CHAPITRE V
Conférences de Plesswitz , 4 juin. — Correspondance de l'empereur. ^-^ Fin de la négociation. ^->» Convention de rartnistioe.
Le 4 j^i^> ^ deux heures et demie du matin^ le prince major - général écrivit au duc de Yicence sous la dictée de l'empereur :
«Monsieur le duc de Vicénce, l'empereur, voyant par votre correspondance qu'on ne pouvait s'ar* ranger avec les plénipotentiaires , attendait de vos «buvelles hier au soir y de manière à ce que les hostilités auraient pu recommencer aujourd'hui 2 en conséquence \ on a préi^nu les maréchaux de se tenir prêts à marcher ce matin y que les confé-rences étaient rompues , et qu'il paraissait qu'on ne {foulait pas s'arranger. Tel est l'état des choses. Pendant ce temps ^ lés cosaques et les partis en*^ nemis attaquent^ font des courses et des excursions sur nos derrières. Sa Majesté vous a envoyé sion ultimatum ; elle désire que vous terminiez d'une maniâ*e ou d'autre , ne voyant dans tout cela ^ sinon que l'ennemi veut gagner du temps , un ou deux jours de plus.
» Le prince major-générâl.
Napoléon avait bien deviné la pensée des alliés
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et f alors qu'il semblait ou renoncer à sa propre passion pour Farmistice , ou aux inspirations de sa prudence , il se félicitait de sa pénétration ^ et il eut à s'applaudir dan^ la même journée du système de ténacité dans lequel il s'était renfermé depuis l'ouverture de la négociation. Le duc de Vicence s'était empressé , d'après les ordres de l'empereur, de prévenir les plénipotentiaires de ceux donnés aux maréchaux. Mais, dans le moment où il était chez eux, était arrivé un officier qu'il croyait porteur de la réponse des souverains à la lettre qu'il annonçait dans sa dernière dépêche de la veille aVoir été écrite par les plénipotentiaires. Ceux-ci lui avaient demandé s'il rompait l'armistice ; et dans ce cas il n'y avait pas de réponse à lui donner sur la négociation ; quant à eux , ils s'en tenaient à ce que prescrivait la suspension : au surplus , ils allaient lire la réponse de leurs souverains et ils pourraient sous peu en donner une sur la négociation. Il était quatre heures du matin; au bout d'une demi -heure, ils s'étaient rendus chez le duc de Vicence , à qui ils avaient fait lire le commencement de la réponse qui en ex^ pliquaitle retard , />^rc^ que leurs majestés étaient sorties pour voir leurs troupes lorsque leur courrier était arrivé', et enfin ils avaient consenti les deux points impôrtans que Napoléon avait exigés , la durée de l'armistice à deux mois et la neutralisation de Brçslaii. La rédaction relative au premier
point avait été ainsi convenue : V armistice sera de deux mois , formant soixante jours , et six pour le dénoncer, avec ta condition que le second mois sera la conséquence des bases de paix éta^ hlies dans le premier mois* JUe due ^ de Yiceoeê ne fut pas aussi heureux qu'il espérait l'être d'àr prés les nouvelles qu'il s'était hâté de transmet-** tre au prince de Neufchâtel. La major-général lui répondit ;
Nenmarck, 4 JQÎi^» neuf heures e^ demie du ini^tui^
» Monsieur le due de Vicence, je m'empresse de répondre à la leUi?e que vous venez de m'en;t voyer par Fadjudant-commandant G^albois. L'em* pereur ^ après en avoir pris lecture , me charge de vous répondre , qu'il n'est pas content que vous ayez adopté une rédaction comm© celle que vous soulignez dans votre dépêche # Puisque vous n'êtes pas despléo^ipotentiaires^ que vous novoulei pas parler de préambules de j)dix y il ^t done ridicule d'en parler là. Cette rédactiou a l'air de vouloir imposer la paix ; et comment ignorez- vofus> \^ous^ qui connaissez les relations de- VAulriche ^ si T armistice n est pas pour nous une chose funeste^ vu au au moment de h dénoncer , l'^MrickeinJh ierviendra et reprendra couleur^ ^
» L'armistice doit donc être pour deux mois^ oit jusqu'au 20 juillçt , si l'on veut / mais sans rieiv qui complique la question.
» Vous direz donc, mdnsieur le duc, qu'où n'a^--
dopte pas la rédaction prëseiitée dans votre lettre ce matin , parce que , soit d'une part , soit de Vautre, il n'y a pas de dignité nî pour les uns, ni pour les autres d'avoir Fair de se menacer de la reprise des hostilités pour influencer les négociations i que la force des deux parties belligérantes est trop en équilibre pour que l'une ou l'autre puiisse avoir la prétention d^influer les négociations par la rupture de l'armistice , et que quant à la France , cette menace , qui serait faite dans le cours des négociations , romprait tout.
j) La paix doit être le résultat d'un système bien ii»|éAêchi , fondé sur les vrais intérêts des différens pays , honorable à t(His, et ne peut pas être ni une capitulation, ni le résultat d'une menace ; que si c'est à nous que cela s'adresse, nous ne craignons paslagueire. Lorsqu'on a demandé quarante jours pour négocier la paix, c'est précisément pour éviter eet inconvénient. Il ne peut donc se mêler ni un sentiment d'aigreur, ni un sentiment de menace.
» La condition des deux mois d'armistice , |;elle qu'elle est rédigée, est donc iiiadmissible à )a dignité des souverains et à la négociation. /M L'empereur, monsieur le duc, désire que vous terminiez, puisque vous avez son ultimatum,
JM Telle est, monsieur le duc , la réponse de l'em-^ pereur,
»• Recevez l'assûratice, etc.
» Le prince major-généraK • •• ' ^'iy\":''^:^ » Alexandre. »
Après avoir dicté cette lettre du prince de Neufchâtel , Napoléon en dicta encore une autre pour son plénipotentiaire. Il avait adopté cette manière, afin que sa volonté lui fût présentée èous toutes les formes , et qu'il fût comme entraîné lui-même à forcer la main aux plénipotentiaires des alliés.
« Monsieur le duc de Vicence, cette rédaction r L'armistice sera de deux mois , à condition que. le second mois sera la conséquence des bases rfe paix qui auront été établies dans le premier mois, est inadmissible. C est un style de capitulation et non d'armistice entre deux armées égales , et qui , ps^r amour de la paix, font cesser les hostilités. Cela ferait supposer qu'une des deux parties contractantes ne ferait la paix que pressée par la force. Or^ comme la proposition est faite par les ennemis, cela indique assez que ce serait convenir que c'est moi qui fois la paix par la crainte de leurs armes. Il faut qu'ils soient bien fous et aient une bien fausse idée des choses , s'ils nourrissent encore celte idée. Toutefois, il n'en serait pas moins vrai que cet article ainsi rédigé, serait déshonorant pour moi , et propre à rompre toute négociation de paix : car l'idée seule que les ennemis me croient menacer me porterait à les braver; et pour leur faire voir que je ne demande pas un armistice indéfini, restez toujours au terme du :to juillet , toujours sur le même raisonnement,
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qu'il faut quarante jours pleins pour essayer si Ton peut s'entendre. N'excluez pas toutefois les deux mois s'ils y) adhèrent. En y réfléchissant , et lorsque vous aurez développé cette idée, ils sen-? tiront eux-mêmes l'inconvenance et l'absurdité de leur modification. S'il y a supension d'hostilités pendant deux mois , l'avantage n'est ni pour eu3^ ni pk)ur moi, et peut-être même qu'en approfon-» dissant ce point , il serait facile de leur faire comprendre que tout ce qui tend à leur faire gagner l'hiver est , militairepi^ent pairlaqt , ^ leur avantage,
. « Je suis vraiment fâché que cette négociation dure si long-temps. Pendant ces délais, l'ennemi gagne tout ce qu'il peut gagner ; ses troupes se réorganisent, et moi je reste en J'air. Je suis plus fâché encore que vous ne sentiez pas la consé-^ quence d'un article comme celui que vous m'envoyez. Toute négociation de paix entre les deux parties serait impossible, si les ennemis conti-? nuaient à avoir l'idée que je puis être, en dési-^ rant la paix, influencé par la peur de la guerre. La proposition de cet article serait une chose fu-r neste , si je ne la considérais pas comme irréfléchie. Si nous ne voulions pas traiter de Is^ paix^^ nous n'aurions pas la^ sottise de traiter d'un ar^mistice dans le moment actuel et surtout nous ne l'aurions pas prolongé penda^t ces quatre jours qui ont été tout à l'avantage des fUliés..
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Tâchez d'eia finir avant midi. Sur ce, je p^e Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
» Napoléon.
» Neamarck , 4 juin 1 8 1 3 , dir heures du matia. »
La diflFërence de ces deux dépêches est remarquable. Dans la dernière, Napoléon traitait sa questi<m personnelle; dans l'autre, il traitait sa question politique quand il faisait écrire par le prince de Neufchâtel qiià la dénonciation de Tarrnistice l'Autriche interviendrait et prendrait courleur. L'Autriche était intervenue dés le 22 mai par la lettre de M. de Stadion au prince de Neufchâtel. C'était ce commissaire impérial de Vienne qui avait décidé lés souverains alliés, après Wiirschen, à accéder à la proposition de Napoléon de négocier un armistice. Il n'était pas douteux pour ce prince que M. de Stadion n'eût été l'âme de toutes les discussions qui venaient d'avoir lieu ; il ne pouvait échapper non plus à sa pénétration que M. de Stadion*seul avait pu dicter aux alliés les concessions que , malgré l'opiniâtreté de leurs refus pour des choses d'une médiocre importance, ils venaient; de faire tout à coup à ses nouvelles exigences. M. de Stadion savait aussi bien que Napoléon combien l'ultimatum de Neumarck différait de celui de Dresde , donné à M. de Bubna. Napoléon aussi dut s'étonner qu'au lien de quarante jours qu'il avait vainement demiandés
eix dernier Heu pour la durée de l'armistice aa lui donnât les soixante qu'il avait demandés au débuts et que la neutralité de Breslau , qui lui tenait tant à cœur, et qui avait été si débattue , lui fût également accordée. Ce prince ne pouvait douter non plus que son silence sur la médiation de l'Autriche , soit dans la lettre close du i8 mai • soit dans les pleins-pouvoirs du i". juin, n'eût été rwiarqué par M. dé Stadion , et que le parti de l'Autriche ne fût bien arrêté, quand soh comniiissaire consentait ou plutôt décidait les alliés à passer outre sur dette omission ^ point capital , ou se ratta-r chaient tous les intérêts de la paix et de la guerre^ Peut-être par cette manière de procéder, si patente et si expressive de ses sentimens, Napoléon voulut-il donner à l'empereur Alexandi'e un témoi-^ gnage énergique du désir qu'il avait de traiter avec lui seul ; ce qui a^ait été indiqué à ce souverain par la (J^marche du prince de Neufchâtel à Dresde.
M. de Stadion fut effrayé à 1^ fin, de la ténacité impérieuse de Napoléon, et surtout de l'ordre donné aux maréchaux. Il sentît que la proie de larmistice pouvait lui échapper : il calcula qu'il fallait encore deux mois à l'Autriche pour compléter ses armemens; que si cette occasion de rendre à son gouvernement sa prépondérance dan§ les- affaires de l'Europe était manquée , L'Autriche retombait sous l'empire des événemens
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d'une lutte incertaine , dont le vainqueur lui serait également redoutable. Les griefs étaient graves entre l'Autriche et les belligérans. L'empereur d'Autriche se souvenait de la marche des Russes dans la campagne de Wagram : l'empereur Alexandre avait à lui reprocher son contingent dans la campagne précédente ^ et l'empereur Napoléon sa défection actuelle. Si l'armistice n'avait pas lieu ^ les possessions autrichiennes seraient menacées même du côté de l'Italie y par le prince Eugène et sa nouvelle armée. M: de Stadion sentit profondément la question de l'armistice^ et il employa pour vaincre les ressentiment et l'opiniâtreté des alliés y l'influence que devaient prendre sur leur détermination la partialité de l'Autriche et leur intérêt à l'attirer à leur cause. L'intérêt matériel du moment n'avait pas besoin d'être expliqué ; il était démontré par l'avantage de rester en contact avec la Bohème. M. de Stadion n'eut donc point de peine à faire comprendre aux Russes qu'ils de^ , valent sacrifier quelques intérêts locaux qui ne touchaient que la Prusse , et surtout la question du mois de plus, qui donnerait à leurs réserres le temps d'arriver, aux Autrichiens celui de paraître en arbitres armés, et de continuer avec plu^' d'avantage leur séduction auprès des souverains de la confédération , afin d'assurer bientôt , par le soulèvement de toute f Allemagne , le triomphe dé la triple alliance sur Napoléon et sur la France.
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• Tels furent les véritables motifs des concessions dont le duc de Vicence rendit compte au ptince major-général dans la matinée du 4 juin , et pendant que Napoléon s'applaudissait de son opiniâtreté , ses ennemis se réjouissaient de leur condescendance.
Ainsi donc , fidèles au nouveau système que M. de Stadion venait de leur faire adopter , les alliés consentirent aussi ^ sur la demande de Na-* poléon y à remplacer l'article relatif à la durée de l'armistice par un autre ^ où le nom de la paix n'était pas même mentionné. Napoléon ne devait pas retrou ver la môme facilité au congrès de Prague .
Enfin , par sa dépèche du même jour à onze heures du matin , le duc de Vicence informa l'empereur que Varmistice était contenu sur les bases que sa majesté avait fixées. Les plénîpo-» tentiaîres alliés disaient n'avoir pas besoin de ratifications*, puisque leurs pleins-pouvoirs étaient définitifs ; mais l'empereur exigea la ratification, qui eut lieu dans la journée. Des officiers des deux armées furent expédiés pour faire cesser les hostilités sur toute la ligne. Les commissaires nommés pour suivre à Neumarck l'exécution des conditions de l'armistice, furent, de la part de la France , le comte Dumoustier , général de division, et le comte de Flahaut, aide-de-camp de l'empereur ; de la part des alliés , le général prince de Tcherbatofi^ pour la Russie , et le général ma-^
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jor baron de Tuyll pour la Prusse. Ces commissaires se réunirent le 5 à Neumarck, d'où parurent des officiers des deux armées, pour remettre aux commandans en chefs des différens corps d'armée 9 les ampliations de l'acte d'armistice. L'empereur quitta Neumarck le matin , se dirigeant sur Dresde par Liegnitz , où sa garde était arriva la veille.
Convention^ arrêtées pout r armistice.
iEY Gejourd'hui *l-^tl i8i:3, les plénipotentiaires ûommés par les puissances belligérantes.
» Le duc de Vicence , grand-écuyer de France, général de division, sénateur, grand-aigle de la légion -d'honneur, grand'croix des ordres de Saint-André de Russie, de Saint-Léopold d'Autriche, de Saint-Hubert de Bavière, de la couronne verte de Saxe, de la Fidélité et de Saint-Jo-* seph , plénipotentiaire nommé par S. M. l'empereur des Français , roi d'Italie , protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la confédération Suisse , et muni des pleins-pouvoirs de son altesse le prince de Neufchâtel , vice-coniiétable, major-général de l'armée j
» Le comte de SchomvalofF, lieutenant-général, aide-de-camp général de S. M. l'empereur de toutes les Russies, grand'croix de l'ordre de Wo-. lodimir de la deuxième classe , grand'croix de IWdre de Sainte-Anne , chevalier de Tordre de
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Saint-Georges quatrième classe , commandeur de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem , et grand'cfoix de l'aigle rouge dé Prusse j
» Et M. de Kleisty lîeutenant-généiral au service de S. M. le roi de Prusse, grand'croiK de l'aigle rouge de Prusse , de Saint-Wolodimir de la deuxième classe et de Sainte-Anne de Russie , chevalier de l'ordre du mérite , de la croix de fer de Prusse et de la légion-d'honneur, munis des pleins-pouvoirs de son excellence M. le général d'infanterie Barclay de ToUy, général en chef des armées combinées ;
» Après avoir échangé leurs pleins-pouvoirs à Gebersdorf le ^l^tly et signé une suspension d'armes de trente-six heures , s'étant réunis au village de Plesswitz , neutralisé à cet effet entre les avant -postes des armées respectives pour continuer la négociation d'un armistice propre à suspendre les hostilités entre* to^ites les troupes belligérantes, n'importe sur quel point elles ^ se trouvent ,
)>, Sont convenus les articles suivans :
» Article premier. Les hostilités cesseront sur tous les points à la notification du présent armi^^ tice.
» Art. II. L'armistice durera jusqu'au "J ^112 inclus , plus six jours pour le dénoncer à son expiration.
» Art. IIL Les hostilités ne pourront en con-*
séquence recommencer que six jours après la dénonciation de l'armistice aux quartiers-généraux respectifs.
» Art. IV. La ligné de démarcation entre les arB^ées belligérantes est fixée ^ainsi qu'il suit :
» En Silésie.
» La ligne de l'armée française , partant de la frontière qui touche à la Bohème^ passera par Seifférshau^ Âlteramnitz^ suivra le cours de la petite rivière qui se jette dans le Bober, pas loin de Bertelsdorf, ensuite le Bober jusqu'à Loêhn; de là à Neukirch sur la Katzbach par la ligne la plus directe, d'où, elle suivra le cours de cette rivière jusqu'à l'Oder.
y) Les villes de Parchwitz , Liegnitz , Goldberg et Loêhn , quelle que soit la rive sur laquelle elles sont situées , pourront ^ ainsi que leurs faubourgs, être occupés par les troupes françaises.
» La ligne de - démarcation de l'armée combinée , partant aussi des frontières de la Bohème , passera par Dittersbach, Pfaffendorf , Landshut, suivra le Bober jusqu'à Rudelstadt , passera de là par Bolkenhayn , Striegau , suivra le Striegauervasser jusqu'à Canth, et joindra l'Oder, en passant par Bettlern , Oltaschin et Althoflf.
D L'armée combinée pourra occuper les villes deLandshut, Rudelstadt, Bolkenhayn, Str/^ ^au et Ganth , ainsi que leurs faubourgs.
» Tout le territoire entre la ligne de démarca-
tion , des armées françaises et jcombinées sera neutre, et ne pourra être occupé par aucune troupe, même par des landsturms. Cette disposition s'applique par conséquent à la ville de Breslau.
» Depuis Tembouchure de la Katzbach , la ligne de démarcation suivra le cours de l'Oder jusquW la frontière de Saxe , Ion géra la frontière de Saxe et de Prusse , et joindra l'Elbe en partant de TOder pas loin de Muhlrose et suivant la frontière de Prusse , de manière que toute la Saxe , le pays de Des^au et les petits états environnans des princes de la confédération du Rhin , appartiendront à l'armée française ei à ses alliés, et toute la Prusse àl'armée combinée.
» Les enclaves prussiens dans la Saxe seront considérés comme neutres, et ne pourront être occupés par aucune troupe.
» L'Elbe, jusqu'à son embouchure, fixe et termine la ligne de démarcation entre les armées belligérantes , à l'exception des points indiqués ci-après :
» L'armée française gardera les iles et tout ce qu'elle occupera dans la trente-deuxième division militaire , le ,^ Z^i à minuit.
» Si Hambourg n'est qu'assiégée , cette ville sera traitée comme les autres villes assiégées. Tous les articles du présent armistice qui leur sont relatifs lui sont applicables.
» La ligne des avanit-postes des armées belligérantes^ à Tépoque du 4»!° à minuit, formera, pour la trente-deuxième division militaire, celle de démarcation de l'armistice l sauf les ratifications militaires que les commandans respectifs pourrjont juger nécessaires. Ces ratifications seront faites de coneert par un officier d'état-major de chaque armée , d'après le principe d'une parfaite réciprocité.
}} Art. V. Les places de Dantzick, Modlin, Zamose , Stettîn et Custrin , seront ravitaillées tous les cinq jours , suivant la force de leur garnison , par les soins des commandans des troupes du blocus.
» Un commissaire nommé par le commandant de chaque place sera près de celui des troupes assiégeantes, pour veiller à ce quW fournisse exactement les vivres stipulés.
» Art. VI. Pendant la durée de l'armistice, chaque place aura , au delà de son enceinte , un rayon d'une lieue de France. Ce terrain sera neutre. Magdebourg aura par conséquent sa frontière ou une lieue sur la rive droite de l'Elbe.
» Art. VIL Un officier français sera envoyé dans chaque place assiégée, pour prévenir le commandant de la conclusion de l'armistice et de son ravitaillement. Un officier russe ou prussien pourra l'accompagner pendant la route, soit en allant, soit en 'revenant.