‹ Portefeville de mil huit cent treizeChapitre 29 sur 34 · i8 ^5 JPX>*TEiFE,UflLl · texte numérisé non relu

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ÇMPJTRE XIX.

$uite àes afijaires d'Espagi^e ^t .d^a Pyrép^es,

LoRO Bentinck avait remplacé .4ir Mvcray^ et était débarqué à Âlicante avec des renforts de la Sicile. La bataille de Vîttoria et la retraite qui en avait été le résultat avaient compromis au plus haut degré la position du maréchal Suchet dans le royaume de Valence. D'après le|i ordres qu'il avait reçus, l'évacuation de cette province fut décidée; mais le système qui avait laissé tant de belles garnisons depuis la Vistule jusqu'à l'Elbe lui prescrivit aussi d'en laisser dans les places qui échelonnaient sa route depuis Sagonte jusqu'à Figuières, afin de pouvoir revenir à Valence, si, par suite des opérations dont la direction venait d'être confiée au maréchal Soult, l'armée des Pyrénées occidentales reprenait l'offensive avec succès, et parvenait à reconquérir la route de Madridn Ces espérances gigantesques dans le Nord et dans le sud de l'Europe , après la rupture du congrès de Prague, confondent la pensée et isolent Napoléon dan.s une atmosphère inabordable à la raison humaine. Il avait donc, après le désastre de Moscou , espéré de reparaître en vain-

^u^ui^^ur le NiéineQ, puisqu'il ayail enfermé ^eute jmUle liommes à Dantzfek seulement! Âpres le ^é^asire de Vittoria , il n'avait donc pas renoncé ^ renvoyer ses aigles de fitayonne à Madrid, et après les quatre défaites de Macdonald, de Vandamme , d'Oudinot et de Pfey , forcé de donner sa grande bataille à Leipaick^ >il avait donc espéré aussi rentrer à'Bresde , où il avait laissé trentenieux: miHe hommes au maréchal Baint-Clyr ! Enfin il avait dfmc attaché encore assez de confiance en son étoile dans les plaines de Leipsick, pour qu'il ne crût pas avoir besoin. d'appeler à marches forcées le maréchal Davoust et ses quarante mille hommes sur la Hollande et «ur le Q^hin, et pour qu'il lui prescrivît au c<»itraire de lui garder Hambourg! Plus de cent trente mille hommes enfermés dans les places de la Vistule, de l'Oder et de l'Elbe manquèreàgit à la fortune française!

Dans les premiers jours de juillet, l'armée française quitta les habitans de Valence , comme des amis qu'elle' devait bientôt revoir. La reconnaissance et la vénération publique de cette grande Tille furent pour le maréchaLun éclatant témoignage de la bienveillance et de la loyauté qui avaient caractérisé son gouvernement. Le général Delort remit les postes à la garde nationale. Depuis St.-Philippe jusqu'en Catalogne, la marche de l'armée ne fut in^iétée par aucune hostilité, et elle arriva à JBarcelonne où finit sa sécurité.

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Les Catalans étaient d'autres ennemis que les Valenciens; ils secondaient avec une audacieuse opiniâtreté la guerre: que les Anglais avaient portée dans leur pays. Dès le :29 juillet, lord Bentinck, commandant-général des armées angloespagnoles dans la Catalogne, avait voulu réparer TafFront de son prédécesseur devant Tarragone qu'il tenait investie par terre et par mer, La^ chute de cette ville, toujours vaillamment défendue par le général Bertoletti, son gouverneur^ paraissait inévitable. Les aqueducs avaient été coupés le 5o juillet, et l'invincible garnison allait succomber, au milieu de la canicule, à l'horrible tourment de la soif. Cependant lord Bentinck avait vainement engagé' le gouverneur français à . recevoir ses parlementaires. Bertoletti et sa faible garnison mettaient le comble a leur gloire en soutenant pour la seconde fois une défense opiniâtre dans une place démantelée et assiégée nuit et jour par une armée nombreuse où régnait l'abondance. Pour la seconde fois aussi, le maréchal Suchet voulut être le sauveur de la garnison de Tarragone. Le i4 août, il réunit à Villa-Franca les divisions Harispe, Habert, Maurice Matthieu, Lamarque et Delort, et, pour masquer son. opération, il dirigea sur Venderell et, Nostra Senora de Bara, au bprd de la mer, deux divisions d'infanterie et toute la cavalerie. Ce mouvement réussit : les Espagnols crurent que le maréchal allait attaquer

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les hauteurs retranchées d'Attafretta. Alors le général anglais fit réployer pendant la nuit les divisions Wittingham et la Roche qui occupaient le col de San-Christina et de Roccadelleure , et dégarnit ainsi les fortes position é qu'elles occupaient sur la rive droite de la Gaya. Aussitôt que le maréchal eut connaissance du succès de son mouvement, il retira dans la nuit du i4 au t5 ^ les troupes postées sur la grande route, et franchit rapidement les défilés de Roccadelleure, tandis que les généraux Lamarque et Maurice Matthieu débouchaient avec la même impétuosité par le col de San-Christina. Ainsi l'ennemi fut débordé tout à coup sur sa gauche, et ne put défendre que faiblement le passage de la Gaya. Le maréchal se trouva maître des hauteurs, et les divisions de l'armée de Catalogne , aux ordres du général Decaen , parurent à Walls. Cette manœuvre, aussi hardie que savante porta encore une fois à l'improviste l'armée de Valence sous les murs de Tarragne à l'insu de sa brave garnison , à la vue de la flotte immense, qui couvrait la rade et protégeait l'armée assiégeante. L'ennemi dut se retirer sur tous les points; il fut poursuivi sur Canonge par les généraux Habert et Delort. Les lanciers westphaliens poussèrent vigoureusement les dragons anglais sous les murs de Cambrillo , pendant que leurs compatriotes désertaient en Allemagne les drapeaux de Napoléon. La délivrance d'une brave garnison

loQg-temps a^^iégée , >e$t une ^oire dont le hoBr- ' heur est sans^mëlaage et saiis égal. Les défeaseui^s et lesi sauveurs de Tarragone la partagèceoit avec ivresse. Glogau et Wittemberg avaient donné dans le njord le xnéme spectacle à l'armée de Napoléon ; mais Tarragojie était condamnée à ne plus ^étre ni défea^ue ni attaquée , et le 1 8 aoûA , trois coups de canon donnèrent le soir le signal ^e isa destruction de ses remparts, qui s'écroulèrent en même temps au bruit d'une e&oyable détonation%

Après oette glorieuse expédition , le macédial porta.son quartier-général à Villa-sFranca. Maibeureyseipent l^ disette de vivres l'obligea d'^^adre ses cantonj^emens , et la redoutable bande du. chef de gvtérillas Manso détruisit à San-^durni un ba^taillon italien , ^ à Pallejat un bataillon ^et un escadron français. Il fallut qiai'cher'avec la plus grande prudence.dans la Catalogne^ dont Içs localités ^t la population étaient également dangereuses pour l'ar^uiée française. Lord Bentinck venait de concentrer ses troupes à Villa-Franca, et son avant* g^irde, commandée par le général Adams^ occupait la forte position du c(A d'Ordel. Dans la nuit du I S septembre ^ le maréchal mit en marche les armées d'Aragon et de Catalogne , Tune par la route royale , l'autre par les d^lés de Bégas et d'Avinyonet.; il menaçait ainsi le flanc tlroit de rennemi. Dans la matinée, malgré la difficulté des chemins , le mouvement des deux ailes sur le

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centre fut qpéré ^ et to^ts^ Içs (ti?Qupes françaises 9e trouyiireiit deTOAt ViUa-pFranoa , ,^n f^^ce de l'aripée aiDglo-espagnole* L'armée ide C!atalogne avait culbuté les Qoi?ps.de Manso 6t d'Êroles, et celle d'Âragpn^ dans la journée du 16^ n'ayant /pu décider l'année ennemie à recevoir le combat , la |K>ursuivit vivement dajtis sa retraite , après avoir iBmporté la nuit les positions .du col d'Ordal, et tourné celle de y illa-Franca , et lui fit éprouver une perte de cpatre mille hommes , dont trois mille cinq cent^ prisonniers» Levant-garde de l'armée ennemie , qui fut .^enle engagée ^ était de six nûHe jbommes et fut presque totalement «dé-^ truite. Elle perdit ses ^gages et son artiilei?ie. L'affaire de Villa-Franca fut le dernier combat jet ja derniàre victoire des français en Espagne. Ce maréchal, qu'une suite de brillans succès venait de porter en si peu de temps des bords de l'Èbre aux murs d'Alicante , arriva tranquiUèment à Girpnne , où ijl établit son quartier-général.

L'armée des J^yrénées-Occidejatales , réorganisée p^r le maréchal Soult , avait , à la fin de juillet, pris le nom à' armée d'Espagne et des Pjre)9é^^. Elle .était forte de soixante mi;Ue hommes , formant dix divisions , dont une de réserve. Le géçu^al Jifleille aviait jle commandement de l'aile droite, le .général Drouet d'Erlon celui du centre, le général Clausel celui de l'arle gauche. Le gé-

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néral Treiilard commandait deux mille cinq cents dragons y et le général Soult^ frère &a maréchal, deux mille hussards et chasseurs, -he lieutenantgénéral Gazan était chef d'état-major-général • Les réserves étaient sous les ordres du général Villatte, Le général Tirlet commandait rartîllerie de l'armée et des places. Le général Garbé commandait le génie. L'armée ennemie, la grande armée anglo-hispano-portugaise , sous les ordres du généralissime Wellington , était forte de cent vingt mille hommes d'infanterie et de dix mille chevaux. Elle était divisée en trois corps , l'un sous les ordres du maréchal Béresford, les deux autres sous les généraux Hill et Graham; tous les soldats espagnols de cette armée étaient réunis sous les ordres du général Freyre , sous le nom de Grande armée espagnole.

L'aile droite de l'armée française occupait, ainsi que la réserve , la basse Bidassoa et la ligne en avant de Saint-Jean-de-Luz ; le centre était placé sur les hauteurs qui dominent Espplette et Âinboué. L'aile gauche était établie à Saint-Jean-Piedde-Port ; la cavalerie sous Bayonne , où était le grand quartier-général et l'artillerie. Le poste français , qui avait été laissé au fort de Pancorvo par Tordre direct de l'empereur, se trouvant, depuis la bataille de Vittoria, séparé de trentecinq lieues de l'armée française , avait capitulé le premier juillet et s'était rendu au comte de î'Abis-

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'' bal , qui bloquait Pampelune avec douze mille hommes. Le petit port de Saatona, sur la mer de Biscaye , avait également été abandonné à ses propres forces^ ainsi que. la ville de Saint-Sébastien,, si importante par son port et par ses fortifications.. Santona était bloquée, et Saint-Sébastien était assiégée par le général Graham. La place de Jaca , Tune des portes des Pyrénées sur le Béarn , était menacée par Textréme droite des alliés. Ils occu-

^paient , de Jaca à l'Océan , les cols de Roncevaux , de Maye , de Barre , de San-M artial , ainsi que l'entrée des vallées de Baztan et de Baigorry. Le quartier-général de lord Wellington était à Tolpsa,

La prise de Saint-Sébastien était une opération de la plus Jhiaute importance^ pour appuyer l'aile gauche de lord Wellington; celle de Pàm-.

felune complétait aussi , avec la possession .de Espagne, son plaii d'attaque sur la France. Le maréchal Soult conçut le vaste projet de forcer l'ennemi à abandonner l'investissement de ces (}ç^x placée en l'attaquant par sa droite , et même de le pousser jusqu'à l'Èbre. Saint-Sébastien, vi-. cernent attaqué :par sir Graham, dont la nombreuse artillerie battait la place du , couvent de; Saint-Bartholomé et des hauteurs des.d^nes, était , vaillamment défendu par ?on gouverneur^ le gé^ uéral Rey, et par son chef d'^tat-major, l'adjuda^t-commandant Songeons. Le 22 juillet, la hrè-

de Saint-Sébastien devait être le premier trophée^ ix'a pas été sans résultats pour ces places ; car le 37^ où les. troupes du blocus ont été appelées en ligne par le généralissime Wellington , elles ont fait d'heureuses sorties, et leur ravitaillement/ qui était un des principaux motifs de l'expédition du maréchal , avait été complètement opéré.

XiC siège de Saint*Sébastien se poussait toujours avec la plus grande vigueur. Deux nouvelles brèches avaient été ouvertes les 2 5 et 24 juillet; ^ l'incendie s'était manifesté dans pinceurs parties de la ville; l'éloignement de nos troupes, alors en marche sur Pampelune, décide encore le général Graham à tenter un assaut définitif; mais la* garnison lui oppose une défense héroïque, et. refoule les assiégeans dans la tranchée. Ceux qui ont envahi le chemin . couvert ^nt acculés aux palissades et détruits à la baïonnette. Sur ieux raille Anglo-Portugais qui ont paru sur les ^ brèches de Saint-Sébastien, la moitié est tuée, blessée, ou prisonnière. Deux jours après, c'est là victorieuse garnison qui va attaquer l'ennemi. Elle ne. peut atteindre que son arrière-gârde ; sir Qraham a dû se. porter sur la basse Bidassoa pour y remplacer les troupes appelées sur Pam-. pelune; le. colonel Songeons commande cette brillante sortie et rentre avec des trophées à Saint- Sébastien.

Le 5 août , la position de la Croix des Bouquets

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et la basse Bidassoa , jusqu'aux hauteurs de Saînte-Barbe , le camp de la Bayonnette , le camp de Suraïde^ Urdach , sont occupés par les troupes françaises. Le général Foy est à Saint-Jean-Piedde-Port avec sa division ; le passage d'Oleroa est gardé. Jura et le fort de Lourdes ont reçu une garnison; Bayonne, Saint-Jean-Pied-de-Port , Nay arreins , Soccoa , Lourdes , - sont déclarés en état de siège. Le quartier-général du maréchal Soult est porté à Saint-Jean-de-rLuz. Le mois d'août se passe à s'observer mutuellement et à se fortifier. Les deux armées retrouvent et. rétablissent à l'envi les retranchejnens qui ont été construits il y a vingt ans; Saint-Sébastien; aussi a réparé ses ouvrages , a relevé les brèches qui ont vu rentrer sa garnison triomphante. Le. maréchal a pu. pQmpter ses ennemis et ses soldats, et, trop faible pour reprendre une nouvelle attaque , parait s'ê-r tre décidé à défendre les Basses-Pyrépéea de l'iiivasion qui les menacet* Mais au moment où l'armée s'y attend le moins, le Soaout^ elle est mise en mouvement. Il s'agit encore de débloquer Saint- Sébastien et d'^enlevei: la position de Saint-rMartial. Le S I , les divisions sont en marche ; la Bidassoa ^ est franchie; une position voisine de Saint-Martial \ est enlevée; mais Wellingjtpn., malgré le secret de * cette opération, contiuue,.à:être touJ9urs si. bien . instruit des desseins du martjchal, qu'à trois heures du matin, dans la nuit du 3o au-Si août, il a fait

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attaquer le général Raimond sur les deux rives de la Nivelle ; que , la veille, l'armée espagnole du général Frayre a été renforcée , que les ordres ont été donnés pour soutenir l'attaque des Français en ari^tére d'Irun et eh avant de Saînl-Màrtîal, et que lé général Hill a été chargé de reprendre l'offénsive à Sarre et à Urbâch. Il fallait aiissî occuper la garnison de Sàint-Séfcastien , dont la valeur éprouvée menaçait lagaucîiè de l^àrmée combinée d^uhë diversion itiquîéf àntê , et ce même jpur 3i août , èir Gràham a riéçii l'ordre imjiéMtîf d^enlév'ér' Sàint-Sébastîen. Pour !a quatrième fois, l'eanfemî débouché de sefe tranchées et |)araît au pi^d des brèches qii'ilà déjà arroséfeè de tant de saiig. Quatre foie Tassàtït est donné, tiiiatre fois iiëit répoussé. Tout èé i:fue la bravotir<é à de plus îdà^éiu^ux es« employé des deux cètés. Enfin tto\s ^égitaens anglais ont î'ôrdre d'enlever à tout prix la courtine attaquée, et ils se précipitent tête baissée sur les Français, L'invîncifeië garnisôti leë reçoit avec sa vigueur accoutumée -, et îe mtème sort qui a détruit les a'ssié^eans sur les. brèchfes de Saint-Sébastîett est résèfyé aux trois j^é^imens, quand l'explosion subite d'un amas i'àf tifices entassés sur la courtine pour la défense delà brèche jette parmi les Français une confusion fetafe', dont rehnemi a su' profiter. tJn bouvel assatit, à qui cfe désastre împfévti donqè ûhé force piiissahte , e§t ôfdHttrié , et apYês deux nelires d^un

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tombât acharné y Vehnemî parvient à se loger slir la brèche. A la fin de la journée , sans avoir cesse tin moment de combattre et de défendre pied à ^ied les ruinés de Saint-Sébastien foudroyées depuis le mâtin , là garnison , réduite à mille trois cents combattans ^ parvient à se retirer , par le J)ort, dans le fort la Mothe. Les Anglais s'emparent ainsi de ce monceau de cendres qui s'appelïé Saint-Sébastien > et trois mille hommes manquent dans leurs rangs ! La barbarie là plus affreuse dés-* honore le triomphe de sir Graham : pendant quatre jours , sous les yeux des chefs des deux nations , Sans; distinction de sexe ni d'âge , la population fut égorgée, et la ville fut brûlée par les libérateurs de l'Espagne. Dix-sept maisons survécurent à cette exécrable destruction ; elles furent sans doute défendues par les états-Bîiajors deTarméede sir Graham, (Jui laissèrent le reste à la férocité du soldat. Quand ce grand crime fut achevé , on dit que les Anglais et les Espagnols en éprouvèrent une telle horreur qu'ils s'en reprochèrent mutuelletnent la détestable invention. Le crime reste aux deux nations; les mille trois cents bravés Français enfermés au fort Lamothe en furent les témoins malh€iureux et les juges inexorables.

La seconde tentative du maréchal Soult n'est point, comme 11 première, entravée par les retards de ses généraux, mais par les masses ennemies qui , malgré le silence dont il avait couvert cette

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.nouvelle entrepiise, avaient été portées contre les corps de son armée dans le momait même où commençait leur mouvement. Cette trahison^ dont une infâme vénalité fut peut-être le moyen , est jusqu'à présent restée inconnue; elle fut bien funeste, elle ouvrit à l'étranger une baiTiére qu'il ne devait jamais franchir. Le knarécbal , voyant son expédition avortée , ne s'obstine point à vouloir recueillir quelques avantages sans but des succès partiels que pouvaient obtenir les généraux Reille et Clausel ; d'ailleurs le général Drouet d'Erlon était en péril sur la haute Nivelle; en conséquence il ordonne le passage de la Bidassoa et la retraite, le soir même* Tout à coup un violent orage, qui fait grossir les eaux de la rivière^ menace d'en rendre le passage impraticable. Cependant le corps <le Reille et les réserves de Villatte se pressent d^atteindre les ponts qui ont été jetés le matin et parviennent sur l'autre rive. Mais bientôt ces ponts sont emportés par la violence des courans et du reflux de la mer, et le corps de Clausel est forcé d'attendre le jour sur la rive gauche. Mais le i''. septembre , l'orage continuait , et la Bidassoa n'était qu'un vaste torrent. Il fallut remonter jusqu'au ^ont de Béra , à une demi-lieue ; ce passage est dominé par un couvent crénelé , où l'ennemi s'est établi. Mille Français paient de leur sangle salut du corps de Clausel, qui va reprendre sa posi-

tîon dans les lignes d'Ascain. L'intrépide général Vander Maesen, qui , à la lête de deux cents tirailleurs , a tenu en respect la garnison ennemie, tombe frappé d'une balle. Le général Lamar tiniére , son amî , est blessé mortellement , et peu de jours après meurt à Saint- Jean-de-Luz. Le corps de Vander-Maesen fut déposé sur le sommet de la Bayonnette , en face de Béra où il avait si yaillamment combattu. Leur amitié , leur braroure et leur fin appelèrent sur ces deux généraux les regrets de toute l'armée.

Le brave général Rey, désormais isolé dé l'armée, et dans l'espoir de conserver à là France ce petit nombre d'intrépides soldats qui ont survécu à la défense de Saint-Sébastien , propose au général Grabam une suspension d'armes de quinze jours , après laquelle il s'engage à remettre le fort Lamothe, si sa garnison n'est pas secourue, et il demande de rentrer en France avec elle. Cette proposition est refusée par le destructeur de Saint-Sébastien. Pendant quatre jours, le feu de cinquante-quatre pièces de canon ne cesse de battre le fort , dont à la fin tous les parapets sont rasés. Enfin, le 8 septembre, à la fois mitraillés par terre et par mer, sans abris , sans eau , sans vivres, sans munitions , onze cent trente-cinq hommes, dont cinq cents soixante-dix blessés capitulent et sortent à midi avec les honnelirs de la guerre. Transportés en Angleterre , ils durent

à leur conduite héroïque d'être échangés au com« mencement de 1814, où ils revinrent prendre leur place de bataille parmi les cinquante mille Français avec lesquels Napoléon défendit la patrie pendant quatre mois contre un million d'étrangers,

- Il ne fout pas perdre de vue ce passage de la lettre de Napoléon au maréchal, du i*'"'. juillet, où il dit : Vous prendrez toutes les mesures poirr rétablir mes affaires en Espagne et pour conser-^ s^er Pampelune, Saint-Sébastien et Pancorbo. Il parait que cette intention fut manifestée de nouveau du quartier-impérial de Dresde au ma-réchal Soult, et que les deux tentatives malheu-^ yeuses qui avaient eu lieu , furent le résultat desr ordres les plus impératifs. Il était, comme le prouve toute la vie de Napoléon, dans le caractère de ce prinee de ne jamais désespérer, et do chercher à vaincre la fortune par la constance même la plus audacieuse; d'ailleurs, il y avait nécessité pour ce prince à venger en Espagne le désastre de Vittoria , dont l'influence agissait cha* que jour si puissamment contre lui sur les con-» ^eil$ de ses ennemis et sur ses alliances. Certes , « le maréchal avait pu débloquer Pampelune et SaintrSébastien , ce qui devait résulter de l'obéis*!» sauce et de Tensemble de ses généraux à la première tentative du 5i juillet et peut-être à la seconde, il reportait sur l'Èbre la guerre dea

Pyrénées : cette guerre redevenait une guerre d'Espagne^ qui^ yaiilamment secondée par les armées Tictorieuses de Catalogne et d'ArdgoÈn^ eût peut-être empêché T Autriche de rompra, le lo août , la négociation privée du jiqc do Viceuce et de publier sou manifeste. Napoléon avait jugé , avec une merveilleuse sagacit^ l'importance d'un grand succès en Espagne «

L'armée française a fait des pertes; elle opère sa retraite pour la troisième fois depuis le 2i juin, jour de la catastrophe de Vittqria, A présent le rôle de Wellington v^ chaqger, il va prendre celui d'agresseur. Le mois de septembre a été consacré des deux côtés à de nouveaux travaux de défense , à de uQuvellea dispositions d'attaque. L'arïnée combinée se cppcentre, et reçoit une organisation plus convenable aux projets du génér ralissime. Enfin, le 7 octobre, le i^î^rjéchal Soult, qui n'a pas coipme le généralissime la ressource d'émissaires dévoués et actifs, apprend le passage de la Bidassoa par l'armée combinée, pendant qu'à cinq lieues de l'extrême droite de cette armée il passe une revue aux camps de Sarre ei d'Espolette. Les Français , surpris sur toute leur ligne par des forces supérieures dont rien la veille n'^ trahi le mouvement, perdent leurs por sîtions de 1^ Croix-des-Bouquets, ^e la Bayonnette, d'Urdach et de Sainte-Bî»rbe. Jl w reste pjas au maréchal que la ligae en fiyaçit d^la Nivelle >

mais elle est interrompue par la perte de la redoute de Sainte-Barbe qui en est la clef, et dans la nuit du 12 au 1 5, cette redoute est enlevée à la baïonnette par le général Conroux. Vainement, au point du jour, Tennemi est revenu en forces pour rejM»endre cette position , qui garantit la nouvelle ligne française ; il» sont repoussés avec perte , et l'armée du maréchal est de nouveau rendue , pendant tout le mois d'octobre , à un repos absolu. La capitulation de Pampelune , le âi du même mois , après cinq mois de blocus , rompit seule le silence où se renferma tout à coup le camp ennemi après les affaires de la Bidassoa et de la Sainte-Barbe. La garnison fut, ainsi que le générai Cassan , gouverneur , envoyée prisonnière en Angleterre , et les troupes du blocus vinrent grossir l'armée combinée. Le maréchal Soult ignore le nouvel avantage que son adversaire retire de la prise de Pampelune, qui s'est rendue faute de subsistances. L'officier français , chargé de lui en porter la nouvelle , est honteusement retenu dans le camp ennemi. Wellington veut dérober au maréchal le surcroît de forces ralliées à son drapeau. Cependant le maréchal voit arriver à son armée une grande partie des trente mille conscrits dont, sur sa demande , la levée a été décrétée le 28 août. Ces jeunes Français remplissent avec joie les intervalles laissés dans la vieille armée par la perte de tant de braves. Un système imposant d'ouvra-

ges fortifiés couvre la chaîne des Pyrénées depuis Saint-Jean-de-Luz jusqu'au Mondarraïn ; les débouchés du Bidarry et de Samt-Jean-Pied-de-Port 8ont étroitement gardés : le fort de Sainte-Barbe a reçu de plus grands développemens. 11 défend cet intervalle d'une demi-lieue, qui ouvre à l'ennemi un débouché facile sur la France. Ces travaux sont achevés le 20 octobre; ceux d'une seconde ligne , qui s'étend de Saint-Jean-de-Luz à Gombo^ et d'une troisième d'Ustarite à Bîdard, sont commencés , et de toutes parts s'élèvent les retranchemens. L'artillerie est transportée sur des points reconnus jusqu'alors inaccessibles, tels que le rocher du Mondarraïn. Les canons de fer de la marine de Bayonne , qui ont soutenu sur les mers l'honneur du pavillon français , sont hissés, portés à bras sur • les escarpemens des Pyrénées , pour y défendre l'aigle impériale. Mais le 10 novembre , une attaque générale , combinée avec le secret qui couvre toujours les opérations du généralissime, enlève au maréchal le fruit de tant de travaux. Le soir l'ennemi était maître de sept positions sur le territoire français, et le lendemain il entrait à Saint-Jean-de-Luz que [le maréchal a dû évacuer pour prendre position sur la troisième ligne à peine terminée. Le général Foy, qui était chargé d'opérer contre la droite de l'ennemi , avait abordé Morillo avec une rare intrépidité, l'avait culbuté , l'avait poursuivi jusqu'au

col de Maya , et avait jeté la terreur sur la droite de la ligne ennemie. Mais la perte des c^mps de Sarre et de Suraîde rendit ses succès inutiles ; il eut seul l'honneur de cette fatale journée , et se rci* plia avec le plus grand ordre sur Combo avec quelques trophées, des prisonniers, des bagage a et des troupeaux. La journée du lo novembre coûta aux deux armées environ trente mille hommes. L'armée française eut à regretter le brave général Conroux , qui avait prédit que le camp de Sarre serait son tombeau»

L'ennemi est devenu le maître des déboAichés depuis Saint-Jean-de-Luz jusqu'à la haute Nive. Cette rivière n'est plus guéable» Le maréchal y voit une défense naturelle. Le général Foy a fait sauter le pont de Combp , où il a été attaqué la veille , et s'est retranché sur la rive droite. Le maréchal veut isoler l'armée ennemie à Saint-Jeande-Luz , à Ustaritz et à Espolette , et lui interdire toute invasion daps le reste du département des Basses-Pyrénées. Il établit son quartier-général à Bayonne le 12, et groupe autour de cette ville ses quatre corps d'armée, sur les routes qui y conduisent des positions ennemies et sur la ji^e droite de la Nive, Bayonne est couverte par d'immenses travaux qui la défendent du côté du chà-r teau de Marrac, et sur les routes de Saint-Jean- Piedrde-Port et de Saint-Jean-de-Luz. Ces ouvrages sont protégés par un vaste camp retranché qui

s'appuie à trois cents toises en ayant des glacis sur l'Adour et sur la Nive. Un pont de bateaux sur la Nive est la communication de la. place avec les camps retranchés, tes hauteurs qui dominent la citadelle sont couronnées de redoutes. Quatorze mille hommes^, au lieu de huit mille^ forment la garnison.

Wellington, qui n'attaque qu'une fois par mois, aussitôt que la Nive est devenue guéable , donne ^ le 9 décembre, le signal d'une attaque générale. Une partie de son armée parvient à passer cette rivière , et s'établit , après la plus opiniâtre résistance sur ses deux rives depuis la ville de Combo jusqu'à Villa-Franca , à deux lieues de Bayonne. De retour à son quartier-général , le maréchal conçoit le grand projet de profiter de la séparation de l'armée élipemie ps^r la Nive, pour l'attaquer sur les deux rives. L'attaque a lieu le lendemain; mais le mauvais temps détruit une partie des espérances de l'armée, et après une af* faire très-chaude , qui coûte trois mille hommes aux Français et six mille à l'ennemi, il a été impossible de forcer ses positions. Le système de la défection allemande sur l'Elbe enlève au maréchal, dans la nuit du 10 î|u 11 décembre, geize cents hommes des coritingens de Nassau et de Francfort; mais ces br^v^g qui depuis longtemps partagent les périls et la gloire du drapeau fr^pcais, forcés d'obéir à Tordre de leurs souveir

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