GREGOIRE X
CXIXXIV* PONTIFE. «— DE lâ68 À 1^76.
TnioBAtDB TiscoNn, Italien, de Plaisance, archi-diacre de Li^e , résidant en Palestine , fut élu pape, â Vilerbe, le !•* septembre 1^71, sous le nom de Grégoire X , et mourut le to janvier 1276. Pendant trois ans de yacance du Saint-Siège , les cardinaux n'ayaient pu s'accorder dans leur choix. Saint-Bonayenture , Fun d'eux , personnage d'une grande bonté sous tous les rapports , youlant faire cesser ce scandale « leur persuada de s'en remettre an choix de six cardinaux , en s'obligeant â reconnaître pour lé^time souyerain pontife céhii qu'ils éliraient. Il en résulta l'élection de celui qui deyait être loin d'y penser, puisqull était en Priestine. Le nouyeau pape reconnut mieux que personne les intrigues qui se passaient dans ces sor-
tes d'élections ; c'est du moins ce qu'il déoioutra -dans le second concile général de Lyon , en 1 274 » (qui fut le quatorzième des éonciles généraux de b chrétienté), en ordonnant qu'au plus tard dix jours après la mort du pape , les cardinaux s'enfermassent dans la salle à laquelle il donna le nom Conclave^ ensorte qu'ils n'eussent aucune communication dei^ive voix ni par éorit avec personne du dehors ; qu'il n'y eût qu'une seule salle pour tous, afin que le jour et la nuit ils pussent se voir et communiquer les uns avec autres, et qu'il ny eût point de conversations particulières et secrètes; qu'on leur passât leur nourriture pour tous, et que le pape fût élu dans l'espace de trois jours ; que, dans le cas contraire, on ne leur donnât plus qu'un seul mets pendant cinq jours , et que si râeclion . n'étah pas terminée dans ce délai y on les nourrit avec du pain et du vin jusqu'à ce qu'ils l'eussei^t effectuée. Ob arrêta encore, dans ce concile, diver- ^ ses autres 'mesures sur cet objet, et on enfit jurtr ] exécution pnr les cardinaux. Que les écrivains vendus dans les derniers temps à Rome , viennent maintenant nous diro que Tâectiou pontificale est l'œuvre de l'inAtienoe directe du Saînl-Es- "prit. •
* Grégoire X fut un homme/ de bonnes mœurs, maïs il be put se détochcr du systôme do ses prértécesséuri sur les poif|ts d'am^itiou relatifs a la tiare pontificale. 11 s'appropria le pouvoir decuofirmer rélection du rQi>des Roinaips, en donnant
son approbation a ceUe de Rodolphe d'Antricbe , après la mort de Richard de CornouaiUes. Ceci fut d'autant plus injuste que son droit étant éteint, il en résultait la confirmation naturelle de l'élection du roi de Castille qui restait sans compétiteur, Grégoire s'excus^a en disant qu'Alphonse n'ayant pas été couronné roi des R^omains à Aix-la-Chapelle, Sa Sainteté n^ pouvait le couronner empereur; maïs il lui fit d'ailleurs diverses concessiona pour le satisfaire et Rengager à renoncer à ses ré-^ clamations ; preuve que Sa Sainteté reconnaissait la justice des plaintes d'Alphonse quij» enfin, abandonna ses prétentions po^r complaire au papa et pacifier l'empire.
En conséquence du même système', Grégoire se; mé|a des^^affaires politiques du gouvernanent de Portugal , qu'M qualifiait de tributaire du Sawt- Slëge$ et il chicana le ]H>i Alphonse IH sur quelques privilégias du clergé et sur la^urtdidtion ecclésiasti* queç il manifesta 9Wr cette matière l6s principes et* ronés de la doctrine roitiaine, méconbtis ayaût les temps de.Chariemagnc et même de Grégoire YII: 11 abusa aussi des censures contre Jacques I**, roi d'Aragon , qu'il eaicconmunia parce qu'il ne voulait pas r^ioncQr i ses liaisons atec une dame (soit eôneur éin^ -ou tout t» qu'on voudra) , chose A ordinaire et si firéquenle qu'elle ne scandalbait • personne dans ces tmpstlà. :En outve, des mesures de c^tenatura, contre des^ souverains, ne produisent que le mépris des oeuMii'es ; et c'est ce qui arriva»
Dans le concile de Lyon , dont nous aYoAs parlé, il réussit à réunir rËglise grecque avec l'Eglise latine, d'après les désirs sincères de Tempereur Michel Paléologue. Mais, comme les papes ne changèrent point de système, l'union dura peu. Si Grégoire eut renoncé aux prérogatives usurpées par «es prédécesseurs, peut-être cette uniott eét-elle été durable; mais, bien loin de se contenter de prendre connaissance des causes des particuliers , par les patriarches de Gonstantinople , d'Alexandrie et d'ibitioche, il fit consentir que l'on pût appeler à Rome de toutes les causes du vaste territoire de l'empire d'Oriafit. Gommé les Grecs en sentaient les conséquences, ils furent très-fâchés de cette mesure, et traitèrent les papes , les cardinaux et les membres de la chancellerie romaine d'ùisea/M^ de ra^ pine et de voleurs insaHaMes d*or.
Grégoire X reconnut , par des épreuves continuelles et douloureuses , le mal qui résultait de la multitude des instituts réguliers. Innocent III l'avait senti de même, et il avait, en conséquence, décrété dans le concile de Latran , en i â 1 5 , qu'on n'en admettrait plus de nouveaux. Cependant il avait lui-même contrevenu à cette disposition du concile en approuvant, de vive voix, l'établissement des Dominicains et des Franciscains ; et ses successeurs, regardant avec indifférence ce statut du concile^ admirent d'arutres ordres réguliers. Le concile de Lyon de 12749 annula leurs approbations; mais Grégoire X imita le mauvais exem-
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pie dlnnocent et des autres papes, en enseignant, par la pratique, la fausse doctrine de se mettre audessus des conciles. Non content d'excepter les Bominicains et les Franciscains , itapprouva encore ensuite la règle^des Servîtes et d autres ordres. Les papes, ses successeurs, ont fait si peu de cas du décret du concile, que, -de nos*) ours, il est devenu impossible de savoir le nombre fixe des diffiérentes r^les de moines et de^religieuses.
INNOCE^NT V,
GuxxT* ronTiFx. — in 1276.
PiEBU de Tarentaise , moine dominicain , car* dinalévêqued'Ostie, fut élu pape le 21 février 1276, sous le nom d'Innocent Y, et mourut le 22 juin de la même année, sans laisser rien de remarqua* ble sur son pontificat.