NICOLAS II
CLS* poirriFE. — PS io5d ▲ io6k
Seizième schisme.
Apeine eut* on connaissance à Rome qu'Etienne IX Tenait de terminer sa carrière à Florence, qu'on choisit^ pour pape, Jean, évéquede Yeletri, qui prit le nom de Benoit X. Grégoire , comte de Tos*canilla, fils d'Alberic , et Gérard de Galera , firent ce choix dans une réunion , qui eut lieu pendant la nuit , des principaux personnages de Rome et d'un nombre censidérabie de gens du peuple, en armes. Pierre Damien et plusieurs autres cardinaux protestèrent contre ce choix et lancèrent des anathémes contre les électeurs qui devaient , disaient-ils, exécuter l'ordre du pape Etienne IX. Pierre d'Amiens devait faire l'intronisation, comme évéque d'Ostie : à lui seul appartenait la prérogative d'ordonner les papes. Mais s'étant refusé à remplir •es fonctions de son ministère, les Romains prirent Varchiprétre d'Ostie, et le forcèrent à placer la
tiare sur la tête du nouvel élu. Benoit X n'en était pas indigtie, comme nous pouvons en juger par la réponse que fit Etienne IX , avant d!étre pape , â celui qui lui demandait quel était le sujet qui lui paraissait le plus digne d'être élu ; en effet , Jean , évéque de Yeletri y fut un des cinq qu'Etienne désigna. Il fut couronné le dimanche dé la Passion , 5 avril i o5S. Il donna le pallium à Estigand , ar-^ chevéque de Cantorbéri en Angleterre , et il exerça les fonctions pontificales , chaque fois que Jes circonstances lui en présentèrent l'occasion.
Après tous ces événemens ^ Hildebrand revint de Constantinople; il apprit, en Toscane , tout ce qui S'était passé à Rome; il s'arrêta à Florence, écrivit ce qu'il jugea convenable ; les Romains lui envoyèrent des pouvoirs illimités pour qu'il put agir comme il le croirait utile. Il se rendit à Sienne et là il choisit , de lui-même , pour souverain pontife, Gérard, évéque de Florence et lorrain d'origine ; Godefroi , duc de Lorraine et de Toscane , fournit des secours pour favoriser le succès de cette élection ; et l'élu prit le nom de Nicolas II. * Les Romains qui étaient entrés dans ce parti écrivirent au roi Henri lY ; ils lui firent la promesse qu'ils lui seraient fidèles comme ils le furent à son père ; et ils lui dirent que ce motif leur avait fait suspendre jusqu'alors l'élection d'un souverain pontife. Ils lui demandèrent des commissaires de son choix, afin qu'instruits de tout ce qui se passait, ils empêchassent qu'une élection faite contre