs de l'ennemi. Cette manœuvre , qui offre toujours de grands dangers , ne peut avoir que des succès dans cette position : son centre était couvert par les retrancheipens de
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la ville, il peut par (Conséquent employer touteà les troupes sûr les deux ailes. La jeune garde à l'honneur de la première attaque. Le maréchal Ney, avec les deux divisions Decouz et Rdguet^ débouche par la porte de Plaueii sur la gi^uche de l'ennemi; en même temps, le maréchal duc de Trévise sort par la porte de Kma avec les di- . visions Dumoustier et Barrois , et atta(|ue l'aile droite. Le roi de Nagles , avec la cavalerie de la garde et celle de Latour-Maubourg, est chargé de pousser l'ennemi sur la route de Wîlsdruf»
Ces -attaques simultanées ont un plein succès # En un moment la face des affaires est changée. La redoute de Freyberg est reprise : le général Gros y est blessé d'un coup de baïonnette. L'ennemi se retire de toutes parts. Les Français ont repris les positions qu'ils occupaient le matin; les Autrichiens soat rejetés sur l'Obda, Plauen et Rocknitz ; les Prussiens, chassés du grand jardin, sont rantenés, la baioni^tte dans les reins, sur Gruna et Strehleh. La nuit met fin aux combats. La perte de l'ennemi peut être évaluée à cinq mille hom- ' mes tués et deux, mille prisonniers, celle des Français est de trois mille hommes. Les généraux de la garde Dumoustier , BoyeWîeu , Tyndalle et Gombelles , sont au nombre des blessés.
De part et d'autre , la nuit se passa à faire des dispositions pour le lendemain. Le temps était affreux, la pluie tombait par torrens ; les deux ar^
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faiées couchèrent dans la boue et dans l'eau. Napoléon dispose ainsi son armée : il donne au roi de Naples le commandement de sbn aile droite, formée avec le deuxième corps > qui se déploie devant rObda^ appuyant sa droite à Kosa^ et avec la cavalerie de Latour-Maubourg, placée en réserve en avant du faubourg dé Friedrichstadt. Le centre j commandé par Napoléon efii^ personne, est composé des sixième et quatorzième corps : le premier 0$t placé à chenal sur la route de Dippoldiswalde, s'étendant jusqu'aux maisons rouges, et le second se déploie en arrière de Strehlen, et occupe le parc. Les grenadiers et chasseurs à pied^ et la Cavalerie dè la garde , sont eii réserve un peu à droite des maisons rouges. L'aile gauche, sous les ordres du maréchal Ney, composée des quatre divisions de la jeune garde, est en bataille entre le parc et l'Elbe ^ apj[)uyée par le quatrième corps de cavalerie placé en avant d'Engelhardtz. Le prince de SchWartzenberg , ihàlgré le mauvais succès de sa tentative sur Dresde , compte ses troupes et accepte avec joie la bataille pour le lendemain ; il déploie Son armée dans la plaine et snt les hauteurs où elle s'est repliée la veille. Lé corpè russe deWittgensteiù s'étendait depuis l'Elbe j\isqu'à lachaussée dePirna. Le terrain compris entré cette route et le village de Strehlen est occupé pai' lecorjps prussien de Kleist. Le corps autt^iehien dé Colloredo remplissait l'intervalle de ce village à
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Rocknitz. Les troupes du marquis de Chasteler s'établissent sur ta ligne de Rocknitz àPlauen, et la division. Bianchi en réserve derrière ce village. Les grandes réserves russo- prussiennes sont derrière Strehlen. L'aile gauche s'étend loin du vallon dePlauen^ au delà de la petite rivière de W«?seritz^ et le corps de Giulay, jusqu'à Wolfnitz. L'infanterie légère du général M etsko se prolonge dans la direction de Priesnitz ; elle forme l'avantgarde du corps de Klenau , qui doit arriver par la roYite de Freyberg. Le retard que ce corps éprouve daas sa marche laisse cette ailé gauche sans appui y forme un vide dans la ligne de l'armée com^ binée ^ et l'empêche de s'étendre jusqu'au Bas- Elbe.
Ordre du l'j août.
a Ordre à tpute la cavalerie , celle de la garde exceptée > de revenir sur ses pas^ de traverser la ville I et d'aller se réunir dans les faubourgs de Friedrichstadt : le roi de Naples en prendra le commandement. U lui est prescrit de faire un grand mouvement sur Taile gauche de l'ennemi^ de le déborder i et de chercher à lui couper toute retraite par la route de Freyberg.
» Ordre au maréchal Victor ^ duc de Bellune , de se placer^ avec son corps d'armée^ en avant des barrières de Freyberg. U attaquera de frûnt^ avec toute son infanterie , les ligues autrichien* nés y que le roi de Naples essaiera de tourner.
» Ordre au duc de Raguse , maréchal Marmont^ de s'établir , avec son corps d'armée , au centre de notre ligne de défense , entre les barrières deDippoldiswalde et de Dohna, au pied des collines de Rocknitz : les réserves de l'artillerie et de la garde seront placées sur ce point.
» Ordre au maréchal Saint-Cyr de réunir son quatorzième corp^ autour du grand jardin.
» Ordre enûn au prince de la Moscowa et au duc de Trévise de déboucher sur .la route de Pirna y avec les quatre divisions de jeune garde. Le général Nansouty , qui commande la cavalerie de la garde , soutiendra l'infanterie; ils s'empareront vivement de l'offensive, et feront de ce côté la mêmie manœuvre que le roi de Naples va exécuter sur l'aile opposée. »
Cet ordre est exécuté dans la nuit du 26 au 27. Le 27 , à la pointe du jour, les deux armées sont en bataille et prêtes à en venir aux mains. Un coup d'œil suffit à Napoléon pour voir la position défectueuse de l'aile gauche ennemie , et tout le profit qu'il peut en tirer. Les tirailleurs s'engagent sur toute la ligne. A sept heures , la canonnade commence sur tous les points; à neuf heures , le deuxième corps s'avance de front sur celui de Giulay , tandis que le roi de Naples , avec la cavalerie de Latour-Maubourg, débouche au-dessus de Kosa , et charge en flanc la division Metsko. Les cuirassiers français, avec une rare bra-
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Youre, chargent les divisions de Giulay, et les. acculent sur la Wesseritz , pendant que la gauche du deuxième corps occupe le vallon et la pjirtie du village dePlauenqui est à gauche de la rivière, et coupe toute communication entre le centre efc l'aile gauche. Napoléon , instruit du succès de sa droite, fait redoubler la canonnade au centre, et manœuvrer ses troupes et la cavalerie de la garde pour occuper toute l'attention de Ghasteler, et Tëmpêcher de secourir l'aile gauche. A l'aile droite , la jeune garde gagne du terrain , feit reculer le corps de Wittgenstein , et le pousse sur Blasewitz. De toute part l'ennemi rétrogade; il évacue successivement les différentes positions. Malgré l'arrivée du corps de Klenau , qui débouche enfin par Kohlsdorf ^ le généralissime instruit que ses deux meilleures communications , la route deFreyberg et de Pirna , sont menacées par le roi de Naples et le général Vandamme qui poussait devant lui le général Osterman , ordonne la retraite en Bohème ; il juge sa position trop mauvaise pour risquer une seconde bataille , malgré la grande supériorité numérique de son armée. A l'entrée de la nuit , l'armée alliée est en pleine retraite sur trois colonnes, se dirigeant par Furstenwald , Marienberg et Astenberg , sur Tœplitz. Dés le matin , les Français se mettent à sa pourr suite dans toutes les directions. Cette bataille coûte à l'ennemi près de trente mjUç hommes.
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dont db^à douze mille prisonniers, vingt-six pièces de canon et dixyhuit drapeaux. Il eut aussi phisiéurs généraux tués et blessés ; le général S|etsko fut fait prisonnier avec presque tqute sa division. Le général Moreau eut les deux jambes emportées par un boulet^ et mourut quatre jours après à Lahn , en Bohème. Ce boulet était parti des batteries de là garde. C'était une singulière justice du sort, défaire périr Moreau par celui qui l'avait proscrit. Tué sous les yeux et ppur la^cause de l'empereur de Russie et du roi de Prusse, par un boulet de la garde de Napoléon , Moreau aura à jamais dans l'histoire le triste privilège d'une immoitalité particulière. La brave cavalerie de Latour-Maubourg se couvrit de gloire ; c'est à elle qu'est dû en grande partie l'honneur de cette dernière journée de la fortune française ^ Allemagne. Napoléon continue son mouvement le 28 , poussant les dilFéreps corps qui couvraient la retraite. Le 29, le roi de Naples arrive à Lichtenberg, le duc de Raguse à Falkenhayn; et le maréchal Saint- Cyr à Reinhardsgrimma. Napoléon se disposait lui-même à prendre la route de Pirna avec sa garde à pied et à cheval, lorsque les nouvelles arrivées de la Silésie le firent changer d'avis; il ci^ut sa, présence plus nécessaire sur les borda du Bober que sur les rives de l'Elbe.
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