CHAPITRE XV
BataUl^ de la Katibach » de Kulm, de Gross-Beeren , éeJDen»
newitz et d'Ioterbogl.
Le 26 août y Napoléon avait sauvé la yille de Dresde en se présentant inopinément dans ses remparts. Vingt-quatre heures plus tard ^ Dresde était prise y et .la retraite sur le Rhin lui était coupée. L'inspiration du génie de la guerre lui avait montré ce grand péril à quarante lieues de cette capitale y en pleine poursuite contre Blûcher ^ fuf ant devant lui. En soixante-douze heures il avait franchi cettt distance avec ses troupes; et, à la tète de soixante mille hommes , il avait repoussé deux cent mille assiégeans. Le lendemain et le surlendemain y avec vingt mille hommes de plus y ceux du corps de Bellune*^ U avait été dé^ fier cette immense armée en bataille rangée , et il en avait complètement triomphé ; mais tandis qu'il triomphait , ses lieutenans étaient tous vaincus. La série de leurs défaites va jeter sur les laurriers si vaillamment achetés à Dresde , pour défendre les avenues de la France , le crêpe funèbre qui doit encore-une fois couvrir Napoléon et toute son armée. Macdonald , Vandamme, Oudinot,
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Ney , ne peuvent-ils plus vaincre que sous les yeiix de Napoléon ?
Le jour même où l'empereur enlevait les portes de Dresde à Schwartzenberg y Macdonald et Blûcher reprenaient l'un contre l'autre l'offensive dans la Silésie. L'armée aux ordres du duc de Tarente , depuis le départ, du maréchal Ney , avait perdu le corps du maréchal Marmont ^ et ne se trouvait plus composée que des troisième , cinquième ^ onzième corps d'infanterie , et du deuxième de cavalerie. Le ^5 ^ le troisième corps , commandé par le général Souham^ était en position à Ruthkirch ; ayant deux bataillons à Liegnitz ; le cinquième y sous les ordres dïî général Lauriston y était en avant de Goldberg , et le onzième soos ceux du général Gérard y ainsi que la cavalerie du générai Sébastiani, était placé eh arrière y sur la gauche de Liegnitz. Cette armée était environ de soixante mille hommes ; elle était de moitié plus faible en infanterie que celle du maréchal Blûcher , qui avait une cavalerie de vingt-cinq mille hommes. Au début de la campai gne , Blûcher avait pris le rôle qui convenait aux généraux français^ cédant le terrain devant desforces supérieures , comme il venait de le faire devant Napoléon^ et reprenant l'offensive, comme il allait le faire, quand il avait la supériorité. En enlevant à Parmée de Silésie une partie de ses forces > Napoléon l'avait par cela seul destinée
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rigoureusement à contenir lennemi et non à lui livrer bataille. Le maréchal Macdonald avait oixlre de poursuivre Blucher; mais il devait^ comme tout général , calculer les chances de localité. Il ne pouvait ignorer que son ennemi se dispps.ai€ à reprendre l'offensive; il devait donc ménage" les troupes qu'il avait à lui opposer , et l'attendre dans uae position qu'il aurait choisie , au lieu de marcher sur lui , lorsque le mauvais temps , qui rendait absolument -inutiles les armes de l'infanterie , devait mettre tout l'avantage du coté de celui qui , le premier , aurait pris position* Plusieurs jours de pluie continuelle avaient rendu les routes impraticables et fait déborder les rivières ; et la constante fatalité de la guerre de 1 8 1 3, la faiblesse de la cavalerie française^ mettait cette armée dans uue proportion trop inégale avec celle de l'ennemi-
} Bataille de la Katzbaeh,
Le 26 août , malgré ^les représentations des généraux , qui calculèrent tous les désavantages pour reprendre l'offensive , le maréchal ordonna le mouvement. Il croyait trouver encore Blûcher à Jauer. En conséquence , il prescrivit au général Lauriston de se porter avec le cinquième corps fiur cette ville par la grande route de Goldberg. La divisiori Puthod en fut détachée pour aller prendre la route de Jauer parSchonau^ et attaquer
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l'ennemi sur ses derrières. Le troisième corps aux ordres du général Souham devait passer. la Katzbach à Liegnîtz , et s'avancer sur la grande route , en passant par Neudorf. Le onzième , comhpandé par le général Gérard , passant la rivière au gué de Schmokowitz , prenait la même direction sur la rive droite de la Wuthende-Neiss, tandis que le général Sébastftini , avec la cavalerie , s'y dirigeait par l'autre rive. De son côté , le .maréchal Blûcher , débarrassé de Napoléon et de la garde impériale , sur les deux heures de ViÉ^pfës-midi ordonnait à son aîrmée le passage de la Katzbach , entre Liegnitz et Goldberg. Saçken et Yorck devaient attaquer Souham , tandis que Langeron , remontant la rivière, contiendrait Gérard et Lauriston , que Blûcher supposait encore être à Goldberg. Les deux partis marchaient sans se voir , l'un contre l'autre, masqués par un épais brouillard qui avait commencé à la pointe du jour. Cependant on se rencontra. Lauriston commença vivement l'attaque contre Langeron. Blûcher, averti de la présence, de J'ennemi , arrêta la marche de son armée et fit ses dispositions. Saeken se plaça derrière le plateau , à gauche d'Eicholz, occupant les hauteurs par une forte batterie, qu'une autre batterie prussienne de douze pièces vient bientôt appuyer. Yorck s'a-rvançait sur les hauteurs de BrechtelshofF. Lé maréchal Macdonald jugea, par les masses
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eh action , qu'il avait devant lui toute l'armée ennemie; il se' hâta de déployer ses lignes. Le onzième corps se développa entre Weinberg et Klein-Tintz. On attendait à tout moment que le troisième corps débouchât par la route de Li^nits à Jauer pour entrer en ligne et appuyer laigauche; malheureusement le général Souham, au lieu de suivre ses ofdres , attiré par la canonnade, crut pouvoir arriver plus tôt sur le champ de bataille eh suivant la route tracée pour la cavalerie par le village de Kroitsch : ces deux troupes se croisèrent dans le défilé long et étroit de ce village , et il s'ensuivit un encombrement épouvantable.
La droite de l'armée française s'appuyait sur la Wuthende-Neisse , mais la gauche était entièrement en l'air par l'absence du corps de Souhaln. L'ennemi ne tarda pas à profiter de cette disposition si désavantageuse. Le général Wassilczikow, à la tète de la cavalerie de Sacken , fit attaquer la gauche de front et de flanc ^ tandis qu'un fort détachement de cosaques la tournait en dépassant Klein -Tints. Le corps d'Yorck se déploya en même temps entre Weinberg et Trielbewitz. La cavalerie du général Sébastiani , embarrassée dans le village de Kroitsch , n'arrivait que lentement et successivement , et ne pouvait ^fournir que des charges partielles et sans succès ; vainement les géjnéraux Roussel et Excelmans , firent avec leurs
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divisions des efforts extraordinaires pour éloigner l'ennemi^ et- protéger la sortie du troisième ^rps du défilé ; en vain les brigades de ce corps en débouchaint de Nieder-Kayn , essayèrent d'appuyer quelques charges ; il fallut céder à Timmense su-» péridirité de la cavalerie ennemie. Les Français furent refoulés dans le défilé^ où les Prussiens s'emparèrent ^u parc du onzième corps et de presque tous les bagages.
Le duc de Tarente , acculé à la Katzbach et à la Wuthende-Neisfce , par les corps de S^cken. et d'Yorck , qui s'étaient déployés devant lui , s'efforça de soutenir avec le onzième corps ^ aucom«* mencement de la nuit^ un cond)at par trop inégal. Ver» les neuf heures du soir, dans l'espoir d'opérer une diversion avantageuse , il donna Tordra à deux divisions du troisième corps ^ qui n'avaient pas encore donné , de passer la Katzbach au gué de Schmochowitz , et de gravir les hauteurs. Le général Tarayre , chef d'état-major de ce corps d'armée, en a le commandement. Protégées par quinze pièces de canon , ces troupes s'avaiicent courageusetnent ; mais elles sont reçues par le corps entier du général Sacken ! Les colonnes d^àttaque sont renversées et repoussées avec une grande perte* Pendant la nuit le maréchal Mac^r donald ramène son armée sur la rive gauche , et ordonne la retraite sur Buntzlau. La pluie, qui ïï' avait pas discontinué, avait gâté tous les che-
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gauche. Il devait avoir pour but de le *sépa-* rer de ses précieuses communications avec la grande armée de Bohème , et de le rejeter sur VOder. Ce résultat était possible , mais il fallait .y porter des forces suffisantes ^ adopter un plan d'attaque et mettre de Tensemble dans son exécution, il faut dire aussi que le maréchal Macdonald^ croyant trouver Fennemi à Jauer^ aTait fait des dispositions en conséquence , et que , surpris au milieu de sa route , ses dispositions furent frappées de nullité. Le troisième corps ne reçut pas à temps son ordre de mouvement^ et le retard qu'il éprouva fut indépendant de sa volonté. Certainement le maréchal eût agi avec sagesse , si s'apercevant de sa position dangereuse , loin de s'obstiner à soutenir le combat ^ il eût replié son armée ; et si , au lieu de comr battre avec des rivières débordées sur ses der-* rières , il en eût défendu son front de bataille , il aurait épargné le sang si précieux de tant de Français qui périrent victimes d'une opiniâtre et inutile intrépidité ; il aurait au moins rendu indécise une affaire qui eut la plus grande in-* fluence sur les opérations de l'armée fran** çaise.
Blûcher reçut tout son succès de l'attaque du maréchal. Il ne manœuvra que pour tirer parti de ses imprudences. Ces deux généraux paraissent avoir agi l'un contre l'autre sans bien corn*
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{>)reBdre leurs propres intentions. Mais davantage devait appartenir à celui qui laissait venir son ennemi. II ne fatiguait pas ses troupes^ et Blûcher ^ut peu de peine à combattre avec des forces bien supérieures et reposées , les Français qui , indépendamment d^une marche pénible dans un terrain presque inondé , arrivèrent désarmés par la pluie , qui avait mis leurs fusils hors de service* Blûcher avait y dç son côté , commis la même faute que le maréchal^ en ne portant pas le fort de son attaque sur les communications directes de son ennemi avec la Saxe^ au-dessous de Goldberg« Mais le succès vint au secours de son imprévoyance, et Taffaire delà Katzbach , qui lui valut le titre dé prince , est un des faits d'armes les plus éclatans de sa vie militaire.
Bataille de Kubn,
La carrière des triomphes est désornvàis fer^ tnée aux Français. Ils seront vaincus partout où ne sera^ pas Napoléon. , à qui la trahison SQule pourra arracher la victoire. Le général Vandamme avait été chargé de faire, une diversion sur les derrières de l'aile droite de Tennemi. Le ^5 août y il arrive à Kœnigstein ; et le a6 il débouche sur. Pir;Qa , dont il enlève le camp retranché. Il avait devant -. lui le général Osterman , qui , avec lei ,ÇQrps du prince Eugène de Wurtemberg , la prei-^
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5ati . rr. PORTEFEUILLE
mièvn ^ymm dM g^rdc» riMis^es , et deux végi*mens id# cuita$9ÎQr9 ^ étakch^^gi. d'éclairer ^t de défesidre ce pt»iitr« Le général français Tattaqua avec vigueur , lui fit préa 4e deux mille j^iso^** niers^ elle pQuasant sur la route de Peterswald» il le suivit de prés jusqu'à Holleçdorf , o« il arriva le 29. De là il descendit sur Kulm ^y^ huit ou dix bataillons ; mais se voyant ar^ rété par le général russe , qui avait encQre avjec lui douze mille hommes » il commit la faute car (utale de faire avancer le reste du premier corps^ qui y conforméBtient aux instructions que le. gér néral Ha^^o lui avait apportées, tenait les haur leurs de Peterswald* Le géaëral ennenù fut obligé de se retirer : maïs il vit à l'instant t«ute l'importance «de la position de Tc^litz , et s ar-^ réta à une demi-lieue en avant de cette ville , résolu ^ à tout prix , d'empêcher Vandamme d'y arriver. Il posta avantageusement ses troupes , et l'attendit avec ia ferme . résolution de vaincre ou de përir*
Le but du général Vandailime était d^ s'emparer de T^plitz le plus tôt possible j par4à, il arrêtait la Êi^arcfaede toute l'armée combinée qui s'y por^ U^ûit par Zinnwald » La moindre perte qu'elle pouvait essuyer était celle de toute son artillerie , qu'elle aui^it été obligée d'abandonner dans les défilés , a^n de' gagner Brux par les chemins des montagnes qui conduisent à^Ober^Lyoterdorf. Il attaqua
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Violemment rennemi , qui le reçoit avec une rare intrépidité ; l'action se prolonge ^ et rers le doir une colonne pruMiemie / soutenue de detK divi^ sions de cuirassiers russes y arrive an secours du général Osterman, et force Vandamme à se reti-^ rer sur Karwitz et Kulm. Le général ennemi ètxt le bras emporté dans cette action , qtii le couTrit d'honneur.
Si Vandamme avait bien justement senti toute Timportance de l'occupation de Tœplitsi/ ir n'est pas douteux que Napoléon n'en fût au moins aussi frappé ^ et que dans le cas où cette expédition eût été ordonnée pour cette journée, il n'eût porté à la suite de Vandamme tous les moyens nécessaires à son succès. Vandamme n'eût pas été un seul moment dans la moindre inquiétude sur ses derrières , et alors il réussissait infailtiblei-^ ment; mais au lieu d'avoir cette mission, il eut celle de garder les défilés- Les ayant franchis une fois , il se vit tout à coup non pltis seulement ar^ rété par la vigueur d'Osternfan , mais attaqué et forcé à la retraite par un corps considérable de Prusso-Russés. (^i put l'empêcher alors , dans là nuit du 2g au 3o, de revenir sur HoUendorf , d'y prendre position , et d'y envoyer à la découverte des mouvemens def» l'empereur? Il aurait appris bientôt qu'une autre direction avait été donnée à l'armée ; et comment a-^t-il pu l'ignorer ? Cette disposition avait été le résultat d'un accident sur-
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TQUU à Napoléon, qui, surpris tout à coup à Pirna par des vomissemens violens , se fit ramener à Dresde. Par quelle funeste inspiration de la plus coupable témérité, Vandamme, à la tête d'un aussi faible corps, d'une simple avant-garde, osa-t-il concevoir la pensée de résister seul à une armée entière, dont la retraite précipitée augmentait encore l'impétuosité, et d'attendre ce choc terrible dans ubb position sur laquelle Tenjmemi débouchait de tous les côtés? Ne devait-il pas s'arrêter quand il cessa d'entendre le canon de l'armée impériale , quand il ne recevait aucunes jnpuvelles? L'honneur, le devoir, inspirent le vrai courage , et l'ambition la témérité. Que de flots de sang onù baigné la terre pour l'appât d'une conquête qu'il faut rendi*e à la paix , pour celui d'une simple dignité, d'un grade, dont le lendemain un boulet peut faire justice ! Vanidamnie savait assez la guerre pour juger que n'ayant pas eu a$9ez de troupes pour occuper la hauteur du Oeyersberg qui dominait sa droite et qui lui ménageait une retraite , ni pour laisser à Hollendorf une réserve qui eût éclairé le défilé de Tellnitz , •il deyail; reprendre ses positions, aussitôt qu'il vit la résolution vigoureuse d'Ostermari de lui disputer jusqu'à la mort la prise deTœplitz; il aurait pu aussi interpréter cette action presque désespérée, et penser quOstermann ne résistait que parce qu'il s'attendait bien à être secouru. Rien
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ne peut justifier Vandammfi^ quand même il aurait reçu de Napoléon lui-même Tordre positif de s'emparer de Tœplitz i il est coupable du' sai^ qu'il a fait répandre, des pertes irréparables qu'il causa à l'armée. Les ambitions militaires sont in^ satiables : il y a des missions que le chef suprême ne devrait janitais confier aux généraux qui croient avoir encore leur fortune à faire. Napoléon dut sa ruine à ceux dont l'intérêt était tout entier danis. sa conservation ; il périt par le champ de bataille^ de la main des. premiers hommes de guerre de la France*
Vaudamme a bien vu tous ses dangers, mais n'importe, à la guerre tout est possible; et que fait la vie ou la mort de quelques mille hommes? Le 5o, au matin,, il a pris position en avant de Kulm^ sa droite appuyée aux grandes morita-»gnes, au village de Straden, le centre sur la chaussée de Peterswald à Tcepiitz , jet sa gauche , s'étendant jusqu'à Neiidorf, appuyée seulement par la faible brigade du général Corbineau. De son côté, l'ennemi fit ses dispositions, et parut sur le terrain avec une masse énorme de soixantedix mille hommes, dont dix millp de cavalerie.. Le général Barclay de Tolly plaça son aile gauche entre \fd Geyersberg et Pirsten, et couvrit les bois de tirailleurs. Deux divisions, de cuirassiers russes liaient la droite et- la gauche , et étaient étendue^ de Pirsten; à Karwijtz. Une charge de k
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eavaIerioru9se, sur la gauche du corps français, commença l'attaque. Trop faible pour résister, la cavalerie française fut ébranlée. L'aile gauche lie tarda pas à plier devant les colonnes de Coliol*edo; elle se retira sur Kulm, suivie de prés par l'ennemi. Dans ce moment ^ la cavalerie alliée continuait son mouvement, dépassait Neudorf^ et marchait dans la direction d'Arbisau. Le centre et la droite de Vandamme se battaient avec acharnement, et repoussaient les attaques de l'ennemi ; mais le mouvement rétrograde de l'aile gauche avait compromis le salut de l'armée. L'ennemi allait, s'établir à Ârbisau , alors toute retraite était coupée; il fallut donc l'ordonner. L'évacuatbn des hauteurs en avant de Kulm pmena un mouvement en arriére > et la cavalerie ennemie s'élança sur les colonnes en désordre. Là-retraite se changea en déroute complète r les Français se précipitèrent péle-méle sur le défilé deTellnitz, après avoir été obligés d'abandonner toute leur artillerie.
Mais là ne fut pas le terme des malheurs de .cette brave armée. Vers les deux heures, la tête du corps du général prussien Kleist avait paru à Tellnitz. Ce général, poursuivi par le maréchal Saint-Cyr, suivait dans sa retraite la route de .Glashfttt et de Schonwald , et avait fait un mouvemeutà gauche pour gagner la grande route de Peterswald. Les Français , groupés à l'entrée du
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défilé y 9e trouvèrent tout à coup entre TeBiiemi qui led poursuivait^ et l'ennemi qui leur' bitfvait le chemin. Dan^ cette extrémité , et par l'indj^iration de leur péril y ils prennait la résolution de s'ouvrir un passage Tépée à la main. En colonM serrée, ils gravissent la montagne : le général Cor» bineau est à leur tête y ils abordent Tennemi ; tout ploie devant ce grand acte de désespoir. Le corps prussien est culbuté , et son artillerie est prise. Ce fait d'armes est pe^it-^tre unique dans l'histoire des annales militaires ; mais ce succési si extraordinaire devint inutile : poursuivis de près par Tennemi , les Français soEjt bientôt forcés d'abandcmnèr ces pièces qu'ils viennent de cionquérir. A deux lieues du champ de bataille, les généraux Corbineau , Dumoneeau et PhiUipOn^, parviennent à rallier les restes de ce corps malheureux; et arrêtent un instant la poursuite; ils arrivent à Liebenau, où ils sbnt recueillis paries troupes du mai^hal Saint-Cyr.
Cette journée de Kulm coûta à l'àrmée'françaîse prés de dix mille hoiùmes , dont sept mille furent prisonniers. Le général Vandamme , le général du génie Haxo et le général Guy ot, furent de*4îe iiombre ; «n* oufre trente piéces-d^r^canon ei deux cents -êftrssons tombèrent ' au ^ pouvoir des vftinqtieursv Cet' éehée fut bien fatal. La màrehe -de la grande armée de Napoléon fut arrêtée/ et'les vaincus d6 Dresd# élevèrent le trojihée d« Kulm I
Il fallait réorganiser le premier corps qui avait perdu dix mille braves et toute son artillerie. Où' en forma une nouvelle avec des pièces détachées de différens autres corps , et le commandenient fut donné au général Mouton ^ comte de Lobau. Ce général ne tarda pas à rentrer en ligne et a rejoindre le maréchal Saint-Cyr qui , le S i , se trouvait à'Liebenau, ses troupes occupant Petèrswald et Gieshubel;- le maréchal Marmont était à Zinnwald, et le roi de Naples occupait Sayda,
Combat de, Gros-Beeren.
Pendant que ces événeméns se passaient dans la Saxe et dans la Silésie^ la campagne s'était également ouverte du côté de Berlin , et annon*çait de nouveaux regrets à la France,
Le 17 août, le prince royal de Suéde avait concentré son armée entre Berlin et Spandau : son quartier-général était à Charlottembourg ; son armée présentait un effectif de plus de cent vingt mille hommes. L'armée du duc de Reggiô, composée des quatrième, septième et douzième corps, et du troisième de cavalerie, comptait près de soixante-dix mille combattant; elle se porta le 18 sur Bareuth, el y prit position. Le maréchal avait Tordre positif de marcher directement sur Berlin et de s'en emparer; cependant il'restà^ans l'inaction le 19 et le 20. Ce retard
dut faire croire au prince royal que Tarmëe du maréchal n'était pas encore en état d'ouvrir la campagne , et qu'il pouvait étendre ses cantonnemens pour se procurer des subsistances. En con* séquence, il porta son quartier-général à Postdam ; ses troupes furent stationnées dans tout le pays en avant , la gauche à Mittenwalde y la droite jusqu'à Belitz, et les avant-postes à Trebbin, Mensdorf et Mollen.
Cependant le duc de Reggio se mit en marche le :2i , et, quittant la route de Torgau à Berlin, 'fit un mouvement sur celle de Wittemberg \ rien n'expliquait ce changement* de direction. Vers les cinq heures du soir, les avant-postes ennemis sont forcés de rentrer à Tyrow, Wilmersdorf et Zossen> et l'armée s'établit pour la nuit, le douzième corps en arrière de Trebbin , le quatrième à ' Schultzendopf , et 'le septième, à la droite,, à Christîendorf.
Le prince royal jugea alors qu'il devait livrer bataille pour fermer le chemin de Berlin. Dans la . journée du 22 , il concentra son armée : les Russes formèrent la droite à Gutersgotz, les Suédois furent placés au centre à Ruhlsdorf , et la gauche , composée de Prussiens, occupa Tenersdorf etKlein-Beeren. Les généraux Thùmus etBorstel, avec 1 a van t-ngarde, r occupaient les positions de .Wilmersdorf , afin de couvrir les mouvemens de ces différens corj» qui se portaient aux lieux de
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rassemblement. Le 22, k midi , le duc de fteggio fait attaquer , par le septième coi|>s , le gétiéral Thumus qui était à Wilmersdorf : ce village fut emporté, ainsi que le défilé de Wittstock. En même temps, le quatrième corps déboucha par Schuitzendorf , enleya le défilé de Juterbogt et la redoute qui le défendait. Cette manœuvre donnant de vives inquiétudes au prince royal pour sa gauche, il retira les troupes qu'il avait à Trebbin et Mittenwalde, et fit avancer le ec^ps du général Tauenzien à Blanckeûfeld. L'armée française passa la nuit du 22 au 23 dans les positions suivantes : le général Bertrand, avecie quatrième corps, en avant de Juhndorf, dont il avait emporté la digue; le général Reynier, avec le septième corps, au delà de Wittstock, entre Kertzendorf et Lowembruch f et le douzième, en avant de Trebbin' , gardant Tyrow avec tine brigade.
Le âS au matin, le maréchal Oudinbt se remit en marche , donnant à son armée une direction tellement divergente, qu'on ne peut expli- . quer ce mouvement, qu'en' prêtant au maréchal l'intention de battre l'ennemi en détail vers Bkckenfeld et Teltow, d'acculer le prince royal sur Postdam, et enfin de le forcer à découvrir Berlin; mais^ par cette manœuvre, il' se trouvait inférieur à l'ennemi sur tous l^s'points^ so lieu qu'en portant la masse de ses forces sur l'extrême gau<-
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clie ides .alliéai il pouvait battre le corps de Taueneien isolé ^ et quand même ce corps eût été soutenu par celui de Bulow^ et bien avant de pouvoir être recouru par les Suédois et les Rus- ^s.; il lui suffisait de laisser le septième corps pour contenir le centre et la droite de l'ennemi. De cette manière^ ce maréchal pouvait arriver à Berlin : c'était l'expédition favorite de Napoléon depuis deux mois; elle était secondée de l'autre côté par le prince d'Eckmûhl. Un pareil succès, au commencement d'une campagne, était décisif; mais il n'en fut pas ainsi. Le septième corps fut dirigé sur Gross-Beeren , le douzième sur Ahrensdorf , et le quatrième sur Blackenfeld.
. Ce dernier corps , plus près de l'ennemi, attaqua le premier le général Tauenzien , iih peu en avant du! bois de Glatow. Aussitôt Bulow prolongea sa gauche sur Lichtenrade et Klein-Ziethen , pour soutenir Tauenzien et recueillir le général Borstel qui venait de Mittenwalde. Mais à peine eutil fait ce mouvement, qu'il reçut l'ordre du prince royal de reprendre sa première position à Hennersdorf , les Français débouchant par Gross- Beeren.
En effet, 4e général Reynier ayant chassé les Prussiens de Gross-Beeren , développa le septième corps, sa droite appuyiée ^ur ce village, et sa gauche au bois , un peu en avant de Neu^Beeren , et garnit ce bois d^une forte ligne de tirailleurs
dans la direction de Ruhlsdorf. Le prince royal jugea qu'il devait porter tous ses efforts snr cette partie de l'armée française qui en formait le centre ; la réussite de cette attaque entraînait nécessairement la défaite des deux ailes en raison de leur isolement. A cet effet-, le général Bulow reçut l'ordre d'attaquer sur-le-champ; il resserra sa droite sur son centre , et , fprmant une masse^ il s'avança à une portée de canon. Le général Borstel , avec sa brigade , fui chargé de tourner Gross-Beeren, et d'attaquer le flanc droit du dui> de Reggio. Il était six heures du soir; il n'avait pas cessé de pleuvoir : le feu de l'infanterie était à peu prés nul. Soixante pièces de canon, placées .en avant du front des Prussiens , commencèrent l'action. L'artillerie française y répondit avec vivacité. Cette canonnade ne décidant rien , Bulow fît avancer ses colonnes ; on en vint à la baîon«nette. Le septième corps soutint Tattaque avec vigueur ; mais vivement canonné sur sa droite , pris en flanc sur sa gauche par la nombreuse cavalerie suédoise qui s'avauçait par Ruhlsdorf, il fut forcé de céder accablé par le nombre. Les Prussiens enlevèrent le village de Gross-Beeren, et le général Reynier effectua sa retraite dans la direction de Gottow.
Le deuxième corps , qui s'avançait par Ahrjens-
dorf , avait arrêté son mouvement à .la hauteur
de ce village. Les généraux Guilieminot et Fpur-
nier, dont les divisions formaient tête de colonne , attirés par la vivacité du feu sur le centre , marchèrent vers le champ de bataille , appuyant un peu à droite par Sputendorf et Ruhlsdorf , et cotnme robscurité déroba la vue de leurs forces , elles arrêtèrent le mouvement de Tennemî, Après plusieurs charges , la cavalerie prussienne évacua même Gross-Beeren , laissant le champ de bataille aux deux divisions françaises. Mais la défaite du $e|>tième corps décida la retraite des deux ailes; et , lorsque la nuit fut venue , elles se replièrent également sur Trebbin. Ce combat nous coûta treize pièces de canon et quinze cents prisonniers, presque tous Saxons , qui le lendemain passèrent au service de la Prusse.
Le duc de Reggio continua son mouvement rétrograde les 24 et :2 5, prenant la direction de Wittemberg par Juterbogt. "L'ennemi ne nous suivit qu'avec précaution et avec assez de lenteur : la retraite se fit en bon ordre. Le 3 septembre, l'armée se trouva campée sur les hauteurs de Tenchel et de Tragun, eh avant de Wittemberg , le quatrième corps en ai*rière de Weissig.
Le !3i8, l'ennemi se présenta devant Luckau, petite ville qui avait été un peu fortifiée. Mais le commandant français ne se crut pas capable de soutenir une attaque- de vive force; il n'avait avec lui que; sept cents hommes, qui furent faits pri-
sonniérs. I^a Prussiens trouTèrenl dans la place neuf pièces de canon et des magaiinsl
Dans le moment où l'irmée du n6rd faisait son mouTcibent Mir Berlin , le général Girard était sorti de Magdebourg avec une division de quatre mille hommes y dans Fintention de joindre le tnâ-^ réchal Oudinot. Le 25 il se dirigea de Ziezai* sur Beltzig; mais, trouvant cette dernière ville o<5cupéé par les cosaques* de Czernicheff , il s'arrêta à Lubnitz. Le :27 il fut attaqué par la division du général Hinschféld. Ce général, qui dans le principe était devatit Magdebourg, en avait été rappelé poifr opérer avec' l'armée; mais; après l'affaire de GroSs-Bcfereli, il fut détachépour reprendre sa position. La division Girard obtint d'abdrdiitf avantage marqué, mais les cosaques de Czérnicbelf étant Venus pendant l'action , sur ses derrières, eii débouchant par Beltzig, décidèrent l'aSkirë. Il n'en eût pas été ainsi si ïê général DombroWski, qui commandait une divisiori de cavalerie à Wurtemberg , eût exécuté l'ordre qu'if avait reçu de joindre le général Girard. Ce brave générât fut blessé de deux coups de feu, et' repoussé dans Magdebourg avec une perte de huit à neuf cents prisonniers et çix pièces de canon.
Bataille de DennewiU.
La nouvelle de ces nouveaux échecs surprit Kapoléoil à Dresde. Les es|)érançes qu'il ^ àVâît
fendées sur le mouvement du duc de Reggio contre le prince royal étaient détruites ; mais les pertes essuyées à Gross-Beeren n'étaient pas irréparables. 11 résolut de faire renouveler l'attaque contre le prince de Suède. Mais, mécontent des opérations du maréchal Oudinot dans les journées précédentes ^ il le priva de son commandement , et le donna au maréchal Ney, avec l'ordre positif de se reporter en avant, et , par un mouvement de flanc, de replacer l'armée sur la route de Dresde à Berlin. Napoléon promit au prince de la Moskowa de le faire joindre à Dahme par le roi de Naples , avec toute la cavalerie de l'armée* Mais celte promesse ne fut pas remplie, et le itiaréchal Ney ne put disposer, dans ces vastes plaines , que de cinq à six mille .chevaux pour éclairer ses mouvemens. Cependant le maréchal , arrivé à son nouveau poste le 4 septembre, trouva ses troupes concentrées sous le canon de Wittemberg; il les passa en revue, et donna ses ordres pour le lendemain.
Le prince royal avait son quartier-général à Rabenstein; son armée était disséminée, elle occupait Sayda, Zahna, le défilé de Kœpenig, Marzahne et Pliphos, avec une avant-garde à Lobessen et Assau. Le prince avait résolu de passer l'Elbe à Rosslau avec une partie de son armée , et y avait fait rassembler tous les matériaux nécessaires à la construction d^m pont;
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mais il fut bientôt détourné de ce projet par fe mouvement de 1 armée française^ En e&et , le 5 septembre , la division de cavalerie du général Guilleminot chassa successivement de Beltzig et de Zahna la cavalerie prussienne du général Dobschutz. Le douzième corps prit position à Sayda , d'où il chassa le corps du générai Tauenziea. Alors le général Bulow se porta à Kurtzlippsdorf^ liant sa gauche avec Tauenzien. Le quatrième corps s'établit à Neundorf , et le septième en avant de Gadegast.
Le 6 septembre ^ à sept heures du matin , le maréchal Ney remit son armée en marche. Il pa-' rait que son intention n'était pas d'engager une affaire ce jour-là^ mais bien de doubler l'aile gauche de l'armée combinée par devant Juterbogt^ de gagner rapidement Dahme , et de se diriger par Bareuth sur la capitale de la Prusse & En conséquence, le douzième corps eut ordre de s'avancer sur Ohna , le septième sur Rohrbuk. Le quatrième dut couvrir le mouvement de l'armée sur la chaussée de Juterbogt. Le corps du général Bertrand s'avançait sur la route en colonne de marche; il rencontra bientôt l'avant-garde de Tauenzien, formée en arrière du ruisseau qui. traverse le village de Dennewitz; aussitôt l'ennemi démasqua une batterie , et la fit jouer contre la division italienne, qui était en première ligne* Cette réception vigoureuse força le général Ber-
tpand à prendre des dispositions pour forcer k passage. Là 4iVision Fontanelli se forma en avant de Dennewitz , ayant en deuxième ligne celle du général Morand. Une brigade wurtember^oise se porta sur la route d'Interbogt^ une autre se porta à un quart de lieue en arrière de Dennewitz-, avec le parc d'artillerie et les équipages. Le général Bertrand fit placer sur un mamelon» à gauche de la route, une batterie de douze , soutenue par les deux divisions d'infanterie. Une autre batterie de même calibre fut établie sur les hauteurs, àcôtédu village, battant toute la plaine en avant; à la gauche de la première batterie se trouvait le troisième corps de cavalerie. La bouté de ces dispositions se fit bientôt sentir; le village de Nîeder-Xîersdorf fut emporté , et l'aile gauche de Tauenzien perdit du terrain. Le général Bulow^ qui était en position , sa droite à Eckmans-r dorf et sa gauche à Malterhausen , voyant Denner witz attaqué vivement, déboucha en avant de Wilinsdor^, menaçant de reprendre Nieder-Gersdorf, tandis que sa cavalerie faisait mine d'attaquer la gauche du maréchal. Le combat durait depuis quatre heures, et le quatrième corps ^ seul engagé, le soutenait vaillamment ; enfin, le septième, qui avait éprouvé du retard dans sa marche , vint se placer à la gauche de Dennewitz. Les Prussiens, prêts à s'emparer de Nieder-tiersdorf , furent repoussés. Dans ce moment, la division de
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Mval^rk légère du général Lot«ge , «put hit oim fausse charge , Tinfanterie du septième corps se trouva à découvert , et en pardi t presqu^en même temps fes deux villages deNîeder-Gersdorf et Golsdorf. Le maréchal Ney voyant que les différents corps de l'armée ennemie débouchaient les uns après les autres , fit approcher le douzième corps pour prendre part au combat. La division du général Guilleminot , formant tête de colonne , reprit Golsdorf ^ et le Septième corps se remit ea ligne ; aussitôt le général Bulow fît avancer ses réserves , et le maréchal Ney lui opposa la divi«sion Pacthod ; mais à peine commençait - elle à se déployer^ qu'une division prussienne toute fraîche lui tomba sur les bras. C'était celle du général Borstel , à qui le prince royal avait donné l'ordre de $e diriger de Kropstadt sur Eckmansdorf. Mais il avait appris , près de Tatichaw, qu'on avait besoin d'elle sur la droite , et elle s'y porta en toute hâte. En même temps le quatrième corps, fatigué d'un combat si long et si acharné , venait d'abandonner Dennewitz. Cependant la victoire était indécise. Tout en effeictuant un mouvement rétrogade, l'armée française consel^^ait une attitude imposante; ses masses repoussaient les charges de cavalerie, et semblaient braver le feu de la miCraille dont elles étaient foudroyées. Dans ce moment, le prince royal , qui s'était porté de Lo* bessen à l^ksmansdoit, parut près de Wilins-
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dorC^^e«9 1^9 Rua6ês. et les Suédois. Soixatite^dtt jbatat lions, du:. mille chevaux et cent eiuquantt pièces de e^ou s'avaiieeut pour soutenir l'atta-^ qyte de Çiiilow. De plus ^ quatre mille chevaux et quelques batteries se portent sur Suhausen et menacent de tourner la gauche fri^nçaise. Dans une >8itttfijUoii aussi critique ^ le maréchal Ney se trouva hom 4'état de résister à des forces si supé^ rieuros ; il se retira ea bon ordre , résolut de la'sirréter à Rohrbuk, d'y prendre une position pla$ resserrée^ de a'y défendre jusqu'à la nuit y et d'effectuer sa retraite sur Torgau , puisque la route de Wittemberg lui était interdite.
IM^s à peine comménçaitHM à se former en ba« taille dans le lieu indiqué , que deux divisions iaKOfines | fidsant partie du septième iTorps ^ dont " la fidélité était déj^ ébranlée ^ prfrent la fuite ^ et laissèrent un vide énorme dans la ligne. Aussitôt que l'ennemi s'en aperçut , il porta des masses <îoiiaidérafales dans cet intervalle* En vain le duc dêPadoue, avec sa cavalerie , se présenta pour teréter l'ennani; ses efforts furent inutiles^ elle fut rejètée sur l'infSuitcrie* Alors le désordre se mit dans Farmée française; elle lâcha pied. En vain le maréchal Ney y avec cette intréfHdité indomjrtable qu'aucun revers ne peut abattre, veut, à la tète des restes de la divisi(m Morand , arrêter l'.ennenii. Desix divisions de cavalerie sont sourdes à se$ ordres, et abandonnent le champ de ba^
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taille sans combattre | alors la déroute devient complète et l'armée, parta^^ée en deux ^ suivit de» Toutes différentes. Le maréchal Ney ^ avec le qua* triéme corps y se retira $ur Dahme , et le maréchal Oudinot, avec le septième et le douzième, se jeta sur la route de Schweidnitz.
^ Au milieu de ce désastre , les deux armées admirèrent la conduite magnanime d'une poignée de Polonais^ un escadron de ces fidèles amis dé rhonneur ' français servait d'escorte au prince d« la Moscowa* lis furent les derniers à abandonner le champ de bataille, et leimaréchal leur dut plusieui^ fois son salut. Ces braves étrangers, av^ ua héroïsme. incroyable, semultipliaient, se précipitaient sur tous les points que le maréchal désignait à leur' intrépidité, et une partie de Botre infaAterîetput.sè retii^erpar le passage que les sabres polonais lui ouvrirent au travers des rangs ennemie;
' Désespéré de sa défaite, le maréchal ne chercha point à la déguiser ni à l'atténuer en se piaig0ant> quoique avec forte raison , de la désobéis^* sance à ses ordres , et de la manière dont il. avait été secondé. Il écrivit à Napoléon : te J'ai été battu complètement , je ne sais point encore si toute mon armée est ralliée^ Votre flanc gauche est découvert; prenez-y garde : je crois< qu'il est temps d'abandonner l'Elbe , et de se replier sur la Saale. m
- Le 7 septembre^ le général prussien Wobeser,- ^ui avait pris Lukau ^ se porta ce jour-là sur la< route de Dahme 9 pour inquiéter notre retraite* avec/quatre mille hommes. Le vingt-troisième ré-> giméi^t de ligne ^ qui formait l'arrière-garde, jmr^ vint non sans peine à le contenir. Enfin , le 8^^ toute l'armée repassa l'Elbe, et se réunit sous les murs de Torgau ; le quartier-général français fut établi à Tulembai'g. Le /prince royal établit le sien à Interbogt«
■< Notre pçrte^ dans la bataille de Dennewitz^ put être évaluée à dix mille hommes , tués , bles« ses et prisonnier^, vingt -cinq pièces de ca* non y dix-sept caissons. Celle de Tennemi s'éleva à prés de sept mille hommes^ dont six mille l^russiens.
Le maréchal Ney profita du moment de relâche que lui donna l'inactivité du prince royal, pour réorganiser son armée. Le douzième corps fut entièrement dissous , les troupes qui le corn-posaient furent réparties dans le septième et x{uatrième, à l'exception des Bavarois qui furent envoyés à Dresde pour y tenir garnison. Il devenait chaque jour plus dangereux d'avoir des troupes allemandes dans les rangs français.
La critique militaire devait aussi juger la bataille de Dennewitz. ;
Le maréchal Ney, trouvant l'ai^mée conoentrét «D avant de Wittemberg , l'avait disponible dans
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U main . La moiiidre iofennation sur la ritUatîon de rarmëe alliée lai aurait appris cd&ibien elk était disséminée, et combien il lui aurait été facile, en portant la m»se de ses forces sur la roi;fle de Wittemberg à Feuenbritzen et Postdam , de cul^ buter le centre de l'ennemi avant qu'il pût recevoir du secours des deux ailes , et d'agir a^s sur chacune d'elles séparément • Ce tl)e manœuvre aurait eu sans doute un plein succès^ Mais si , comme l'a avoué le maréchal , son intention n'était pas 4e combattre , et qu'il voulût seulement gagndr Dahn^e , où, d'après la promesse de Napc4éon , il devait trouver le roi de Naples , comment alors a-'t-il pu se laisser entraîner à livrer bataille sur Ma terrain qu'il n'avait pas choisi? Il est bien cer^ tain qu'il pouvait faire arriver son arméeàDahme, sftlis passer par Juterbogt. Ainsi Ik marche du quatrième corps sur la chaussée qui mène à cette ville était inal calculée; on était sûr d'y trouver l'ennemi ; et même après la première tentative infructueuse de cette partie de l'armée, pour déga|^ la route, il pouvait retirer ses troupes , et, en appuyant à droite , continuer son mouvement sw Dahme. Mais le maréchal, dont l'impétuosité naturelle n'était pas toujours guidée par la prud^stf^e ^ engagea toute son arntée , et lé fit d'une manière qui ne répondit pas à sa grande réputa^ tion militaire. Le maréchal n'aurait-il pas combattu avec plus d'avantage, si, au lieu 4'ènvoyer
s0oc«ssivemdiit leis, corps du générai Reynier et du inftFéchal Oudiaot au secours Ae sa gauche^ il Teût i*eplôyée , et lui eût évité un combat dé quatre heures qu'elle soutint seule contre des forces trop supérieures ? Il fallut tout le talent et les bonûes dispositions du général Bertrand pour obteliir quelque succès au commencement dû l'action ^ et pour avoir résisté aussi long-temps. Le maréchal Ney s'est plaint constamment de k désobéissance à ses ordres , et de ce que le ma-*réofaal Oudinot n^avait pas fait tout ce qu'il de-* vâit faire. Le douzième corps ne prit presque autline pâ.rt à l'action , et se trouva dans ht déroute satis avoir combattu. Il faut avouer aussi que let Prussiens opposèrent la plus opiniâtre résiststnce aux efforts de l'anÀée française. Le général Bulow^ par des dispositions heureuses et une vigueur peu tominune ^ arrêta son attaque jusqu'à Farrivéè dés Russes et des Suédois , dont la présence ^dé^ cida son succès. La perte des Français aurait été bien plus considérable ^ si la poursuite avait été suivie avec plus de persévérance j leur ceiltrt était enfoncé , leur armée séparée en deui ; l'einnemi pouvait les {Prévenir sur la route de Dahme^^ €* le quatrième corps était forcé de mettre bas leè ariàeâ. Aussi les alliés reprochèrent-ils au prince royal de Suèd^ la mollesse avec laquelle il suivit l'armée vaincue. Cette circonspection fut-elle conseillée par sa |irudti)ce naturelle? crai^nit-il.de
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compromettre un avantage sur lequel il ne devait pas compter? ou bien se serait -il souvenu que l'armée qu'il venait de vaincre était composée de ses concitoyens^ et commandée par ses frères d'armes ?
Napoléon arait appris la nouvelle de la défaite de la Katzbach; il savait quQ l'armée de Silésie, fatiguée et liors d'état de résister à des forces considérables^ battait en retraite sur Dresde et approchait de Bautzen. Il vit combien il était urgent de porter encore un prompt secours à ison lieu- ' tenant, et d'arrêter la marche triomphante du général prussien. Alors , pour la seconde fois , il abandonna toute idée d'opération contre )a Bohème , et partit de Dresde le 3 septembre , avec la garde impériale , le corps du maréchal Marmont et la cavalerie de Latour-Maubpurg, Le 4 il rencontra l'armée du maréchal Macdonald qui se disposait à abandonner la position de Hochkirch , et à continuer sa retraite sur Bautzen. Napoléon arrêta ce mouvement j et , relevant par sa présence le courage abattu de cette armée , il lui fit reprendre l'offensive. L'avant-garde du général Blucher, formant une forte colonne , s'avançait par la route de Gorlitz, feignant de vouloir pénétrer dans Bautzen. Le roi de Naples alla à sa rencontre , la força de rétrograder, et la rejeta derrière le Lœbaner-Wasser. Cette circonstance apprit au général Blucher que l'armée française
Tenait d'être renforcée; et^ fidèle à son plan^ il ordonna la retraite ; elle se fit sitr Gorlitz et sur Lobau y favorisée par les bois qui couvrent les montagnes de la Bohème ^ qu'il avait garnies d'infanterie légère. Le 6 septembre, Napoléon se porta en avant , et fit avancer ses troupes par Glossen sur Reicbenbach. L'on fit quelques prisonniers dans une charge de cavalerie; l'ennemi continua son mouvement rétrograde , repassa la Neiss et la Quéiss , et s'arrêta derrière ces deux rivières. Napoléon, trompé dans son espoir de joindre enfin le général prussien , jugea un peu tard que l'in^ tention de son adversaire était de l'éloigner le plus possible de Dresde , pour favoriser les opérations de l'armée de Bohème sur le haut Elbe. Il reprit alors en toute hâte la route de cette capitale y laissant au maréchal Macdonald pour toute instruction de' ne rien hasarder , et de se retirer devant des forces supérieures. Mais c'était lors de son premier départ de la Lusace qu'il aurait dû lui donner un ordre semblable.
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