‹ Portrait politique des papesChapitre 105 sur 190 · VV · texte numérisé non relu

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PASÇH^L II,

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Il JJHIK)^ » p{urdi|i^l prêtre du titrs de Saint-Gltoent» fut élu pape le 3 août 1099 , quinze jours après la mort d'Urbain IL II prit le nom de Paschal II. li eut |e cl^agrin de Yoir la continualiop du schisme ^ ay^it cpmmenQé sous Grégoire YII y et enfin !• plaifiir de le YQir cesser. L'antipape Clément III moiiruf r^Q 1 1 o6. Ses partisans choisirœt immé« platement un autre pape nommé Albert; mali ceux 4e P^çcha) parvinr^snt à s'emparer de lui lo jour même de «op élection» et renfermèrent à Sa^àt-IL^i^^pt ; le^ preml^s lui idonnèr^it pou^ ^qcepswr W^ cerjtain Tkfy^onc » qui n'exerça les Ccmé:ti^p# poatificfde# qu'eATiron quatre mçis : il

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fut surpris aussi par ses ennemis, qui renfermé^ rent dans le monastère de Cuba. Les partisans du premier wtipape^élirent ensuite un nommé Hagtnulfe qui passait pour prophète dans l'esprit de •quelques-uns, et que d'autres regardaient comme un devin superstitieux. Celui-ci fut exilé et mourut dans la misère; on ne lui donna point de successeur, parce qu après la mort de Henri lY, chaque jour envoyait diminuer le nombre des dissidens qui , comme schismatiques, avaient été frappés d'excommui^icfftion : cette diminution ayait même commencé dès que Henri Y , son fils, eut usurpé le royaume d Allemagne, par le soulèvement du peuple, pour opérer^ disait-il^ l'extinction du schisme. Ce même Henri lY se soumit à Paschal qui n'éutpas pour lui ies égards qu'il méritait, car il écrivit partout pour qu'on lui fit la guerre. Le dergé de Liège se couvrit •d'une gloire étemelle en luiTépondant entre autresxhoses , c Le 9 pape Hildebrand fut l'auteur du schisnoe , parce y qu'il fut le premier pape qui attaqua le diadème

m avec le :glaive du satrerdoce Si l'empereur est

> hérétique, nous' en sommes très-Tàchés ; nous ne » dirons rien pour le défendre; mais nous ajoute- » rons que, quand il le serait, nous obéirions à ses M^oràxeBj persuadés que nos péchés sont la cause «de ce malheur; qu'il ne nous est pas permis de rprendre les armes contre lui ^ et que nous devons »iibu6 borner à prier Dieu pour sa conversion. Les •'Tois iq^e SàintrPaul nous ordoiine de servir n'^

taieot pas chrétiens. Priez , nous dit-il , pour les mauvais princes si vous voulez une vie tranquille. Cette conduite serait vraiment apostolique, puis qu'elle serait rimitatioD de celle de l'apôtre: mais, pour nos péchés , le successeur des apôtres, le pape , loin de demander à Dieu la conversion du roi , qu'il appelle hérétique , exci te les peuples à la guerre contre lui ^ et met des obstacles à la tranquillité. D'où le souverain pontife' aurai tril donc reçu le pouvoir de faire usage de l'épée temporelle et du glaive spirituel ? Lé pape Grégoire I** dit que s'il eut voulu faire mourir les Lombards , leurs rois et leurs ducs eussent péri ; mais qu'il ne voulait pas être la cause de la mort d'un s^ul bomme, parce qu'il craignait Dieu. Les papes qui lui succédèrent imitèrent cet exemple; ils^e contentèrent du glaive spirituel jusqu'à ce que le dernier pape Hildebrand, Gré-, goire, s'armât militairement contre l'empereur, et donnât à ses successeurs l'exemple de faire la guerre.

M Le défenseur de l'Eglise de Liège dit en voyant la lettre du pape Paschal II au comte de Flandres, auquel il ordonnede faire laguerre à l'empereur, poti/r la rémission de ses péchés: ) ai particulièremeot médité la ai^inte écriture et tous ceux qui l'ont interprétée^ et je n'ai pas trouvé un seul exemple d'un semblable commandement Hildebrand est le seul qur,' ayant enterré dans l'oubli les saints canoDS, ait ordonné à la comtesse Matilde de

» faire k guem à Temperenr Henri , pour obtenir ^de Dieu la rémission des péchés de ce prinoe.

• ISotis savons q^ue nul ne peut être condamné om o absous sans examen ; cette règle a élé suivie ')ii9* » qu'à ce jour par TEglise romaine. D'où vient donc » cette maxime nouvelle qui accorde aux pééheurs

• l'absolution sans confession ni pénitence, et qui «'laissant leurs fautes impunies, leur laisse la libef^ .9 té d'en commettre de nouvelles? Oh quelle povte

• Ton ouvre à la malice des hommes !«

Paschal II força Tempereu r Henri lY à abdiquer '«n faveur de son fils; il ne leva cependant pas les ^censures qu'il avait lancées contre lui et contre les ^évéques qui lui restaient fidèles, et quifurent priv^ de leurs mitres. L'empereur mourut le 7 «oAt 1 106 : Tévéque de Liège l'enterra dans son église: ^la fureur du pape et de ses légats passa les bornes de^'humanité, puisque, sans égard à plusieurs soumissions que , dans les dernières années de sa vie , Henri fit à l'Eglise romaine et à son pontife Paschal , ils ne se contentèrent pas de le faire exhumer, mais Paschal II ordonna que le cadavre, que son fils Henri Y avait transporté à Spire, fût privé de la sépulture ecclésiastique pendant cinq ans. Henri Y ayant fait le voyage de Rome , pour se faire couronner empereur, soutint qu'il devait être couronné sans perdre aucun des droits en vertu desquels Charlemagne , son fils Louis le Pieua^ et tous ses successeurs l'avaient été. II se passa des choses scandaleuses; mais enfin le pape^ycotisen-

lit» et dit yeadant la messe , eu divisant Tlipstio : t Ainsi que cette partie du corps de JésusrChrivt esj^ léparée de l'autre , qu'ainsi soit séparé dit royau** sie damémé Jésus-Christ celui qui violerales con^ ventions q\û ont été consenties. >Tout cela seré-^ duisait, quant à l'empereur^ à la restitution â l'É^ glise romaine,, des vi}laj[es et lieux qui seraient en, non pouToir ; et quant au pape , à laisser le droiti d'iuTestiture dans Tétat on il avait été depuif^ Charlemag^e ^ et à ordomier aux évéques la restl^ tation des seigneuries des villages qu'ils avaient usurpées. Le pape était peu libre alors ,. parce qu'lL était entouré des troupes de l'empereur; mais il ratifia- le traité à une époque où il jouissait de toutQ sa liberté : cependant , par l'instigation des cardir* Baux, il le viola, et déclara dans une bulle qu'on le lui avait arraché par la violence ; il menaça l'empereur, s'il ne renonçait aux investitures, de rexcommunier , de le déclarer déchu du droit de régner; et de porter, par ses exhortations, les princes et les évéques à lui faire la guerre, et à le dépouiller de son royaume. 11 mourut le 18 janvier 1118, sans avoir fait lever l'excommunication qu'il avait fait lancer, par un concile , contre l'em* pereur ; il invita les cardinaux à faire régner entre eux la plus grande union , et à se défier des Allemands et des Guihertains\ il désignait par ce dernier nom les partisans du schisme qui venait de cesser, etqueGuibert, archevêque de Ravenne, avait fait nattrc.

On remarqua dans ce pape combien forte aTait été l'impression que la nouvelle doctrine du Grégoire yil avait faîte sur lui ; car Tempereur Henri y ayant voulu lui faire représenter que Samt-Paul lui défendait de se mêler des afiaires séculières , et à plus forte raiison de fomenterdes guerres, 3 traita d'hérétiques, d'ennemis de FEglise tous ceuxqtd interprétaient l'apôtre de la sorte. Ainsi la mauvaise doctrine de Grégoire fut reçue comme dogme par les papes qui lui succédèrent; et furent dénoncés à l'inquisition, comme hérétiques, tous ceux qui refusaient aux papes le pouvoir indirect de détrôner les souverains , soit en les excommuniant, soit en déliant les sujets du serment de fidélité et tasselage.

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XII' SIÈCLE

GELASE II,

6»I* PQNTIfX. *-^ D|£ II 18 A 1119;

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Diz-neuyiënie sdiisme. .

JîLAïf Ds Gaetb, moiae, fut élu. pape le 2S jaur* yAer 1118. Il était bénédictin comme tous ses prédécesseurs^ du demi-siècle antérieur. Il fut élu clandestinement et dansunlieu non consacréà cet

usage, par Fintrigue des cardinaux évêques d'Ostie^ de Porto, d'Albanie et de Sabipie. Gencio Frangipani, sénateur et préfet, de Rome,.eut connaissance (jue des personnes s'étaient réunies sans autorisation légale ; il se rendit dans cette assemblée , avec de la force armée, et emmena prisonniers r.élu et plusieurs électeurs. L'empereur Henri V 4éjiirait de vivre en paix ayec le pape parce qu'il Si»

ipoyait en danger de perdre la eouromie tt la Tîe par l'influence des maximes nouvelles^' propagées avec rapidité dans tout le monde chrétien , par les bénédictins et pat \ei éVé^ues , lotks attachés à la doctrine monacale , puisque le plus grand nombre de ceux-ci appartenait à Tordre des moines. D*a« près ces considérât! ônà , 'et ^ùôrquon ne lui eût pas demandé la permission d'élire un pape , il manda â Cencio de mettre en liberté le nouvel élu, et qu'il se rendrait en personne à Rome. L'empereur s'y rendit en effet. Jean de Gaête ( Gélase II étant dcfà ^lu) à'eoftiit dé Rome. Henri l'engagea à revenir et à sesoumetlreau concordat de Paschal II ; il lui fit savoir qu'jj reconnaîtrait son élection et qu'il légaliserait par sa présence l'ordination pontificale; mais que, s'il ne se rendait pas à son invitation , il ferait procéder à l'élection légale d'unautre pape Gélase, ne consultant que l'esprit or* ''^eifteux dt àtrdgaut de ses prédécesseurs et collai Tteràûx , hè Voulut pas aller à Rômè. L^eo^peréuirfit ' 'élit'e , le '^ mars, pour souVcràiii p'oàtire , KlàuriCè de Bourdon ^ archevêque de Bràga, et légat dû iSaint-Siège auprès de Henri V. Cela prodoisitïe dixne'ùvième schiàmé. Maurice fut intrôhiëé sous lè lïoiïi de Grégoire Vlïl , et fut reconnu en différéiA tieiix , côrtnie s'il eût été un pape légitime, qùo(t[u'ïl fût gériéraïeïricnt regardé comme antipape, parce que lès bënéâicnns étaient répandus dans tonitc 6 ïeS natiôn's chrétiennes pour dîrî^r les és- •prftS 'dàlisle ^eiis c^ûi ïeûr était îridrqiié par lèui^

MMI 'd«i ûOiM hëftit , tift«!ditlsl à Rôdiè tt dUtRld» {Hrineipalèt échelles dlô cdmttoérM iloHlitc{U^ étâleUf tes mbDaâtèrèsdeMDdt^GasditiékiItiiHe^^t deCltmjr m France. G'éftl de là qUé Bôrtaiéilt les étnisMil-ei qui fiaticouraietil la ehrélienté de rOrîent à l'Ots cidènt M dU Notd âU MidL OéUde tl eicoiHitla^ iiia rantit>apié et l'éfilpérieUf; Il eut (m àôimiêt là psix à VÈ^hé en 6e êoiitebtéilt d*èti^6 èeqàë futëttl hon les douze première pApe^ , ni teMt da ttoisiè^ me siècle et des siècléià postérieurs au huitièdie» mais ce que parvinrent à être LéOd tll , Etieutié ly, et ses successeurs sôits les règnes dé Charles ma^^ne et d^ Loûte ïe PiéiM^ tt eut âbétidonnaut eut temperMM les droits dont cellt^ci eUreât là )btlièsatacè. Màiis rfën de tout cela : les noùt^Uèl doctrines pol*laîéii!it qUe Roftié lié devait reconncÂ^ hSe d'atotrfe souverain que lé pape; qu auK^Un roi te poHikrait prendre le titre d'empereut rbihaiti^ m ne recevait là coùironne iinpériale des mains dû jjtape : que cèlili^ ïiié la donnerait qu'à deu^ tob^ ifitioJni , la )^i^ei1àièf^ que l'empei^rlui (brait siôr^ tùéàt ât fidélifé; qu'il coAsenlirbit i être eibom^ tauiaié s'il deVéntrit parjure, et par conséquent k éïre dédaré BcbiSihatique^ hérétique, ennemi rfè fÉgfisé^ et à voir sfés Vassauk dégagés de la fidéjité jurée. La seconde condition était que Tempereur renoncerait aux investitures , quoique possédées par ses prédécesseurs, depuis Cbarlemagne, avec l'approbation du Saint-Siège. Qu'on compare cette doctrine à celle des anciens papes , et l'on verra

afairement ce que Ton peut obtenir par k perse-, irérance qui suit sans relâche le même système. Le pape Victor » au mijieu des persécutions des empereurs idolâtres* et vers, le cosunencement du troisième siècle » forma le projet d'obtenir quelque autorité^ hors de* Rome : ses successeurs n'abandonnèrent jamais ce système ; dès qu'ils étai<snt parvenus à faire reconnalre la^ légitimité sur- un article , ils ne permettaient plus qu'elle fàt mise en question; elle servait au contraire de prétexte pour ce qu'ils avaient le dessein de proposer sur d'autres points. C'est en ne s'écartant point de cette ligne, que les papes parvinrent à faire de Fé* glise un gouvernement monarchique. Arrivés U et ne pouvant plus étendre leur pouvoir de ce câté y on aspira à la souveraineté temporelle. On eut regardé cela dans le septième siècle comme une chose impossible à prévoir , à plus, forte raison dans le troisième , et cependant le succès, couronna cette entreprise. Le roi Pépin et Charlemagae, son fils , en furent la principale cause, en imprimant aux papes un caractère tout-à-fait contraire â ce* lui qui leur convient. Gélase II mourut dans le couvent de Cluny, le 29. janvier 1119. Son orgueil et son ambition furent cause qu'il laissa l'Église ea, proie au schisme.

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