CHAPITRE XX^L
Napoléon à Paris.
Le 2 novembre, Napoléon est rentré à Mayence avec les drapeaux que son invincible garde vient de conquérir à Hanau sur les Bavarois. Ces adieux à l'Allemagne jettent un dernier éclat sur les vainqueurs de Lutzen, de Bautzen, de Wùrschen, de Dresde, sur les braves trahis à Leipsick*, sur les vengeurs de la déloyauté du général de Wrède. Mais Napoléon refuse tout de cette dernière gloire qui s'exile avec lui de la terre germanique. Ce n'est qu*à regret qu'il a porté des armes vengeresses contre les bataillons qui depuis tant d'années étaient si heureux et si fiers de marcher sous son commandement. Il les a reconnus à Hanau; ce sont les mêmes au milieu desquels, confiant alors dans la loyauté allemande, seul, avec une escorte des dragons de sa garde, il alla placer son aigle, en 1809, contre ces mêmes Autrichiens qu'il vient de combattre dans les rangs bavarois. Ce sont les mêmes avec lesquels il a fait tomber le 25 avril les murs de Ratisbonne , avec lesquels il a rendu la Bavière à leur souverain qu'il avait fait roi , avec lesquels il a pris Vienne pour la se-
conde fois ! il a revu sur leurs poitrines , sur celle de leur général ^ la décoration de l'honneur^ dont à Friedland^ le ^4 j^^^^ '^7 <^ontre les Russes^ et à Ratisbonne le 2? avril 1809 contre les Autrichiens y il dota à pleines mains leur bravoure et leur fidélité. En 1809^ la Russie marchait aussi avec lui contre l'Autriche ! Il est vrai que Tannée précédente l'Autriche marchait avec lui contre la Russie^ que trois mois plus tôt seulement elle traitait avec lui comme alliée , et qu'encore à présent, où cette cour , qui est sa famille , le dévoue à la proscription sous la solde britannique , il sépare au nom de l'impératrice et du roi de Rome les sentimens qu'il suppose à son beau-père , des intérêts qui arment contre lui la politique de Tempereur d'Autriche. Obsédé de ces funestes rapprochemens, NapolÀ>n jette des regards plus douloureux sur l'armée mutilée, qui se presse autour de lui à Mayence , et il les détourne de ces drapeaux flétris autrichiens et bavarois dont pour elle et pour lui il dédaigne le trophée !
Les six jours que Napoléon passe à Mayence sont consacrés à une. nouvelle organisation de son armée : le duc de Tarente est chargé de défendre le Rhin. à Cologne; le duc de Raguse commande les forces rassemblées à Mayence ; le duc de Bellune part pour Strasbourg ; le duc de Valmy va prendre à Metz le commandement des réserves. Le général Bertrand qui , le lendemain de la ba-
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tiiille de Hanau ^ a Uvré aiux ÀUeinands fe der- HÎer combat suf les bords de la Kintzig^ esf pliaeé eo première ligoe pour c<>uvrir la fropliére proTi^^ soîre du Rhin à Hockeim, e » a^aat de eette fameuse tète de poqt.de Ca$8el^ inexpugnable boule^art de 1% YÎUe de Mayence. Un camp retraaché va $'ouvrirdau& cette position avancée, sur les hau-»* leurs où le quatrième cwps a arrêté sa retraité vietorieuse. Tout le reste de Farmée est rentré dans cette grande limite que la o^^iture et la républi*que vivaient donnée à la. patrie française ^ et Na« poléon v^ la réclamer hautement dans la fallacieuse négociation , que la peur du sot français médito à Francfort. Le 9 , Napoléon est arrivé au pa<* lais de Saint-Cloud.
La campagne s'était ouverte par Varreetation ^ •c(mtre le droit des gens , d'un secrétaire de lé^ galion du baron de Saint-Âignan , ministre de France près Içs cours ducales de Saxe. £Ue se terminait par la même violation sur la personne de ice ministre ^ dont le droit de la force venait de faire un prisonnier de guerre. On l'emmenait à sa. destination en Aussie y quand il fut subitement appelé par le comte de Metternich ^ à Francfort, où se trouvaient également le comte de Nesselrode et lord Aberdeen. Le motif de la conférence qui eut lieu entre ces quatre per^ j^onnages aurait pu être sans doute une réponse à faire à la dernière note du duc de Basdauo , apràs
tel rupture de Prague. Mais la n«?gociation dont NsifjKjlëon ^àit chargé' ftri-même le comte de Meerfeld, son prisonnier à TaSkire de Wachau, événement ^u'un reste de pudetif nef pouvait condamner à Foubli , pafut aux ministres de la coalition un Bfioycn plus capable de voiler aux yettx dé l'Europe l'exécution des projets arrêtés contre Napoléon-
Là Bdte du baron d% Saint-Âignan éclaii*ctt ^fBsammènt c€ftt« ini(]uité mystérieuse , improvisée, à l'aspect du sol redoutable de la France , sur une démarche toute généreuse confiée sur le cfaàlil{» de bataille par la loyauté du vainqueur à hk loyauté de son prisonniéi*.
Noie ecfiie à Francfort ^ ée g fiQi^ef^re t8ï5, par M, te baron de SaiHf-Ji^àn.
w M* le comte de Mettemich m'a dit que la eirconstance qui m'a amené au quartîer-généraï de Tempereur d'Autriche pouvait rendre convenable de mé charger de porter à S. M. Tempe-' neur la réponse aux propositions qu'elle a fait faire par M. de Meerfeld. En conséquence , M. de Mettemich et le "comte de Ncsselrode m'ont demandé de rapporte!* à &à majesté :
» Que les puissances coalisées étaient engagées par defe liens indissolubles t}ui faisaient leur force^ etd^nt elles ne dévieraient jamais;
» Que les engagemens réciproques qu'elles: avaient contractés leur avaient fait prendre la résolution de ne faire qu'une paix générale ;
» Que lors du congrès de Prague, on avait pu penser à une paix continentale^ parce que les cir-, constances n'auraient pas donné le temps de s'entendre pour traiter autrement; mais que, depuis,, les intentions de toutes les puissances et celles^ de l'Angleterre étaient connues ; qu'ainsi il était inutile de penser soit à un arm^istice , soit à unenégociation qui n'eût pas pour principe une paix générale ;
» Que les souverains coalisés étaient unanimement d'acctord sur la puissance et la prépondérance que la France doit conserver dans son intégrité, et en se renfermant dai)i3 ses limites naturel* les, qui sont le Rhin, les Alpes et les Pyrénées;
» Que le principe de l'indépendance de l'Allemagne était une condition sine qud non, qu^ainsi la France devait renoncer, non pa» à l'influence que tout grand état exerce naturellement sur un ^tat de force inférieure, mais à toute souveraineté sur l'Allemagne; que d'ailleurs c'était un principe que sa majesté avait posé elle-même en disant qu'il était convenable que les grandes puissances fussent séparées par des états plus faibles;
» Que du côté des Pyrénées, l'indépendance de l'Espagne et le rétablissement de l'ancienne dynastie étaient également une condition sine qud non;
l[ju^en Italie , l'Autriche (levait avoir une frontière qui serait un objet de négociation ; que le Piémont offrait plusieurs lignes que l'on pourrait discuter, ainsi que l'état de l'Italie, pourvu toutefois qu'elle fût, comme l'Allemagne, gouvernée d'une manière indépendante de la France , ou de toute autre puissance prépondérante;
» Que de même, l'état de la Hollande serait un objet de négociation , en partant toujours du principe qu'elle devait être indépendante;
» Que l'Angleterre était prête à faire les plus grands sacrifices pour la paix , fondée sur ces bases, et à reconnaître la liberté du commerce et de la navigation à laquelle là France a droit de prétendre ;
» Que si ces principes d'une pacification générale étaient agréés par sa majesté, on pourrait neutraliser sur la rive droite du Rhin tel lieu qu'on jugerait convenable , où les plénipotentiaires de toutes les puissances belligérantes se rendraient sur-le-champ, sans cependant que les négociations suspendissent le cours des opérations militaires.
» Le baron de Saint-Aignan.
» Francfort, le 9 novembre i8r5. »
Cette note fut remise par le baron de Saint-Aignan au duc de Bassano qui^ dans sa dépêche du 16 du même mois, proposa au comte de Metternich
Touverture d'un congrès à Manhejîm, i< jwur y dis- ,cuter la paix sur les bases de rindépendancé de toutes les natipns, tant sous le point de YUè continental que sous le point de vue maritime.'»
Le comte de Metternich répondit ^ le :i5, que ce principe , un peu vague , ne pouvait remplacer les bases générales et sommaires confiées à M. fk Saint-Aignan. £t^ tout à eoup^ le duc de Bassano fut remplacé par le duc de Vicence. Ce changement imprévu dut frapper l'attention publique.
La nomination du duc de Vicénce, beau-frère de M. de Saint-Ai|;nan ^ parut une garantie €t ,une sorte d'avance de la part de Napoléon à la nouvelle négociation, ouverte par M. de Metternich. Il n'y eut pas de temps perdu. Le 2 décembre, M» de Vicence écrivit k M. de Metternich u que V empereur adhérait aua: bases géf^rales ft sommaires. nhe lOsuiyant^M. de l^etternich répliqua : «Les : souverains réunis à Francfort ont. reconnu avec satisfaction que l'empereur des Français avait adopté des bases essentielles au rétablissement d'un état d'équilibi^ et à la tranquillité future de l'Europe j en voulant que cette note fàt portée sans délai à la connaissance de leurs alliés y ils ne doutaient point qu'après la réception de leurs Impenses les négociations ne pussent s'ouvrir. »
Par cette étrange réponse, il devirit impossible à l'empereur Napoléon et à son cabinet de. «e méprendre sur- la nature de la négoclatîofi de
Francfort; car la note du baron de Saint-Aignan, écrite aous la dictée de M. de Metternich en pr^- «seneedeM. de ffossekode etde lord Âberdeen^ -^aonoait fotmelldàie&t j^fiiB les intentions des puissances èkimi que de Tjéni^ leterre étaient connues y ^ M. de Metternicïà répondait de Francfort qu'il allait^portar la note^de M. le duc de Vieence <3 i^ i:0muiissim^e . dts allées l Quels étaient donc ces alliés^ puisque les' empereurs de Russie et d'Âutvidh^, le roi?de.f nisse^^ étaientà Francfort avec les chefs de leurs cabinets^ MM. de Nessélrode , de Mëtteriiich», defHardenberg?^IiOTid Abe^deen y représentait >iii'bmi ^lord iCktôtôlrea^h., letfuel n^ fakipoint atrivé^ qu'iLan^it iait partie dei la oonféreiiee de iFi^etnefort^ loù M* de 'Saint-rAignan '^al^ait été appelé. Ain«i;^ il n'était plui^^ihne^ pouvait) plus être ^ût^sbxpotir Napoléon ^ que^k négoeiatiod deFrancfort n> eût été un piège , puisqu'il 7 était' éconduit quand il iacceptait sans restriétion .les bases imposées par. les alliés. Il ei^ ^ût< infaillibl^menf été de menue. à i Prague^ si de part et 4:autre la première • négociation avait été portée 'à cepoihtde maturité. €ertain«ment y en adméttMt un moment une supposition / dotit nous croyons avoir démontré toute Terreur, c'est-à-dire- qtie Hapoiéonait.pu faire la paix ^^Pragne, au nioi^s estnlimpossible de. nier que ce prince vontât bien positivement faire Ja paix au mois de décembre r8i5 , quand il^ wyail laFranfee assiégée par
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un million d^honimes ^ et la conspiration européenne représentée à Paris par une foule d'oppositions françaises. La paix n'était plus un devoir pour Napoléon , elle était un besom , une nécessité, une loi de la fortunci A cette époqtfe, il n'y avait que la coalition qui fût assez f(H*te pour la refuser, et elle ne tarda pas à en instruire l'Europe ; car ce fut dans ce court intervalle de la réplique de M. die Mettemich à la première note du duc de Vicence, que parut la fameuse déclaration de Francfort.
. Cette déclaration , avec celle de FAutriche du I a août , suffisent pour éclairer la ténébreuse machination ourdie aux conférences de Reichenbach, . de Trachemberg et de Peterswaldau , pendant le fatal armistice de Plesswitz, dont la convention ne fut que^ le prélude de la dédaration de guerre , de la cour de Vienne , comme la conférence de Francfort avec M. de Saint-Aignan fut celui de la déclaration du i". décembre des puissances alliées. De même M. de M etteirnich écondùisait à Francfort l'adhésion de Napoléon si clairement exprimée par le duc de Vicence , comme il avait éconduit à Prague k note du i8 août du duc de Bassano, où il était dit: «Le soussigné propose de neutraliser un point sur la frontière pour le limi des conférences ; de réunir les plénipotentiaires de la France, de FAutriche, de la Russie, de h Prusse, de la Saxe, de convoquer tous ceux des
puissances belligérantes, et de commencer dans cette auguste assemblée Tceuvre de la paix si vivement désirée par toute l'Europe, etc., etc. m L'Autriche avait pris son parti quand elle se fit médiatrice , mais il lui fallait du temps pour ar^ mer sa médiation. La coalition avait pris aussi son parti de détruire Napoléon et Tempire fran* çais, mais elle avait besoin aussi de gagner du temps pour se faire ouvrir les portes de la France.
Déclaration de Tra^Jorl du i*"^. décembre iSi3.
te Le gouvernement français vient d'arrêter une nouvelle levée de trois cent mille conscrits : les motifs du sénatus-consiil te renferment une provocation aux puissances alliés. Elles se trouvent appelées à promulguer de nouveau , à la face du monde , les vues qui les guident dans la présente guerre, les principes qui font la base de leur conduite, leurs vœux et leurs déterminations.
* » Les puissances alliées ne font point guerre à la France, mais à cette. prépondérance hautement annoncée, à cette prépondérance que, pour le malheur de l'Europe et de la France , l'empereur Napoléon a trop long-temps exercée hors des lin^iites de son empire.
.» La victoire a conduit. les armées alliées sur le Rhin. Le premier usage que.^LL. MM. impérijales et royales ont fait de la victoire, a été d'offrir la paix à* S. M. l'empereur des Français. Tous u. 3i
48t» LE PORTEFEUILLE
Une attitude renforcée par l'aocessioii de tous les souverains et princes de TAllemagne n'a pas en d'influence sur leseonditions de la paix. Ces cou-, dations sont fondées sur Tindëpendance de Tem-» pire français y comme sur Findépendance des au-^ très états de l'Europe. Les vues des puissances sont justes dans leur objet , généreuses et libérales dans leur application , rassurantes pour tous» honorables pour chacun.
» Les souverains alliés désirent que la France soit grande , forte et heureuse , parce que la puissance française grande et forte est une des bases de l'édifice social. Us désirent que la France soit heureuse; que le commerce français renaisse ; que les arts y ces bienfaits de la paix^ i^efleurissent , parce qu'un grand peuple ne saurait être tranquille qu'autant qu'il est heureux. Les puissances confirment à l'empire français une étendue de territoire que n'a jamais connue la France sous ses rois» parce qu'une nation valeureuse ne déchoit pas pour avoir à son tour éprouvé des revers dans une lutte opiniâtre et sanglante , où elle a combattu avec son audace accoutumée.
» Mais les puissances aussi veulent être heureuses et tranquilles^ elles veulent un état de paix qui» par une sage répartition de forces» par un juste équilibre» préserve désormais leurs peuples des calamités sans nombre qui depuis vingt ans ont pesé sur l'Europe. .
DE Mît Htlî CËNÏ ÏRËIZÉ- 483
iè Les pliissaîHîes alliées ne J^ôstront pas les armes sans avoir atteint ce grand et bienfaisant résultat , noble objet de leurs eflforts ; elles ne • poseront pa» l^s armes avant qtie l'état politique de VEurope lie soit de nouveau raffermi , avant que des principes iintfiUdbles n'aient repris leurs droits sur cte vaines prétentions, avant que la sainteté des traités n'ait enfin assuré une paix Véritable à l'Europe, »
Cette déclaration séparait par un arrêt européen le peuple français de Napoléon , au moment tnéme où l'on Venait d'ouvrir avec ce prince une négociation qUe l'on avait provoquée, et on le dé** vouait à la haine et à l'abandon de ses propres tsujetsi et on prononçait à la face du monde, au dix-neuvième siècle, la destruction d'un adversaire qui tenait dans une main le gage du combat qu'il avait dû relever à Prague, et dans l'autre la négociation qu'il venait d'accepté/ ! Napoléon, dans le temps de ses prospérités, avait conçu l'idée d'un haute cour de rois, qui aurait réglé les grands procès politiques» Ce projet se réalisait à Francfort, et il devenait justiciable d'une pensée gigantesque, dont la force, la haine, la vengeance pervertissaient rexécution» '
Mais tandis qu'il est condamné par l'Europe à transformer la France en champ de bataille, il reçoit chaque jour les plus accablantes nouvelles de ses armées. Le maréchal S^int-Cyr, condamné >
depuis la perte de la bataille de Leipsick , k ne \- devoir qu'à une heureuse témérité la délivrance
(, des trente-deux mille hommes qu'il commande à
Dresde , a fait , le 1 1 novembre , une capitulation honorable avec les généraux Tolstoi et Klenau. Mais le système qui a fait trahir toutes les alliances fait trahir les capitulations ; et c'est le der- . nier ambassadeur d'Autriche en France, c'est le prince de Schwartzenberg , qui refuse de ratifier la convention signée pj^r ses lieutenans! Le corps du maréchal était déjà en marche vers la France. C'est dans sa route ^ sur la foi du traité le plus sacré de la guerre , qu'il est investi , arrêté , désarmé et conduit prisonnier en Autriche ! Le premier janvier 1814 verra le même attentat commis sur l'héroïque garnison de Dantzick, autre arniée de trente mille hommes^ pour lesquels le général Rapp aura capitulé , après un an de combats et de blocus , avec le duc de Wurtemberg. La ratification sera refusée par l'empereur Alexandre. Le ai novembre, Stettin, après huit mois de blocus, avait dû ouvrir ses portes» Le 24 > Amsterdam se rendait au général Bulow, et proclamait l'indépeur dance de la Hollande et le rappel de la maison* d'Orange. Le 2 décembre, Utrecht était au pouvoir de l'ennemie Le 4 f Lubeck était prise par les Suédois. Le 10, les villes deBréda et de Wilhemstadt s'étalent rendues; et le i5j^ afin. qu'il ne restât plus en Europe un seul allié à la France ,
le Danemarck devait stipuler un armistice avec \es Russes. Prives de leurs allies, lies trente-cinq mille Français que le maréchal Savoust commandé à Hambourg, ceux qui étaient appelés à changer la face de la guerre , si le maréchal Oudinot avait pris Berlin., sont condamnés à attendre^ dans les remparts qu'ils ont rendus inexpugnables , l'heure de la destruction de l'empire. Un ordre fatal les a retenus ! Ils auraient pu , dans les mois d'août et de septembre, aller débloquer Magdebourg, et, réunis à sa garnison, donner cmquante mille hommes à la forte placé de Wesel , et ouvrir une belle campagne en Hollande et sur le bas Rhin. Ceux de Dresde, i^unis à ceux de Torgau , Font-ils pu également? Si cela est, la France aura encore été privée de près de quarante mille défenseurs voisins du théâtre de ses périls, et la patrie aurait à jamais le droit de reprocher aux lieutenans de Napoléon d'avoir été sacrîBée à leur obéissance. Le général Durrieu était parti de Dresde le 6 octobre , emmenant le grand quartier-général auquel étaient réunis près de ciuq mille hommes des armes du génie et de l'artillerie, hommes d'élite. La perte de la bataille de'Leipsick l'avait forcé de se reployer de Duben sur Eulembourg et de cette ville sur Torgau, où il arriva dans la nuit du 19 au 20. A Torgau étaient réunis les dépôts des hôpitaux et de la cavalerie, et vingt-sept mille hommes s'y trouvèrent
rassembles par Farrivëe des ttou[ies commandées par le général Dnrrieu. Le comte de Narbonne , aide-de-camp de l'empereur, et plénipotentiaire à Prague, est gouverneur de Torçau* Tant dliom^ mes, tant de malades eptassés dans une ville qut ne compte que deux mille cinq cents habitans , bloqués , assiégés , bombardés nuit et jour ^ sont bientôt dévorés par une contagion qui en mois** sonne quatre cents par vingt -quatre heures. Blessé d'une chute de cheval ^ le comte de Nar-> bonne'^a été emporté par ce terrible fléau. Bien^ tôt ils ne sont plus que mille pour soutenir les travaux du siège ; tout le reste est mort , meurt ou languit dans lés hôpitaux. Le général Butaillië, qui a remplacé le comte de Narbonne, soutien-^ dra jusqu'au dernier moment Thonneur et le malheur de ses troupes f il n'ouvrira ses portes que quand la dernière subsistance scarai épuisée. Le cimetière même a été pris par Tennemi. La terre pétrifiée parla gelée, ne peut plus s'ouvrir pour recevoir les innombrables victimes du typhus. Les glaces de l'Elbe sont brisées , et les abîmes du fleuve servent de sépulture, Desgenettes , qui a vu la peste à Jaffa , la retrouve sous un autre ïxom, mais bien plus meurtrière à Torgau. Telles sont les nouvelles que Napoléon reçoit des pays au delà du Ilhin» ;
C'est à présent qu'il peut connaitrè dan^ toute son étendue 1^ jTupQSte effet des désastres éprouvés
devant Berlin par les maréchaux Oudinot et Ney. Ces revers ont enlevé à la France les cent soixante mille combattans qui ^ sous des chefs illustres , «ont, dans les places de la Vistule, de l'Oder et de l'Elbe, les prisonniers de l'invasion étrangère. Tout a conspiré, tout conspire encore pour lui enlever les immenses ressources que le plus grand état militaire qui ait existé eti Europe doit lui laisser encore. Il a accepté, le 3 décembre,* les bases de Francfort; et en témoignage de la volonté qu'il a de faire la paix qu'on lui propose, le 1 1 , par le traité de Valençay , il à rendu l'Espagne à Ferdinand. Alors les cent dix mille hommes que , depuis Bayonne jusqu'à Gironne, commandent les maréchaux Soult et Suchet , vont être rendus à la défense de la patrie ; il ne peut croire que dé perfides retards , apportés par son ministre de la guerre, empêcheront ces armées de se trouver dans un mois au cœur de la France , audevant de tous ses périls.
Alors aussi , après avoir compté les ennemis étrangers qui bloquent la France, les armées qu'il n'a plus pour les cotabattre , il fait le dénombrement des ennemis intérieurs, dont les intrigues et les^ agitations lui montrent plus profond l'abîme qui va engloutir la France et sa fortune. Ce sont les auxiliaires de l'étranger; c'est cette armée qui marche sans bannière , dont les armes sont cachées, dont les mouvemens scwat inaper-
eus y doQt l'attaque' est perpétuelle , dont sou propre palais est peut-être le quartier-général^ dont sa destruction est. le seul but; e'est cette armée de coalisés domestiques , aussi différente de mœurs , de langage ^ de souvenirs, d'intérêts, de passions , que celle qui assiège la France et lui; c'est celle qui n'assiège réellement que lui, et qui est affectée à sa perte comme sa garde l'est à sa conservation. Il n'y a qu'unmot d'ordre pour les trois partis qui composent cette armée ; ce mot est aussi : MORT àl'eimjnemi commun! L'un de ces partis , est celui qui a fait le 1 8 brumaire ; il en veut un second pour le même but qui lui a fait faire le premier, pour conserver et assurer ses dignités et sa fortune de toutes les époques, et non, comme la France l'accepta alors, pour arracher la patrie à l'anarchie directoriale. Ce parti est le moins généreux : c'est encore Fouché , devenu duc d'Otrante , qui en est l'âme ; il en a été, disait-on, l'émissaire à Dresde pendant le séjour de M. de Metternich ; il veut, depuis long-temps , substituer la régence à Napoléon. Il veut, comme il l'a voulu depuis, comme il a eu l'orgueilleuse démence de le croire, au retour de la famille royale, être le premier ministre , le chef politique de l'empire. Les constitutionnels de 1789, les fondateurs de la véritable liberté française , malgré leur antipathie pour cet homme éminemment révolutionnaire et contre-révolutionnaire, se sont grjoupés
autour de lui dans Fespoîr de rétablir sous une longue et paisible régence là pureté des principes de TAssemblée constituante , et de faire de Napoléon II relève dé la liberté française et peut-être le protecteur de la liberté de l'Europe. Le second parti est moins compliqué , il est le moins nombreux. C'est celui qui voulait un 9 thermidor cohtre le 18 brumâiire; c'est le parti des absolutistes de la république. Il n'y a dans ses rangs ni capitalistes, ni rentiers , ni agioteurs politiques : les premiers veulent, la république, plus un roi ; ceux-ci veulent la république, moins un roi. Leur doctrine est austère comme celle de la secte religieuse desindépendans qu'ils représentent dans la religion politique; mais les intérêts qu'ils pourraient éveiller reculent devant leurs souvenirs. De telles passions sont éteintes dans cette masse d'hommes sans avenir , qui seuls peuvent les recevoir? et les alimenter. L'empire a doté tbus les prolétaires. Il n^ a plus de prolétaires en France; ainsi, ce' parti serait nul s'il • ne votait' pas aussi pour lé renversetoent de Napoléon. On ne prend de lui que ce séulvote, qui , au milieu des di^ussionsprivées, fait entendre sa mâle énergie. Le troisième parti, le plus dangereux, le plus implacable, parce qu'il est la victime deadeux autres, est le parti roy:aliste| il conçoit la grande idée d'être le plus fort, en prenant pour auxiliaire le million d'étrangers qui va pénétrer en France; il se souvient de Pilnits^ et de
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la Vendée; il se compose du petit nombre de grands seigneurs qui ont constamment r^usé les faveurs de Napoléon , et n'ont accepte que Tamnistie de l'émigration^ du grand nombre do ceux qui se sont empressés de prendre Thabît de sa cour, qui le portent encore sous ses yeux, attendant l'événement, et enfin, indépendamnrent de cette foule encore attachée à Tandenne noblesse, et que l'opportunité des circonstances lui rend tout à coup, les anciens ennemis amnistiés de Napoléon, les nobles du Poitou, de la Bretagne, de l'Anjou, qui ont combattu la république et le consulat, et dont plusieurs ont pris place depuis long-temps dans les rangs de l'armée impériale. Ce parti, le seul belliqueux de ceux qui méditent la ruine
de l'empire, est habile, actif, entrepreiiant. La Vendée est dans Paris fr elle a son organisation politique, civile et militaire; elle a la combinaison et la force des sociétés secrètes dont elle a conservé tous les élémens. Ce pai^ti, malgré sa soumission, a toujours regardé comme un interrègne le régne de Napoléc^|.; il a toujours soumis au roi les traités qu'ils a faits avec l'empereur; il ne veut que le roi , et il tient ouverts , dans Fintérieur, dès cadres cachés prêts à recevoir les débris de l'empire si, comme il a raison de l'espiérer, Napoléon succombe sous le poids des conspirations Coalisées de rintérîeur, et sôus fcelui de
F£urope qui attend leur signal sur la rivé droiCe Au Rhin.
* Mais encore effrayée, malgré ses «iccès et son innombrable armée , de là nécessité où elle est dé fouler le sol de la France, la coalition attendait encore une autre garantie. Immédiatenient après la bataille de Leipsick, elle avait em* ployé près des cantons suisses les mêmes séduc^ lions qu'auprès des états de la confédération pour les réunir à sa cause. Mais les Suisses , dont la probité était la vraie politique, «'étaient justement retranchés dans le beau privilège que l'Europe avait depuis plusieurs siècles oCtmyé à la Suisse, celui de rester netitre dans toutes les guerres que les puissances du conifinent pour^ raient avoir entre elles. Cette résolution avait été prise le i8 octobre dans une assemblée générale iie la confédération , et Napoléoû s'éta it empressé d'y accéder. Dès ce jour sa médiation et son titre de médiateur avaiei^t été supprimés de& actes de la confédération ; mais cette neutralité n* ouvrait jaux alliés ni la haute Alsace, ni la Fra'neher Comté, ni la Bresse, et tant que l'est de la Finance restait invulnérable,. ils n'osaient passer le K.hin depuis la Hollande jusqu'au Brisgau. En cou séquence ils employèrent avec succès d'abord srtr les individus influens, en'^uite sur le gouverne^ ment , les moyens dont TAngleterre s'était servie avec tant dç ^uocés^ vis-îi-vîs d'eux-mêmes, Cet|e
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négociation eut lieu aii quartier-général du prince de Schwar tzenberg. Le cordon de neutralité, cobïmandé par M. de' Wattèwillè, eut ordre dé se replier dan8 l'intérieur, el les portés orientales de la France furent ouvertes par les Suisses à deux cent mille hommes, à qui ils livrèrent le Rhin à Baie, a Rheinfelden et a SchafFouse. Là grande armée alliée traversa la Suisse et le comte de Bubna, avec l'armée destinée à agir sur Lyon , en parcourut toute la longueur depuis Baie jusqu'à Genève qui lui ouvrit ses portes. C'est la droite de la grande armée. Le centre s'est précipité de Baie sur Huningue et surBéfort; la gauche sur Colmar où elle est repoussée» La seconde armée, dite de Silésîe, sous Blûcher, est destinée à agir sur la basse Alsace et sur la Lorraine par Manheim; mais Blûcher attend le succès de la violation de' la- neutralité helvétique par Schwartzenberg, pour tenter- son passage à Manheim. La troisième armée est celle du maréchal Bernadette; elle est composée de tous les ennemis de la France de la ligue du Nord, Suédois i Russes, Anglais, Prussiens, Hanovriens : elle doit envahir la France par la Belgique. Le géhéral Bulow, qui en fait partie, occupe déjà la Hollande. Mais la terreur qu'inspire si justement I. Bernadette ce sol français, qu'il a si bien défendu jadis contre la première coalition , est telle qu^il craint aussi d'y mettre le pied avec la sixième,,
avant qiie Blûcher n'y ait pénétré. Quelques émissaires. de Beniadotte^ porteurs dune proclamation et chargés d'une négociation toute française ^ soât sgrrivés à Paris. Ils Pc trouvent pas leurs anciens amis favorables à ce genre d'intérêt «i imprétUy qui vi^nt se glisser dans lé danger commun sous la forme d'un parjure national, La proclamation et la négociation repassent la frontière dans le même incognito où elles sont arrivées. Mais une décision extraordinaire des souverains de la coalition interdit l'entrée en France à leui' généralissime de l'armée du nord. Cet exil ^ d'une espèce tout-à-fait nouvelle , retient à Aix-la- Chapelle le prince royal de la Suède.
. Cependant, dès le 1 5 novembre, deux sénatus-cbnsultes avaient pourvu aux besoins de la France sous Jes rapports politiques et militaires : l'un avait mis trois cent mille hommes à la disposition de Napoléon; l'autre en fixant au 19 décembre l'ouverture du coi*ps législatif, où Napoléon se proposait de porter la cause de la patrie assiégée , , appelait à cette séance, qui devait être mémorable , le corps entier du sénat et le conseil d'état. Cette grande scène de famille mettra en présence Napoléon , le sénat et le. corps législatif. Mais ce ne sera pas la nation , dont c'est uniquement la cause , la nation, qui en est le juge naturel , à qui le jugement en sera réservé. Le 17 décembre, un décret impérial a mobilisé, cent. Soixante mille gardes nationales
pour renforcer les garniscms de l'intérieur. Enfin, le 19, Napoléon fait en ces termes Fourerture du -corps législatif :
u Sénateurs , eonseillers d'ëtat , députés des ilépartemens au corps législatif,
» D'éclatantes victoires ont illustré les armes françaises dans cette campagne; des défections «ans exemple ont rendu ces victoires inutiles : tout a tourné contre nous ; la France même serait en danger^ sans l'énergie et l'union des Français. Dans ces grandes circoilstances , ma première pensée a été de vous appeler près de moi : mon cœur a besoin de la présence et de l'affection de mes sujets. Je n'ai jamais été séduit par la pro-' spérité ; l'adversité me trouvera aa-^iessus de ses atteintes. J'ai plusieurs fois donné la paix aux nations^ lorsqu'elles avaient tout perdu^ D'une part de mes conquêtes j'ai élevé des trônes pour des rois qui m'ont abandonné. J'avais conçu et exé^ eu té de grands desseins pour la prospérité et le bonheur du monde..... Monarque et père ^ je sen» que la paix ajoute à la sécurité des trônes et à celle des familles #
» Des négociations ont été entamées avec le$ puissances coalisées* J'ai adbérë aux bases préli^ minaires qu'elles ont pimentées. ...'J'ai ordonné qu'on vous communiquât toutes les pièces ovigi* nales qui se trouvent au portefeuille de mon département des af&ires étrangères. . . . Rien ne s'op-
DE MIL HUIT CENT TREIZE. 4g5
pose de ma part au rétablissement de la paix. Je coDo(ai$ et je partage tous les sentimens des Français..,. je dis des Français ^ parce qull n'en est aucun qui désirât la paix au prix de l'honneur... Sénateurs , conseillers d'état , députés des départemens ^ tous êtes les organes naturels de ce trône ; c'est à vous de donner l'exemple d'une énergie qui recommande cette génération aux générations futures. Qu'elles ne disent pas de nous : ils ont sacrifié j£s premiers iiHérèts des pays ; ils ont reconnu lesiois que l'Angleterre a cherché en vain pendant quatre siècles à imposer à la France. Mes peuples ne peuvent pas craindre que la politique de leur empereur trahisse jamais la gloire natio-^ nale. De mon côté^ j'ai la confiance que les Français seront constamment dignes d'eux et de moi. yy
Ce discours fit sur l'assemblée une impression qui fut bien loin d'être unanime*
Le duc de Vicence^ ministre des aifaires étrangères ^ fut chargé des communications à la commission du sénat^ et le conseiller d'état d'Hauterise à celle du corps législatif. Gelle-<;i s'assembla chez l'archichancelier. La commission du sénat se réunit dans son palais ; elle communiqua avec le ministre par M. de Fontanes, son rapporteur. Le ministre d'état , comte Regnault , fut chargé des messages. La commission du sénat , présidée par M. de Lacépède , était composée de MM. de Talleyrand^ de Fontanes^ de Saint-^Mar^an ^ de
lîarbé-Marbois et. de BeUrnonville : celle du corps législatif, présidée par le duc de Massa, était composée de MM. Raynouard rainé, Gallois, Flaugergues et Maine.de Biran. Le 5o, une députation du sénat fut admise à présenter le ra^p port de sa commission* Le sénat approuvait tous les sacrifices demandés à la France dans le but de la paix; il. suppliait Fempereur de faire un dernier effort pour l'obtenir : « C'est le vœu de la France, Sire, disait la Réputation ; c'est le besoin de l'humanité. Si l'ennemi persiste dans ses refus, eh bieni nous combattrons pour la patrie entre, les tombeaux de nos pères et les berceaux de de nos enfans. » L'empereur répondit : Ma vie n'a qu'un but, le bonheur des Français ; cependant le Béarn, l'Alsace, la Franche-Comté, le Brabant, sopt entamés. Les cris de cette partie de ma famille me déchirent l'âme; j'appelle les Français au secours des Français; j'appelle les Français de Paris, de la Bretagne, de la Normandie , de la Champagne , de la Bourgogne et d'autres départemens , au secours de leurs frères. Les abandonnerons-nous dans leur malheur? Paix et déhvrance de notre territoire doit être notre cri de ralliement. A l'aspect de toutce peuple en armes, l'étranger fuira, ou signera la paix sur lés bases quil a lui-même proposées . Il n est plus question de recouvrer les conquêtes que nousaviàns'faites. n Le rapport de la commission du' sénat déve-
loppa ndblement Topiiiion générale , qui , tout en justifiant ses vœux pour une paix prochaine, justifiait également les efforts que le chef du gouvernement demandait à la nation pour l'obte^ nir. Le sénat ne vit que les malheurs présens. Si, dans la campagne de Russie, la gloire comme l'infortune fut toute à la France , et le crime aux élémens, il en .était de même de la campagne actuelle , dont la trahison seule avait fait tous les désastres. Cette dernière question était habilement traitée. Le rapport abordait aussi avec grandeur la situation de la patrie, (c Le moment est décisif. Les étrangers tiennent un langage pacifique ; mais quelques-unes de nos frontières sont envahies , et la guerre est à nos portes : trentesix millions d'hommes ne peuvent trahir leur gloire et leur destinée. La France peut être fiére de ses blessures comme de ses triomphes passés : le découragement dans le malheur serait encore plus inexcusable que la jactance dans le succès* Ainsi donc , en invoquant la paix , que les préparatifs militaires soient partout accélérés et soutiennent la négociation. Rçillions-nous autour de ce diadème , où Téclat de cinquante victoires brille au travers d'un nuage passager. La fortune ne manque pas long^temps aux nations qui ne se manquent pas à elles-mêmes. » Le sénat avait noblement sajisi;cette occasion de prendre le rang qu'il devait occuper dans la fortune de la France ; mais , peu de mois après , ce grand principe qu'il