Tome U
4^8 i:k poï^tefefïllk
▼enait de {Nrociamer étaîi perdu pour là FrMÊe et pour lui*
Le ewps législatif prît nme eoukur Bioin» géné«reuse : au Ueu d'arriver au secours de la France e( de son chef, il Gt le procès de l'empire avee la li-* berté ; sa commission sanblait Qu'être que Forgane d'un parti, au lieu d'être celui des dëputés^ de tous les départemens^ de la France : a S'il s'agissait, dit dans la séance du 28 M. RaywMiard^ oratemr do la commission, de disenter ici des conditions flé^ trissantes , sa majesté n'eût daigné répondre qu'e» faisant connaître à ses peuples les projets ée Vé» tranger ; mais on ne veut pas nous humilier, tm wut seulement nous renfermer dans, nos tùnilBs? ei réprimer l'élan d'une activité ambitieuse, s» fatale depuis vingt ans à tous ks peuples dis YExt* rope. De telbes propositions nous paraissent ko^ noraUes pour la nation , puisqu'elles prou^^emi que V étranger nous craint et nous respecte^ Ce* n'est pas lui qui assigne des bcHrnes à notre* piasrsance, c'est le monde effrayé qui invoque le droit commun des nations. Les Pyrénées, le Rhin et. les. Alpes renferment, lin vajste territoire dont plu? sieurs provinces ne relevaient pas de l'empire, des Lys, et cependant la royale couronne de France pétait brillante de gloire et de majesté entre tous: les diadèmes. »
Orateur, s'écrie le duc de Massa président,. cie que vous dites, est inconstitutionnel! U.n^y a^ iei djinconstitutionnel' que v<^è présence^ réplîr
qua M» fiayiKmard , et il continua par le tableau du despotisme sur lequel finissaient les peuples du Rhin, du Brabant^ de la Hollande.
K Ne dissimulons rien, {^uta-t-il; nos maux sont à leur comble... Il n'est point de Français qui n'ait dans sa famille une plaie à guérir*.., La conscription est devenue pour toute la France xm odieux fléau.*. « Depuis deu}^ ans^ on moissonne trois fois T année. •». Les larmes des mères et les sueurs des peup^ei^ sont-elles donc le patri* moine des rois? Il est temps que les nations respirent..«. Notre auguste moqarque qui partage le zèle qui mous anime , et q^î brûle de consolider le Lonbeur de ses peuples, est le seul digne d'ache^ ver ce grand ouvrage.,. Les monarques français se sont toujours glorifiés de tenir leujr eouron ne de Dieu^ du peuple et de leur épée^ parce que la paix , la morale et la force sont avec la liberté le plus ferme soutien des empires.... » ^
C'était parler en homme de parti plutôt qu'en homme d'état^ en tribun monarchique plutôt qu'en orateur de la législature française. L'Jjlurope assiégeante et la France assiégée appnrent ù\l même temps que le corps législatif se constituai l Topposition. Par suite de de rapport^ une âif^^esse fut votée à la majorité de deux cent vingt-lrols voix contre trente^uoe. Cetteadresse semblait être^ne émanation de la déclaration de Francfort ; elle séparait le peuple français de Napoléon ; elle ex-* primait vivement le vœu d'ufie sorte de redresse-
5«o LE PORTEFEUILLE
meni cks griefs imputés au gouvernemeat de Na-^ polébn ; elle lui demandait des garanties contre lui-même , des garanties politiques pour engager la nation y pour rendre la guerre nationale. 1\ s'agissait bien alors de théories. Sans doute le corps législatif avait raison de vouloir rétablir les bases ébranlées de la liberté publique; il avait raison de vouloir réprimer les infractions aux lois , mots sévères, mais justes, auxquels le duc de Massa obtint de faire substituer ceux-ci : maintenir Fexér cutiondes lois. Mais le devoir actuel, ledevoir pressant et vraiment constitutionnel du corps législatif était de concourir de suite et séance tenante ^ avec l'empereur , à sauver la patrie par tous les moyens, de prendre l'initiative légale du salut public , et de garder en réserve ses justes remontrances , coipme des titres qui devaient survivre aux malheurs de la France sauvée, pour les empêcher de se renouveler jamais. Le corps législatif voulait avec raison rendre la guerre nationale. Si ce grand pouvoir avait proclamé luimême, à la tête de son rapport et de son adresse, la guerre nationale^ si, à cette haute résolution de Napoléon , qui voulait aussi nationaliser la guerre , et à laquelle toute la France eût applaudi, il se fût déclaré le conseil permanent de la défense de la patrie en danger, la patrie entière se serait levée en armes, et le million d'étrangers qui n'osaient déborder sur son territoire qu'après iavoir violé la neutralité helvétique^ entraîné la
DE MIL HUIT CENT TREIZE. 5oi
Hollande^ soulevé leé passions de l'intérieur, effrayé tout à coup du rempart de fer que la population de la vieille France , redevenue |civique , eût subitement élevé devant lui , [fut retourné promptement sur le Mein, ou il eût invoqué T acceptation des bases de Francfort qu'il venait de l'efuser. Napoléon jne pouvait point faire lever la France en masse; il n'y avait, comme du temps • de la république, que le pouvoir législatif à qui ce droit fût acquis. Napoléon le dit aux députés* «Il faut suivre l'exemple de l'Alsace, de laFranche- Gomté et des Vosges. Les habitans s adressent à moi pour avoir des armes.... Je vous ai rassemblés pour avoir des consolations : ce n'est pas que . je manque de courage ; mais j'espérais que le corps législatif m'en donnerait; au lieu de cela, il m'a trompé , au lieu du bien que j'attendais ; il a fait du mal.... Vous cherchez à séparer le souverain de la nation. »
Et en effet, le corps législatif, par son rapport, sigaalait en détail à l'Europe les maux de la situation domestique de l'Empire ; il lui indiquait les points où la France était vulnérable ; il donnait à tous ses ennemis extérieurs et intérieurs le secret de son plus grand péril ; il fît plus , il décolora , en l'accusant , celui qui seul pouvait sauver l'Etat, s'il était soutenu par les représen-^ tans de la nation. Il légalisa pour ainsi dire la méfiance ; il se déclara l'opposition à l'empereur ; il rompit l'unité.
5o« LE PORTEFEUILLE, »Te.
Le3o décembre^ Tépreiivedu ra|f)ert ^4é Ta* dresse fut saisie chez rùapruieiir, par wire dtt ministre de la police ; la plancbe fut brisée. Les^ {)ortes du Palais législatif forent fermées. Le Sx ^ la législature fut dissoute.
Ainsi c'était par une véritable gueire civile entre le coips législatif et Napcdéon que se terminèrent la communication solenflelle faite aux premier» pouvoirs de TÊtat , des espérances et des besoins relatifs à la paix du monde et au salut de la France. La discorde intestine semblait appeler l'invasion étrangère : elle frappait d'un interdît public , ^'une sentence nationale , le dictateur armé pour le salut de tous ; elle couvrait de ses pertes le sol de la patrie que l'union seule pouvait sauver encore. On avait dit h Rome et à Athènes : « Nous délibérons, el Tennemi est à noa portes, n On le dira encore une autre fois à Paris , et le même ennemi prendra deux fois la capitale.
L'année 1 8 î 3 expire dans ce grand conflit de& passions de la France et des vengeances de l'Eit^ rope. Fatigué de tant de défections. Napoléon n'a plus d'autre ressource que de se réfugier dans l'inr* expugable fidélité de son courage et de soa armée.
FIN DU SECOND ET DEiRNIEH VOLUME.