TOME II
r^ Lt PORTEFEUILLE
nitire , qui sont préis à se rendre soit à Bràgae ^ soit au lieu qui sera indiqué par les puissances belligérantes^ Elle a pensé que la conclusion d'un armistice on suspension d'armes entre les armées belligérantes , soit pendant la durée des négocia-^ tions» soit pendant un temps limité^ est propre à faciliter les moyens d^ ^'entendre et à opérer un rçipprocheiuQnt si désirable. Sa majesté vous ordopi^. en conséquence de vous rendre au lieu indiqué par les plénipotentiaires nommés par l'empereur de Russie çt le roi de Prusse ; là , vous neiitrali^er^z une maison ou un village , qui d'un côté sera gardé par Un piquet àfi$ troupe^ alliées.^ ^% de l'autre par un piquçt des troupes frânr çaises , et yo^s procéderez à la négociation et à la conclusion d'un armistice entre ies d^nx arjaée^ i en prenant pour base la ppskion qu'occupent les diverses armées au moment de l'échange des pleins-pouvoirs.
)i Sa majesté vous autorise également à faire cesser sur-le-champ ' les hostilités sur tous les points. Vous trouverez ci-joint un ordre signé de moi, dont vous ferez faire autant de copies collationnées par vous qu'il sera nécessaire, et que vous enverrez à tous les généraux commandans des corps , par un officier, accompagné d'un ofii^ cier russe , pour annoncer la suspension des hos<âlité^ , et ordonner que chacun se tienne en répés y jusqu'à la signatui» de l'armistice. Les,
généraux re$}^ectifs ^^oQvieiidroiiC de se' prévenir SIX o^ àmze heureç ^v^nt la reprise des hostilités ^ si, ce qire'Dieu ne veuille, la rupCui^e de rarmistioâ. devait a^oir lieu.
» Le préseAt ordre votis, servira de pieins-pou* voirs que vous pourresç àîhaug^r contre ks pleins- Çouvoirs dopt ser<MQ(,t muqis les plénipotentiaires alliés de la part de leur génqf al en chef.
» Recelé? , n^opsieur le duc , lassurance , etc. » Le prince vice-cônnétahle, màjor-général.
» Alexjlndre.
» i'^. juin i8i5. »
La seconde lettre que Napoléon avait annoncée iau grand«écuyer ne se fit pas attendre.
w Monsieur le duc de Vicence, jp n^ai point djç lettres de vous depuis celle de trois heureSj aprè$ minuit. Je vous ai réexpédié le même ofÇçierpQjnr vous annoncer les pleins-pouvoirs du prince ds NeufchâteL Le prince de Neufchâtel vous a envoyé ses pleins-pouvoirs par un de ses o^ciers, et peu dé temps après je vous ai expédié nxon officier d'ordonnance Desaix avec une longue lettre de moi. Comme je vais monter à cheval, pour me porter sur la route d'Eisendorf , j'espère y trouver de vos nouvelles. Je désire être instruit sur-le-champ, aussitôt que vous aurez échangé vos pleins-pouvoirs et qu^on aura donné de part et d'autre l'ordre de cesser les hostilités.
Vous' sentez rimportance que je sois instruit de cela, parce que, s'il n'y avait pas suspension des hostilités , il y aurait des dispositions militaires à faire pour la journée de demain. Je suppose aussi que si vous entendiez le canon du côté de Jaûer, vous m'en instruiriez. Actuellement, que nous sommes bien en possession de Breslau, si l'on pouvait admettre Breslau en compensation de Hambourg, il me semble que cela finirait tous les difFérens et tout se trouverait arrangé. Il faudirait avoir soin alors que la ligne de démarcation passât sur le couvent de Liegnitz, pour former une position militaire et passât à une lieue des deux petites villes de Goldberg et de Lowemberg. Il me semble que j'évacuerais un bien grand espace de pays depuis Breslau jusqu^à une lieue de Liegnitz pour compensation de Hambourg , qui peut-être dans ce moment est même dans ma possession. D'après les renseignemens que j'ai reçus , il paraît que ce sont les Suédois, qui doivent se rendre du côté de Hambourg. Je vous recommande toujours de préparer quelque ouverture directe. Je désire la paix , je la désire solide 9 mais il faut quelle soit négociée et ho-norahle. C'est spécialement sous ce point de vue que f attache de rimportance à un armistice. Je nai rien à vous répéter sur la longueur de Farmi stice; je le voudrais de deux mois , afin d'à--
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voir un temps raisonnable. pour discuter et. signer la paix. Sur ce, je prie Dieu, etc.
» Napoléon.
»> Neamarck , le i^^, juin i8i3 , à trois heures après-midi.
)) P. S, Je viens de recevoir les députés de Breslau. Le bourgmestre, était à leur tête; il paraît que les autorités principales sont .restées dans la ville : elk-s en ont obtenu la permission du roi. Il serait fâcheux de perdre par l'armistice cette ville , à moins que ce ne fût pour terminer les affaires de Hambourg. »
Les deux lettres de l'empereur à son plénipotentiaire, et surtout la première, qui se ressent d'une dictée rapide, et de cette expression si vive , que les choses qu'il dictait lui-même donnaient à ses paroles , prouvent clairement , que de tetie négociation toute- militaire dont les alliés qualifiaient celle de l'armistice , Napoléon cherchait à faire une négociation toute politique. La défense des plénipotentiaires alliés fut à cet égard aussi vive que. l'attaque ; mais ils avaient affaire à un esprit d'une trempe toute particulière , à tin caractère qui se grandissait par les difficultés même qu'il faisait naître , etx|ui loin de croire au découragement de ceux qu'il semblait devoir fatiguer par l'expression de ses volontés , prenait d'autant plus de confiance eh lui-même, qu'il avait peutêtre plus de certitude, de leur opposition.. Ainsi
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quQÎqu^ne iBirtùÉe russe et sùëdoîèe combinée fût en marche pour dëféhdre Hambourg et menacer les villes anséatîques et la puissance danoisç. Napoléon argumentait avec l'inspiration du succès pour que la trente-deuxième division militaire lui fût rendue, et par l'inspiration d'une politique généreuse pour sbn allié le roi dé Uànemarck, il désirait qîie son plénipotentiaire trouvât le moyen de faire comprendre Ik Norwége dans l'atrmislîce'; Napoléon ne s'attatiliait point, dans ses répondes aui ^pêches très - détaîlli?es épie lui adressait exactement son pléhipôtetitîâite, à rèrdtéf touteè les objections des alliés; il n'en saisissait que quelques-unes, qui heurtaient plus dirèctéineiit èï plus vivement sa petisée : (juaht aux autres , au lied d'y répondre , il fâîsaii connaître a ^oû pléiiîpotentiaire ses intenticnis stcfr d'autres objets et lui pil'escrivàil de les présenter ^ui Icdnfô^èncès; Il voulait dôminèf et îl doîhinâît réellèihéût cette négôcîatidn par là maithé iiatdi*ette de son caractère et de soÈf esprit*
Gepehdknt deux points étalent fort remàîi^qua-* blés dans les ëuToia que le dufc tfé Vicence avait reçus lé lFijiiîh;c'ëtJiient d'abord, dans lès pleinspouvoirs, le sileîice absolu dfe Napoléoèi sur la médiation de l^Autridhè. C'était ensuite les derniéi^ mots de la seconde lettre ati duc de VicéBice : Je i>ous risfCùmmande tùujoûH de préparer quelque ouverture directe. Je désire fd paix, etc. II était
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donc positif pour le duc de Vîcence que Napoléon ne voulait traiter qu'avec la Russie secrètement , et refusait toute intei'vention autrichienne , parce qu'avec raison il regardait déjà l'Autriche comme une portion de la ligue du Nord. C'était donc avec le chef de cette ligue qu'il voulait s'entendre , sans passer par un intermédiaire dont la partialité n'était plus douteuse* Mais cet interiùédiaire insupportable à Napoléon était la condition sine oii£2 Ro/t des alliés*
Aussitôt la réception des ordres de l'empereur > le duc de Vicence avait communiqyé aux plénir potentiaires alliés les nau,yelles prc^sitions dopt il était chargé^ et le même JQur il éqrivit à l'emr pereur qu'elles avaient été toutes refusées i etque les plénipotentiaires n'avaient cessé de lui répéteur qu'ils ri étaient pas diplofna^s et qu'ils fie pouvaient répondre à aucune question hors de là: LIGNE MILITAIRE de F armistice. Ainsi la, proposition de comprendre Breslau H Hambourg dans, la cession à faire pour l'armistice était déclarée ab^o-* lument inadmissible. On n'accordait qu'un mois pour l'armistice^ et six jours pour la dénonciation* . ; L'échange des pleins-^pouvoirs avait eu lieu* pair pure condescendance des ^Uiés^qui av^içnt re^^ jeté la fprme de ceux du duc de Yicence , .et on était convenu de neutraliser up village^ celui de Plesswitz^ pour les conférences. <