JEAN XXI
* CLXXXVII' PQNTU'?. — »E 1376. A 1 277.
A la mort d^Adrieh / les cardinaux refusèrent d'accomplir la constitution du concile à Tégard du conclfiYe pour les élections ,. en prétendant que Sa Sainteté ayait décrété le contraire. Les habitans de Yiterbe où s'effectua la yacance, ne croyant point à la dispense de la loi , s'attroupèrent tumultueusement , et les forcèrent à se renfermer au Conclaye. II en résulta, le 1 3 sepitembre 1276, l'élection dç Pierre , né en Portugal^ cardinal éyéque de Tusculo, qui fut couronné le do du même mois sous le nom de Jean XXI ; mais, quoiqu'il âe promit une longue yie qui lui 'aidait été prédite par un astrologue , il inourut le 1 7 mai de l'année suivante, des blessures qu'il reçut par la chute d'un édifice qu'il venait de faire construire pour sa commodité.
Pendant le peu de temps qu'il occupa le siège pontifical, il fit preuve d'un caractère libre et ambitieux: libre, parce qu'il publia une bulle qui
dispensait les cardinaux d'observer la constitution du concile de Lyon pour le conclave des élections papales : ambitieux , parce qu'il se mêla dans les querelles de Philippe IV, dit le Bel , roi de France, avec Sanche lY, dit le Brave, roi de Castîlley pour la succession à la couronne Castillane; ce qui ne le regardait en aucune manière.
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NICOLAS m,
ctxx'xvm* roNTiFE. — DB 1377 A ia8o.
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JisAii Gabtam des ' Ursins , noble romain, cardinal diacre, du titre de Saint-Nicolas, fut ^u pape à Yiterbe le â 5 novembre r277, sous le nom de Nicolas II J , et mourut d'apoplexie le 22 août 1 aSo. Il fut ambitieux* et avare au suprême degré , sans considérer les moyens. Il fit cardinaux un frère, deux neveux et quelques autres parens,'et les corobia dé bénéfices ecclésiastiques, en les dispensant de l'incompatibilité , afin d'enricbir la famille des Ursins ; de sorte qu'ils occupassent en Europe le rang de princes, et qu'ils pussent obscursir la race des Anibaldi, qui, jusqu'alors lés- avait sur--
passés en splendeur. Son oi^ueil lui inspira le dessein de marier son neveu Astolphe desUrsins avec une petite fille de Charles d'Anjou, roi de Sicile. Ce dernier ne voulut pas y consentir, disant que la souveraineté des papes était purement personnelle et de courte durée ; qu'ainsi, elle ne couvrait pas l'inégalité des familles. Nicolas,depuis ce temps, en Youlut beaucoup au roi, et lui fit tout le mal qu'il put, mais avec dissimulation et perfidie. Il protégea et excita secrètement le projet de Pierre III , roi d'Arragon , d'envahir la Sicile , à cause des droits de la reine Constance, sa femme, fille de Mainfroy; ce qui s'effectua sous le pontificat suivant. II influença aussi, auprès de l'empereur de Constantinople, Michel Paléologue, pour l'irriter contre le roi Charles , à qui ce prince refusa tout secours pour l'aider à reconquérir la ville et les provinces dont il avait été question dans le traité avec l'empereur Baudouin.
11 séduisit l'empereur Rodolphe pour qu'il fit rendre au Saint-Siégc tout ce qui résultait des actes de donation du roi Pépin , des empereurs Charlemagne, Louis I*', et Othon P', ainsi que de la comtesse Mathilde , en y comprenant même ce que les papes n'avaient jamais possédé. Afin de réunir tous les pouvoirs , il priva le roi Charles des dignités de sénateur de Rome et de vicaire du Saint-Siège en Toscane ; il dépouilla les Romains du droit que, par concession des empereurs, ils avaient conservé d'élire le gouverneur civil de la ville, sous le nom
de patriçe dans l'antiquité, et sous celui de sénateur dans les temps modernes. Souvent le peuple avait élu des princes puissans, capables de le protéger contre les attentats des papes et des cardinaux. ^iicolas supprima la charge de sénateur et ordonna que le peuple ne pût élire aucun prince pour président du sénat.
Abusant enfin de l'ascendant qu'il avait sur l'es? prit de l'empereur Rodolphe , il le fit consentir à un projet enfanté par l'ambitieux Nicolas, qui consistait à partager l'empire en quatre royaumes : le premier en Allemagne, héréditaire , pour les descendans de Rodolphe ; le second à Vienne en Dauphiné , pour ceux de Clémence , fille de Rodolphe et femme de Charles Martel, petit-fils* de Chrarles^ roi de Sicile; le' troisième en Lombardie et le quatrième on Toscane , pour deux neveux du pape. La mort vint arrêter les progrès de son ambition démesurée, mais n'éteignit pas le souvenir du titre si bien mérité de patriarche du népotisme pontifical. L'histoire nous a fait voir que, comme si c'était une vertu digne de quelqu'un qui a constamment à la bouche le nom de prédécesseur du pauvre pécheur Saint-'Pierre, presque tous les papes ont imité Nicolas en créant leurs neveux princes, quoiqu'ils fussent plébéiens.
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