‹ Portrait politique des papesChapitre 104 sur 190 · URBAIN II · texte numérisé non relu

URBAIN II

f.LIX* PONTIFE. — DE lO&J A lOQQ,

Suite du (liz-huiti^roe schismâ,

Othon, évêque d'Ostie, était Tun des trois que Grégoire proposa pour lui succéder. Il fut, en cjffet, élu immédiatement après la mort de Victor III , le ) ^ niars i o88. Il était Franchis , fils de Enchère • seigneur de Lageri , près de Eeims : U vivait été premier chanoine de cette dernière yilie , wsuUg

moine de CluDy, et postérieurement abbé duMont^ Cassin. II ne tarda pas à être nommé évéque et cardinal, et enfin pape. Avant sa promotion au pontificat , il étajt d'avis qu'on ne devait point célébrer d'élection papale sans le consentement de ren^pereur, souverain de Rome, ni consacrer, ni introniser l'élu avant l'approbation impériale de l'acte de l'élection. Etant encore abbé du Mont-* Cassin y il s'était montré le défenseur de cette opinion, dans ses débats avec le pape Victor III ; mais , devenu pape, il changea de manière de penser. Il regarda l'honneur de l'indépendance comme une chose sacrée; et ce qu'il regardait avant comme une justice, ne lui parut plus mériter son attention. Il suivit le même système de Grégoire YII : dès-lors 11 ne prit aucun moyen de faire cesser le schisme qu'entretenaient Clément III et Henri lY ; mais il s'acharna à le? persécuter, eux et les éyéques de leur parti , et avec tant de fureur qu'on ne pouvait reconnaître d^^ saconduite le caractère du vicaire de Jésus-^Christ , qui cherche la brebis égarée pour la ramener au bercail ; mais c'était un prince temporel , un roi des Gentils , qui ne respire que la vengeance et la mort.

Il fit le voyage de France, et dans un concile de Ciermont, il e^shorta les Français à former une armée, à l'envoyer dans la Palestine pour en faire la conquête, et pour délivrer du joug des Maho-i métans , les habitans de Jérusalem , de Bethléem » de Mazareth et de plusieurs autres lieux, qui furent

te ^é&tbè ^À ^'ôpêrèfènt dé grandà ïtoystèfres , et 4tte iiôttè rédempteur Jéstis-CEhrist coïisàcra par su pfiéêiétlbè. Les préjugés dti siècle firent adopter ce projet dont Vi^iûe fût te qu'elle devait être ; ear ce payi t^elomba enfin sons le pouvoir des Orien* taUK ; là pbpulalion fut intitilement diminuée en Europe par dès émigrations de trois cent mille hommes -, dans tihe occa^ron ; de quatrie cent mifle dans une autre, etc. ; enfin, ïe nombrfe des personnes qui périrent dans le^ croisades se tnônta à ckiqau sik millions. Ces croisades produisirent le Aéboitl<ement dé mœurs qu'on ne trouve que dans IhfK>tdatesi[{uë, ces idées chevaltetesqnes sur le prét^lidu hoÀneur, qUè Ton attache ati duel et à d'ttutres préjugés dangereux ; cites donnèrent nais- ^m^eâcès corporations dé chevalerie, connues sous les titres dîstinctifs de ctevafiers du Temple , de ftainl-Jeah , dû Sépulcre , et sdtis plusieurs autres ^i fournirent , en Europe , Fidée de la création dé Tordre die Calalrava , de Saint-Jacques , d'Aïtantara , etc. , qui , en augmentant le nombre de célibataires, multipliaient les causes de la diminution de la population; elles firent connaître, et elles nous apportèrent l'institut des liennites d« Mont-Carmel , qui fut imité de suite par les Auguslins , et peu de temps après par les Trinitaires et par Tordre de la Merci : ceux-ci furent suivis, comme cela était facile à prévoir , des Dominicains et des Franciscains , source inépuisable d'instituts de mcndians , qui n'a cessé de produire, jusque s

à nos jours » des corporations r^ulières , de ma-^ nière que si nous comparons le nombre des ce-* libataires ecclésiastiques d'aujourd'hui , à celui qui existait à l'époque du concile général de Nicéc, cpiand déjà la religion chrétienne était dominante en Asie , en Afrique et en Europe , on trouvera le rapport de mille à un. Nous devons joindre à tout cela la réunion immense de biens-fonds et domaniaux dans les corporations ecclésiastiques , au préjudice des habitans d'un pays réduits à la condition de colons y qui gémissent sous le poids de la misère , ou sous celui de la servitude. Yoilà une partie des funestes résultats que produisirent successivement les croisades , par une lutte d'idées , liées entre elles , suivant le développement que chacune d'elles présentait.

Urbain II mourut à Rome, le 2Q juillet 1099

Fllf DU PREMIER VOIITHE.

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