‹ Portrait politique des papesChapitre 13 sur 190 · SAINT -ETIENNE Y · texte numérisé non relu

SAINT -ETIENNE Y

xxiT pojTTiF^. — DE a55 i 257.

L^ Pape Saint'Ëtteiiiie mourut martyr de la iraitîèiiie penécution générale de 267 ^ «ous Tempelour Vidérien. Dans d autres cireonstances il eut difficilement obtenu d'être canooiflé. Sa'condutte,' i regard des évéques d'Espagne, à l'égard de Saint** Cyprien , évéque-primat d'Afrique , et de plus dé soixante-dix évéques africains , a l'égard de Saint-^ Rrmtlien, évéque-primat deCésaréeen Palestine, et ea^ers beaucoup d'autres évéques d'Asie , fu^ aussi TÎolente que despotique. Les évêques d'Es-^' pagne avaient condamné Basile, évéque d'Astoiga, et Martial, évéque de Mérida, comme hérétiques libellaftiques , et comme tels les avaient déposés de leur église. Ces derniers se rendirent â Rome , oà Is fipeat au Pape un^ feusse relation de l'afiaire. Gdai^t , pour fiére oMentation de la «upériofité de son pouvoir, les admit à la communion. Xes MquesespugmoisM formalisèrent d'une semUàble HUfMrtioD , et enoore plus de la légèreté avec lafofilc il aiftit admis le témoignage de deux ftigi-

tifs, sans vouloir entendre préalablement les nom* bretix prélats qui avaient pris connaissance de la cause. Ils consultèrent Saint -Cyprien, primat d'Afrique, qui leur dit qu'ils, avaient raison, et qu'ils devaient tirer le Pape d'erreur.

11 ne procéda pas avec moins de violence avec les évéqùes d'Afrique et d'Asie; il les sépara tous de la communion de l'Eglise, parce qu'ils nei^ou^ laient pas se soumettre à son opinion, dans la question de savoir si on devait ou non rebaptiser ceux qui embrassaient la religion catholique après avoir professé l'hérésie et avoir été baptisés comme hérétiques, Etienne prétendait que non , attendu ^ue le baptême donné par les hérétiques devait être réputé pour valable. Les Africains et les Asiatiques soutenaient le contraire , se fondant sur ce cjue l'hérétique qui confère le baptême, n'ayant pas la foi, ne saurait avoir la véritable intention. Saint- Cyprien , dans une de ses lettres , annonçait qu'Etienne voulait se constituer évêque des évéques et inspirer de la terreur, qu'il n'y avait toutefois rien à craindre. Il lui opposait le bon exemple donné par Saint-Corneille » prédécesseur du même Etienne. Ce dernier avait adopté la mén^e opinion qu'Etienne; mais il n'avait pas pour cela troublé la tranquillité de ceux qui professaient l'opinion contraire.

Il démontra qu'il n'y avait dans l'Eglise catholique qu'un seul épiscopat , <lont les pouvoirs appartenaient à chacun des évéques ; que chaque^

fréque, dans son siège , était le successeur de Fun des onze apôtres égaux en pouvoir à Saint-Pierre, infièrieurs seulement par la prééminence prima* tiale, attribut de celui qui préside et devient le centre de Tunité catholique; et que, par conséquent, le Pape Etienne s'était approprié plus de pouToir qu'il n'en avait reçu de Jésus-Christ.

Les évèques de Palestine écrivirent une lettre beaucoup plus remarquable. Ils disaient entre autres choses :

•L'homme hardi produit des procès, et l'homme 9 colère exagère les crimes. 0 ! Etienne , combien

• de discordes as-tu préparées dans les Eglises de 9 l'unÎTers ! Ah ! qu'il est énorme le péché dont tu

■ t*e8 couvert, lorsque tu t'es séparé toi-même de ■la communion des autres Eglises ! C'est toi-même •qui t*en es séparé. Ne cherches pas à te trompcF;

• cdai qui abandonne l'unité ecclésiastique, est 9 bien en effet un schismatique. Lorsque tu penses 9 que tous les autres chrétiens peuvent être privés

• de communiquer avec toi, c'est toi seul qui te

• prives de communiquer avec tous les autres. »

• Suivez la route pour laquelle vous avez été ap- » pelés (dit Saint-Paul); marchez droit, humble*

• ment et doucement; vous supportant les uns les •autres pat la patience et par la charité, et fai-

■ sant tout ce qui sera nécessaire pour conserver

• en paix l'unité de l'esprit. • « De quelle manière

• Etienne a-t-il accompli ces préceptes et suivi ces

• maximes du saint apAtre?0 qu'il sait bien tro.u ver

» les moyeQA de conserver aTant tout la sounnsskm » ot le respect l Se peut*il qu'on ne connaisse pas nue p conduite plus humble et plus douce que celle de se ^ séparer de la communion d'un si grand nombre » d'évéques épars dans Tuïiiycrs? Y a-t--il une faute ^comparable à celle de rompre la paix par des

• manières différentes, tantôt contre des érèques p de l'Orient (comme nous tous en supposons ins- > truits) 5 tantôt contre vous qui demeures dans le

• Midi? K 'est-il pas vrai que vos légats trouvèx'ent M dans Etienne une patience et une douceur sem* »blables, qu'il ne voulut pas les admettre, même »à des entretiens sur des sujets indifféreos? N'esW

• il pas vrai qu'il ordonna que personne ne leur .• parlât, ne les admis chez soi ^ même ne leur ptfon curât de logement? Sera-t-il possible de conserver ^l'unité corporelle ou spirituelle avec un homme » qui n'a peut-être pas d'âme, ou qui n'en a qu'une » volage et inconstante? Néanmoins, Etienne tie » rougit pas d'accorder sa protection à des hommes .i^à^ cette trempe,, contre les décisions de l'Eglise; P de rompre l'unité de communiom entre les frères

.»pour iavoriser les hérétiques; et de donner à .»Cyprién le sobriquet de Pseudo-Christ, et de

» Pê&wUh-jipôîre : et il est remarquable qu'il a fait . • tout ceh après une nmre délibération, pour que

» Cyprien entendlk saits raison les sobriquets ^pie . »bttHnéme méritait si bien, » Telle est la leltve ; que les évéques d'Orient écrivireilt è oeiix d^i»-

fiuqne^ loi^sque eeinM5i sdeirâieflil U persdeutidD

d'BtwiiBé, » eHuio de ht qaevëlle nlv le; iecdnd

Saâil^A«lgii»t)A éCFi^it quelques timip» après iar le même su^et; il décki<a que^ mt le fond de )m dispt^e pnucipate, ii était dm même avis que SaÎBê-Elièn Be ^ iliais qu'il dtffi^rait de lui rdalhrc^ Éwnt a la conduite à tenir; que Saint-CyprieiBi wfetk eontiaua pas uioîn» de boptiseir les couvertls pis^it'â 8^^ martyre y qui ^ut lieu peffedant celtfe kmiyirse persécution; Mais cette diflerence d'<^ik- ÉMo ne devait uietti^ aucun ebstaele à la vénératitiia <|â*il noéritait, et qu'il* ebtiat eiAi sa qualité As maartjtj pcorce q!u'etf effi^t , lolrsqu'uiib concile géliéi^i s'avait pas prononcé sur la questiôô en Un lige, Saiut-Cyprieti pouvait parsévérer dans s<m apioflo» San» blesser la foi, ma%ré la déei^oa du fa^ Efieiine^ n^algré ceUe fh» concile partiel^ Ver de Roine et des évécbéa voiwM par lesquels le Vape ë'était Sait appuyer*

Cetfe doctrine^ de Saisit-Âugustin, respectée par lea bainmeS' vraiment sag^a et vraimes^t pieux de tous lee siè(5le»^ devait être parfisûtemeut connue de ceux qui , depuis , voulurent persuader que le Pape , par une providence particulière du Saint-* Esprit , était inûûUible , toutes les fois qu'il parlait ea? catedrâ , c'est -à-dirr, toutes les fois que de luimême ou d'un commun accord avec les cardinaux , il prononce, en sa qualité de Souverain-Pontife romain , sur un point de dogme , de morale ou de discipline universelle , et le propose comme tel ^

à la foi unique de l'Eglise catholique du monde chrétien. Saint-Augustin en savait plus sur ce point que les Romains modernes, et il affirmele contraire, non pas en fauteur d'une opinion nouvelle , mais annonçant simplement une vérilé établie et reconnue de son temps. Saint - G\^rien et les autres évéqucs d'Afrique et d'Asie , dont la plupart souffrirent le martyre, n'auraient point persévéré dans leurs pratiques, et n'auraient point dédaigné les censures, s'ils eussent pensé que le Pape Etienne , par une faveur spéciale du Samt-Esprit, était infaillible, lorsqu'il procédait de concert avec les évéques de son concile romain. Sain t-Polycrate et les évéques d'Asie du siècle précédent n'auraient pas agi de la même manière au sujet de la décision prise par le Pape Victor, d'accord aussi avec son concile ro«» main , dans la controverse sur la célébration de la Pâques. Il faut être bien aveuglé par l'esprit de parti pour soutenir l'infaillibilité après un exemple aussi concluant. L'histoire nous présentera par la siiite d'autres faits qui détruisent radicalement les prés tentions intéressées des Romains modernes.

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