‹ Portrait politique des papesChapitre 123 sur 190 · TOUE II · texte numérisé non relu

TOUE II

de recevoir les ordises sacrés ; deux filles ^ provcv nues de ce mariage , se firent religieuses , aprt's que leur père eut été nommé pape. •

Il continua la guerre contre Mainfroy , et déli« vra 9 le 26 féyrier 1 a65 ^ la bulle de concession du royaume des Deux-^-Siciles , à Charles d' Ai^jou , con* forméuient au traité (le son prédécesseur Urbain ^ sans tenir aucun compte de la. justice des droits (ie Gonradin , comme s'ils n'avaient pas été reconnus par le Saint-Siège , pendant le pontificat d'Innocent lY. Ayant appris, au contraire, que les électeurs de l'empire pensaient à l'élire roi des Romains , et qu'il projettait de passer en Italie pour prendre possession du royaume de Sicile, il lui écrivit , en lui défendant de faire aucune démarche pour l'un ou pour l'autre, sous peine d'excommunication et de perdre le titre qu'il avait de roi de Jérusalem, (jonradin eut raison de penser qu'il n'était pas obligé d'obéir à un ordre aussi in- )uste, et il se rendit avec son armée à Rome, où Henri de Gastille , fils de Saint-Ferdinand ( qui y exerçait l'autorité civile -en qualité de sénateur ) , reçut Gonradin avec des honneurs presque égttni À ceux que Ton a coutume die rendre aux empereurs. Le pape les excommunia toqs les deux , et tous cçux qui. favoriseraient l'entreprise de Codradin.; il le déclara déchu du titre de roi de Jéru* salem et du droit à tous les fiefs, impériaux dont il jouissait, inhabile à obtenir aucune dignité

5Ôcaiière, et mit en outre soût Tiutelrdit ecclésiasCique les peuples qui recevraient Conradiu comme roi de Sicile. 11 fut pourtant reçu presque partout où il se présenta , malgré Clément lY ^ qui ie traitait A'hommè de race nMudite de Dieu ; àezcendant d'hérétiques , schisnidiiqùes , enne^ nUê de € Eglise , ^t indignies de 4a confiance des

iu>mmes.

Charles d'Anjou fit prisonnier son cousin Frédéric , duc d'Autriche , Henri de Gastille le séna-> Dateur et beaucoup d au très chevaliers; il eut l'inhumanité de faire couper la tète par la miaiii da bourreau, sur un échafaud dressé dajis la place publique de Naples , â tous les prisonniers , excepté au sénateur Henri, infant de Gastille.

L'abbé Fleuri dit que non - seulement Clément lY ne consentit pas à cette injustice, mais même qu'il la reprocha au roi Charles. Cependant, beaucoup de graves historiens soutiennent le eoi^ traire ; il est certain qu'il manifesta souvent un grand désir de voir éteindre la famille impériale de Souabe , et qull se montra ensuite frès-satisfait: que cela se fut effectué. Jamais , surtout , il ne, pourra se laver de la tache de l'avoir inîustement privé de l'usage de ses droits de succession à la couronne de Sicile, seulement par des passions personnelles. Pour moi, je le regarde comme lauteur des guerres sanglantes et désastreuses^qui désolèrent la Sicile, Naples et toute l'Italie par $uite de ses énormes injustices ; et ses successeurs

au pontificat participèrent à ses fautes, comme nous ie verrons dans la suite.

Les écrivains ronîains le louèrent pour sa modération , mais sans aucun fondement, puisqu'outre les événemens de Sicile , qui prouvent le contraire, il existe encore beaucoup d'autres preuves de son emportement. Il soutint avec une fermeté inflexible la résolution de pourvoir à un arcbidiaconat de France, sous le seul prétexte qu'il s'était réservé la provision des bénéiSces ecclésiastiques qui vaqueraient à la cour romaine ; et il voulait faire croire que cette circonstance s'était vérifiée, parce que la vacance de l'archidiaconat provenait de la promotion du précédent titulaire àl'arcbcvêché de Sens, dont les bulles avaient été expédiées par la cour de Rome. Le roi Saint -Louis s'opposa à cette usurpation , et soutint les droits du trône.

Il fut question de la réconciliation de l'Eglise grecque , et plusieurs prélats dirent , de vive voix et par écrit , qu'ils se réuniraient à l'Eglise romaiue, s'ils ne craignaient les exactions , les violences et les attentats que les papes avaient coutume de commettre par suite de leur ambition, de leur avarice et de leur orgueil. L'empereur Michel Paléologue manifesta aussi la défiance d'être inquiété par les Latins qui s'autorisaient de la faveur des papes. Clément lY l'assiura du contraire, et dans le même temps on faisait dans son propre palais un traité avec Baudouin, empereur des Laliqs, et Charles d'Anjou, roi de Sicile, pour re-

conquérir Constaniinople et d'au ires TÎUes. TS''était« ce pas une perfidie bien étrange dans un succès* seur de Saint-Pierre ?

******^*^***^********-**^^*^^**^^*l**>^v^*^**>^'>*^^v>\v^l^v^¥r>llVyv^f»v^ltlt»vlft^^^

Page 1